07/01/2015

Nos valeurs face à l'horreur

Nos valeurs face à l’horreur

Nous sommes tous horrifiés par l’attaque meurtrière et monstrueuse contre les rédacteurs et dessinateurs de Charlie Hebdo. L’indignation, la dénonciation, la compassion et la solidarité sont les premiers mots qui viennent à la bouche. Cela étant, relevons qu’il s’agit d’un choc frontal entre , d’une part, une pointe acérée de notre monde démocratique et, d’autre part, l’extrémisme fanatique qui secoue le monde musulman. C’est un choc tragique aux frontières de deux civilisation ; aux frontières et, Dieu merci, non pas au cœur. Charlie Hebdo, qu’on l’apprécie ou non, s’en prend à tout ce qui lui parait critiquable et risible à tout ce qui passe devant son cham de vision. Il le fait avec une verve polémique tant par l’écriture qu’au travers des caricatures. Mahomet n’y est pas plus étrillé que Jésus ou le Pape. En fait, dans son genre qui n’est pas celui qu’apprécie le plus un vieux Libéral genevois,  Charlie Hebdo a sa place dans notre cohérence démocratique,  en ce sens qu’il use largement de cette valeur fondamentale qu’est la liberté d’expression. Et si cette dernière peut être limitée par le Droit dans certains cas ( diffamation, calomnie…) elle ne saurait l’être de manière générale.  Une auto censure par peur et devant la pression serait déjà un échec de notre démocratie.

A l’inverse, Les Musulmans fanatiques illustrés en Irak et en Syrie par le soit disant Etat islamique n’ont qu’une idéologie politico-religieuse absolument totalitaire. Dans les illustrations de nos valeurs démocratiques, ils ne voient que décadence, blasphème et pourriture. Le monde occidental est un Satan à détruire. Mais les Etats musulmans dits modérés ou vus comme complices des Occidentaux sont aussi des renégats à pousser en enfer. Souvenons nous du massacre des enfants au Pakistan. Même horreur. Il n’y a donc pas de compréhension, de compromis possible entre ces deux positions. Nous sommes en guerre contre les Islamistes fanatiques. Ce qui s’est passé à Paris peut advenir demain à Genève.  Nous sommes en guerre au côté des Musulmans qui se trouvent être également leurs cibles.

Naturellement, comme nous y invitent les grands dignitaires religieux, gardons nous de tout amalgame, de toute généralisation. La majorité des Musulmans de France et d’Europe sont aussi étrangers que nous à cette horreur. Toutefois, ils le seront aux yeux de tous à condition de se rallier pleinement aux valeurs fondamentales des pays démocratiques dans lesquels ils vivent : la la laïcité émanant de l’Etat et des administrations publiques, écoles publiques comprises,  droits égaux entre hommes et femmes et acceptation du grand principe de la liberté d’expression même choquante, sous réserve de protection individuelle.

Nous devons, en Europe, être beaucoup plus clairs et plus fermes sur nos valeurs et nos principes, sans mollesse complaisante aux allures d’engrenage vers une dilution de nos assises. Il faut dire non à l’instrumentalisation populiste de ces faits contre les étrangers ; mais il importe d’affirmer que tout résident dans nos pays démocratiques doit accepter nos règles de vie en commun, quitte à supporter quelque distance avec certaines habitudes culturelles amenées avec lui.  

Quant à la résistance absolue contre les fous de Dieu elle doit être commune, intransigeante, avec des réactions et des sanctions à la hauteur de la menace et de nos valeurs. Il n’est plus question de réinsertion. Unis derrière nos autorités aux responsabilités, nous sommes en guerre au nom du droit de vivre  libres : libres aussi de nous référer à un Dieu d’amour et non de haine obscurantiste.    

 

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12/12/2014

Présent insaisissable avenir inconnu

Présent insaisissable avenir inconnu

Peut être est-il confortable de ne pas trop réfléchir au sens des choses, de ne pas vivre le présent en nous liant à une interrogation sur l’avenir. Mais les animaux qui n’anticipent pas ne sont pas épargnés par l’émotion et l’angoisse. Chez les hommes, il y a des philosophies qui prônent le détachement, mais elles se posent dans les marges de l’histoire humaine en marche. Et puis, finalement, c’est le poids mais également l’intérêt de la condition humaine que de s’interroger sur le présent et sur l’avenir qui se prépare.

