Le mariage pour tous et le droit à l’enfant

A une large majorité, le Conseil national a béni le mariage pour tous dans sa version totale. Il a considéré que ce vote sans restrictions répondait à la volonté populaire, exprimée en février dernier : interdire les discriminations fondées sur le sexe. Il est à peu près certain que les Conseillers aux Etats, sentant le souffle du mouvement sur leurs nuques, se rallieront au texte. Un Référendum est probable mais, là aussi, à constater l’évolution des esprits, tout porte à croire que le peuple suisse bénira à son tour le mariage pour tous. Lorsqu’une société ressent en profondeur le besoin d’une réforme, on ne peut qu’en prendre acte. S’y opposer publiquement devient peine perdue.


Pourtant, il y a de quoi se poser de bonnes questions. Soyons clair. Dans une société libérale, avec un état laïque de surcroît, chacun doit pouvoir vivre son existence en toute liberté sexuelle ; exclusion étant faite des pulsions violentes et criminelles, bien sûr. Les homosexuels, hommes et femmes, ont donc droit au même épanouissement que les hétérosexuels. On ne saurait non plus regretter la disparition de quelques discriminations persistantes encore liées au statut actuel du PACS.

 

Non, la question légitime que l’on a le droit de se poser concerne les enfants. Elle se pose déjà, d’ailleurs, en ce qui concerne les couples hétérosexuels. Nous sommes entrés dans une époque où se proclame quasiment un droit à obtenir un enfant ; quelle que soit la manière dont on l’obtient. Cette ouverture laisse encore plus songeur lorsqu’il s’agit de couples homosexuels. Autrement dit, deux femmes, par exemple,— dont l’une recourra à la procréation assistée (PMA) et se fera féconder par le sperme d’un inconnu—, se retrouveront comme deux mères ensemble ou si l’on veut, dans une combinaison parentale de couple . Beaucoup applaudissent. Mais oui, ce qui compte c’est le désir d’enfant et l’amour qu’il recevra. Pas si simple. Il faut toujours se méfier du conformisme, autant de celui qui s’affiche comme étant progressiste que de celui qui est qualifié de conservateur. Ce qui est devenu politiquement correct n’est pas forçément une réussite incontestable. Le Progrès avec une majuscule n’existe pas. Il y a des psychiatres, des psychologues, des penseurs,—sans doute minoritaires aujourd’hui—, qui s’interrogent. Un enfant né dans ces conditions, avec deux hommes ou deux femmes reconnus officiellement comme étant ses parents, n’aura-il pas une difficulté à trouver, à développer son identité ? L’amour des adultes partenaires n’est pas tout dans cette affaire. On dira que, déjà, une femme en couple, par exemple, peut adopter à titre individuel. Ce n’est pas la même officialisation parentale des deux. On dira que l’accès au don de sperme pour l’une doit entrainer très normalement la présomption de maternité aussi pour l’autre. C’est le vote du National. Et si cela entraînait, même si on le nie, une difficulté supplémentaire chez l’enfant en développement ? On sait que la loi suisse ne protège pas totalement l’anonymat du donneur de sperme. L’enfant peut chercher à savoir qui est son père biologique. Il aura éventuellement besoin d’un sacré bon psy afin de trouver ses marques au milieu de ce trio improbable, qui l’aura pojeté dans ce drôle de monde.


Enfin ! Pourquoi écrire ces lignes qui ne servent à rien ? Eh bien pour exprimer un malaise. On a voulu, dans une idée d’égalisation complète des situations, ouvrir aux couples homosexuels les mêmes possbilités d’obtenir l’enfant de leur désir. Or, cette ouverture pousse à l’extrême l’idée d’un droit général à l’enfant, y compris en recourant à la PMA. Dommage que le grand Simund Freud n’ait pas eu son mot à dire lors des débats parlementaires. Il eût peut être détonné avec ses réflexions sur le développement psychique et sexuel des enfants, la construction de leur identité en regard de leurs parents. Ah, vous avez dit Progrès !

