09/01/2017

Plaidoyer pour l'élégance

Plaidoyer pour l’élégance

 

Chaque premier de l’An l’Eurovision diffuse le concert du nouvel an donné par l’orchestre philharmonique de Vienne. Chaque fois, c’est un honneur et manifestement un plaisir pour le chef invité. Ce l’est aussi pour le public, d’une élégance vestimentaire que ne le cède en rien à celle des musiciens. Les Srauss père et fils sont incontournables et tout le monde les attend, les accompagne. Les téléspectateurs ont droit, en sus, aux évolutions des danseurs de l’Opéra de Vienne. Il y a comme un parfum de nostalgie de l’Empire Austro-hongrois, comme si, avec Stephan Zweig, on voyait le train pour l’exil emmener le dernier Empereur Charles.

 

Ce concert, événement un peu décalé d’un temps révolu ? Sans doute. Mais que ce petit moment d’élégance est agréable à voir, à entendre, à ressentir. Elégance, le mot est lâché, quitte à se faire moquer et traiter d’élitiste. On a l’impression qu’elle seperd. La grande avancée bienfaisante de la démocratisation, y compris culturelle, devait-elle fatalement diminuer le champs vivant de l’élégance, introduire de l’uniformité gris souris ? Oh, il ne s’agit pas seulement de l’élégance vestimentaire, encore que l’on puisse regretter que les gens ne s’habillent pas pour honorer, suivant la nature du spectacle, les artistes qu’ils vont voir ou entendre. Mais on pense aussi à l’élégance du langage, du comportement.

 

Soyons lucides. Des personnes présentant bien, comme on dit, s’exprimant bien peuvent cacher une vulgarité de pensées et de sentiments. Tout au contraire, tels ou tels ne se souciant guère de leur apparence et de leur vocabulaire, ou qui les cherchent à leur manière provocatrice et marginale peuvent avoir une noblesse intérieure. Ne soyons pas des doctrinaires de l’apparence.

 

Toutefois, il y a quand même un certain lien entre les aspects de l’élégance. Celui qui aime la belle littérature, qui admire les belles choses, qui goûte la beauté de ce qu’il voir, qu’il entend, qui prend soin de sa personne, qui cultive la richesse de sa langue maternelle , qui pratique la courtoisie dans sa relation à autrui, bref qui conjugue l’élégance personnelle et le respect de l’autre, oui celui- là, à son échelon, fait oeuvre de civilisation.

 

A l’échelle collective, cela concourt à une civilisation. Même dans la confrontation politique, il est possible de garder l’élégance dela forme et le respect du contradicteur, de ferrailler sur les idées sans attaquer la personne ; pour autant que cette dernière soit bien sûr estimable, ce qui est le plus souvent le cas.

 

Beaucoup de vœux, de souhaits ont été exprimés en ce début d’année. Eh bien, que s’exprime ici le léger plaidoyer pour l’élégance.

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24/12/2016

Voila le monde tel qu'il est

Voir le monde tel qu’il est!

 

Quelle fin d’année ! Les images d’Alep dévastée. Un marché de Noël à Berlin victime d’un terroriste. Comment prêcher l’amour, la paix au milieu des folies meurtrières. Il y a une semaine, 'l’Appel Spirituel' conviait à sa rencontre annuelle une invitée principale: une femme écrivain musulmane, Karina Berger. Elle a mal à son Islam. Elle a expliqué, exprimé plutôt de manière émouvante ce qu’était le sien, sa lecture du Coran ; si loin des dévoiements, si proche du meilleur de toutes les confessions. Oui, ces messages, ces appels à autre chose, il faut les écouter, s’en imprégner.

 

Et pourtant, dans la perception du monde compliqué, pour une maitrise relative des événements, il y a aussi une responsabilité de lucidité et de réalisme. Dans les guerres, notamment civiles, il y a rarement un camp totalement du bien contre un camp totalement du mal. Ceux qui se parent de vertu ont souvent des arrières pensées, des intérêts qui n’ont rien de pur. Et à ceux qui croient partir en croisade, il faut leur rappeler l’adage ironique qui dit que l’enfer peut être pavé de bonnes intentions. Quelques exemples: l’Occident a fait tomber Kadhafi en Libye sans assurer le suivi. Il s’en suit, notamment, un chaos politique et le passage d’un flux si périlleux mais aussi inquiétant de migrants africains vers l’Italie.

