06/02/2016

L'Initiative UDC est subversive

L’Initiative de l’UDC est subversive Oui, en poussant un peu le vocabulaire, on peut considérer que l’Initiative de l’UDC sur le renvoi effectif des étrangers criminels a quelque chose de subversif. Oh ce n’est pas la Révolution. Les membres de l’UDC sont de bons patriotes. Leurs préoccupations quant aux étrangers délinquants et criminels sont partagées par beaucoup. Mais ils ne se rendent pas compte qu’en lançant une seconde Initiative de mise en œuvre de la première, sur le même sujet,--- alors que le Parlement a pourtant voté une loi d’application de cette première Initiative---, Ils donnent un coup de pioche au fonctionnement de nos institutions. Ils brandissent leur étendard déployé en plein vent avec la devise en majuscules : méfiance, encore méfiance, toujours méfiance. Certes, ils répondent que la loi votée parle Parlement ne respecte pas assez leur première Initiative. Pourtant, nettement plus dure que la loi précédente mais juste, elle élargit clairement les cas où un criminel étranger mérite l’expulsion. L’Initiative de mise en œuvre veut, en fait, aller plus loin que la première. Aux criminels dits graves s’ajouteraient des délinquants moins dangereux mais considérés comme affectant l’ordre public, dès lors qu’ils seraient récidivistes. Ce n’est plus une mise en œuvre mais une accentuation lourde. Si cette loi d’application ne convenait pas à l’UDC elle pouvait lancer un Référendum afin que le peuple renvoie leur copie aux Parlementaires. Mais écarter sans discussion directe cette loi et prétendre faire directement le travail de députés mal notés: voilà qui déséquilibre le jeu démocratique. Il s’agit d’un précédent dangereux, d’une incitation à une pratique qui serait malheureuse. C’est ce basculement vers une confusion des rôles qui porte un élément subversif. L’UDC a retrouvé ses deux Conseillers fédéraux. Elle est un Parti gouvernemental. Elle devrait être garante d’une clarté dans le fonctionnement démocratique et non pas porteuse d’une surenchère de la méfiance. Et puis, l’élément subversif touche un autre aspect de l’équilibre précieux des pouvoirs. Avec la loi d’application votée par le Parlement, le Juge peut éventuellement renoncer à une expulsion si la mesure met l’expulsé dans une situation grave et si l’intérêt public ne l’emporte pas sur l’intérêt de la personne jugée à rester en Suisse. Cette marge d’appréciation laissée au juge est conforme aux engagements internationaux de la Suisse et protège contre un arbitraire de l’expulsion trop automatique. Là encore, l’UDC, en marginalisant les juges, donne un coup de pioche contre un équilibre institutionnel. Toujours cette méfiance présentée comme un antidote au laxisme mais qui contient une dose cachée de poison antidémocratique, finalement anti- suisse. Si l’on ajoute à cela qu’un succès de l’Initiative ne faciliterait pas nos négociations laborieuses avec l’Union européenne, on a vraiment de bonnes raisons pour souhaiter son échec le 28 février.

