09/12/2015

Deux UDC légitimés

Deux UDC légitimés Le Conseil fédéral a été élu par les Chambres pour quatre ans. Guy Parmelin, l’un des trois candidatas présentés, au choix, par l’UDC est le nouveau ministre. L’étonnant est sans doute qu’un troisième Romand siège ainsi au Gouvernement. Cela pourrait, entre autres choses, éloigner l’entrée, pourtant nécessaire, d’un Tessinois. Voici donc la formule magique formellement restaurée, au grand dam des Socialistes et des Verts. Ils voulaient un élu du Centre et une majorité de Centre gauche avec deux Socialistes, un PDC et un Centriste. Ce serait contraire au résultat des élections fédérales d’octobre. Et puis quel Centre ? Le PBD sans Evelyne Widmer Schlumpf a-t-il encore une raison d’être ? Y a-t-il une conjonction politique entre les Verts, très à gauche, et le PDC qui peut être qualifié de centre droit ? PDC qui a donc bien plus de raisons de cousiner avec le PLR. Non, ce rétablissement d’un équilibre logique au Conseil fédéral est à saluer. Certes, tous ont critiqué la clause d’exclusion inscrite dans les statuts de l’UDC, laquelle visait à excommunier tout élu UDC au Conseil fédéral qui n’aurait pas été sur le ticket officiel de son Groupe. L’’idée était évidemment d’empêcher un nouveau coup comme en 2007, lequel avait éjecté Christoph Blocher du Gouvernement. Cette clause est certes choquante car elle s’en prend à la liberté de choix du Parlement. D’ailleurs, à plusieurs reprises les Chambres ont élu des candidats non officiels de leur parti. La triple élection de 1973 est inscrite dans les annales parlementaires. Mais ceux qui ont dénoncé le plus fort cette clause sont les Socialistes. Or ce sont ceux qui devraient être les moins bruyants là-dessus. Quelle mémoire courte ! Il n’y a pas si longtemps, les Chambres fédérales avaient préféré le Socialiste neuchâtelois Francis Mattey à la candidate officielle Christiane Brunner (pour laquelle l’auteur de ces lignes avait bien sûr voté). Ce fut un drame chez les députés socialistes. Le Neuchâtelois avait demandé un délai pour décider s’il acceptait ou non son élection. Il raconte aujourd’hui qu’il a cru se faire lyncher par des camarades du Groupe en furie, particulièrement les femmes. La pression a été tellement violente qu’il a renoncé à son élection pourtant voulue par les Chambres. Cela a abouti finalement au choix de Ruth Dreifuss. Il n’y avait pas de clause d’exclusion dans les statuts du parti mais en pratique ce fut la même chose. Alors, franchement, que les Socialistes parlent de cette clause avec moins de véhémence. Ce sont les politiciens libéraux, plus constamment respectueux de la liberté des personnes et du Parlement qui sont les plus légitimés à la critiquer. Cela étant, il serait bon que l’UDC l’enlève de ses statuts. Un dernier point. On reproche à juste titre à l’UDC de jouer plus à l’opposition qu’à la conciliation au sein du Parlement. Mais ce reproche a souvent été adressé aux Socialistes. Donc, là encore, ceux qui crient le plus fort n’en ont pas forcément la plus grande légitimité. Ce qui est pourtant vrai, c’est que l’on attend de l’UDC, avec ses deux sièges au Conseil fédéral, une inflexion dans le discours et l’attitude. Même si 2016 verra des affrontements devant le peuple au gré d’Initiatives déjà lancées par l’UDC. Peut être que Guy Parmelin devra les combattre publiquement au nom de la collégialité gouvernementale. C’est là-dessus que l’on évaluera si une formule magique au plein sens politique du terme est de retour.