Voilà ce que l’on se disait en écoutant, l’autre soir à la Société de lecture, une conférence du penseur et économiste  Thierry Malleret, invité par un Groupe de réflexion dont Yves Oltramare a eu l’idée. Beaucoup d’éléments ont évidemment passé dans cet exposé. La puissance de la Chine mais aussi les risques pour elle-même et donc pour le monde. Le poids croissant d’autres pays émergents, Brésil, Inde… La puissance persistante des Etats-Unis mais confrontée à un monde multipolaire empêchant tout ordre imposé. Un facteur démographique qui fait de plus en plus surgir l’importance de l’Asie, de l’Afrique. Des crises et des conflits qui éclatent un peu partout, rapides, contagieuses, quand bien même les causes profondes viennent souvent d’événements historiques lointains. Une Europe qui vieillit, qui cherche laborieusement à articuler sa structure. Des flux migratoires qui font peur. Des réactions populistes dont on ne sait pas jusqu’où elles pourraient aller. Nos systèmes démocratiques à l’épreuve devant  cette immédiateté, cette transparence laissant peu de place au temps de la pensée, cette accélération de tout qui provoque des réactions plutôt que des actions nourries de réflexions qui permettraient des stratégies coordonnées, cohérentes et continues. Bref, les acteurs nominalement responsables, politiciens, chefs d’entreprises, banquiers… ont-ils encore prise sur le cours des choses ou bien de ne sont-ils que des figurants prenant des postures et s’agitant au bord d’un flux de l’histoire qui leur échappe ?

Oui, après avoir écouté ces propos, on sortait bien songeur à l’air frais. Et la question d’un auditeur résonnait dans les têtes : bon et alors qu’est-ce que l’on fait ?

A chacun sa réponse. Exprimons en une ici, en cette période où se commémore l’Escalade. Lorsque tout devient insaisissable, c’est le moment de s’accrocher d’abord à des valeurs fortes et simples, à ce qui fonde nos identités. La culture de la vie en commun, une liberté individuelle trempée dans un sens de la responsabilité, l’apport à la recherche de solutions collectives aux divers échelons : proximité, national, continental, mondial. Osons dire que c’est un peu cela l’esprit dit de Genève. Et puis il faut associer deux jumeaux en soi : celui qui sait que tant de choses lui resteront inconnues et celui qui pourtant s’engage résolument au nom de ses valeurs, dans le sens de ce qu’il croit être le mieux pour le présent et pour préserver l ’avenir. A vrai dire, tout au long de l’histoire des hommes il y a eu de ces engagés qui ne savaient pas vraiment comment les événements allaient tourner et qui se sentaient si minuscules. A la fin cette cohorte d’hommes et de femmes s’exposant sans peur et sans reproche devant le présent ont contribué, sans que cela soit mesurable, à la marche de l’histoire. C’est vrai, beaucoup nous échappe. C’est vrai, modeler l’avenir est de plus en plus aléatoire. Mais tant qu’il y aura des hommes et des femmes voulant observer, réfléchir, se regrouper afin de donner du sens à leur vie et à la vie, le pire ne sera pas certain et des lueurs d’espoir éclaireront le  chemin broussailleux que nous offre l’avenir.  

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01/12/2014

Votations:réfléchir plus librement

La Suisse a ce privilège unique de connaitre une démocratie semi directe. Ainsi ce droit d’initiative depuis 1891. Il a été instauré alors comme instrument donné à des minorités trop peu représentées au Parlement. Il en est fait aujourd’hui un usage compulsif et abusif. Toutefois, le Conseil fédéral et le Parlement ont le devoir de respecter un vote populaire et de le traduire autant que possible dans la loi d’application et dans l’action politique. Ainsi pour la suite, difficile à maitriser, du 9 février. De manière réciproque, lorsque des auteurs d’initiatives perdent, ils ont le devoir de respecter le vote de la majorité et non pas d’affirmer aussitôt qu’ils reviendront à la charge rapidement d’une façon ou d’une autre. Le peuple a confirmé l’indépendance de la Banque nationale. Il a admis l’utilité des forfaits fiscaux et la compétence des cantons en la matière. Frappant a été le refus par le peuple genevois et de l’Initiative cantonale sur ce sujet et même du Contre projet du Conseil d’Etat et du Grand Conseil. Prenez en acte mesdames et messieurs les auteurs de ces initiatives. Respectez le peuple et la démocratie. Ce vote n’a pas été celui d’un cercle de privilégiés mais celui d’une très forte majorité de bon sens.