 

Les Etats Unis ont éliminé Saddam Hussein. Que de désordres et de guerre depuis en Irak. Et l’avènement de Daech. On a les yeux braqués sur Alep la tragique. Mais les opposants dits modérés et divisés ont très vite été noyautés par les extrémistes, lesquels ont pris en otage les civils dans leur résistance à Alep. Ces gens là n’ont rien à voir avec la liberté. On critique beaucoup la Russie de Poutine. Cetes, le personnage n’est pas un enfant de cœur et n’a pas été nourri au biberon de l’esprit démocratique. La Russie n’a pas de tradition à cet égard. Mais que d’erreurs l’Occident n’a-t-il pas commises. Analyses simplificatrices sur l’Ukraine, condamnations précipitées, sanctions discutables, provocations politico-militaires donnant aux Russes un sentiment d’injustice, d’encerclement et suscitant la nationalisme.

 

Parfois, on se met presque à regretter des politiciens au sang froid, des Nixon ou des Kissinger. Ils manquaient de sensibilité pour les droits de l’homme qu’il ne faut jamais oublier ; mais ils ne commettaient pas d’erreurs d’analyses majeures. En cela, ils donnaient de meilleures chances à la paix. Un mot en cette période de Noël sur les réfugiés, les requérants d’asile chez nous: oui, on est choqué lorsqu’une décision fédérale de renvoi frappe des personnes semblant déjà bien intégrées et appréciées de leur entourage. Toutefois, comme l’a relevé franchement Pierre Maudet, ce serait hypocrite de ne pas voir le problème d’ensemble, la nécessité d’un cadre légal, d’une loi définissant les critères d’admission. L’ignorer serait tendre la perche aux nationalistes outranciers.

 

On le constate : rien n’est simple dans cet écheveau international et national. Formulons un vœu pour l’année prochaine : que se découvrent plus et mieux les intersections favorables aux élans du coeur et aux actions réalistes. L’humanité se perdra si elle oublie trop la compassion, la fraternité et l’amour. Mais elle explosera si des esprits lucides aux commandes ne prennent pas en compte les complications et les contradictions du monde afin de trouver des équilibres realists.

 

Joyeux Noël!

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08/12/2016

Fillon:quelques mois pour convaincre

En France, Manuel Valls a beau être totalement impliqué dans le quinquennat de François Hollande, sa manière personnelle d’être et d’agir pourrait lui valoir de gagner la primaire de la Gauche. A droite, François Fillon est le candidat bien affirmé. Il est favori mais il est bien placé pour savoir que les sondages ne sont que la photographie d’un moment et que rien n’est joué pour lui.

 

Beaucoup pensaient qu’Alain Juppé rassemblerait plus la Droite et le Centre. Or, la primaire a fait émerger le candidat de la clarté sans concessions, de la vérité dite crûment. La question est de savoir si la majorité des électeurs est prête à avaler les remèdes forts qu’il propose. C’est vrai que la France, si riche de talents et de possibilités traine des boulets qui entravent son vol. Divisions chroniques, bureaucraties paralysantes, fonction publique pléthorique, syndicats aussi politisés que peu représentatifs et archaïques, droit du travail écrasant dissuadant notamment les PME d’investir et d’embaucher, fausse protection sociale dans la durée à cause des effets pervers de la rigidité sur les licenciements, braquée uniquement sur le court terme, répartition confuse entre les différents échelons politiques tels l’Etat, les régions, les départements, les communes.

 

On pourrait continuer le catalogue. Il y a aussi cette propension bien française à dramatiser des débats théoriques, idéologiques et cette difficulté à nouer des dialogues politiques, économiques et sociaux constructifs. En caricaturant, on dirait que la France, après avoir tué la monarchie tout en gardant son parfum, dans une éternelle valse hésitation entre Robespierre et Bonaparte. Un vrai courant libéral, moderne et réformateur est un ruisseau que l’on peine à trouver.

 

Alors François Fillon ? Serait-il le premier à oser dire toutes les choses, à proposer un véritable programme de réformes ? On en a l’impression et on aimerait tellement qu’il réussisse. Il va lui falloir rassembler, donc arrondir certains angles sans dénaturer ses idées.

 

Il devra persuader les fonctionnaires qu’ils auront à gagner d’un statut plus mobile et tendu vers l’efficacité. Quant aux suppressions, la méthode sera importante et nécessitera un dialogue. En outre, il faudra des garanties de qualité par exemple pour l’enseignement et la police. Il faudra démontrer que cette qualité et l’efficacité ne sont pas liées uniquement au nombre des professeurs ou des policiers.