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26/11/2015

TSR: garder les émisions religieuses

TSR : garder les émissions religieuses Un débat est lancé à propos des émissions religieuses de la Radio Télévision romande. Le projet est de supprimer trois émissions soit : hautes fréquences sur la première le dimanche soir ; A vue d’esprit sur Espace 2 ; et faut pas croire sur RTS1 le samedi après midi. Une pétition rassemble des signatures contre cette perspective mutilante. Dans le journal le Temps, le professeur de théologie François-Xavier Amhredt exprime très bien les raisons de s’opposer à cela. C’est aussi le cas de François Dermange, professeur d’éthique à Genève qui s’est exprimé dans la rubrique l’invité de la Tribune de Genève. Convaincu, nous désirons apporter ici notre adhésion à cette protestation. L’ information donnée a stupéfait ceux qui assistaient à un culte radio- diffusé, présidé par une pasteur de grand format : Marie Cénec. Il était question de la mort, mais donc aussi de la vie et de son sens. Il y avait matière à une grande prédication mais également à réflexion et discussion. Or, c’est précisément cela que les émissions susmentionnées cherchent à promouvoir. La Radio Télévision romande ne parle certes pas de supprimer la transmission des cultes et messes. Pour le moment ! En effet, dès lors que l’on relativise un devoir en général, où s’arrêtera-t-on ? Certes, la SSR est soumise à des pressions financières et doit contrôler son budget ; donc sa branche romande aussi. Mais l’exercice ne saurait se référer aux seuls critères des audiences. La SSR, au bénéfice d’une concession et percevant une redevance a des devoirs civiques et moraux. Elle doit, par exemple, donner sa place à la vie nationale et à celle des régions. Il est évident qu’elle doit aussi offrir des occasions d’entendre et de voir des émissions qui s’approchent des sujets les plus essentiels. Cela ne concerne pas seulement les fidèles de telle ou telle religion mais toux ceux qui ont besoin de s’interroger sur le sens de la vie, les racines de notre société, les dangers qui nous menacent : que ce soient la violence ou la dilution de nos valeurs…On est dans le dialogue spirituel et philosophique. Cette nécessité pour tant d’auditeurs d’être branchés sur de telles occasions de réfléchir n’est-elle pas plus impérative que jamais ? N’est-ce pas le plus mauvais moment pour songer à couper dans cette offre ? Gilles Marchand, le directeur de la Radio Télévision romande a réagi devant les protestations. Franchement, il s’est réfugié derrière une langue de bois. C’est bien que le débat soit ouvert. On verra comment faire au mieux. Il ne s’agit pas de renoncer à une offre dans ce domaine en effet important. Oui, et quoi alors ? Nous avons des émissions de grande qualité, ressenties comme nécessaires, maitrisées par des journalistes motivés et compétents. Il faut préserver cela. S’il importe de trouver des économies, n’y a-t-il pas des pistes du côté des émissions récréatives que l’on trouve à foison ? Ne masquez pas, cher Gilles Marchand, une démarche destructive derrière le paravent bien connu qui consiste à dire que l’on pourrait faire aussi bien mais autrement. Cela rappelle, toutes choses égales, ce qu’il en est dans les écoles publiques avec l’histoire suisse et l’instruction publique. Hélas, dans nos Cités démocratiques de si longue tradition, on voit de plus en plus du trop plein avec au creux de terribles vides. Ce n’est pas ainsi que nos esprits et nos cœurs résisteront le mieux aux vents destructeurs qui attaquent nos terres, heureusement encore trempées de civilisation spirituelle et humaniste. Nous en appelons aussi à Roger de Weck, le directeur de la SSR, dont toute l’éducation familiale a bénéficié de ces références fortes qui donnent un sens à l’existence. Que la SSR en général, sa branche romande en particulier, n’ébranle pas ce dont nous avons encore plus besoin aujourd’hui.

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17/11/2015

Traquer, protéger mais vivre

Tout a été dit sur l’horreur. Tout n’a pas été dit sur les erreurs de l’Occident . Cette funeste opération américaine en Irak. Ce soutien mou à la nébuleuse des opposants à Assad sans les moyens d’établir et de consolider un nouveau régime. Ce manque de conscience, contrairement à un de Gaulle, que l’Orient est compliqué. Cette politique étrangère médiatique et par à coups plutôt que réfléchie et stratégique. Et maintenant des Etats en chaos, une Entité terroriste fanatique jusqu’à l’horreur mais déterminée. Oui, il serait bien temps que les Occidentaux, les Russes et même l’Iran accordent leurs violons pour vaincre le monstre. Demeure un grand malaise.

