Affaire Maudet -suite

Affaire Maudet suite

Au moins , nous avions apprécié les choses avec plus de réalisme que d’autres. Quand l’affaire Maudet a éclaté, au sujet du voyage inopportun, , nous avions écrit, ici même, que la charge médiatique contre lui était démesurée, sentait l’acharnement et l’excitation journalistique; alors que l’erreur commise avec ce voyage n’était vraiment pas pendable. On pourrait en dire un peu autant d’un excès de zèle du Ministère public. Qu’en appel, sur cette affaire, Pierre Maudet soit acquitté ne nous étonne pas. La justice, ici, a su raison garder. Pierre Maudet n’est pas un délinquant. Tant mieux pour lui que cette accusation soit écartée.


Mais, pour nous, l’affaire Maudet relevait de l’éthique politique. Et c’est pourquoi, ensuite, nous avons souhaité sa démission. Afin de se débarrasser rapidement de cette histoire, le magistrat s’est enfoncé dans une suite de mensonges: à ses collègues, à la direction de son parti, à tout le monde. Or, l’équilibre politique et la substance démocratique sont basés sur la confiance. Cette confiance a été rompue. Nous ne pouvions pas suivre et nous ne pouvons toujours pas suivre ceux qui ont minimisé cet aspect et qui ont estimé que tant ses collègues que son parti n’auraient pas dû chercher noise à cet homme politique talentueux et volontaire; qu’ils auraient dû passer l’éponge, et basta.  Pour nous , Pierre Maudet n’avait rien d’un délinquant mais ne répondait plus à la franchise  attendue d’un magistrat. Excès de rigidité sur la morale en politique ? Nous le ressentons plutôt comme la conscience d’une exigence de confiance envers les élus, nécessaire à la solidité des institutions et au fonctionnement sain de la démocratie. Ce n’est pas , ici, du rigorisme moral ou du puritanisme bien pensant; fort loin de notre nature.  C’est une réflexion et une inquiétude relevant de la politique. L’affaire Maudet a coûté un siège au PLR genevois au Conseil national et lui a fait perdre un siège au Conseil d’Etat. Tout porte à croire qu’un retour électoral en 2003 d’un homme désireux de revanche prolongerait les difficultés de son ancien parti , dont il était pourtant auparavant un chef de file. Et cela prolongerait un déséquilibre au détriment de la droite; car un tel retour favoriserait très probablement la gauche en divisant à droite; ce qui s’est évidemment produit lors de l’élection partielle.

Alors on aimerait que Pierre Maudet, satisfait à juste titre de voir ceux qui ont dramatisé cette histoire de voyage, qui ont imaginé des combines à ce sujet et en ont répandu le soupçon: oui, que Pierre Maudet, satisfait sur ce point, reconnaisse néanmoins ses fautes de comportement personnel et politique dans ce qui a suivi; fautes ayant sapé la confiance.  On aimerait qu’il utilise ses qualités et son énergie indéniables en s’engageant autrement, dans une perspective d’efficience, plutôt que de revenir sabre au clair , avec un risque réitéré de nuisance. Bien sûr, c’est notre opinion. Pour la justice, la parole est au juge. En politique, la parole reste au peuple. Mais il y aurait de la noblesse dans un renoncement à toute revanche, avec un esprit de lucidité et de responsabilité. On verra...  

Jacques-Simon Eggly

Commentaires

  • Votre message est clair et comme d'habitude d'excellente facture. Je ne peux que vous féliciter. Vous savez rester dans la nuance tout en exprimant clairement votre opinion. C'est plutôt rare aujourd'hui.

  • C'est à cette occasion que je vous ai vu en tête du Top10 de la variété, avec certes un léger goût de réchauffé, mais quand même bien parti pour une sorte résurrection tardive :

    https://www.youtube.com/watch?v=Uh0vcy6FfuI&ab_channel=g%C3%A9rardRoche

  • Et la revanche de ceux qui ont voté Maudet... ils y ont droit eux!

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