Au nom du progrès

C’est le titre d’un documentaire qui a passé dimanche dernier sur RTS2. Impressionnant et troublant.On apprend, par exemple, que des préoccupations écologiques avaient cours bien avant notre époque. Ainsi, l’extraction du charbon a été, en partie, choisie afin d’éviter l’utilisation intensive du bois, soit une déforestation provoquant de gros problèmes. Et voilà une accélération énorme de la pollution. Mais le charbon, trop dépendant du travail et des humeurs de la main d’œuvre, a été supplanté par le forage pétrolier , source de fortunes colossales pour des sociétés capitalistes et pour des pays sortis soudain du désert. Et puis l’agriculture. Le passage à une agriculture intensive, hautement mécanisée, avec recours massif aux pesticides a permis des rendements extraordinaires. Des préoccupations humanitaires n’étaient pas absentes de ce choix. Toutefois, cette exploitation intensive à grande échelle a laissé de côté des régions entières et appauvri la biodiversité. On l’a vu en Afrique mais aussi, spectaculairement, en Inde. C’est tout un équilibre socio- économique de petites exploitations assurant une subsistance locale qui a été remis en cause.

Continuons cette revue. Il y a ce mélange trouble entre les développements scientifiques, industriels et financiers en temps de guerre, et leurs prolongements une fois revenu le temps de paix. La chimie allemande a inventé les chambres à gaz, puis elle a stimulé de nombreuses applications bénéfiques. Il y a enfin, cette prodigieuse utilisation de l’énergie atomique et les débuts de l’exploration du cosmos dans une ambiance de guerre froide. Simultanément, ,—les Etats-Unis donnant le rythme—, on a vu la formidable augmentation de la consommation dans la vie quotidienne. L’homme jouissant de plus en plus de l’énergie domestiquée. Cette explosion de la consommation a évidemment été encadrée et dirigée par les grands groupes d’intérêts, ce qui a fait manquer des rendez-vous qui eussent pu être décisifs. Sait-on, qu’aux Etats-Unis, les tramways électriques ont été acculés à la faillite pour laisser place aux véhicules privés et publics à essence. Sait-on que le Président Carter, dont on a sous-estimé la valeur, avait osé préconiser une consommation moins effrennée, plus sobre et un transfert progressif vers les énergies propres, notamment le solaire. Après sa défaite à la présidentielle, cette idée de meilleure orientation des choses a explosé en plein vol. Et dire qu’on y revient aujourd’hui !


Bref, ce document multiplie des exemples et des analyses. On y trouve le positif et le négatif inextricablement mêlés. Surtout, on regarde, comme dans un film, la capacité de l’homme à pousser toujours davantage son élan, sa maîtrise des éléments, mais sans avoir une vue d’ensemble, un souci de mettre en balance . —et en anticipant—, les effets bénéfiques et les effets pervers. Bien des personnalités lancent des cris d’alarme. L’homme grandit, et se multiplie, sur une planète qu’il domine, mais qu’il appauvrit et dont il détruit des équilibres peut être vitaux ; peut être jusqu’à compromettre sa propre pérennité, si l’on admet que l’espèce humaine , sans doute parvenue au sommet du vivant, n’en est pas moins liée à toute la panoplie de ce vivant.

 

Voilà pour un constat. Qu’en est-il des chances d’un redressement ? Osons une réflexion toute personnelle. L’histoire montre que les régimes autoritaires, propulsés par l’obsession de domination, s’enferment finalement dans le couloir étroit de leurs idéologies. Hitler, Mao, Staline et tous les autres. On peut se demander si la Chine, qui stupéfie le monde par son accession au premier cercle des puissants, n’implosera pas un jour ou l’autre. Trop de gens regardent ce pays inquiétant comme Mowgli hypnotisé par le boa de la jungle. Mais, les acteurs de nos démocraties occidentales n’ont-ils pas été souvent défaillants ? Tocqueville déjà, au milieu du dix-neuvième siècle, s’inquiétait du fonctionnement politique, économique et sociétal dans la jeune démocratie américaine. Même en Suisse, avons -nous toujours eu un Gouvernement suffisamment solide pour éclairer le chemin et y entraîner les forces vives du pays ? Question semblable à l’adresse du Parlement, des partis, des grands acteurs économiques, financiers, syndicaux, intellectuels, scientifiques du pays. Ajoutons toutes les associations qui constituent une part du tissus sociétal.


Pourtant, seules les démocraties ont les composantes nécessaires à la recherche des équilibres. Alors, osons une espérance trempée dans un pari de relatif optimisme. Imaginons , qu’en ce siècle, une conscience collective et individuelle se développe plus et mieux. La Suisse a pour cela de bons instruments. Imaginons des gouvernants aux yeux ouverts, regardant loin et des deux côtés, capables d’ouvrir des voies, d’appeler à une cohhésion sociale, à des concordances sur les grands enjeux bien définis (économiques, écologiques, sociaux, scientifiques, politiques, humains…). Imaginons, qu’autour des centres de décision institutionnels, se vivifie un libéralisme responsable, et qu’une habitude de participation aux réflexions et aux décisions se fortifie ; chaque acteur portant à la fois la défense des intérêts qu’il représente et la volonté de concourir à l’intérêt général dans une dynamique de concertation. Du sommet de l’échelle jusqu’à la base, mais aussi en sens inverse, se renforcerait une démocratie de participation à réinventer un peu, évitant le mouvement mécanique et construisant des avancées de lucidité et d’équilibres. Ah oui, imaginons !