Toute cette horreur a été générée par les mouvements salafistes, intégristes qui ont été appuyés, financés par des pays avec lesquels nous commerçons : l’Arabie saoudite et des pays du Golf qui nous fournissent en énergie, achètent des fleurons de nos hôtels mais sont très loin de nos valeurs constitutives. Oui, nous sommes en guerre mais aussi en difficulté de nous extraire de notre filet de contradictions.

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08/11/2015

Pas de miracle électoral mais...

Pas de miracle électoral mais…

 

Benoît Genecand a fait une belle campagne. Honneur à lui. Il a été élu au Conseil national et, avec lui, le PLR retrouve un troisième siège. Une satisfaction. La majorité des Conseillers nationaux genevois sont désormais de droite. Une autre satisfaction. Mais Benoît Genecand n’a pas été élu au Conseil des Etats. Dommage. Cela eût bien mieux représenté l’équilibre politique genevois. L’élue socialiste et l’élu écologiste pensent tous deux qu’ils ont été confirmés sur leur personne, avec un tel scrutin majoritaire, et qu’ils auraient été élus même si la droite avait été unie derrière  Yves Nidegger et Benoît Genecand. Sans nier l’impact de leurs deux personnalités, nous ne le pensons pas. Le résultat vaudois, qui a vu le PLR Olivier Français battre le Vert sortant Luc Recordon donne un argument à ceux qui pensent qu’une droite sinon unie au moins sans conflits internes virulents a de bonne chances d’occuper un siège au Conseil des Etats. La personnalité de Luc Recordon était pourtant aussi connue que celle de Robert Cramer.

 La non réussite de la Droite genevoise tient à sa désunion. Dans le Canton de Vaud, où, c’est vrai, le PDC n’est pas très puissant, le report des voix UDC sur le candidat PLR s’est fait, tandis que la Socialiste Géraldine Savary restait logiquement intouchable. A Genève, il y aurait eu une possibilité. Soyons clair. Il ne pouvait être question d’une campagne commune au vu des différences fortes sur les relations avec l’UE, notamment. Et puis, entre l’UDC genevoise et le PLR on a eu des différences de style, de comportement que l’on ne saurait négliger. Et l’on ne parle pas du MCG, surtout de son Chef fondateur Eric Stauffer. Cela étant, la Droite PLR,UDC, PDC, MCG est unie plus souvent qu’à son tour au Conseil municipal. Cela dit, le PDC comme le PLR ne contestent pas ou plus le droit de l’UDC à deux sièges au Conseil fédéral-  Il y avait donc une ouverture possible. On a cru qu’elle allait avoir lieu. Le candidat PDC Raymond Loretan s’était retiré avec dignité.  Le candidat Eric Stauffer semblait prêt à faire de même. L’idée était tout simplement une invitation implicite adressée aux électeurs de l’Entente d’ajouter Yves Nidegger et, surtout, aux électeurs UDC d’ajouter Benoît Genecand. Pas plus, à cause des divergences ; pas moins pour donner une chance. Celui qui était porteur de cette chance , c’était évidemment Benoît Genecand. Hélas, la revendication d’un Eric Stauffer pour une campagne commune fermait déjà la porte. Mais  l’attitude du Président du PDC est aussi critiquable. On ne va pas déclarer qu’une alliance avec des guignols est impossible. On ne se drape pas dans un manteau de pureté en utilisant le vocabulaire de ceux que l’on vise. Franchement, le Président PDC n’a pas été à la hauteur de l’occasion, certes délicate, qui s’offrait.