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26/01/2016

Gothard:Solidarité avec nos Confédérés du Tessin

Gothard : solidarité avec nos Confédérés du Tessin Les Romands rappellent souvent aux Suisses allemands que ces derniers doivent respecter la minorité francophone, sans laquelle la Suisse n’existerait pas. C’est juste et des motifs d’inquiétude sont fondés. Il y a, par exemple, la désaffection de certains cantons alémaniques vis-à-vis du français et de son apprentissage tôt dans leurs écoles. Mais les Romands minoritaires ne sont pas travaillés par un sentiment de solidarité envers leurs Confédérés italophones. C’est le moins que l’on puisse dire et c’est regrettable. Or, la votation du 28 février, portant sur la réfection du Tunnel routier du Gothard, est une occasion d’exprimer cette solidarité confédérale essentielle. Personne ne peut contester la nécessité d’une réfection du tunnel routier. Construire un second tube permettant la réfection du premier, c’est, entre autre chose, assurer la continuité du lien routier entre le Tessin et la Suisse centrale. C’est aussi assurer cette continuité pour le transit Nord-Sud. Les garanties d’utilisation données, une fois les deux tubes en fonction, devraient rassurer ceux qui craignent une augmentation du trafic routier sur cet axe au détriment du support ferroviaire. Il n’y aura pas de passage bidirectionnel. Les opposants font ici un procès d’intention. Mais, surtout, on entend des Romands dire que l’argent dépensé ici le sera au détriment de ce qui est prévu en Suisse romande : détournement de Morges et autres ouvrages. Etant relevé que les montants ne viendront pas des même fonds constitués, il s’agit de convaincre les Romands que l’intégration des Tessinois, géographiquement isolés, à la Confédération commande des liaisons ferroviaires et routières les plus régulières possibles. Un refus le 28 février serait ressenti comme une gifle au Tessin. Relevons en passant que la Suisse romande a maintenant trois Conseillers fédéraux et le Tessin aucun ; sans parler des Grisonnais italophones. Ce n’est pas normal. Il faudra bien augmenter un jour le nombre de Conseillers fédéraux à neuf pour que le Tessin ait un siège en permanence. En attendant, le oui du 28 février sur cet objet sera une expression de patriotisme confédéral.

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22/12/2015

Casseurs: durcir la doctrine

Casseurs : durcir la doctrine Les responsables de la police genevoise supportent mal les critiques qui leur sont adressées après les tristes exploits des casseurs. La chef s’est même cabrée sèchement devant les médias. Or, ils devraient comprendre l’incompréhension de nombreux citoyens. D’ailleurs, sur les événements eux-mêmes, on sent que le Conseiller d’Etat Maudet réfléchit et se rend compte que quelque chose cloche. Le propos n’est pas ici de s’en prendre à des policiers qui ont une tâche difficile. Mais il s’agit de s’interroger sur les conditions pour un engagement musclé. Que nous disent les chefs. On respecte la doctrine, la même que dans les autres villes suisses. Devant une manifestation non autorisée, on observe, on barre certains accès , par exemple ceux menant à des bâtiments officiels, on n’intervient que lorsque les actes violents sont avérés : donc pas les tags mais la casse proprement dite et forcément, vu le dispositif léger, avec un bon temps de retard. Mieux vaut cela, nous dit-on encore, qu’une intervention prématurée créant l’incident avec l’ensemble des manifestants et risquant de voir des groupes éparpillés sévir un peu partout. Telle donc serait la doctrine. Eh bien, il faut changer la doctrine et se donner les moyens d’une nouvelle approche. Dans nos démocraties, on n’a que trop tendance à banaliser des actes illicites, à s’habituer à une marge de tolérance sur ce qui ne devrait pas être toléré. Depuis toujours, un esprit libéral estime que l’indulgence devrait être plus grande envers les petites infractions commises par tout un chacun à son insu de son plein gré, et que la rigueur devrait être plus forte envers les délits contre les personnes et les biens. On assiste trop souvent au contraire. Lorsqu’une manifestation non autorisée démarre, la probabilité d’une dérive violente est grande. La participation de casseurs attendant le moment propice pour déborder cette manifestation est tout sauf une surprise. A cet égard ceux qui organisent une telle manifestation, en comptant le cas échéant sur la police, ont une grosse responsabilité, qu’ils nient le plus souvent avec une belle lâcheté. C’est vraiment trop facile ! Mais il est évident que l’on attendrait de la police une surveillance massive et continue du cortège inquiétant. Et dès que des tagueurs entrent en action, il faudrait intervenir pour les empêcher autant que possible. Surtout, dès que des casseurs s’y mettent à leur tour, il faudrait réagir durement, quitte à ce que les manifestants non violents soient mal pris dans l’affaire. Encore une fois, ils ont pris le risque. Lors d’une manifestation autorisée, avec les contacts nécessaires entre les organisateurs et la police, on garde le contrôle. Ici, la priorité n’aurait pas dû être de circonscrire le périmètre des dégâts mais de tout faire pour les empêcher. Et, s’il le faut, il y a lieu d’utiliser les grands moyens : canons à eau et gaz lacrymogènes par exemple. Surtout, il faut tout entreprendre pour arrêter les casseurs. Il est choquant de penser qu’aucune arrestation n’a eu lieu sur le moment et, qu’au mieux, on en aura quelques unes après enquête. Les lignes ci-dessus peuvent sembler rigides. Elles reflètent simplement ce que des citoyens et habitants d’une ville attendent de l’Etat : la protection des personnes et des biens. C’est la première mission d’un Etat démocratique. Naturellement, il en a d’autres. Le formalisme juridique à l’égard de l’Usine n’était peut être pas la meilleure chose, pour autant que des conditions de maitrise par les responsables du lieu de culture alternative aient été remplies. Et puis, quelquefois, des solutions transitoires d’apaisement ont été opportunes. Un Libéral, Claude Haegi alors Conseiller administratif, avait su gérer le problème des squatts. Il faut qu’il y ait à Genève des espaces, théâtres, cafés… où la marginalité puisse exister, la contestation verbale s’exprimer. Une société démocratique doit offrir ces aires de respiration hors du convenu. En revanche, il y a une ligne rouge à ne pas dépasser, ou alors à ses risques et périls : celle qui sépare la liberté de parole et d’action du déchaînent violent contre les êtres et lesbiens. Souvenir : l’année 19 68. Alors que des jeunes , à Prague , s’opposaient à mains nues aux chars du totalitarisme soviétique, des jeunes universitaires et lycéens privilégiés s’amusaient à casser dans les rues de Paris sous le slogan fumeux . Ce qu’il y a eu de positif , --car il y en a eu aussi--,dans les suites de mai 68 aurait pu être obtenu avec de grandes manifestations non violentes. Oui, Pierre Maudet doit enclencher, comme il sait le faire, un vaste examen critique de la soit disant doctrine d’intervention policière. Il est certainement conscient, qu’en fait de doctrine, les Genevois ont plutôt eu l’impression d’une protection insuffisante, d’une répression en mode mineur et d’une relativisation de l’inadmissible.