Utopie, vœux pieux que tout cela ? Peut être. Mais l’histoire démontre que le progrès en droite ligne n’existe pas. Toute avancée a ses risques d’effets pervers. Toute performance peut avoir bousculé des rendez-vous, du coup manqués. Aujourd’hui, plus qu’hier, et dans le cadre ouvert qu’offrent les démocraties, on a de quoi prendre conscience de cette réalité : il n’y a pas de progrès avec une majuscule. Seule une perception large des enjeux, soupesant le positif et le négatif, peut nourrir une participation dessinant un avenir raisonnable. Si une telle évolution des esprits et des actions est possible, ce sera dans le cadre de nos démocratie et sous leur impulsion dans l’ensemble du monde. Il ne saurait y avoir de gouvernance mondiale, mais on peut souhaiter des convergences de lucidité et de responsabilité à une dimension mondiale. L’Athènes antique, avant de sombrer dans ses travers, avait inventé sa démocratie limitée. Un exemple à méditer. Alors oui, osons le pari de la confiance. Que, de nos démocraties, se lève une meilleure conscience de l’homme pour assumer sa vocation de gardien du royaume d’ici bas et de ses équilibres subtils.

Commentaires

  • Sur le même thème, j'en profite de remercier Mère-Grand pour ses conseils de lecture : "21 leçons pour le XXIème siècle" de Yuval Noah Harari. A lire absolument...

  • Trop de contrôles tue le contrôle, trop de normes tue les normes !


    Dès lors que la France est à sec, impossible d’ouvrir les usines, les commerces. Sans les déversements quotidiens de porte-containers et d’avalanches de matières premières, de vomissements de pièces détachées et de tombereaux de camelotes chinoises, la France est en panne de carburant. Le pays est figé.
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    Des millions de masques cachés en urgence dès le début de l’année. Un décret interdisant aux commerçants de fournir des masques, y compris pour les hôpitaux, des stocks de millions d’unités sont restés intacts depuis le début de la crise. En ce qui concerne les tests PCR, interdiction aux praticiens de faire des tests, vétérinaires, laboratoires privés, frappés en plein face par un autre décret leur interdisant de sauver des vies. Pour l’hydroxychloroquine, ce remède est interdit de vente à partir de mi-janvier et il est classé après 70 ans et sans explication dans les produits vénéneux. En mars, le gouvernement finance la production de 10 000 respirateurs, après 3 semaines, mi-avril, il apparaît que ces respirateurs facturés 400 millions sont inutilisables, ne fonctionnent pas, les 4 groupes industriels ayant participé à ce gâchis décident d’en détruire sans délai 8500 et maintiennent leur facture ouverte pour la totalité de la « commande ».
    Ce n’est pas tout, pendant qu’il est strictement interdit de se promener sur une plage, en montagne ou à la campagne, qu’il n’y a dans ces lieux pratiquement aucune chance de croiser qui que soit, des compagnies nationales remplissent leurs avions comme des œufs et volent au quotidien depuis Roissy vers plusieurs destinations en France, dans des avions qui ne sont pas équipés de filtrages avec UV pour leur ventilation, ceux qui en sont pourvus, sont étonnamment interdis de prendre les airs.
    La liste n’est pas exhaustive, il y a certainement des centaines d’exemples et de preuves attestant que le gouvernement veut dramatiser et centupler la panique à cause du simple fait que sans les importations venant de Chine, tout est au point mort dans le pays, que tout est entrepris pour que les millions de travailleurs soient confinés, immobilisés. Pas question que le peuple envisage de manifester comme il l’a fait un an plus tôt. Il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, 2 hélicoptères étaient posés dans les jardins de l’Elysée alors qu’il n’y avait pas 3000 manifestants pacifiques à moins de 50 mètres du numéro 1 de la corruption étatique.
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    Que ferait-il si à cause d’un chômage technique généralisé les milliers de manifestants se transformaient en millions ?
    Les membres du gouvernement ont vraiment de quoi avoir mauvaise conscience et craignent le pire, même si le peuple ne veut qu’une seule chose, faire fuir cette mafia infecte et désormais assassine.
    Ces parvenus de la politique, dans leur logique criminelles, devaient faire des dizaines de milliers de morts pour accréditer leurs mensonges et provoquer une hypnose médiatique, il est évident que tous ces manquements en matériels étaient savamment organisés et planifiés, uniquement pour ne pas se retrouver nez-à-nez avec une France rongée par des « politiques » devenues impossible de dissimuler plus longtemps, Brigitte dans la panique a même prévu de vendre le mobilier avant de fuir le navire.
    Les dizaines de milliers de décès, sans parler de ceux qui sont encore enfuis dans les arcanes des administrations, ont été minutieusement préparés par l’actuel gouvernement, ses médias serviles et quelques experts en médecines à la solde de grands laboratoires.
    A la moindre difficulté respiratoire, de pauvres victimes étaient plongées dans coma toxique et intubées sans bénéficier des soins indispensables, il ne fallait pas perdre de temps pour optimiser le massacre, les ¾ ne seraient pas morts s’ils avaient été soignés correctement et non abandonnés avec des numéros par un personnel également contaminé.
    Depuis début janvier et sans doute avant, ce gouvernement a-t-il délibérément tout mis en place pour tuer un maximum de Français par peur de ne pas voir des foules libérées de toute obligation pour éventuellement revêtir des gilets colorés ?
    Maintenant le gouvernement et ses sbires de la communication feront tout ce qu’ils peuvent pour prolonger cet emprisonnement salvateur, ils savent que dès que la population sera sans occupation l’heure des factures fera sonner le tocsin de la fin de partie.

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