Bon, tournons la page. Le réélection du duo Vert-Socialiste au Conseil des Etats n’a rien d’une catastrophe. Il ne faut pas exagérer. Bien des aspects de leur engagement sont à reconnaître. Toutefois, il faudra corriger cela dans quatre ans. Plusieurs éléments favorables pourraient y contribuer. Un MCG perdant de l’impact du fait que certains problèmes seraient moins aigus. Une UDC qui se rallierait à l’ Accord bilatéral avec l’UE sur la libre circulation, moyennant certaines précautions négociées et obtenues. Une concordance visible sur les questions de budget, de sécurité sociale, de défense et sur d’autres sujets. Bref, un élargissement de ce qui se passe au municipal à l’échelon cantonal et fédéral. Oui trouver des convergences, certes de circonstances et sans se renier, c’est possible. Mais il faudra sans doute que certaines personnes nouvelles, moins crispées, soient aux commandes pour négocier. On verra déjà ce qu’il en sera lors des élections fédérales. D’ici là, renforcer les discussions sur les sujets, saisir les occasions, telle est la voie à suivre.

Il n’y a pas eu de miracle électoral mais l’éclaircie vaudoise pourrait s’étendre lentement à Genève.  

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29/10/2015

Blocher-Widmer-Schlumpf: paranthèse fermée?

Blocher –Widmer-Schlumpf : parenthèse fermée

 

La Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a réussi sa sortie. Digne, porteuse de sa fonction mais modeste, juste émue mais retenue comme toujours, ne manifestant aucune nostalgie à l’idée de quitter la scène publique, s’éloignant déjà vers sa sphère privée discrète, avec le sentiment du devoir accompli et de l’ambition assouvie : bref, le meilleur du style suisse qui frappe encore tellement les observateurs étrangers. Oui, devant cette non scène des adieux, chapeau bas, Madame.

En revanche, on n’a pas fini de discuter au sujet de son action durant ses huit ans de mandat. Sans aucun doute, bien des aspects méritent l’éloge. D’autres moins. Si la pression était devenue trop forte pour maintenir le secret bancaire contre vents et marées, fallait-il céder si vite aux Américains sans recevoir de garantie de réciprocité, d’égalité de traitement ? Certainement non.

Toutefois, le moment n’est plus ou pas encore au bilan. Il est dans la préparation de la succession. Ici, il faut remettre les événements dans leur contexte et voir les choses clairement. En 2003, il était logique que le Parlement donnât un deuxième siège à l’UDC après sa victoire électorale spectaculaire. On adaptait la répartition à l’esprit de la formule magique établie en 1959. Et le PDC perdit logiquement son deuxième siège. Il était compréhensible que le Parlement, même inquiet, acceptât l’élection de la figure de proue, Christoph Blocher , pour occuper ce deuxième siège. On espérait le voir soluble dans la collégialité gouvernementale.  Le complot PDC-socialiste visant à empêcher sa réélection en 2007 a réussi. Le Parlement a élu Eveline Widmer –Schlumpf. On connait la suite, qui n’avait pas vraiment été prévue par les comploteurs. L’élue  aux nerfs d’acier, exclue de l’UDC tout comme sa section grisonne, a suscité la création du petit Parti bourgeois démocratique (PBD). Et elle a tenu bon. Mais comment ne pas reconnaitre une anomalie politique due aux circonstances ? Le Parlement devra élire un deuxième UDC le9 décembre. C’est évident. Toutefois, le Groupe UDC serait bien inspiré de présenter, par exemple, deux candidats, offrant un choix aux Chambres. De toute façon, il faudra que le ou les candidats s’engagent clairement à respecter la collégialité, à limiter au maximum les propos publics dissidents et partisans. Ueli Maurer ne s’en est pas mal tiré à cet égard. On pense aux relations avec l’Union européenne, aux décisions sur l’immigration, notamment. Après tout, les Socialistes sont habitués à cette tension entre leur parti et leurs conseillers fédéraux. C’est inhérent à la formule magique.