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15/12/2015

France: drôle de démocratie

France : drôle de démocratie Beaucoup de Genevois auront suivi les élections régionales françaises. Certains se seront félicités du barrage dressé face au Front National lors du deuxième tour. Et pourtant ? Notamment, en PACA et en Nord Pas de Calais, c’est à dire contre les Le Pen tante et nièce, l’opération ne laisse-t-elle pas songeur ? Messieurs Bertrand et Estrosi sont-ils des vainqueurs au plein sens de la démocratie ? Le malaise est flagrant. Pour leur succès, il aura fallu que les listes socialistes fussent retirées. Autrement dit, durant six ans, aucun socialiste ne figurera dans ces deux Conseils régionaux. Aucun débat institutionnel entre la Gauche et la Droite n’y aura lieu. Certes, les deux élus ont multiplié les assurances selon lesquelles ils tiendraient compte de tous leurs électeurs du deuxième tour. Paroles, paroles chantait Dalida. Depuis 2012, les deux n’ont cessé d’attaquer durement les Socialistes au pouvoir. Et voilà que, soudain, grâce à un ennemi commun dressé comme un épouvantail, on célèbre le Front républicain qui a stoppé l’extrême droite. Voilà que serait écarté le risque de guerre civile, selon les mots un peu hystériques de Manuel Vals. Entendons nous bien. Rien dans le discours du Front national ne devrait séduire un esprit raisonnable. Ni le ton adopté pour parler des étrangers, des immigrés, des Musulmans. Ni les solutions extrêmes et irréalisables évoquées dans ce domaine par leurs ténors. Ni le protectionnisme économique appelé de leurs voeux. Ni la dénonciation des liens liant la France à l’Union européenne. Ni cette confiance mythique accordée aux frontières nationales d’antan. Soit ! Mais une Présidence dévolue à ce parti dans deux régions n’aurait pas signifié la révolution nationale du régime de Vichy. Les compétences dévolues aux régions sont limitées dans une France qui reste fortement centralisée. Les budgets aussi le sont. Surtout, un tel barrage anti Front national aurait eu un sens si Gauche et Droite traditionnelles, en France, en étaient à former des coalitions à l’allemande. On en est bien loin. Certes on peut discuter le point de vue exprimé ici et la réaction d’un Nicolas Sarkozy contre sa numéro deux au Parti républicain n’illustre vraiment pas une culture libérale du dialogue. Ce Bonaparte qui ronge son frein n’est décidément pas Tocqueville. Il n’empêche que cette opération,-- n’en déplaise aux Socialistes qui se targuent d’avoir eu le réflexe moral--, dégage un parfum peu démocratique. Une dramatisation, une pression énorme et une sortie de terrain ont incité des électeurs à voter à contre sens. Les Socialistes ne joueront pas le jeu du débat démocratique dans des Conseils régionaux abandonnés pour les besoins de leur hostilité principale. Des Socialistes frustrés, des élus du Parti républicain peu légitimés : voilà des arguments qui vont doper la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Ajoutons à cela les tiraillements internes à gauche et à droite : quelle image trouble en ressort ! Franchement, nous avons eu le spectacle d’une drôle de pièce. Sans doute, les calculs tactiques de François Hollande en vue de 2017 ont-ils pesé lourd dans cette opération. Mais il est probable que nombre de Français auront encore moins confiance dans une classe politique qui joue à l’élastique avec la démocratie. Heureusement qu’il y a eu une vraie bataille dans la régionale de l’île de France. Valérie Pécresse, au moins , offre une image intacte.