 

Il y a aussi particulièrement la question des soins médicaux, de l’assurance maladie. Rationaliser, éviter les abus, soit ! Mais il importe que toute personne aux bas revenus n’ait pas de problème financier pour bénéficier des soins de base. François Fillon a compris qu’il devait clarifier vraiment ce point. Bref, cela va être un combat avec des réactions plus que vives. Si Fillon est élu, s’il tient ensuite le choc sur l’essentiel tout en nuançant là où ce sera nécessaire, s’il entraine le pays dans ce mouvement décisif il aura une chance d’entrer dans l’histoire comme celui qui aura enfin permis à la France de s’adapter au contexte mondial et d’entrer pleinement, avec ses atouts, dans le XXI ème siècle.

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27/11/2016

Sortie du nucléaire: garder l'élan

Sortie du nucléaire : garder l’élan

 

Ici même, nous avions admis que l’Initiative voulant accélérer la sortie du nucléaire comportait sans doute un risque quant à la fourniture en électricité ; mais qu’il n’était pas fou d’oser ce choix en pariant sur une mise à disposition accélérée des énergies nouvelles. Le peuple et les cantons, majoritairement, ont estimé que prendre ce risque n’était pas raisonnable.

 

Dont acte ! Mais alors, ne nous trompons pas et ne nous laissons pas tromper sur l’interprétation du résultat. Il n’indique en aucune façon une volonté de s’accommoder durablement du nucléaire. Il s’agit maintenant, pour les partisans de l’Initiative et pour les opposants mais partisans sincères et résolus de la stratégie 2050, de se rassembler afin de baliser réellement ce chemin vers la sortie du nucléaire.

 

En effet, il y a ceux qui refusent cette stratégie du Conseil fédéral avalisée par le Parlement. Une votation populaire est donc prévisible. Certes, un Libéral n’aime guère, en principe, l’intervention étatique et la programmation politique dans le domaine économique ; sauf à offrir des conditions cadre favorables. Il fait souvent confiance aux forces du marché et aux avancées technologiques Mais, dans le domaine énergétique cela ne fonctionne pas bien. Autant l’interconnexion des réseaux à l’échelle européenne est une bonne chose, autant la surproduction à cette même échelle a des conséquences négatives. Ainsi, l’énergie d’origine fossile, --telle le charbon si polluant--, ou l’énergie hydraulique ont des prix surbaissés qui n’incitent en rien aux efforts d’adaptation. Les entreprises gérant ces ressources ploient d’ailleurs de plus en plus sous le fardeau d’un manque de rentabilité, y compris pour le nucléaire. Mais cette paralysie encombre le marché. Même un Libéral peut donc rejoindre les écologistes sur l’idée qu’une taxe sur les importations d’énergie fossile, particulièrement ; taxe servant à nourrir les subventions visant à développer les énergies renouvelables.

 

Certes un renchérissement de l’énergie ne serait pas sans conséquence sur les entreprises et l’économie en général. Mais on est bien devant un choix politique très important qui dépasse une approche purement économique. Il faut sortir du nucléaire, développer jusqu’à la rentabilité générale les énergies renouvelables. Il faut des mesures technologiques accrues (dans le bâtiment notamment) ainsi que des incitations aux comportements plus adéquats afin d’obtenir des économies d’énergie. Dans la période de transitions que nous vivons, l’Etat a évidemment un rôle moteur.

 

Progressivement, les entreprises d’électricité, d’ailleurs largement en main d’entités publiques, retrouveront une activité équilibrée s’inscrivant dans un équilibre de société. Progressivement, il devrait en aller de même à travers toute l’Europe qui a le devoir de montrer la direction à suivre pour la sauvegarde de notre planète et de nous autres frères humains qui en avons la charge, et qui n’en ont que trop détérioré les équilibres existentiels.

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13/11/2016

Nucléaire :oser l’Initiative

Le vote sur l’Initiative pour la sortie du nucléaire repose sur une question de rythme, de confiance ou de méfiance. En effet, si quelques uns résistent encore à l’idée qu’il faut organiser cette sortie selon un calendrier à préciser, la majorité du parlement comme, --semble-t-il--, la majorité du peuple souscrit à cette option générale.

 

Mais, tandis que l’Initiative veut un processus accéléré de sortie, le Conseil fédéral propose, à l’incitation de Doris Leuthard , un processus davantage étalé dans le temps. Il prend en compte les besoins de l’économie et des personnes en approvisionnement électrique. Il n’y a donc pas de dates prescrites pour fermer les centrales nucléaires. Le contrôle de sécurité doit être strict et le terme évoqué est 2050.