Reste à observerqui seront lescandidats. Quelle que soit l’estime dont bénéficie le Vaudois Guy Parmelin, on voit mal un autre qu’un Suisse allemand occuper ce siège, les Romands en ayant déjà deux. Si un latin devait émerger, ce serait bien le tour d’un Tessinois. Mais croyons plutôt à une succession logique : les uns et les autres désirant fermer la parenthèse Blocher-Widmer-Schlumpf : ennemis dans leur vie politique, accouplés dans les annales de la petite histoire suisse.  

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19/10/2015

Respecter l'équilibre politique

Respecter l’équilibre politique

Christian Levrat ,le Président du PS, a une dialectique spécieuse. Pour justifier un refus de laisser un deuxième siège au Conseil fédéral à l’UDC, il argue du fait qu’au Conseil des Etats cette dernière n’est pas si forte que cela, qu’il faut tenir compte des deux Chambres et que, par conséquent, deux PLR plus deux UDC au Gouvernement, ce serait trop. Que voilà une argumentation d’occasion. Durant toutes les législatures qui ont suivi, en 1959, l’instauration de la formule magique, il aurait donc fallu refuser un deuxième siège aux Socialistes du fait qu’ils n’avaient que très peu de sièges au Conseil des Etats. Allons, il faut trouver autre chose monsieur Levrat. Avoir des réticences par rapport à la politique de fond, soit. Mais pas de contorsion arithmétique. Eveline Widmer Schlumpf a été élue comme UDC contre Christoph Blocher il y a huit ans. Depuis elle s’appuie sur le petit PBD créé alors. Cela ne peut durer ainsi. L’UDC, premier parti en suffrages électoraux a droit à deux sièges au Conseil fédéral si on veut respecter l’idée d’une formule magique reflétant les forces électorales respectives des partis. Ou à aucun siège si l’on estime que cette formation n’a pas sa place au Gouvernement au vu de ses positions. Mais on s’est souvent posé la question à propos des Socialistes, et même au sein de ce parti. Franchement, le peuple comprendrait mal un refus du deuxième siège UDC. Eveline Widmer Schlumpf a eu sa justification, son rôle et son temps. Il faut tourner cette page.

Cette même idée d’équilibre reflétant les diverses sensibilités au sein des électeurs devrait conduire à ce que l’un des deux sièges au Conseil des Etats, dans le Canton de Genève et dans le Canton de Vaud revienne à la droite. Dans les deux cas c’est l’élu écologiste actuel qui devrait être écarté. Toutefois, bien sûr, il y faut un rassemblement de la Droite sans, pour autant, la moindre confusion sur les convictions, les positions et le langage. Mais ici, ce sont les électeurs qui décideront. On verra bien.

Naturellement, ce respect d’une logique arithmétique conforme au système suisse ne doit pas faire oublier les problèmes de fond. Oui, un durcissement politique sur la question européenne pourrait être une conséquence regrettable de ces résultats. Au Parlement, une majorité claire devra défendre les négociations bilatérales avec l’UE et trouver le moyen de sauvegarder la libre circulation. Oui, la question énergétique est essentielle. Il faudra trouver des majorités balisant les transitions nécessaires pour s’affranchir progressivement du nucléaire sans provoquer une impasse face aux besoins. Et tant d’autres sujets encore. Mais, en Suisse, on doit rechercher des équilibres, des compromis avec les forces existantes, telles qu’elles sont ; à condition que des règles de collégialité soient fidèlement observées dans les exécutifs et que les grands partis privilégient finalement la discussion plutôt que la confrontation permanente.

Respecter une logique d’arithmétique électorale mais réinsuffler un esprit correspondant au fonctionnement de nos instituions : voilà comment devrait s’amorcer la nouvelle législature fédérale.