Reste Ecopop. Eh bien là aussi, il faut prendre acte et respecter le vote ; ce que certains membres du Comité d’Initiative ont du mal à faire. La réaction d’un Philippe Roch, au contraire, a reflété son respect de la démocratie. Mais ici, et en regard également du 9 février dernier, il y a évidemment des réflexions qui s’imposent. Tant mieux si la marge et la crédibilité du Conseil fédéral vis à vis de l’Union européenne en sortent renforcées. Mais la législation d’application devra bien s’en tenir au principe voulu des contingents, quitte à ce que ceux dévolus aux Européens rassurent ces derniers. Négociations difficiles. Cela étant, il est incontestable que l’augmentation de la population résidante en Suisse pose et posera des problèmes, nécessitera des mesures : sur l’aménagement du territoire, des villes, des infrastructures de transport permettant la mobilité sans charger trop le climat. A tout cela il convient de réfléchir plus librement, sans pression, mais de vraiment y réfléchir. Quant à l’immigration de masse que l’on ose ( même si ce n’est pas politiquement correct…) qualifier de non désirée, il s’agit de l’affronter en concertation européenne. Ni la Suisse ni les pays voisins ne peuvent accueillir sans danger des vagues croissantes issues de la misère du monde. En revanche, l’érection de remparts défensifs, les renvois inévitables ne peuvent qu’être une réponse partielle ; surtout dans une perspective à long terme. Si l’on observe l’Afrique, par exemple, le soulagement ne viendra que d’un meilleur équilibre économique et politique entre les deux côtés de la Méditerranée. Il n’y a pas de choix. Il faut aider les pays déstabilisés, aider les pays limitrophes submergés par des réfugiés, encourager les investissements sur place, les divers éléments clés de développement : dont la formation et la consolidation des Etats, des administrations. Une réussite progressive de l’Afrique, pour prendre cet exemple, est un facteur de sécurité et de stabilité pour nous. En menant une telle politique, à la fois de protection et d’ouverture, on ira à la rencontre des préoccupations légitimes portées par l’Initiative du 9 février et aussi par celle d’ECOPOP, aussi regrettable qu’ait été le succès de la première et aussi excessive qu’ait été la seconde. En définitive, on aimerait voir le Conseil fédéral, le Parlement, les Partis pivots être davantage dans la proposition, l’action que dans la réaction aux coups de sang populaires.

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30/10/2014

Ecopop: la tentation dangereuse

Ecopop :la tentation dangereuse

 

Il ne faut jamais mépriser ou dénigrer les motivations profondes et sincères de ceux dont on combat les propositions. Cela s’applique particulièrement à Philippe Roch, ancien Secrétaire d’Etat à l’environnement, lequel est la personnalité la plus marquante qui soutient l’initiative Ecopop. En fait l’homme a évolué. En quittant la vie publique il a endossé un rôle de prophète qui aimerait n’être pas de malheur. Il pointe du doigt tous les paramètres de notre vie sur cette planète, voit tous les clignotants virer au rouge et prédit une course vers le mur si nous ne changeons pas énormément nos repères, nos buts et nos comportements. Il s’agit bien sûr de sauvegarder notre environnement naturel et nos possibilités de vivre ensemble. Parmi les dangers il y a, selon lui,  cette augmentation continuelle de la démographie, due évidemment à une immigration que réclame sans relâche notre course non maitrisée à la croissance économique. Voilà, en condensé réducteur, la raison de son soutien étonnant à cette Initiative Ecopop sur laquelle le peuple et les cantons vont prochainement voter.

Les effets négatifs de cette Initiative, si elle passait, seraient redoutables. Le Conseil fédéral, les partis politiques et les milieux économiques se mobilisent, saisis d’effroi. On doit déjà  surmonter les conséquences de l’Initiative acceptée le 9 février ! Laissons ici les arguments économiques qui seront largement développés et abordons l’affaire sous un autre angle. Il ne serait pas possible ni raisonnable de limiter arbitrairement le nombre d’habitants d’un pays et de régler sur un pourcentage minimum son augmentation annuelle. On ne va pas, à la chinoise, limiter le nombre de naissances. Quant à l’immigration régulière, elle répond au flux vital de nos pourrait brider trop sans s’isoler ni s’étrangler plus ou moins. En réalité, le grand danger ne vient pas d’une augmentation normale de la population, sur place et par l’immigration choisie. On doit pouvoir accompagner cette évolution par des mesures diminuant les effets négatifs sur l’environnement : production plus rationnelle d’énergie, incitation à une consommation moins dispendieuse, inflexion des comportements, aménagement intelligent des infrastructures. Non, le danger vient d’une immigration incontrôlée. L’arrivée massive, durant ce siècle, de personnes venant d’autres continents sera-t-elle une fatalité et une telle situation sera-t-elle  maitrisable ? On a lu et entendu récemment que selon des prévisions statistiques, l’Afrique aurait plus de deux milliards d’habitants dans quelques décennies, avant la fin du siècle. En contraste, les Européens disons de souche n’augmenteraient pas tellement. Ajoutons à cela les guerres, les déstabilisations d’Etats dont nous entendons parler tous les jours, la misère de tant de gens.  Alors oui, il y a un risque d’immigration débridée vers l’Europe avec toutes les conséquences imaginables. La Suisse, comme ses voisins, pourrait être entrainée dans une déstabilisation affolante. . Mais, mon cher Philippe Roch, ce n’est pas l’Initiative Ecopop qui nous protégera. Elle ne pourrait que casser notre ressort vital à relativement brève échéance. Et les solutions blochériennes radicales de rempart contre l’immigration ne résoudront pas le problème ; même si une réglementation légale stricte de l’immigration extra européenne est pourtant indispensable, n’en déplaise aux angéliques. Michel Roccard disait déjà que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. En revanche, tout montre que nous sommes impliqués jusqu’au coup dans les déséquilibres et les équilibres du monde : économiques, sociaux, politiques. Pour en revenir à l’Afrique, par exemple, le défi est que les pays africains réussissent à développer une économie, des structures, des Etats qui ouvrent des perspectives à leurs populations à leur jeunesse. Chimère ? On sait que certains de ces pays ont une forte croissance économique et que des ressources naturelles considérables s’y trouvent. Nos vieux pays développés et les pays émergeants ont un devoir et un impératif pour leur propre avenir : aider beaucoup plus au développement, inciter aux investissements dans ces pays, aider à les reconstruire, soutenir les Etats voisins des zones en tensions et en guerres dans leur accueil des réfugiés, bref accomplir tout ce qui est en leur pouvoir afin de diminuer les déséquilibres dans le monde et ainsi faire baisser une pression migratoire qui s’annonce redoutable. C’est à cette échelle internationale que se posera la question démographique, ses équilibres ou ses déséquilibres. C’est aussi à cette échelle que se posera toute la question de l’environnement. Alors, cher Philippe Roch, une fois cette Initiative écartée et vue comme un signal d’alarme, nous pourrons écouter à nouveau des propos lucides et prophétiques dont nous avons assurément besoin.  

