Le vélo n’est pas tout

Il y a des choix qui ont toute leur valeur, à condition de ne pas les pousser au-delà du raisonnable, et au détriment d’autres composantes méritant aussi attention. Or, cette condition n’est pas remplie à Genève en ce qui concerne les modes de transport. On trouve, en outre, d’étonnantes contradictions en regard du but général affiché. De quoi s’agit-il ? La Ville de Genève , avec la bénédiction du Département cantonal des transports, a élargi la bande pour vélos sur les quais. Plus confortable pour eux, plus sûr. Les cyclistes pourront même pédaler côte à côte si affinités…Du coup, la deuxième file pour voitures est supprimée. Le bouchon en résultant devient gigantesque aux heures de pointe. Énervement, inconvénients, pollution évidemment accrue avec cet escargot sans fin, moteur contre tuyau d’échappement. On entend l’argument en réponse. Nombre d’automobilistes n’ont qu’à se mettre au vélo. Qu’en pensent les personnes un peu âgées, les mères et les grands-mères qui doivent emprunter les quais avec charges d’enfants à transporter ? L’autre jour, une grand-mère, dont la fille travaille en bureau, est allée s’occuper de ses petits-enfants qui habitent Versoix, elle-même habitant les Eaux-vives. Elle avait rendez-vous chez elle le soir. Elle a mis trois heures pour rejoindre ses pénates, grâce à la glorieuse décision sur les quais. Belle réussite ! On pourrait aussi parler de l’incompréhensible décision de mettre la rue de la Croix-Rouge à sens unique. Ah oui, vraiment, le mieux proclamé peut être l’ennemi du bien lorsque la psycho-rigidité se veut doctrine.


Oh, il faut inciter les gens à opter pour la mobilité douce. Bien d’accord. Le vélo, quand c’est possible et pour qui c’est aisé, plutôt que la voiture. Mais puisqu’on parle de la vogue pour les cyclistes, parlons aussi éducation et solidarité. Les vélos électriques et, pire, les trottinettes de la même veine peuvent être dangereux ; notamment pour les champions de la mobilité douce : les piétons. Lorsque l’on habite et que l’on travaille en ville, être piéton, c’est le plus sain et le plus écologique. Eventuellement, bien sûr, les transports publics pour les plus fatigués ou ceux qui sont astreints à des trajets plus ou moins longs. Ces piétons qui viennent d’apprendre que les jeunes cyclistes, jusqu’à douze ans, peuvent les bousculer sur les trottoirs. A quand une grand manifestation des piétons contre les cyclistes, écologiques peut être mais pas toujours éduqués. ?Mais non, on ne désire pas une confrontation au sujet de la mobilité ; on souhaite une intelligence partagée. Demandez à des vieilles dame et à des mères de famille dans les parcs publics ce qu’elles pensent des cyclistes qui foncent, devant des policiers municipaux indifférents. Tellement plus facile de glisser des contraventions sur des voitures parquées !


Bon, arrêtons ici ce billet d’humeur. On aime bien les cyclistes en général, plutôt non électriques et prisant l’exercice des jambes. On aime moins les trottinettes électriques qui filent et sur la rue et sur le trottoir. On aime beaucoup les piétons, même s’ils ne sont pas toujours adeptes de l’élégance. Mais l’élégance aujourd’hui ! Et on ne déteste pas les voitures, même si on pense qu’une bonne évolution, en ville, est d’y recourir moins quand elles sont moins nécessaires. Et l’on apprécie des bus , des trams performants.

Mais il est bête et négatif de privilégier soudain abusivement le vélo, au détriment d’une fluidité automobile minimale aux heures de pointe, sur des axes incontournables. A quand un magistrat intelligent qui proclamera : <je suis piéton, cycliste, usager des transports publics, automobiliste suivant les cas. Le désire que ces modes de locomotion s’acceptent les uns les autres dans un souci d’équilibre raisonnable>. La décision pour les quais ne l’est pas. C’est ce que l’on appelle faire fausse route.

Commentaires

  • "A quand un magistrat intelligent qui proclamera :

  • "A quand un magistrat intelligent qui proclamera : je suis piéton, cycliste, usager des transports publics, automobiliste suivant les cas."