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08/10/2015

Vw-Fifa: libéral malgré eux

Vw-Fifa :libéral malgré eux

 

Le coup de Volkswagen, on se pince pour y croire. Comment peut-on être aussi bête ? Penser que la tricherie au test antipollution pour l’homologation des voitures diesel ne serait jamais découverte ? Il y a deux fautes graves, l’une en regard de la légalité, l’autre est d’ordre moral. Faire croire que des voitures sont écologiques alors qu’elles ne le sont pas, alors que le lutte contre la pollution est devenue une priorité mondiale, oui cela est une faute morale et une expression d’irresponsabilité aux fins de gagner le plus possible et le plus vite possible des marchés commerciaux. N’allons pas pour autant faire des Américains des anges vertueux. Jusqu’à maintenant ils restent parmi les plus gros pollueurs de la planète. Et rien ne leur fait plus plaisir que d’affaiblir leurs concurrents, qu’il s’agisse de banques, de technologies de pointe ou de l’automobile. Mais cela n’enlève rien à la faute qui sidère et scandalise.

Et la Fifa, cette énorme association du football mondial dont le siège est en Suisse et que préside un Suisse ! Oh, là on est moins stupéfait. On sait que l’argent y règne en maître, que les fédérations nationales monnaient leurs appuis au gré des cadeaux qu’elles reçoivent. Rien n’étonne mais tout attriste. Cette énorme Organisation privée mondiale devrait être la garante du rêve sportif, d’une incitation à l’énergie, à la réussite mais aussi au fair-play pour les jeunes. C’était l’engagement d’un Adolf Ogi, par exemple, sous le drapeau de l’ONU. Or, que le Président suisse Sepp Blatter soit directement coupable d’un délit ou non, le mal est fait : tout le monde est convaincu que la FIFA est gangrénée jusqu’à l’os par l’argent et la corruption. Oui, c’est triste.

Alors, bien sûr, ceux qui ont toujours pensé que la liberté économique conduisait immanquablement à cela ricanent et s’exclament qu’ils l’avaient bien dit, qu’il ne pourrait pas en être autrement. Ce pourquoi, à leurs yeux qui louchent à gauche, il faut partout multiplier et alourdir les contrôles de toutes sortes, en tous lieux.

Un Libéral, lui, enrage de constater de telles dérives. Elles sont comme une blessure personnelle, une attaque dans le dos, perturbant son goût de la liberté responsable et  sa confiance dans le libéralisme économique : lequel a été  baptisé à l’origine dans une éthique religieuse. Faudrait-il donc renier sa foi libérale ? Nullement. Dans une vue globale constatons que cette liberté d’entreprendre, de créer de s’organiser est le grand facteur d’innovation, de développement, de prospérité. C’est d’ailleurs un sujet clé des élections fédérales. La Suisse a besoin de liberté, de moins de lois et de tracasseries administratives, particulièrement pour ses petites et moyennes entreprises. Avec toute la considération que l’on doit aux fonctionnaires zélés et compétents, ce n’est pas eux qui créent la richesse générale dont la population a besoin et  qui permet aussi la solidarité envers les plus faibles. Oui, nos sociétés ont fondamentalement besoin de la liberté et du libéralisme économique. Leur encadrement nécessaire ne doit pas conduire au découragement et à l’étouffement.

Finalement, la voie est clairement la suivante : garantir la liberté responsable et sanctionner la dérive irresponsable. Débusquer cette dernière peut prendre du temps. Bien des choses peuvent échapper à l’investigation. Dans la balance à tenir, mieux vaut cela que trop d’atteinte nocive à la liberté . En revanche, lorsque l’abuseur est démasqué, alors oui la sanction s’impose. Et un Libéral y tiendra plus encore qu’un Socialiste car c’est de sa propre philosophie de vie dont il s’agit.   

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29/09/2015

Elections: l'Europe absente

Elections : l’Europe absente

 

C’est assez étonnant. Durant la prochaine législature Le Conseil fédéral et le Parlement devront prendre des positions publiques difficiles sur les relations de la Suisse avec l’Union européenne :puis les défendre devant les citoyens. Or, tandis qu’il reste à peine plus de deux semaines avant les élections fédérales, tant les candidats que les partis sont d’une discrétion sur le sujet qui laisse pantois. La peur de s’exposer est palpable. L’Europe inquiète et se présenter comme pro-européen ne semble guère payant du point de vue électoral. Absence d’analyse, de pédagogie : la parole critique de l’UDC n’est que timidement contredite.