Commentaires

  • "tout porte à croire que le peuple suisse bénira à son tour le mariage pour tous."
    Cela reste à voir. Il me semble qu'on est nombreux à penser comme vous...

  • Un enfant a droit et à besoin, d'un père et d'une mère point final! Les propos insultants et les agressions dans les cours d'écoles contre les enfants de couples gays, ce sont les enfants qui les subissent pas leurs parents! Un reportage sur ce problème a été censuré par le gouvernement!

  • Vous ne faites pas qu'exprimer un malaise mais vous donnez des éléments du mal-être sous-jacent. La technicité court-circuite tout ce qu'on homme échange avec une femme au moment de la copulation, des énergies qui viennent du corps mais aussi de l'âme et de l'esprit. Du reste l'étymologie latine nous informe que copulare signifie associer. Ce moment est très puissant et ce n'est pas un geste technique qui va lui en offrir une compensation.
    Le Progrès que vous citez signifie "pas en avant". Dans le cas de la PMA, on voit que le pas n'apporte pas une plus grande intensité au couple dans un coït mais, au contraire, une disponibilité vers l'extérieur.

  • Je doute vraiment que la majorité des citoyens souhaitent voir des enfants avec deux pères ou deux mères. D’ailleurs pour reprendre Didier Bonny, qui souhaite sur sont blog que les contes de fée se termine par "Ils/Elles se marièrent et eurent beaucoup d’enfants", il faut rappeler que malgré toute les lois égalitaires possibles, dans la réalité c'est biologiquement impossible. La conclusion correcte du "conte de fée" serait: "Ils/Elles se marièrent et firent appel a beaucoup mères porteuses / donneurs de sperme"

  • « La conclusion correcte du "conte de fée" serait: "Ils/Elles se marièrent et firent appel a beaucoup mères porteuses / donneurs de sperme" »
    Que les personnes LGBTQ+, etc., s’arrangent entre elles, puisqu’elles son bi, tri, et j’en passe. Elles devraient être en mesure d’arriver à leurs fins. Pratiquantes de relations «hors-sol», ça devrait pas leur être trop compliqué.
    Mais qu’elles foutent la paix une fois pour toute, à la majorité biologiquement correcte.

  • La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre, bonjour les traumatismes.

  • Le droit à l'enfant contre les droits de l'enfant, tout est là en effet. La PMA pour toutes, bientôt la GPA pour tous et autres "avancées sociétales" de cet acabit ne sont en réalité qu'une extension du désir de consommation dans ce vaste supermarché qu'est devenue la planète. Nul doute que les générations futures réclameront des comptes. Quand je constate que certaines Eglises, et non des moindres, bénissent et même promeuvent ce genre de dérive, cela me déprime.

  • Le "droit à l'enfant "Appel de la vie à la vie qui ne vous appartient pas " (Kalil Gibran) ne devrait pas être un moyen pour consolider la "cause" homosexuelle_

    l'enfant doit être appelé par les voeux de ses futurs parents pour lui-même pas comme moyen à leur service.

  • Il faudra faire des tests ADN pour savoir si l'on est pas en couple avec son frère ou sa soeur !

  • Ou comment construire une société de consanguins !

  • Depuis que la démocratie a engendré le parlementarisme les observateurs ont compris que le grand danger qui ne manquerait pas de le marquer est le populisme, la démagogie et, dans le meilleur des cas, la dictature du politiquement correct et du « progressisme ». Le récent vote des députés fédéraux illustre ce triste constat. Les valeurs éthiques s’effacent.

  • L'institution du mariage date du 11ème siècle et n'était pratiquée que pour les unions entre les différentes coures royales ou appartenant à la noblesse, ces actes servaient simplement à concrétiser des alliances entre des états et c'était également un levier pour l'église catholique de s'affirmer politiquement dans ces sérails très hermétiques.