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14/10/2014

Suisse-Europe: reprendre la main

Suisse-Europe : reprendre la main

 

Plusieurs réactions intéressantes viennent d’être observées à propos des relations de la Suisse avec l’Union européenne. Il ya d’abord celle de Christoph Blocher. Le tribun nationaliste n’exclut plus une solution qui permettrait de ne pas soumettre à de stricts contingents les immigrants venant de l’Union européenne.  Après tout l’Initiative du 9 février dernier ne parlait-elle pas de limites à l’immigration de masse, sans nommer expressément l’Union européenne ni même demander la fin d’accords bilatéraux avec cette dernière. En fait, Christoph Blocher a constaté que les sondages font ressortir une majorité de citoyens en faveur d’un Accord avec l’UE et que de nombreux milieux économiques commencent à donner de la voix. Ainsi, la victoire de l’UDC le 9 février pourrait ne pas être porteuse lors des élections fédérales de l’année prochaine. Il ya aussi le PLR qui invite à une interprétation de l’Initiative, devenue article constitutionnel. Pour lui, on devrait pouvoir respecter le vote du peuple en élargissant au maximum les contingents de personnes en provenance des pays de l’Union européenne et en rétrécissant d’autant les contingents venant de pays hors Union. C’est un peu la réalité actuelle mais en extension dans les deux sens. Le problème est que l’UE ne veut pas transiger sur le principe même de la libre circulation. Voici le Conseil fédéral nanti d’un mandat de  négociation. L’idée est qu’il essaye et puis on verra bien… Deux autres partis gouvernementaux, le PDC et le PS ne croient guère à tout cela. Il en va de même au PBD et chez les Verts. De ce côté on s’appuie sur les sondages et l’on pense qu’il faudra revenir prochainement devant le peuple en l’invitant à approuver à nouveau l’Accord sur la libre circulation avec l’UE et à exprimer son désir que se poursuive la voie des négociations bilatérales. Il se pourrait donc que la question européenne revienne au centre des débats dans la campagne électorale de l’année prochaine. Ce serait une bonne chose.

En effet, depuis des années, c’est l’UDC qui dicte l’agenda et le fond de ce débat. Subissant les Initiatives en cascade, le Gouvernement, le Parlement, les autres partis, les médias, bref un peu tout le monde sont en réaction, en défensive. Un groupe de personnalités venant de plusieurs horizons s’expriment maintenant haut et fort. Elles ont produit un véritable manifeste politique et intellectuel. Il y est affirmé la nécessité d’une vision, d’une stratégie, d’une communication claires sur nos relations avec l’Union européenne. Le mot magique de pragmatisme ne suffit plus à conduire et à faire approuver notre politique. La démonstration en a été faite le 9 février. Cette sorte de profil bas, loin de faciliter les démarches, de laisser mûrir l’opinion a laissé le champ libre aux Blochériens.  Ils interprètent l’histoire suisse en la déformant. Ils font croire à un avenir radieux dans le choix d’une voie solitaire avec des négociations au coup par coup. Tout indique que ce serait l’impasse diplomatique avec des conséquences dommageables pour la Suisse. Qu’importe : ils donnent l’impression d’avoir des convictions patriotiques et d’offrir une politique nationale. C’est assez tendance dans plusieurs pays européens. A d’autres occasions, des réflexions sur ce point mériteront d’être développées. Toujours est-il que l’heure a sonné d’un réveil intellectuel, civique et politique rassemblant des esprits lucides et décidés. Il faut définir une position, un mouvement au sujet de nos relations d’ensemble, institutionnelles avec l’Union européenne ; dans une vision de la place de la Suisse, à tous égards, au cœur de ce continent. Il faut définir et expliquer la nature et les degrés des liens à organiser avec le pôle européen. Oui, il faut reprendre la main dans ce domaine essentiel. Le Conseil fédéral, le Parlement, les partis y seront d’autant plus enclins que se manifestera un engagement citoyen au sein de la société civile.