 

Du côté des Initiants, on fait valoir que les centrales nucléaires helvétiques ne sont plus rentables, qu’elles sont vieilles, voire très vieilles pour quelques unes, et qu’il importe d’accélérer le remplacement par le recours aux énergies renouvelables, dont la performance technique et le rendement ne cessent de progresser. Doris Leuthard et ses experts nous disent que le rythme exigé par l’Initiative est trop rapide. Afin de couvrir les besoins en électricité, disent-ils, nous risquons d’importer, durant un bon bout de temps, davantage d’énergie étrangère d’origine nucléaire et, pire, de l’énergie fossile émanant du charbon allemand. Un péché écologique et un contre-sens.

 

Seulement voilà : ce n’est pas du tout prouvé. Il semble que l’électricité vendue par l’Allemagne est en bonne partie renouvelable et que le charbon utilisé à titre transitoire est plutôt destiné à sa consommation indigène. Actuellement, nous importons quelque deux tiers de notre électricité et nous en exportons aussi deux tiers : un mouvement de va et vient au travers des réseaux et au gré des saisons : l’hydraulique étant le pivot tournant. Or, il n’est pas impensable d’exporter moins et d’importer moins, en poussant résolument l’exploitation indigène des énergies renouvelables ainsi qu’un programme d’économies d’énergie.

 

Bref, si l’Initiative recèle en effet un risque, difficilement mesurable, quant à notre nourriture électrique durant quelques décennies prochaines, ce risque devrait pouvoir être écarté, moyennant une volonté politique claire. En revanche, quels que soient les contrôles de sécurité avec le sérieux fédéral bien connu, le risque grandissant d’un accident dramatique, risque inhérent à de vieilles centrales ne peut être ignoré.

 

Enfin, puisque la majorité d’entre nous admet, à l’instar de ce qu’il en est dans nombre de pays européens, qu’il faut en terminer avec le nucléaire, pourquoi ne pas insuffler une politique énergique,--c’est le cas de le dire--, allant dans ce sens. Bref, après avoir réfléchi et beaucoup hésité, notre conclusion est celle-ci : osons l’Initiative.

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07/11/2016

Luther, la laïcité et nous

Luther, la laïcité et nous

 

Quel beau culte présidé par Olivier Fatio, à St-Pierre dimanche dernier. Les 500 ans de la Réforme et le rappel de l’influence de Luther : telle était la trame. Reste surtout de Luther cette conviction que la Justice de Dieu n’est pas répressive, qu’il ne faut pas s’essouffler pour échapper au châtiment. Le salut est un don une grâce obtenus par la Foi, la confiance. De cela peut et doit découler une sérénité, un apaisement fortifiant l’engagement, en dépit des ignominies qui parcourent notre monde.

 

Comment ne pas sentir à quel point cet héritage demeure une source de tout ce qui nous a façonnés ensuite ! Tourner le dos à nos racines spirituelles serait plus qu’une méconnaissance déplorable, une ingratitude desséchante ; ce serait une erreur politique et sociétale majeure.

 

Dans la nouvelle Constitution genevoise, il y a un préambule à l’élaboration duquel l’auteur de ces lignes s’était engagé avec feu. Il commence par ces mots : « le peuple de Genève reconnaissant de son héritage humaniste, spirituel, culturel… » Certes, sont aussi évoqués plus loin les apports successifs et la diversité qui constituent ce peuple. Mais l’accent est donc bien mis sur les racines, le ciment historique de base.

 

Alors oui, bien sûr, au fil du temps s’est marquée la distance entre les églises et l’Etat. L’autorité politique, qui s’adresse à tous, s’appuie sur le principe de laïcité. Ce principe met au premier plan les règles de la République, de vie en commun qui s’imposent à tous. Soyons clair et sans langue de bois. Aujourd’hui, la question se présente à cause de l’Islam ; ou plutôt à cause de ceux des Musulmans qui refusent la primauté de la laïcité et certaines règles de vie en commun. On pourrait aussi s’inquiéter du manque de vigueur dans les réactions de Musulmans dits modérés face aux radicaux qui infiltrent leur dialectique auprès de jeunes et dans quelques mosquées. Il importe d’être très ferme là-dessus.