    On passe les époques et ensuite, le mariage est resté principalement économique, notamment afin d'assurer à l'épouse une forme de filiation et une protection en matière d'héritage toujours sous la protection de l'église, en fait l'église a démocratisé le mariage pour tous, déjà à partir du 17ème siècle, puis son venus les congés payés et l'emancipation féminine, entre temps les registres sont passé de l'église à l'état et maintenant ce sont les hommes qui ne veulent plus se marier, impôts, divorces systématiquement à la charge de l'époux etc..

    Tout ça pendant que les moeurs islamistes et ultra-patriarcales prennent du terrain dans nos sociétés et ont une croissance des naissances 2 à 3 fois supérieures à celle des autochtones !

  • Comme dit Géo, nous sommes nombreux à penser comme vous!

    " Il a considéré que ce vote sans restrictions répondait à la volonté populaire"

    Pour qu'il y ait une volonté populaire il faudrait compter sur 100% de votants! Mais on se contenterait de 70% mais sûrement pas de 50 contre 51 soit face à un ballotage qui demande une nouvelle votation!

  • J'oubliais de préciser que mon coiffeur, homo, m'a dit:

    On ne leur a rien demandé! Qu'ils s'occupent de leurs affaires et nous fichent la paix!

  • Plus des lois s'immiscent dans la sphère privée et moins le privé restera privé !

    Depuis ces innombrables prises en mains des politiques, les personnes visées sont dans le viseur des états, ce qui n'était plus le cas depuis une bonne cinquantaine d'années, l'adoption d'enfant ne pas être un droit, mais rester spécifique au cas par cas, que les parents adoptifs soient hétéros ou homos, mais avec ces manoeuvres politico-médiatiques, adopter un enfant pour un couple homo deviendrait presque une mode, un gadget !

    Attention !

    Quand aux combines génétiques, je n'aimerai pas apprendre un jour, que je viens d'une éprouvette !

  • Je partage l'avis de Madame Belakowsky. Un enfant doit venir au monde d’abord pour lui-même. On devrait envisager
    les droits DE l’enfant plutôt que le droit « à » l’enfant.

    Me voilà rassuré: le coiffeur "homo" est d'accord avec l'opinion de l'autre. Comme référence, on peut difficilement faire mieux.

  • Un commentateur a dit:"On ne leur a rien demandé! Qu'ils s'occupent de leurs affaires et nous fichent la paix!"

    C est à ce commentateur "bien" réputé qu on doit lui renvoyer son écri et retour à l expéditeur sans autre. On ne lui a pas sonné, non? Nous n avons pas la même culture dite helvétique, dommage pour lui!

    Bien à Vous M. Jacques Simon Eggly,Bonnes soirée et nuit.
    Charles 05

  • Etrange société, d'un coté la science fait des "miracles" en produisant à la chaîne des transgenres à coups de bistouris et de l'autre coté, on croise des femmes voilées avec plusieurs couches de la tête aux pieds en pleine canicule, en fait des femmes programmées pour la reproduction !

    Il me semble que certaines idéologies ne font pas tant de chichi et ne dépendent pas de toutes ces salles d'opérations et wagons d'hormone injectables !

    Pour un jeune, le choix n'eat pas évident, la palette semble déborder dans le flan, à quand une trans-sexuelle voilée ?

    Si ce n'est pas déjà le cas ?

  • Avec la future crise économique provoquée par un minuscule virus, nous verrons à terme si notre société va continuer de s'éclairer par truchement de chimères aussi superficielles et artificielles ?

    Attendons un peu de voir le fond des casseroles grincer et les estomacs rugirent après ces vaches grassouillettes et imprégnées par tant de philosophies bovines !

    Toutes ces fuites dans le vide provoquées par toute cette opulence entend déjà retentir les douze coups et nous verrons si ces friandises supporterons des destins plus frugaux.

    Il y a des millions d'enfants sans parents et des parents sans enfant, pourquoi défier le diable en personne, prend ce que la terre te donne, ne va pas voler dans les étales du divin !

  • J'écrirais plutôt, et avant tout "Les Doits de l'enfant et ....................le mariage pour tous!!

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