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09/12/2015

Deux UDC légitimés

Deux UDC légitimés Le Conseil fédéral a été élu par les Chambres pour quatre ans. Guy Parmelin, l’un des trois candidatas présentés, au choix, par l’UDC est le nouveau ministre. L’étonnant est sans doute qu’un troisième Romand siège ainsi au Gouvernement. Cela pourrait, entre autres choses, éloigner l’entrée, pourtant nécessaire, d’un Tessinois. Voici donc la formule magique formellement restaurée, au grand dam des Socialistes et des Verts. Ils voulaient un élu du Centre et une majorité de Centre gauche avec deux Socialistes, un PDC et un Centriste. Ce serait contraire au résultat des élections fédérales d’octobre. Et puis quel Centre ? Le PBD sans Evelyne Widmer Schlumpf a-t-il encore une raison d’être ? Y a-t-il une conjonction politique entre les Verts, très à gauche, et le PDC qui peut être qualifié de centre droit ? PDC qui a donc bien plus de raisons de cousiner avec le PLR. Non, ce rétablissement d’un équilibre logique au Conseil fédéral est à saluer. Certes, tous ont critiqué la clause d’exclusion inscrite dans les statuts de l’UDC, laquelle visait à excommunier tout élu UDC au Conseil fédéral qui n’aurait pas été sur le ticket officiel de son Groupe. L’’idée était évidemment d’empêcher un nouveau coup comme en 2007, lequel avait éjecté Christoph Blocher du Gouvernement. Cette clause est certes choquante car elle s’en prend à la liberté de choix du Parlement. D’ailleurs, à plusieurs reprises les Chambres ont élu des candidats non officiels de leur parti. La triple élection de 1973 est inscrite dans les annales parlementaires. Mais ceux qui ont dénoncé le plus fort cette clause sont les Socialistes. Or ce sont ceux qui devraient être les moins bruyants là-dessus. Quelle mémoire courte ! Il n’y a pas si longtemps, les Chambres fédérales avaient préféré le Socialiste neuchâtelois Francis Mattey à la candidate officielle Christiane Brunner (pour laquelle l’auteur de ces lignes avait bien sûr voté). Ce fut un drame chez les députés socialistes. Le Neuchâtelois avait demandé un délai pour décider s’il acceptait ou non son élection. Il raconte aujourd’hui qu’il a cru se faire lyncher par des camarades du Groupe en furie, particulièrement les femmes. La pression a été tellement violente qu’il a renoncé à son élection pourtant voulue par les Chambres. Cela a abouti finalement au choix de Ruth Dreifuss. Il n’y avait pas de clause d’exclusion dans les statuts du parti mais en pratique ce fut la même chose. Alors, franchement, que les Socialistes parlent de cette clause avec moins de véhémence. Ce sont les politiciens libéraux, plus constamment respectueux de la liberté des personnes et du Parlement qui sont les plus légitimés à la critiquer. Cela étant, il serait bon que l’UDC l’enlève de ses statuts. Un dernier point. On reproche à juste titre à l’UDC de jouer plus à l’opposition qu’à la conciliation au sein du Parlement. Mais ce reproche a souvent été adressé aux Socialistes. Donc, là encore, ceux qui crient le plus fort n’en ont pas forcément la plus grande légitimité. Ce qui est pourtant vrai, c’est que l’on attend de l’UDC, avec ses deux sièges au Conseil fédéral, une inflexion dans le discours et l’attitude. Même si 2016 verra des affrontements devant le peuple au gré d’Initiatives déjà lancées par l’UDC. Peut être que Guy Parmelin devra les combattre publiquement au nom de la collégialité gouvernementale. C’est là-dessus que l’on évaluera si une formule magique au plein sens politique du terme est de retour.