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30/09/2014

Pas de fédéralisme occasionnel

Pas de Fédéralisme occasionnel

 

A peine connu le résultat du vote national sur l’Assurance maladie, les vaincus romands, mais vainqueurs chez eux, ont relancé la bataille pour la Caisse unique. On a entendu les Conseillers d’Etat vaudois et genevois, Pierre-Yves Maillard et Mauro Poggia, plaider en faveur d’une possibilité cantonale d’instituer une Caisse unique. En clair, Vaud, Genève, Neuchâtel et le Jura auraient le droit de l’instituer tandis que les autres cantons en resteraient au statu quo de la diversité des caisses ; statu quo tempéré par la nouvelle loi à bout touchant sur la surveillance des Caisses.

Afin d’obtenir une telle ouverture, il faudrait une modification de la loi fédérale. Les Cantons concernés pourraient demander cela au Parlement par voie d’initiatives cantonales. Mais cela ne suffirait pas. La discrimination entre assurés sur le territoire suisse serait très probablement contraire à la Constitution. Il faudrait donc modifier celle-ci. Et le chemin le plus direct serait une nouvelle Initiative populaire allant dans ce sens. On voit mal une majorité des Chambres fédérales accepter de modifier la loi de cette manière ni une majorité du peuple et des cantons modifier la Constitution. Et heureusement.

Cette réaction et cette proposition sont choquantes.  Tout d’abord relevons que les majorités acceptantes de la Caisse unique, notamment à Genève et Vaud, n’ont rien d’écrasantes. Mais ce n’est pas l’essentiel. On ne peut pas prôner ainsi un fédéralisme occasionel. Oui, il faut veiller à ce que les Cantons gardent assez de compétences propres. L’avenir du fédéralisme est à ce prix. En revanche, lorsqu’une compétence est devenue fédérale et que sa concrétisation fait l’objet d’un vote populaire à l’échelon national, ce vote doit être reconnu et assumé par les perdants comme par les gagnants. Les perdants peuvent enrager mais ne sauraient réclamer un fédéralisme d’opportunité. Sinon, les Cantons qui avaient accepté en 1992 l’Accord sur l’EEE auraient pu demander à en bénéficier eux seuls. Le Valais qui avait massivement refusé l’Initiative de Franz Weber sur les résidences secondaires aurait pu réclamer le droit de ne pas l’appliquer. Les Cantons majoritairement contre l’Initiative du 9 février contre l’immigration de masse auraient pu exiger le droit de ne pas l’appliquer chez eux etc…Dire que la question de l’Assurance maladie serait un cas unique ne convainc absolument pas. Un principe est un principe, sauf à instiller une insécurité dans le fonctionnement de nos instituions, de notre fédéralisme et imaginer un Etat à géométrie variable au gré des vents. Un vote de la majorité du peuple et des cantons suisses est un acte que personne, que nul canton n’a le droit de contourner. On peut assouplir des applications, non reprendre la proposition rejetée.

Il est curieux de voir un ministre cantonal socialiste se présenter ainsi en héraut d’un fédéralisme d’opportunité et d’occasions. Habituellement la gauche vise plutôt une centralisation. En l’occurrence, ce rebondissement du débat dépasse l’objet. Il s’agit vraiment d’un enjeu institutionnel sérieux. Puisse cette tentative s’enliser avant qu’il  ne faille à nouveau trancher en votation populaire.

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22/09/2014

Pas de régions sans Etats

Pas de Régions sans Etats

 

Beaucoup se sont réjouis que les Ecossais aient, en majorité, rejeté l’option de l’indépendance. René Longet, lui, le regrette. Cet ancien député socialiste et ancien Président du Parti socialiste genevois nous fait le coup d’un nostalgique des idées si belles et si fortes de Denis de Rougemont. On sait que ce dernier voyait le mal que les affrontements entre Etats ceinturés de leurs frontières avaient fait à l’Europe. Il prônait la réémergence et le développement des régions naturelles, par-dessus les frontières,  régions ayant  vécu depuis des siècles leurs complémentarités multiples. C’est dans ce registre que pourraient  le mieux s’affirmer des identités de proximité, des harmonisations économiques évidentes, des relations de vie neutralisant les instincts de guerre des Etats bardés de fer.