 

Toutefois, un autre risque existe : celui de l’intégrisme laïque, de la mise à l’écart dogmatique des religions, des églises dans la vie publique. Toute relation normale, tout dialogue fécond des autorités avec les responsables religieux pollueraient la sacro sainte laïcité. On n’en est plus à une garantie des principes démocratiques et de la paix confessionnelle ; on en vient à la remise dans les greniers privés de la part religieuse de nos identités. Ce n’est pas seulement une attitude agressive envers, par exemple, les Musulmans membres de notre Communauté nationale. C’est aussi un déni dogmatique de notre histoire judéo-chrétienne. Il paraît que des ayatollahs de cette laïcité guerrière et d’exclusion voudraient interdire le rassemblement de protestants devant le mur des Réformateurs, le premier dimanche de novembre. Ce serait, aux Bastions, une utilisation trop privée d’un espace public. On se pince pour y croire.

 

Le Grand- Conseil est saisi de trois variantes pour un projet de loi sur la laïcité, les relations entre l’Etat et les églises, les entités religieuses. Deux variantes, l’une surtout, expriment une laïcité de combat, d’exclusion, de surdité, de déni historique. Un projet du Conseil d’Etat entend répondre mieux à l’indication de la Constitution dans son préambule. A voir. Puissent le débat et sa conclusion aller dans ce sens. Officialisons les relations normales, souhaitables, claires entre le politique et le religieux ; entre la société et ses composantes religieuses. Et cultivons, à l’intention de tous, le devoir, la responsabilité et la chance de notre mémoire patrimoniale, dont la dimension spirituelle a nourri notre Corps civique et sociétal.

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10/10/2016

Identité heureuse?

Identité heureuse ?

 

Les Suisses romands sont ébahis devant les soubresauts de la politique française, mais, à la fois voyeurs et intéressés, ils la suivent de près. Ainsi, la primaire de la Droite vaut son pesant de spectacle. Signe des temps et des questions graves qui se posent, la notion d’identité au sein de la Communauté nationale nourrit les débats. Ils en deviennent réducteurs à cause de la recherche électoraliste, forcément populiste, d’adhérents par les candidats.

 

Toutefois, derrière l’écume, il y a en effet de vraies questions : ainsi celle de l’identité. Nicolas Sarkozy dépense un peu son énergie hors norme à sauter d’une jambe sur l’autre. Ce qu’il dit n’est pas toujours ce qu’il disait. Qu’importe ici. Son cri patriotique : "nos ancêtres les Gaulois" a fait mouche ; mais en partie contre lui. Il a essayé de nuancer, d’expliquer , mais ses rivaux ont eu beau jeu de le critiquer. Slogan maladroit, sans aucun doute. En revanche, en écartant le politiquement correct, il y a des socles et des mouvements historiques à rappeler, qui ont formé une nation. Il serait si nécessaire d’expliquer aux jeunes, surtout à l’école, comment s’est développée à travers les siècles la France Chrétienne, capétienne, révolutionnaire ; sans tout focaliser, par exemple, sur la méchante colonisation et la normale immigration à assumer avec une dimension de culpabilité.

 

Autrement dit, oui, d’une connaissance, même en survol, des principaux repères historiques à une adhésion aux valeurs fondamentales de l’Etat et de la Société, il y a une relation évidente. On penserait que ces mots s’adressent essentiellement aux immigrés et enfants d’immigrés, particulièrement musulmans. Or, la professeur de philosophie Bérénice Levet, au cours d’ un entretien conduit par le Figaro du 25 septembre, montre que l’ignorance de repères en histoire et en instruction civique atteint tous les jeunes.

 

Citons : "après quarante-cinq années de désidentification religieuse, culturelle et nationale, l’égalité par le bas est presque parfaite entre les jeunes Français de longue généalogie et leurs jeunes concitoyens d’origine immigrée".

 

En somme. À vouloir obstinément écarter les repères nationaux, en croyant écarter les différences discriminatoires et faciliter ainsi l’intégration, on a obtenu l’évolution contraire. L’effacement d’une attraction commune risque de laisser place aux juxtapositions communautaristes.  Le Breton pure souche aux cheveux roux et l’immigré de parents ou grands parents algériens risquent de ne plus avoir le même drapeau et de se regarder en chiens de faïence. Beau résultat !