    Ils le proclament tous !
    Il s'agit de comprendre que ces élus ne sont que la facade, la vitrine, d'une énorme usine à gaz sur laquelle il n'ont pour ainsi dire aucun pouvoir et une marge de manoeuvre symbolique. Et nous sommes coupables de croire qu'ils vont mener à bien leurs promesses électorales. Car les véritables maîtres sont les hauts fonctionnaires, les chefs de service qui décident de tout.
    C'est à la fois rassurant car c'est la garantie d'un suivi cohérent indépendamment des aléas électoraux qui imposent souvent l'alternance sur une période courte d'une ou deux législatures et inquiétant car c'est un véritable déni de démocratie.
    Il y a bien sûr la tentation de mettre en place une forte tête, un caractère qui sache imposer sa vision dans les services en les restructurant et en se débarrassant des fauteurs de trouble, mais dans notre pays ce système ne semble pas fonctionner. Le meilleur exemple reste Blocher qui avait viré six des ses lieutenants sur sept dès son entrée en fonction. Jean-Charles Legris, au CM de la Chaux-de-Fonds a aussi fait les frais d'une large alliance de fonctionnaires.
    Non, ce qu'il faudrait, c'est un capitaine à la direction générale des transports (DGT) qui soit une personne de consensus et qui permette à tous de comprendre que tant qu'on mettra les divers modes en concurrence on alimentera la guerre que la LMCE avait passablement pacifiée.
    Il faut aussi comprendre, et il suffit de relire le rapport mobilité 2030 de Mme Künzler pour le vérifier, que la voiture est là pour encore longtemps et même si le pourcentage de déplacement par ce mode diminuera à l'horizon 2030, il y aura tout de même plus de voitures qu'aujourd'hui. Il est donc aussi vain que contre productif de vouloir l'éradiquer. Cela ne fait que durcir les fronts.
    Sur mon blog Hey taxi ! je me suis fendu d'une série de billets sur la traversée de la Rade. C'est à mon avis le chaînon manquant qui permettrait de satisfaire presque tout le monde. Nous pourrions enfin fermer le centre au trafic parasitaire et rendre la ville au gens. Le U-Lacustre est une aberration qui nous impose une barrière de ferrailles ambulantes permanente dans ce joyau qui fait notre fierté. Et il est là pour durer puisque le projet de traversée du lac est cliniquement mort.
    Le tracé que je visionne m'apparait comme une évidence de bon sens pour faire le lien entre la route des Nations, cette semi-autoroute pénétrante qui arrive nulle part et qui va aspirer au centre quantité de véhicules en transit sur le petit périphérique Motta-Hoffman, et la route de Malagnou qui est un accès direct au réseau autoroutier international.
    Je rejoins aussi une des idées de l'ingénieur Weibel en proposant le bouclement du RER par une traversée mixte qui permette de lier la gare des Eaux-Vives avec Sécheron qui deviendrait une véritable extension de Cornavin sans avoir besoin de faire la halte de Nation prévue dans le projet mal foutu du gouvernement et évidemment en renonçant à l'extension souterraine au profit de la boucle qui finira bien pas s'imposer lorsque la justice sera saisie du dossier.
    A mon titre de chauffeur de taxi depuis plus de 40 ans, je prétends avoir les remèdes pour redonner de la fluidité en ville en respectant les plans directeurs et le protocole des zones prioritaires. Les experts se fourvoient en faisant des projections informatiques sur des modélisations standards qui ne tiennent nullement compte de la réalité particulière du terrain et des aléas temporels. J'attends le jour où le magistrat élu viendra me chercher pour faire le boulot. Je suis motivé et disponible.

  • GE, Politique de fluidité des transports & Co - stratégies foirées.
    Nos politiques élus ne font pas le job, ne respectent pas leurs mandats, ne sont pas sanctionnés.

    "(...) Or, cette condition n’est pas remplie à Genève en ce qui concerne les modes de transport. "

    Pourtant. Analyses et analystes, moyens et solutions, sont, prêts et dispos, offerts sur un plateau, aux citoyens comme à nos exécutifs. Ces derniers déviant de leurs obligations, restent aux citoyens à s'y coller :

    Aucune mobilité routière ne peut être organisée sans coordination globale - Ceva-Leman Express-rail.
    Ce qui ne sera jamais atteint si nous laissons notre CE dans son enfermement actuel.

    2 pétitions à signer, incontournables, que l'ingénieur R Weibel propose*:
    - Pour le raccordement du Léman Express à l’aéroport.
    - Pour un traitement, cohérent et transparent de l’infrastructure ferroviaire

    *https://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2020/05/29/deux-petitions-306725.html

    Enfin soyons réalistes, faut un agent-coordinateur, engagé, connaisseur et volontaire, sur le terrain. Et Genève à un tel potentiel.

    Expert sans pareil de la mobilité et des réseaux routiers de ce Canton, Potentiel maître d'oeuvre des agendas de mobilité cantonale sur le moyen et long terme, négociateur hors pair,
    - Pierre Jenni.

  • Le vélo n'est rien d'autre que des restes rances utilisés à des fins politiques, mais maintenant que les chinois produisent et consomment des voitures alors qu'ils étaient tous à vélo il n'y a pas 20 ans, c'est au tours des gôchos locaux de vouloir imposer le vélo, mais alors, ils devront nous expliquer pourquoi leur Chine communiste est devenu le plus gros pollueur de CO2 par habitant de la planète, je vous rappelle que c'est déjà le cas depuis 2 ans !

    Mais comme avec l'OMS, les ong climatiques se taisent face au dragon de feu !

  • D'ici 3 à 5 ans, les voitures seront 100% autonomes, donc une voiture aura 8 fois plus de rentabilité qu'une voiture privative, en fait, toutes les voitures seront des taxis, donc d'ici 10 ans, 5 fois moins de véhicules en partage sur les routes !