Fort bien, mais cet excellent René Longet confond les enjeux. Certes, l’Europe doit être celle des Régions naturelles et il importerait que ni les Etats, ni les organes européens supranationaux n’empêchent ce dynamisme. Toutefois, ce développement doit se faire en articulation et non en opposition avec la connexion des Etats de l’Europe, grands ou petits. Car l’histoire de l’Europe est aussi celle des Etats, qu’on le veuille ou non. Car c’est d’eux qu’est venu le projet d’une certaine unité européenne excluant la malédiction séculaire des guerres intra européennes. Enfin, ce sont eux qui, en organisant mieux leur conjonction, pourraient amener l’Europe à s’affirmer politiquement dans un jeu mené  par les anciennes et les nouvelles super-puissances : USA, Russie, Chine et progressivement d’autre Etats pesant de plus en plus lourd. Dès lors, il faudrait craindre, qu’à rebours de l’histoire,  des régions, précisément, veuillent devenir des Etats. Il y a encore davantage à craindre. Si l’Ecosse, la Catalogne, le pays basque, demain la Corse ou la Bretagne s’y mettaient, si, hypothèse nullement improbable, la Belgique flamande  rejetait la partie Wallonne, quelle régression ! Poussé jusqu’au bout le mouvement finirait par indiquer qu’il ne pourrait plus y avoir d’Etat sans uniformité géographique, linguistique, et pourquoi pas culturelle et religieuse. Ce serait nier l’Europe elle-même dans sa diversité.

Bref, cher ancien collègue René Longet,  n’utilisons pas Denis de Rougemont pour faire du dogmatisme régional qui remettrait en question et les assemblages  ayant constitué plusieurs Etats européens et la construction européenne elle-même. Un avenir positif ne s’appuiera que sur un équilibre intelligent des pouvoirs entre les localités, les régions, y compris transfrontalières, les Etats et des instances proprement européennes. La Suisse, Certes à sa manière,  est  aussi impliquée dans ce grand défi.

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18/09/2014

Ces vieux sans sagesse

Ces vieux sans sagesse

Ces vieux sans sagesse

Les Anciens respectaient leurs aînés. Leur littérature ainsi les place dans une position de sagesse. Forts de leur expérience, ayant traversé les vicissitudes de la vie, n’ayant plus d’ambition à réaliser ils avaient le recul, la hauteur, le détachement nécessaires à la réflexion. On les voyait  distribuer des conseils avisés, libérés qu’ils étaient, pensait-on,  de cette Ubris (démesure faisant perdre la tête) tant critiquée dans la pensée grecque classique. Nuances et équilibre  inspiraient leur parole.

En vérité la vieillesse n’offre pas toujours à la personne cette évolution intellectuelle et psychologique heureuse. Il arrive que des traits de caractère plutôt négatifs s’alourdissent avec les ans. Nous en voulons comme démonstration deux cas suisses qui font parler d’eux dans les médias. L’un est anecdotique, celui du Conseiller national Jacques Neirynck qui aura 84 ans l’année prochaine, année d’élections fédérales. Voici un homme qui occupe un siège PDC vaudois au Conseil national. Assurément, son gabarit intellectuel, sa connaissance de certains dossiers, sa réputation universitaire ont largement contribué à l’obtention de ce siège PDC. Mais, réciproquement, sans le support de son parti il ne l’aurait pas obtenu. Or, le voici scandalisé devant le fait que ce même parti qui l’a porté songe à une relève pour les prochaines élections et n’envisage pas de le présenter pour le Conseil des Etats. Le voici donc prêt à changer de parti (le PBD de Mme Widmer- Schlumpf) ou à se présenter en Indépendant. C’est un peu triste et un peu ridicule. Un député âgé ne maitrisant plus son égo, qui ne voit que ce qu’il a donné et nullement ce qu’il a reçu. Ce député de valeur finit accompagné de commentaires peu amènes des observateurs sur un égocentrisme devenu spectaculaire.  Le souvenir de cette petite fin de parcours risque de faire oublier les moments de qualité de sa carrière  politique.

Mais cette dérive personnelle n’a aucune importance pour la Suisse. Celle de Christoph Blocher est autrement plus grave. Là encore, l’âge durcit les traits de caractère, rend l’instinct combattif plus obsessionnel et rétrécit la faculté d’analyse. A ses yeux, l’Union européenne est devenue le monstre bureaucratique et politique qui menace l’identité même de la Suisse. Les Conseillers fédéraux, les députés fédéraux à l’exception de fidèles UDC, les diplomates sur le front sont tous des traîtres à la patrie. D’ailleurs, pour lui, il faut empêcher le Gouvernement et le Parlement de conduire le pays. C’est le peuple qui devrait directement consolider les digues protectrices et indiquer le chemin. On lui donnera les armes à coups d’initiatives à répétition liant les représentants, certes élus mais devenus, dans l’optique blochérienne,  illégitimes par leur déviance.