 

Faut-il tout de même rêver, à l’instar d’Alain Juppé, "d’une identité heureuse" pour tous les habitants de ce qui redeviendrait la douce France de Charles Trenet ? Sans doute, le candidat maire de Bordeaux a-t-il raison de viser ce qui pourrait éclaircir le climat et rassembler des compagnons de route, aptes à concilier leurs appartenances propres et leur habitation nationale commune. Optimiser la démarche plutôt que de dramatiser la situation ? soit ! Il faut en effet distiller un message positif et proposer le respect, les mains réciproquement tendues. Toutefois, puisse le candidat septuagénaire qui en appelle aux jeunes ne pas devenir un marchand d’illusions, une fois la présidence gagnée. Son mentor Jacques Chirac fut un assaillant du pouvoir formidable mais un Roi craignant les remous. Bousculer sans déchirer, bien ; mais bousculer assez et corriger les nombreuses sorties de route serait impératif. Par exemple, revoir de fond en comble l’enseignement de l’histoire et remettre en place une sorte de service national obligatoire, aussi court soit-il.

 

Que de propos sur la France de la part d’un Suisse ! Eh bien, si la toile de fond est bien moins préoccupante pour l’instant, la question de l’identité et de sa prise de conscience se pose aussi ; avec les données de la démocratie et du fédéralisme propres à la Suisse. Dès lors, oui, ce débat français mérite d’être suivi. Ne parlons pas d’Identité heureuse ni de nos ancêtres les Helvètes ; mais trouvons le chemin conciliant fidélité à notre trame de l’histoire et ouverture aux autres. C’est un défi du siècle.

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15/09/2016

Sécurité pour la liberté

Sécurité pour la liberté On a commencé à voter au sujet de la loi fédérale sur le Renseignement. Elle est attaquée par Référendum. La Gauche combat cette révision en puisant dans une crainte viscérale d’un Etat répressif au nom de l’ordre. L’extrême gauche devrait se souvenir qu’il n’y a pas eu pire totalitarisme que sous le drapeau du marxisme. Mais passons. Plus étonnante est la position de jeunes des partis bourgeois, PLR et PDC. Au non de la liberté, de la sphère privée à protéger, ils voient aussi dans ce renforcement des armes étatiques une menace contre les personnes. Dans un premier temps, on a envie de leur dire que l’on apprécie leur attachement aux libertés individuelles et leur méfiance envers l’Etat fouineur. Il est à craindre cependant qu’ils aient réagi davantage par instinct que par raisonnement. Il faut, en bonne attitude libérale, remettre quelques notions à leur place. Oui, un Etat, fût-il démocratique, a une tendance naturelle à envahir la sphère privée des gens ; et cela en tous domaines. Oui, il convient de toujours contenir l’action de l’Etat dans le cadre de l’indispensable. Oui, tout bon animal libéral n’aime pas entendre le pas des chasseurs. Mais alors, mes amis, précisions quelles sont les tâches fondamentales d’un Etat. En jargon on parle des fonctions régaliennes. La réponse est évidente. Au premier rang il y a le devoir d’assurer l’indépendance du pays et d’assurer la sécurité des citoyens. A défaut, il n’y a plus de libertés qui tiennent. Or, depuis longtemps on a compris que le danger d’une invasion classique de la Suisse était faible ; ce qui n’est pas une raison pour casser l’armée dans sa continuité. Mais ce sont les nouvelles menaces auxquelles il s’agit d’opposer un dispositif et une action. Depuis longtemps, le doigt a été mis sur l’insuffisance du service de renseignement fédéral, les limites trop étroites de ses possibilités, l’empêchement d’organiser pleinement les collaborations avec les services étrangers. L’affaire des fiches à laissé la trace d’un traumatisme qui a creusé des failles. Il est donc plus que nécessaire d’étoffer nos services de renseignement, dont l’action doit naturellement s’articuler sur celle des cantons et s’entourer de garde fous judiciaires et politiques. Or, c’est exactement ce que stipule la loi attaquée. Amoindrir encore davantage la marge de manoeuvre des services de renseignement fédéraux, notamment en matière d’écoutes et de surveillance électronique, aurait été prolonger une situation dangereuse d’impréparation face aux menaces terroristes. Que la Suisse soit, pour l’instant, moins une cible que d’autres pays ne nous autorise pas à être le maillon faible dans le réseau de résistance au danger. Nous avons une responsabilité vis à vis des résidents en Suisse et vis-à-vis des autres pays, nos partenaires en sécurité. Ne pas comprendre cela, c’est ne pas analyser les faits et verser dans une défense idéologique de la liberté, sans voir qu’il s’agit précisément de la protéger. S’il devait y avoir, dans la pratique, des excès de zèle, on peut garantir que le dispositif de surveillance mis en place les ramènerait dans le cadre défini. Un libéral démocrate n’aime pas l’ordre pour l’ordre et il cultive la méfiance envers l’intrusion étatique. Mais il soutient ce qu’il importe de faire lorsque la menace est virulente et que la sécurité, gage de nos libertés, est directement en jeu.