Pourtant, il y a des choses à dire. On parle beaucoup des crises de l’Union européenne. Le cas de la Grèce revient dans les propos. Il n’empêche que l’UE n’est pas passive dans cette affaire. Ses Etats membres ont été complètement bousculés par l’afflux effarant des migrants. Du point de vue politique, en amont, l’Europe a sa responsabilité quant aux événements qui ont conduit à cet afflux massif ; même si elle est un peu moins frappante que celle des Etats Unis. Que d’erreurs d’appréciation et de conflits que l’on a laissés pourrir. Toutefois retenons comme un point positif qu’une majorité forte des Etats membres de l’UE soit décidée à répartir des quotas, à établir des camps d’hébergement, à renforcer l’aide aux Etats voisins de premier accueil dans les régions ravagées par la guerre. Relevons aussi, que dans cette crise grave, la Suisse est partie prenante à la stratégie qu’il faut mettre en place. D’ailleurs pour ne pas voir les corrélations de toujours entre le Suisse et ses voisins européens, il n’y a que ceux qui ignorent notre histoire et se barricadent derrière des clichés simplificateurs.

Nous sommes traumatisés par le succès de l’Initiative contre l’immigration de masse ; succès auquel ses auteurs ne croyaient pas. S’il est un regret que l’on peut nourrir, il tient à la minceur de l’engagement contre cette Initiative, tant des élus que des partis. On s’est réveillé avec une gueule de bois sans avoir eu l’ivresse d’un débat intense qui aurait dû s’instaurer.

Mais aujourd’hui ? Certains ont lancé une Initiative visant à un nouveau vote populaire sur la libre circulation des personnes avec l’UE ; vote qui pourrait annuler à cet égard celui de février 2014. Il y a un danger avec cette démarche précipitée.  Le peuple, ---même des citoyens qui avaient voté non ---, pourrait ne pas apprécier un manque de respect d’une décision prise par le souverain. Un sondage indique une réaction allant dans ce sens. Il faut que le Conseil fédéral aille jusqu’au bout de ses efforts de négociation avec Bruxelles dans le délai imparti. Si aucune marge de manœuvre ne se dégage, si l’impasse se confirme il sera alors temps, peut être en procédure d’urgence, de proposer un nouveau vote populaire. Enfin, telle est une façon de voir les choses. Cela mériterait discussions entre les candidats et les partis. En tout cas, on aimerait que les candidats, --non UDC bien sûr--, et les partis les portant osent mieux dire haut et fort que même si l’UE traverse des crises elle est indispensable ; que la Suisse, pour sa prospérité économique et financière source d’emplois, est concernée directement par ce qui se passe au sein de l’UE. Et puis, dans le registre d’une réflexion et d’une sensibilité plus historiques osons mieux affirmer que les problèmes de l’Europe sont largement les nôtres, que son destin est largement le nôtre. Soit, la question d’une adhésion n’est plus à l’ordre du jour ni évocable dans un calendrier prévisible. En revanche la question d’un lien institutionnel approprié avec l’UE, couvrant les accords bilatéraux et en permettant de nouveaux, relève, elle, d’une nécessité et d’une priorité politique. Même en attendant encore pour voir quelle piste serait ouverte dans les mois qui viennent entre l’application de l’Initiative contre l’immigration de masse et la relation avec l’UE, affirmons haut et fort que nous voulons cette relation et que nous nous   battrons afin qu’elle ne soit pas altérée ; afin qu’elle soit, au contraire renforcée. Ce combat, il va devoir être mené fortement au cours de la prochaine législature. Alors, de grâce, les sourdines à la cave, les porte-voix en évidence.  

 

 

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16/09/2015

Migrants: réagir à plusieurs niveaux

Migrants : réagir à plusieurs niveaux

 

L’afflux fou de migrants bouscule toute l’Europe. Politiciens et citoyens ne savent plus trop sous quel angle aborder un séisme humain et politique qui échappe à tout contrôle. Comment réagir ? Que faire ? Essayons une réflexion à plusieurs niveaux.