Tel est le crédo. Certains, tel Adolf Ogi, dénoncent cette attitude. Mais les gros bataillons de l’UDC suivent et les propos critiques ne se chuchotent que dans les corridors. Pourtant, toute cette dérive est contraire à l’histoire de la Suisse, à sa culture politique. La santé de notre démocratie semi-directe réside dans un équilibre des pouvoirs, des responsabilités. Le Conseil fédéral a sa sphère de compétences, le Parlement la sienne. Les droits directs du peuple ont leur place. Le Référendum est un instrument donné à des minoritaires pour certains sujets mais n’a pas été conçu comme arme de destruction massive contre le Parlement. De même pour l’Initiative. Elle est apparue dans la Constitution lorsque le vieux système majoritaire aux élections laissait les Radicaux dominer abusivement le Parlement. C’était le recours de minoritaires, de fédéralistes qui ne voulaient pas être laminés à coups de lois centralisatrices. L’Initiative , conçue dans cet esprit est devenue aujourd’hui un instrument de campagne politique permanente ponctuant une méfiance systématique envers le Gouvernement et le Parlement. Cette stratégie du harcèlement est mise au service de la vision totalement irréaliste d’une Suisse qui n’aurait pas besoin de liens institutionnels, de relations négociées avec ses voisins européens et qui assurerait sa prospérité à long terme par une glorieuse résistance et un splendide isolement. Or c’est tout simplement contraire à toute l’Histoire, et cela depuis les premiers âges de la Suisse. Il y a toujours eu une balance entre une singularité à affirmer et des articulations avec l’extérieur à négocier.

La dérive blochérienne n’est pas seulement celle d’un homme vieillissant et de ses fidèles. Si on ne réagit pas elle empoisonnera progressivement l’ambiance politique, psychologique, civique, morale même dans notre démocratie et au sein de notre construction fédéraliste. Il est grand temps que se rassemblent des personnalités pour réagir : dans le respect du débat démocratique, sans agressivité contre les personnes mais avec fermeté dans la défense de valeurs fondamentales. Ces valeurs qu’il ne faut pas permettre à Christoph Blocher d’anesthésier avant de les enfermer un jour dans sa tombe. Car nous voulons que la Suisse, telle qu’elle s’est construite, puisse continuer à vivre.    

   

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12/08/2014

Michel Halpérin: le meilleur de Genève

Michel Halpérin : le meilleur de Genève

 

Il y a dans le Judaïsme une discipline morale de fidélité à ce qui vous dépasse et vous guide. Il y a en même temps, je le pense, une exigence intellectuelle tendant à une réflexion personnelle jamais en sommeil. Il y a, je le pense aussi, un appel à l’engagement, à la responsabilité, au mouvement individuel dans les cadres reçus de solidarité. Tout ce bagage génétique, cet héritage de conscience les Grands-parents de Michel Halpérin les ont amenés à Genève lorsqu’ils ont fui les persécutions à l’encontre des Juifs qui se généralisaient en Russie. Tant le père que l’oncle de Michel ont été des figures éminentes, des repères intellectuels et moraux au sein de la Communauté juive de Genève. Pour Michel, le chemin était donc tracé. Entre la tradition si forte dont il était porteur et le meilleur de l’histoire genevoise, il ne pouvait y avoir qu’un mariage indissoluble.  Etre l’un des plus brillants avocats de la place, un bâtonnier respecté ne suffisait pas. Il y a joint l’engagement politique, avec une élégance impressionnante, un talent captivant mais une ligne très ferme dans la défense de la liberté, et des libertés petites ou grandes. Cela l’a conduit à dénoncer l’accumulation des entorses à ces liberté, notamment de la part d’un Etat mécaniquement interventionniste. Michel Halpérin trouva donc naturellement sa place au sein du Parti libéral genevois dont il devint l’une des grandes figures humanistes.  Il le présida dans un moment critique et le remit sur pied. Député écouté, il fut un Président indiscuté et admiré du grand-Conseil.  D’autres engagements se greffèrent sur ses activités principales tout au long de sa carrière : telle la présidence du Conseil des HUG.

