Tous un peu racistes

Dire son indignation à propos de l’étranglement d’un Afro-américain par un policier blanc n’est que se fondre dans une réprobation générale, oh combien légitime et nécessaire. Puisse le policier , et ses collègues passifs, être durement sanctionnés ! Cela étant, quelques réflexions sur les États-Unis et le racisme en général. La tension raciale,- là bas, est aussi ancienne et persistante que l’existence du pays. L’égalité civique et politique n’a pas effacé les discriminations de fait. En cause, surtout, le décalage économique, social, culturel qui est évident et qui creuse le fossé psychologique. Personne ne peut nier un à priori de méfiance brutale chez des policiers blancs, mais sans doute aussi chez des collègues de couleur, à l’égard des Noirs dans la rue. Mais en dehors des policiers ? Il est simplement objectif de relever que près de 90% des meurtres commis aux USA contre des Noirs sont le fait de Noirs et non pas de Blancs. Étonnant, non ? Cela tient à l’existence des gangs et à une violence intra raciale dans les quartiers à forte densité d’Afro-américains. C’est donc toute la question en amont qui est posée : celle d’une intégration économique et sociale en partie ratée ; comme dans les banlieues françaises.


Pour ce qui est des Etats-Unis, il faut rappeler que c’est un pays viscéralement violent. Les armes sont partout. Quand un policier décide d’interpeller, ou même s’il croise un individu, il imagine toujours que celui-ci risque de sortir une arme. Il n’y a qu’à voir les procédures en cas d’excès de vitesse sur une route. Dans un portrait paru au journal <le Temps>, un artiste noir américain disait avoir toujours une attitude désarmant la méfiance ; par exemple , pas une main dans la poche. Assez incroyable. Il y a eu récemment le cas de la dame, effrayée parce qu’un passant noir lui avait demandé d’attacher son chien. Elle a appelé la police, craignant une agression. Ainsi va l’Amérique. Reprendre en main la police est indispensable mais cela ne résoudra qu’une partie du problème, qui est profond. Un point positif : dans les manifestations pacifiques ayant eu lieu, beaucoup de protestataires noirs et blancs ont défilé la main dans la main. Toutefois, on déconseillera à ces mêmes protestataires blancs de s’aventurer seuls dans des quartiers noirs à New-York, à Washington ou ailleurs. Nous nous souvenons personnellement de la mise en garde reçue à cet égard. C’est un fait indéniable. Bref, les choses sont toujours plus compliquées que ce que l’on croit. Jusqu’à preuve du contraire, il vaut mieux vivre dans une ville suisse…


Mais revenons au racisme en général. Passionnante lecture des mémoires de André François-Poncet, ambassadeur de France en Allemagne de 1931 à 1938. Il nous fait comprendre comment se sont conjugués le ressentiment né des conséquences de la première guerre mondiale, du vieux nationalisme germanique et le développementent d’un anti-sémitisme ayant lui aussi des racines anciennes. On comprend mieux, médusés, comment tant d’Allemands ont accepté, ou n’ont pas voulu voir cette marche vers l’horreur. Le racisme a trouvé à ce moment son expression ultime et monstrueuse, transformant un appareil d’’Etat en criminel contre l’humanité. Mais, en deçà de ce degré d’horreur, le racisme ordinaire est le virus le plus partagé du monde. Même ceux dont la mémoire porte le poids terrible du racisme subi, les Juifs d’Israël, —-bien sûr pas unanimes—, ont ces réflexes de discrimination de monopolisation d’un territoire envers ceux qui n’ont pas la même identité historique et religieuse. Soyons lucides. Ce réflexe discriminant , fût-il sous une forme douce, accompagne partout et toujours le parcours de l’humanité.


Il faut lutter contre lui. Mais l’effort pour neutraliser cette tendance se heurte à une difficulté, à une contradiction. Un enfant qui joue avec des copains ne verra pas si le copain est de couleur différente, ne saura pas s’il a une autre confession religieuse. En revanche, dès lors, qu’en grandissant, il s’assimilera à un groupe s’identifiant par la couleur, l’origine, la religion il revendiquera son identité propre par rapport aux autres. Ici, on pourrait appeler Rousseau à la rescousse. Dans le meilleur des cas, se construit une cohabitation pacifique. Mais, le risque du piège est évident. Comment neutraliser le complexe de supériorité, la méfiance, la crainte, une sourde agressivité ? Comment voir essentiellement dans l’autre un compagnon cheminant sur le même sentier, avec des valeurs communes ? C’est le rêve américain. Un peu français aussi. Or, il est partiellement raté.

 

En conclusion, si l’on veut aller vers le mieux, en regard du racisme, il importe de reconnaître qu’il n’est pas seulement là où on le voit le plus, ni toujours dans le même sens. Une tendance au racisme est inhérente au groupe humain et à chaque humain. Osons le dire : même les militants contre le racisme , à leur insu, n’en sont pas exempts. Une fois ce constat réaliste admis honnêtement, on peut, honnêtement aussi, étudier des pistes pour le neutraliser et trouver les meilleurs équilibres possibles.