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26/11/2015

TSR: garder les émisions religieuses

TSR : garder les émissions religieuses Un débat est lancé à propos des émissions religieuses de la Radio Télévision romande. Le projet est de supprimer trois émissions soit : hautes fréquences sur la première le dimanche soir ; A vue d’esprit sur Espace 2 ; et faut pas croire sur RTS1 le samedi après midi. Une pétition rassemble des signatures contre cette perspective mutilante. Dans le journal le Temps, le professeur de théologie François-Xavier Amhredt exprime très bien les raisons de s’opposer à cela. C’est aussi le cas de François Dermange, professeur d’éthique à Genève qui s’est exprimé dans la rubrique l’invité de la Tribune de Genève. Convaincu, nous désirons apporter ici notre adhésion à cette protestation. L’ information donnée a stupéfait ceux qui assistaient à un culte radio- diffusé, présidé par une pasteur de grand format : Marie Cénec. Il était question de la mort, mais donc aussi de la vie et de son sens. Il y avait matière à une grande prédication mais également à réflexion et discussion. Or, c’est précisément cela que les émissions susmentionnées cherchent à promouvoir. La Radio Télévision romande ne parle certes pas de supprimer la transmission des cultes et messes. Pour le moment ! En effet, dès lors que l’on relativise un devoir en général, où s’arrêtera-t-on ? Certes, la SSR est soumise à des pressions financières et doit contrôler son budget ; donc sa branche romande aussi. Mais l’exercice ne saurait se référer aux seuls critères des audiences. La SSR, au bénéfice d’une concession et percevant une redevance a des devoirs civiques et moraux. Elle doit, par exemple, donner sa place à la vie nationale et à celle des régions. Il est évident qu’elle doit aussi offrir des occasions d’entendre et de voir des émissions qui s’approchent des sujets les plus essentiels. Cela ne concerne pas seulement les fidèles de telle ou telle religion mais toux ceux qui ont besoin de s’interroger sur le sens de la vie, les racines de notre société, les dangers qui nous menacent : que ce soient la violence ou la dilution de nos valeurs…On est dans le dialogue spirituel et philosophique. Cette nécessité pour tant d’auditeurs d’être branchés sur de telles occasions de réfléchir n’est-elle pas plus impérative que jamais ? N’est-ce pas le plus mauvais moment pour songer à couper dans cette offre ? Gilles Marchand, le directeur de la Radio Télévision romande a réagi devant les protestations. Franchement, il s’est réfugié derrière une langue de bois. C’est bien que le débat soit ouvert. On verra comment faire au mieux. Il ne s’agit pas de renoncer à une offre dans ce domaine en effet important. Oui, et quoi alors ? Nous avons des émissions de grande qualité, ressenties comme nécessaires, maitrisées par des journalistes motivés et compétents. Il faut préserver cela. S’il importe de trouver des économies, n’y a-t-il pas des pistes du côté des émissions récréatives que l’on trouve à foison ? Ne masquez pas, cher Gilles Marchand, une démarche destructive derrière le paravent bien connu qui consiste à dire que l’on pourrait faire aussi bien mais autrement. Cela rappelle, toutes choses égales, ce qu’il en est dans les écoles publiques avec l’histoire suisse et l’instruction publique. Hélas, dans nos Cités démocratiques de si longue tradition, on voit de plus en plus du trop plein avec au creux de terribles vides. Ce n’est pas ainsi que nos esprits et nos cœurs résisteront le mieux aux vents destructeurs qui attaquent nos terres, heureusement encore trempées de civilisation spirituelle et humaniste. Nous en appelons aussi à Roger de Weck, le directeur de la SSR, dont toute l’éducation familiale a bénéficié de ces références fortes qui donnent un sens à l’existence. Que la SSR en général, sa branche romande en particulier, n’ébranle pas ce dont nous avons encore plus besoin aujourd’hui.