Lorsqu’un homme de cette envergure disparait, la question se pose : quelle trace laissera-t-il ? La réponse n’est pas simple. Un Olivier Reverdin disait que l’on est là pour agir au plus de ses capacités avant de passer le témoin. Toujours cette idée de fidélité et de continuité ; où les valeurs juives et protestantes  incarnées par ces deux personnalités, marchant sans peur et sans reproche au cœur de la Cité,  se rejoignent si parfaitement. Ces êtres qui marquent leur entourage mettent à leur tour en mouvement ceux et celles qui se sont laissés imprégnés. Ici, il y a d’abord les proches. J’ai eu la chance de voir agir et grandir Lionel, le fils de Michel,  au sein de l’Assemblée constituante dans laquelle il a joué un rôle déterminant. Lui aussi avocat, lui aussi député au Grand Conseil, il est, comme les membres de sa famille, de son clan au meilleur sens du terme, dans la foulée du disparu. Il y a une communion des vivants et des morts lorsqu’ils ont marché et marchent dans le même sens. Et précisément la vie de Michel Halpérin eu un sens. Dans le mystère des transmissions de témoin sa trace ne disparaitra pas ; elle habitera ceux et celles qui continueront  à vouloir ces hauteurs de vue et d’action. Oui, dans son chemin de vie Michel Halpérin a présenté le meilleur de Genève.

Jacques-Simon Eggly

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31/07/2014

Suisse européenne et singulière

Suisse européenne et singulière

 

Le 1er Juin, Genève a fêté le débarquement au Port noir, en 1814, d’un contingent de troupes fribourgeoises et soleuroises venant lancer en quelque sorte le mouvement qui allait faire de Genève le vingt deuxième canton de la Confédération. Evénement essentiel mais inscrit dans une logique historique de longue date. Tant la situation géographique  de la Suisse que les articulations politiques expliquent finalement la cohérence de ce curieux pays. Ainsi, Genève comme le Uri de Guillaume Tell ont affirmé leur personnalité dans le cadre très large du St-Empire romain germanique. Oui, dans les deux cas, il y a eu un regard politique germanique et européen.

Pourquoi cette évocation d’un passé lointain ? Cela afin de rappeler que la Suisse ne s’est jamais construite en vase clos. Le contexte européen a été déterminant dès l’origine. Mais quand une histoire vous est donnée, il s’agit de la recevoir, de la comprendre et d’en tirer une volonté politique commune. Car il s’agit bien de culture politique et de volonté.

On peut être inquiet en observant que plusieurs cantons alémaniques n’estiment plus prioritaire un apprentissage du français  tôt à l’école. La conscience que cet effort est nécessaire aux liens du cœur et de l’esprit entre Confédérés semble s’affaiblir. Effort tout aussi nécessaire pour les Romands, lesquels ne sauraient se détourner de ce socle germanique du pays. Mais alors que dire de ces propositions dans des cantons alémaniques visant à ce que le dialecte et non plus le hoch deutsch soit utilisé durant  les premières années scolaires ? Le bon allemand étant ressenti comme une langue étrangère. Or, n’est-elle pas la langue écrite et de culture commune à tout le monde germanique ? Goethe, Schiller appartiennent autant aux Suisses allemands qu’aux Allemands. Et comme par hasard c’est dans les mêmes cantons que se fait jour  la distance envers le français et l’allemand. On nous dit que l’anglais, après tout, permet de se comprendre…Il ne s’agirait plus, à terme, de la même compréhension ni surtout de la même attention confédérale.

Cette affaire n’est pas anecdotique. Un pays fédéraliste a la double exigence  de soigner ce qui le singularise et de faire fructifier les divers apports qui l’irriguent. Sans le monde allemand et la France,. sans parler de l’Italie, la Suisse n’existerait pas. Elle ne saurait l’oublier dans la diversité de sa vie intérieure.

En revanche, faut-il, le 1er Août, invoquer Nicolas de Flüe et se rassembler dans un camp retranché mental devant les désordres du monde et les soubresauts de l’Union européenne ? Ici encore se trouve une double exigence. Oui, la Neutralité helvétique a encore un sens. Elle indique une vocation particulière pour la paix, le droit humanitaire ; le refus de tout alignement sur des alliances militaires à tentation impérialiste.

Mais elle demande aussi que soit bien visible la solidarité, la participation aux efforts de résorption des crises. Deux exemples : la disponibilité et l’engagement diplomatique de notre ministre des Affaires étrangères devant la guerre civile en Ukraine et les terribles affrontements à Gaza.  Et Comment ne pas sentir que la Suisse partage le problème de l’immigration avec toute l’Europe, cela face aux violences et aux dénuements si répandus sur tous les continents.

En résumé, le 1er août devrait être une occasion de réfléchir : à notre histoire singulière mais raccordée aux autres ; à nos responsabilités  internes et vis-à-vis de l’extérieur. Il y faut une connaissance, une conscience et une volonté.

Mais bien sûr aussi, c’est l’occasion de se réjouir, d’être à la fête, de rassembler les générations dans chaque commune autour d’un feu éclairant une saine émotion collective, humaine et  patriotique.  

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