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24/08/2016

Tocqueville: libéral, démocrate mais lucide

Tocqueville : libéral, démocrate mais lucide Les vacances ne sont pas toujours là pour vider l’esprit. Elles peuvent offrir l’occasion de l’enrichir. Ce fut bien le cas en ayant la chance d’être invité à passer quelques jours dans la demeure familiale où vécut Alexis de Tocqueville. Oui une chance pour un libéral de ressentir jusques dans les murs le souffle de ce grand maître à penser du libéralisme. Sa famille, toujours présente, promeut avec fidélité son héritage intellectuel. Rappelons qu’il vécut entre 1805 et 1859 ; qu’il s’engagea politiquement avec bonheur dans sa région normande ; qu’il fut député, l’un des auteurs de la Constitution de la deuxième République après la Révolution de 1848 ; mais que le Coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte le rejeta dans la vie privée. Ce sont évidemment ses écrits qui ont passé à la postérité. Ceux qui désirent avoir une vue d’ensemble rapide auront intérêt à lire une publication aussi plaisante qu’étonnante. L’historienne Charlotte Manzini interroge Alexis de Tocqueville sur toutes choses, comme dans une interview actuelle, et toutes les réponses sont tirées des livres, des discours ou des lettres d’Alexis. Il en découle une sorte d’intimité prenante, rendant l’homme attachant. Mais, surtout, une pensée cohérente, lucide apparait, nourrie d’une conviction, d’une éthique et d’une intégrité impressionnantes. Ainsi sur la démocratie. Aristocrate de naissance et de tradition, ayant eu des membres de sa famille victimes de la terreur, Alexis de Tocqueville n’en est pas moins un progressiste. Il croit au bien fondé de la démocratie, de l’égalité des droits. Mais il rêve d’une société où la liberté possible de chacun le conduirait à s’engager librement pour le bien commun. Or, il craint que l’effacement nécessaire de l’ancienne société élitaire et la généralisation inéluctable de l’égalité ne débouchent sur une sorte d’uniformité, de contrainte émanant de la société elle-même : pour le convenu, le conforme. Il pressent des sociétés où les gens ne s’occuperaient plus que de leurs affaires privées, dans leurs petits cercles, se contentant d’élire des responsables politiques assurant eux le fonctionnement de l’Etat. Un Etat paradoxalement de plus en plus présent, créateur de lois, prenant en charge les exigences de la solidarité organisée, tandis que les citoyens, en dehors des élections, ne s’occuperaient que d’eux-mêmes tout en se ressemblant tous plus ou moins. Cette perspective l’effraie bien davantage que le risque , auquel il ne croit pas, qu’un excès de libertés conduise à l’anarchie. Cela était la crainte souvent agitée dans son milieu social. Certes, ces lignes forcent un peu le trait. Mais la réflexion de Tocqueville, son exigence civique sont propres à renforcer les convictions et l’engagement d’un démocrate libéral. Oui, la liberté pour chacun, l’égalité des droits sont des acquis inestimables. Mais une liberté pour quel usage ? Qu’elle permette un épanouissement personnel, des réussites matérielles, fort bien ! Encore faut-il espérer que cette liberté nourrisse un esprit critique mais positif. Que puis-je apporter, tel que je suis, avec ma personnalité, mes idées à la société qui m’entoure ? Que faudrait-il changer, ou conserver, réformer ou défendre ? Comment participer aux débats fructueux qui permettent à la démocratie de vivre et non pas seulement de fonctionner ? Lorsque l’écrivain suisse Peter Dürrenmatt avait osé, devant Vaclav Havel, dire que ses concitoyens aussi étaient des prisonniers, cela avait fait scandale. A juste titre. C’était indécent. Toutefois, avec le recul et en ayant retrouvé la pensée de Tocqueville, on retient quelque chose de son outrance. Oui, une liberté atrophiée, centrée sur soi-même, sans élan, sans civisme, abandonnant l’esprit critique, adhérant au conformisme ambiant, ne marquant plus une identité personnelle capable d’être un vrai apport aux autres : oui cela peut vous rendre prisonniers de vos manques. Alors, retenons l’appel de Tocqueville à cette liberté- responsable de la personne qu’Un Denis de Rougemont, plus tard, va prôner. Rêvons d’une démocratie dont les valeurs éthiques constitueraient la sève vivante. Et prenons le parti d’agir en ce sens. Ce sera la meilleure sauvegarde face à tout ce qui nous menace et la meilleure promesse d’avenir.