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17/11/2015

Traquer, protéger mais vivre

Tout a été dit sur l’horreur. Tout n’a pas été dit sur les erreurs de l’Occident . Cette funeste opération américaine en Irak. Ce soutien mou à la nébuleuse des opposants à Assad sans les moyens d’établir et de consolider un nouveau régime. Ce manque de conscience, contrairement à un de Gaulle, que l’Orient est compliqué. Cette politique étrangère médiatique et par à coups plutôt que réfléchie et stratégique. Et maintenant des Etats en chaos, une Entité terroriste fanatique jusqu’à l’horreur mais déterminée. Oui, il serait bien temps que les Occidentaux, les Russes et même l’Iran accordent leurs violons pour vaincre le monstre. Demeure un grand malaise.

Toute cette horreur a été générée par les mouvements salafistes, intégristes qui ont été appuyés, financés par des pays avec lesquels nous commerçons : l’Arabie saoudite et des pays du Golf qui nous fournissent en énergie, achètent des fleurons de nos hôtels mais sont très loin de nos valeurs constitutives. Oui, nous sommes en guerre mais aussi en difficulté de nous extraire de notre filet de contradictions.

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08/11/2015

Pas de miracle électoral mais...

Pas de miracle électoral mais…

 

Benoît Genecand a fait une belle campagne. Honneur à lui. Il a été élu au Conseil national et, avec lui, le PLR retrouve un troisième siège. Une satisfaction. La majorité des Conseillers nationaux genevois sont désormais de droite. Une autre satisfaction. Mais Benoît Genecand n’a pas été élu au Conseil des Etats. Dommage. Cela eût bien mieux représenté l’équilibre politique genevois. L’élue socialiste et l’élu écologiste pensent tous deux qu’ils ont été confirmés sur leur personne, avec un tel scrutin majoritaire, et qu’ils auraient été élus même si la droite avait été unie derrière  Yves Nidegger et Benoît Genecand. Sans nier l’impact de leurs deux personnalités, nous ne le pensons pas. Le résultat vaudois, qui a vu le PLR Olivier Français battre le Vert sortant Luc Recordon donne un argument à ceux qui pensent qu’une droite sinon unie au moins sans conflits internes virulents a de bonne chances d’occuper un siège au Conseil des Etats. La personnalité de Luc Recordon était pourtant aussi connue que celle de Robert Cramer.

 La non réussite de la Droite genevoise tient à sa désunion. Dans le Canton de Vaud, où, c’est vrai, le PDC n’est pas très puissant, le report des voix UDC sur le candidat PLR s’est fait, tandis que la Socialiste Géraldine Savary restait logiquement intouchable. A Genève, il y aurait eu une possibilité. Soyons clair. Il ne pouvait être question d’une campagne commune au vu des différences fortes sur les relations avec l’UE, notamment. Et puis, entre l’UDC genevoise et le PLR on a eu des différences de style, de comportement que l’on ne saurait négliger. Et l’on ne parle pas du MCG, surtout de son Chef fondateur Eric Stauffer. Cela étant, la Droite PLR,UDC, PDC, MCG est unie plus souvent qu’à son tour au Conseil municipal. Cela dit, le PDC comme le PLR ne contestent pas ou plus le droit de l’UDC à deux sièges au Conseil fédéral-  Il y avait donc une ouverture possible. On a cru qu’elle allait avoir lieu. Le candidat PDC Raymond Loretan s’était retiré avec dignité.  Le candidat Eric Stauffer semblait prêt à faire de même. L’idée était tout simplement une invitation implicite adressée aux électeurs de l’Entente d’ajouter Yves Nidegger et, surtout, aux électeurs UDC d’ajouter Benoît Genecand. Pas plus, à cause des divergences ; pas moins pour donner une chance. Celui qui était porteur de cette chance , c’était évidemment Benoît Genecand. Hélas, la revendication d’un Eric Stauffer pour une campagne commune fermait déjà la porte. Mais  l’attitude du Président du PDC est aussi critiquable. On ne va pas déclarer qu’une alliance avec des guignols est impossible. On ne se drape pas dans un manteau de pureté en utilisant le vocabulaire de ceux que l’on vise. Franchement, le Président PDC n’a pas été à la hauteur de l’occasion, certes délicate, qui s’offrait.