    Et celui qui voudra rouler seul, payera pour 5 !

  • Le problème genevois est mondial, vouloir prendre des mesures et engager des dépenses est par contre très genevois, creuser des tunnels, construire des ponts etc. ne prend en compte l'arrivée des nouvelles technologies et vouloir absolument agir seul dans son coin est incompréhensible.

    Les fabricants de véhicules de transport de personnes font des avancées vers des solutions réellement "révolutionnaires", le système mobileye permet à des véhicules de se déplacer sans intervention humaine en garantissant 1'000 fois de risque d'accident, de plus d'autres systèmes permettent aux véhicules de communiquer entre eux, de localiser tout ce qui se trouve dans un rayon définissable et large, également des systèmes de cryptages permettent également de garantir un très haut niveau de sécurité.

    En utilisant de tels véhicules, le nombre de voiture va drastiquement réduire, d'une part parce que 90% de ces véhicules permettront un planing de partage et de modalité multi-usagés et d'autre part, un même véhicule servira de manière continue, donc diminution de véhicules présents dans le parc.

    Dans une ville comme Genève et sa politique répressive envers les voitures et scooters, plus de 30% de la circulation est due à la recherche et à l'obligation de changer de place de parcage. 30% du Co2 produit par la circulation automobile genevoise est provoquée par les contraintes liées aux pacages des véhicules.

    Un autre 15 à 20% des émissions sont dues aux embouteillages et aux feux, des véhicules autonomes contrôler par des systèmes de croisement ne s'arrêtent pas aux croisements, ils calculent les trajectoires et se croisent par calculation, ce qui annule 95% des très polluants arrêts-démarrages,

    Avec le système incorporé de partage des véhicules, ces derniers seront pratiquement jamais avec moins de trois passagers, chacun de ces véhicules sera un taxi en partage.

    On passera ainsi de 20 litres par passager à 1 litre au 100 km et en divisant le nombre de véhicules par 10 ou 20. Ainsi le problème des parcages deviendra un cauchemar du passé.

    Ces solutions existent, sont en phase de test, mais sont déjà opératives, actuellement plusieurs maques ont déjà mis en circulation des véhicules autonomes avec l'obligation pendant 3 ans d'être supervisés par des conducteur obligés de garder les mains sur le volant.

    Genève doit prendre en compte ces paramètres, vouloir solutionner les problématiques actuelles sans prendre en compte ces données est ridicule !

  • Contrairement à l'humain, les systèmes de conduite autonome voient tout et se localisent au centimètre. Une fois que tous les véhicules seront autonomes et communiqueront entre eux, il n'y aura pratiquement aucune possibilité de causer des accidents :

    https://www.youtube.com/watch?v=hCWL0XF_f8Y

  • Pierre nous a malaxé pendant des années avec une traversée de la rade, il n'y a pas 3 ans, la traversée de la rade allait solutionné tous les problèmes de la circulation genevoise, en 2020, où donc cette traversée miraculeuse a-t'elle changé de cap ?

    Parce que construire des larges boulevards pour que les écolos en fassent des couloirs à vélo, au prix en Co2 du béton pour recouvrir tous ses fanstasmes, Pierre arriverait à rendre le vélo plus polluant que des déplacement en fusées stratosphériques !

  • Il se trouve qu'en matière de solution de gestion de flotte publique, j'ai été le pionnier au niveau mondial dans ce domaine, c'était il y a plus de 30 ans et la grande erreur à été de travailler en partenariat avec une école polytechnique suisse, heureusement que parallèlement j'avais eu le reflex de développer les mêmes recherches avec un consortium israélien et américain, coté suisse j'ai été jeté aux ordures et arnaqué, mais aujourd'hui mes efforts ont portés leurs fruits et je suis récompensé à très grande échelle, d'un coté, en Suisse c'était un gâchis et de l'autre, avec des partenaires, je parle de vrais partenaires, une réussite !

    Il y aurai matière à écrire un livre sur les méthodes avilissantes réservées aux personnes développant des solutions en Suisse !

    30 ans plus tard et pendant ces 30 dernières, j'ai observé, non sans surprise, comment Genève, qui était censée participer à une innovation mondiale en matière de modalité liée aux transports inter-urbain s'enfoncé dans les querelles quasi-stalinienne recouvertes de tombeaux de béton, de ces titanesques crises épileptiques politiques entre écolos et lobbies marchands d'automobiles et de pétrole, de ce CEVA à peine créé et déjà momifié dans son sarcophage à cause d'un virus, sans parler des dizaines de maquettes de traversées de la rade pratiques uniquement pour les milliardaires des quartiers de villas à 30 millions pièce !

    Il y a ceux qui s'achètent des lunettes pour loucher sur leur monture et ceux qui trouvent dans le presque infiniment petit des remèdes aux maux et aux mots des démoniaques, ainsi va ce monde et peut-être, tant pis !

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