Commentaires

  • "Même ceux dont la mémoire porte le poids terrible du racisme subi, les Juifs d’Israël, —-bien sûr pas unanimes—, ont ces réflexes de discrimination de monopolisation d’un territoire envers ceux qui n’ont pas la même identité historique et religieuse. " Pour l’objectivité, vous auriez pu rajouter, cher Monsieur : ET VICE-VERSA, et parler de ces manuels scolaires palestiniens qui prônent la haine du juif, et le refus de reconnaître qu'Israël ait son propre territoire, de ces manuels scolaires palestinien qui ont été condamner par L'U.E. D'ailleurs que vient faire la monopolisation d'un territoire dans un article qui parle du racisme ? Par ailleurs pourquoi parler uniquement d'Israël et non de la Chine qui pratique un lent et silencieux génocide envers les Ouïghours, par exemple ?

  • Excellent billet, très nécessaire en ces temps d'hystérie. Il n'y a pas si longtemps, j'ai lu une remarque d'une comportementaliste pour chiens sur le thème "pourquoi les chiens sont agressifs envers les Noirs ?" répondre par le racisme probable de ses maîtres. Y a t-il des maîtres qui en veulent aux facteurs ? Pourtant, il y a des milliers de morsures de facteurs chaque année...
    Et en Afrique, la réponse est plus simple : les Africains détestent les chiens, qui le leur rendent bien...

  • Voyez-vous Geo, j'étais à Makokou, une petite ville provinciale dans le nord du Gabon pour un travail. J'avais été invité par une connaissance pour le souper. Alors que je marchais pour me rendre chez mon hôte, je croise en chemin une femme, ses enfants et son chien. Ce dernier m'a mordu sans raison apparente. Je pense que ce chien devait être raciste. Le plus drôle est que nous pensions, nous Européens vivant en Afrique, que les chiens n'aimaient pas les noirs.
    Est-ce que vraiment les Africains n'aiment pas les chiens et que ces derniers le leur rendent bien? En général, il est considéré comme un animal utilitaire, sans plus contrairement à chez nous où on le considère comme un animal de compagnie.
    Question : les chiens peuvent-ils être racistes ?

  • Au Sénégal, en 1975, un agronome avait récupéré une portée de fennecs au milieu de la canne à sucre et installé l'un d'eux dans un parc aménagé près de sa maison. L'animal était devenu familier et jouait avec les expats qui passaient près de lui; mais il baissait les oreilles et s'aplatissait dans le sable dès qu'un Africain apparaissait. Je ne sais pas qui avait pu lui mettre des idées pareilles dans la tête.

  • Le racisme est même bien présent dans cette blogosphère où même des blogueurs hurlent avec les loups et, d’autres, laissent grande place à l’activisme de certains, qui a valu le bannissement de deux blogs mais pas des commentateurs qui continuent leur pollution et attaques sur les personnes!

    Merci de me donner l’occasion de dénoncer ce fait très important et qui devra cesser! On ne peut responsabiliser que les blogueurs ......dont certains confondent La Liberté d’expression, pour laquelle j’ai voté, avec La Liberté pour quelques uns de vomir leur racisme, antisémitisme, grossièreté et misogynie salace et licencieuse.

  • Contre le racisme, les donneurs de leçons devant l éternel ne donnent pas toujours les meilleurs exemples à suivre, bien au contraire!

    Bien à Vous M. Jacques-Simon Eggly.
    Charles 05

  • Le racisme anti Blanc n'existe pas !

    http://www.regards.fr/politique/societe/article/pourquoi-le-racisme-anti-blancs-n-existe-pas

  • Deux moyens de se débarrasser de son racisme. Le premier est d`intérioriser par l`éducation que le racisme est un "mal" et que l`on est donc "mauvais" si on s`y adonne. Le deuxieme moyen est de rationaliser, par exemple en se disant que c`est un réflexe dépassé, hérité de temps anciens lorsque l`on avait plus de chances de survivre si l`on se méfiait d`emblée de tout ce qui n`appartenait pas a sa tribu. Il se trouve que beaucoup parmi ceux qui se déclarent antiracistes n`ont accompli aucun de ces deux processus de "nettoyage" du racisme en eux et ne se prétendent antiracistes que par conformisme superficiel alors qu`ils ont par exemple l`habitude de raconter n`importe quoi sur les Arabes ou les immigrés africains.

  • Et quand un blanc est massacré par des noirs qui s'indigne???

  • Ou alors passer quelques années en Afrique et en Asie, pour se renforcer dans l'idée que les gens sont partout pareils et que la proportion de cons et de surdoués est la même qu'ailleurs.

  • PLUS LE MENSONGE EST GROS, PLUS IL SERA ACCEPTE (Josef Goebbels, Ministre de la Propagande d’n Hitler)

    Si les blancs sont si racistes que ça, pourquoi des millions de migrants accourent en occident ???

  • Ilnyaka se permet de nous donner des leçons avec une formulation plagiée devenue un leitmotiv sur les blogs que nous visitons, car ilnyaka nous suit comme notre ombre!

  • Des surdoués rabbit? LOL

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