Bon, tournons la page. Le réélection du duo Vert-Socialiste au Conseil des Etats n’a rien d’une catastrophe. Il ne faut pas exagérer. Bien des aspects de leur engagement sont à reconnaître. Toutefois, il faudra corriger cela dans quatre ans. Plusieurs éléments favorables pourraient y contribuer. Un MCG perdant de l’impact du fait que certains problèmes seraient moins aigus. Une UDC qui se rallierait à l’ Accord bilatéral avec l’UE sur la libre circulation, moyennant certaines précautions négociées et obtenues. Une concordance visible sur les questions de budget, de sécurité sociale, de défense et sur d’autres sujets. Bref, un élargissement de ce qui se passe au municipal à l’échelon cantonal et fédéral. Oui trouver des convergences, certes de circonstances et sans se renier, c’est possible. Mais il faudra sans doute que certaines personnes nouvelles, moins crispées, soient aux commandes pour négocier. On verra déjà ce qu’il en sera lors des élections fédérales. D’ici là, renforcer les discussions sur les sujets, saisir les occasions, telle est la voie à suivre.

Il n’y a pas eu de miracle électoral mais l’éclaircie vaudoise pourrait s’étendre lentement à Genève.  

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29/10/2015

Blocher-Widmer-Schlumpf: paranthèse fermée?

Blocher –Widmer-Schlumpf : parenthèse fermée

 

La Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a réussi sa sortie. Digne, porteuse de sa fonction mais modeste, juste émue mais retenue comme toujours, ne manifestant aucune nostalgie à l’idée de quitter la scène publique, s’éloignant déjà vers sa sphère privée discrète, avec le sentiment du devoir accompli et de l’ambition assouvie : bref, le meilleur du style suisse qui frappe encore tellement les observateurs étrangers. Oui, devant cette non scène des adieux, chapeau bas, Madame.

En revanche, on n’a pas fini de discuter au sujet de son action durant ses huit ans de mandat. Sans aucun doute, bien des aspects méritent l’éloge. D’autres moins. Si la pression était devenue trop forte pour maintenir le secret bancaire contre vents et marées, fallait-il céder si vite aux Américains sans recevoir de garantie de réciprocité, d’égalité de traitement ? Certainement non.

Toutefois, le moment n’est plus ou pas encore au bilan. Il est dans la préparation de la succession. Ici, il faut remettre les événements dans leur contexte et voir les choses clairement. En 2003, il était logique que le Parlement donnât un deuxième siège à l’UDC après sa victoire électorale spectaculaire. On adaptait la répartition à l’esprit de la formule magique établie en 1959. Et le PDC perdit logiquement son deuxième siège. Il était compréhensible que le Parlement, même inquiet, acceptât l’élection de la figure de proue, Christoph Blocher , pour occuper ce deuxième siège. On espérait le voir soluble dans la collégialité gouvernementale.  Le complot PDC-socialiste visant à empêcher sa réélection en 2007 a réussi. Le Parlement a élu Eveline Widmer –Schlumpf. On connait la suite, qui n’avait pas vraiment été prévue par les comploteurs. L’élue  aux nerfs d’acier, exclue de l’UDC tout comme sa section grisonne, a suscité la création du petit Parti bourgeois démocratique (PBD). Et elle a tenu bon. Mais comment ne pas reconnaitre une anomalie politique due aux circonstances ? Le Parlement devra élire un deuxième UDC le9 décembre. C’est évident. Toutefois, le Groupe UDC serait bien inspiré de présenter, par exemple, deux candidats, offrant un choix aux Chambres. De toute façon, il faudra que le ou les candidats s’engagent clairement à respecter la collégialité, à limiter au maximum les propos publics dissidents et partisans. Ueli Maurer ne s’en est pas mal tiré à cet égard. On pense aux relations avec l’Union européenne, aux décisions sur l’immigration, notamment. Après tout, les Socialistes sont habitués à cette tension entre leur parti et leurs conseillers fédéraux. C’est inhérent à la formule magique.