Il y a tout d’abord l’émotion, la compassion et la solidarité. Ces cohortes de migrants se pressant sur les routes, cherchant un refuge et un avenir en Europe occidentale ne sauraient nous laisser indifférents. Certes la Hongrie applique à la lettre la barrière de Schengen à la frontière serbe et roumaine. Mais Schengen comme tel a vécu. Il faudra réinventer les règles. Surtout, l’affaire demande la solidarité des Etats parties prenantes aux accords de Schengen, donc y compris la Suisse. Il est légitime et urgent de prévoir des quotas de migrants par pays selon des critères indiquant les possibilités de chacun. La position hongroise n’est humainement pas tenable.

Cela étant, on ne peut pas laisser ces migrants aller et s’installer où ils veulent sans autres formalités. Il faut bien les enregistrer et examiner leur requête et leur justification pour s’implanter dans les différents pays d’accueil. Il serait naïf de croire que tous ont fui le danger de mort ou de persécution et qu’aucun n’est venu afin de trouver un avenir matériel envié. Tous ne fuient pas la guerre. Il faudra bien, difficilement certes vu le nombre, opérer des distinctions.

Mais, précisément, vu l’ampleur de cette migration, cela ne sera possible que si, répartis dans les différents états et régions, de véritables villages d’enregistrement sont installés ; des lieux où les conditions d’hébergement et d’accompagnement dignes soient assurés. Des aides au retour devront être prévues ; retours éventuellement forcés qui soulèveront évidemment des tensions pénibles. Tout cela prendra du temps.  

Il y a aussi, bien sûr, une aide renforcée à donner aux pays limitrophes des régions en guerre et en chaos, tel le pauvre Liban par exemple.

Enfin, comment ne pas considérer le gâchis politique. En Libye, il fallait bien sûr empêcher un dictateur de massacrer les habitants d’une ville ; mais fallait-il le renverser en soutenant des forces sans structures ?  Il en résulte un chaos ouvrant la voie à une migration débridée vers l’Europe, submergeant la pauvre Italie. En Irak, les Américains ont donné leur grand coup de balais mais où était leur râteau pour ramasser et rassembler les morceaux ? Et quels morceaux, d’ailleurs ? En Syrie, faute d’avoir pu soutenir une force d’opposition crédible en temps voulu et avec l’intensité voulue ( mais cette force existait-elle vraiment ?) les Occidentaux ne savent plus s’ils doivent renouer avec Assad contre l’Etat islamique ou pas. En fait, que cela déplaise ou non, c’est la position russe qui aura eu le plus de continuité et de cohérence. Mais le résultat est une discordance qui éloigne la solution et attise cette crise incontrôlée de la migration massive.  Le Commandant Charles de Gaulle, entre les deux guerres, était allé, disait-il, avec des idées simples vers l’Orient compliqué. Au moins, il avait d’emblée perçu la complication ; laquelle semble n’avoir jamais été vraiment analysée à Washington ni dans les capitales européennes. Comme il en est à propos d’événements plus anciens, les historiens, demain, jugeront sévèrement l’action diplomatique, politique et militaire des occidentaux.

Et puis, tout en prenant toutes la distance voulue par rapport aux nationalistes et aux Islamophobes, ayons la lucidité de voir les choses telles qu’elles sont. Sans parler des inévitables Islamistes infiltrés dans le flux, il est clair que beaucoup de nouveaux arrivants musulmans compliqueront encore un peu plus les termes de l’adhésion au contrat social dans nos pays. La laïcité, la liberté des femmes, le contenu de l’enseignement, notamment sur l’histoire du pays de résidence : toutes valeurs et exigences qui devront être clairement réaffirmées. Or, les autorités politiques européennes sont d’une fermeté très relative sur ces questions.

Bref, les défis sont là, pas d’emblée conciliables. Du cœur, mais de la lucidité, de l’ouverture mais de la fermeté : notre vieille Europe saura-t-elle trouver la voie ?

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01/09/2015

Crise de l’immigration : pas de simplisme

 

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