Reste à observerqui seront lescandidats. Quelle que soit l’estime dont bénéficie le Vaudois Guy Parmelin, on voit mal un autre qu’un Suisse allemand occuper ce siège, les Romands en ayant déjà deux. Si un latin devait émerger, ce serait bien le tour d’un Tessinois. Mais croyons plutôt à une succession logique : les uns et les autres désirant fermer la parenthèse Blocher-Widmer-Schlumpf : ennemis dans leur vie politique, accouplés dans les annales de la petite histoire suisse.  

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19/10/2015

Respecter l'équilibre politique

Respecter l’équilibre politique

Christian Levrat ,le Président du PS, a une dialectique spécieuse. Pour justifier un refus de laisser un deuxième siège au Conseil fédéral à l’UDC, il argue du fait qu’au Conseil des Etats cette dernière n’est pas si forte que cela, qu’il faut tenir compte des deux Chambres et que, par conséquent, deux PLR plus deux UDC au Gouvernement, ce serait trop. Que voilà une argumentation d’occasion. Durant toutes les législatures qui ont suivi, en 1959, l’instauration de la formule magique, il aurait donc fallu refuser un deuxième siège aux Socialistes du fait qu’ils n’avaient que très peu de sièges au Conseil des Etats. Allons, il faut trouver autre chose monsieur Levrat. Avoir des réticences par rapport à la politique de fond, soit. Mais pas de contorsion arithmétique. Eveline Widmer Schlumpf a été élue comme UDC contre Christoph Blocher il y a huit ans. Depuis elle s’appuie sur le petit PBD créé alors. Cela ne peut durer ainsi. L’UDC, premier parti en suffrages électoraux a droit à deux sièges au Conseil fédéral si on veut respecter l’idée d’une formule magique reflétant les forces électorales respectives des partis. Ou à aucun siège si l’on estime que cette formation n’a pas sa place au Gouvernement au vu de ses positions. Mais on s’est souvent posé la question à propos des Socialistes, et même au sein de ce parti. Franchement, le peuple comprendrait mal un refus du deuxième siège UDC. Eveline Widmer Schlumpf a eu sa justification, son rôle et son temps. Il faut tourner cette page.

Cette même idée d’équilibre reflétant les diverses sensibilités au sein des électeurs devrait conduire à ce que l’un des deux sièges au Conseil des Etats, dans le Canton de Genève et dans le Canton de Vaud revienne à la droite. Dans les deux cas c’est l’élu écologiste actuel qui devrait être écarté. Toutefois, bien sûr, il y faut un rassemblement de la Droite sans, pour autant, la moindre confusion sur les convictions, les positions et le langage. Mais ici, ce sont les électeurs qui décideront. On verra bien.

Naturellement, ce respect d’une logique arithmétique conforme au système suisse ne doit pas faire oublier les problèmes de fond. Oui, un durcissement politique sur la question européenne pourrait être une conséquence regrettable de ces résultats. Au Parlement, une majorité claire devra défendre les négociations bilatérales avec l’UE et trouver le moyen de sauvegarder la libre circulation. Oui, la question énergétique est essentielle. Il faudra trouver des majorités balisant les transitions nécessaires pour s’affranchir progressivement du nucléaire sans provoquer une impasse face aux besoins. Et tant d’autres sujets encore. Mais, en Suisse, on doit rechercher des équilibres, des compromis avec les forces existantes, telles qu’elles sont ; à condition que des règles de collégialité soient fidèlement observées dans les exécutifs et que les grands partis privilégient finalement la discussion plutôt que la confrontation permanente.

Respecter une logique d’arithmétique électorale mais réinsuffler un esprit correspondant au fonctionnement de nos instituions : voilà comment devrait s’amorcer la nouvelle législature fédérale.

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