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25/06/2016

Europe-souveraineté et démocratie

Lorsqu’il y a un divorce, c’est rarement la faute d’une seule des parties. Il faut remonter loin, jusqu’au début d’une union pour déceler les premiers germes nocifs. On ne sait pas si les six ministres des affaires étrangères des six pays membres fondateurs de l’Union européenne, qui se sont réunis à l’initiative de l’Allemagne, se sont livrés à cet exercice. Ils ont plutôt parlé des modalités du brexit britannique. Pourtant, ils auraient lieu de s’interroger. La Communauté européenne, prise par une mécanique du mouvement ne s’est-elle pas élargie trop vite , avant d’avoir pu vraiment approfondir son fonctionnement et, surtout, avant d’avoir vraiment trouvé son âme ? Au début, que notamment, l’Allemagne fédérale, treize ans seulement après la mort de Hitler, ait rejoint la France , l’Italie et le Bénélux pour créer les CEE : Quel tournant historique ! Les opinions de ces pays en étaient conscientes. Derrière et au dessus des projets d’harmonisations économiques, cet événement historique marquait les esprits. Robert Schumann, Français de l’Est et Luxembourgeois par sa mère, tendait la main à Conrad Adenauer le rescapé intact de la peste brune. Tous deux retrouvaient à Rome de Gasperi l’Italien. Un berceau émouvant accueillait une nouvelle naissance. Mais pour voir grandir quel être vivant ? Au sortir de la guerre, Winston Churchill évoquait des Etats-Unis d’Europe. Belle vision, mais qui ne précisait guère la forme et qui laissait entendre que le Royaume Uni aurait des liens forts, mais n’en serait pas complètement ; sa vocation particulière l’ouvrant au grand large commercial et stratégique, l’attachant particulièrement aussi aux Etats Unis d’Amérique. De Gaulle avait bien perçu cette ambiguïté britannique. Il ne voulait pas qu’elle entrât dans la Communauté. Mais Londres, constatant une force irrésistible dans cette création, voyant que l’AELE ne pourrait pas la supplanter, voulait rejoindre la CE et finit par y réussir. Or, dans son optique, il fallait empêcher toute tentation insistante de supranationalité et limiter au maximum les atteintes aux souverainetés nationales. L’homme dangereux, aux yeux de Londres, fut Jacques Delors, le Président de la Commission qualifié de Français jacobin Les années ont passé. La portée et la vibration historiques se sont effacées des esprits. Les opinions ont pris l’habitude d’observer les grands marchandages entre les pays : combien pour la politique agricole commune et à l’avantage de qui ? Quelles normes sur la concurrence entre les entreprises ? Quelles règles normatives en tous domaines ? Et puis vint l’Euro. Et puis encore ces adhésions en cascade des anciens pays communistes. Les grands débats sur la question de la souveraineté, sur la question de la démocratie n’ont pu être menés franchement et au grand jour. Souveraineté d’un Etat et démocratie dans son cadre sont constitutifs de nos vies politiques. Lorsque la Suisse moderne s’est créée, en 1848, ce fut la grande question : quid de l’Etat fédéral et quid des cantons ? En 1874 et en 1891 furent mis en place les mécanismes de démocratie directe au sein de l’Etat fédéral. La Suisse n’est pas un modèle. Toutefois, les développements institutionnels se sont faits au rythme des développements économiques. Croire que les peuples pouvaient intérioriser un patriotisme européen au fil de rendez vous essentiellement économiques était une erreur d’aiguillage. Et le cafouillage sur le dossier de la migration n’arrange rien. Certes il est facile d’en juger après coup, mais le constat n’en est pas moins évident. Sans des répartitions claires et bien comprises de compétences entre l’Union européenne et ses Etats membres ; sans une pareille lumière sur les processus de décision et leurs validations démocratiques, on allait vers des réactions au sein des peuples concernés. Pour les partis populistes, Bruxelles devient le monstre froid, anonyme et sans cœur, qui détruit la souveraineté des pays et le contrôle démocratique des peuples. L’Union européenne a-elle donc raté et est-elle vouée à se dissoudre ? Non, telle n’est pas une fatalité. Elle a eu ses ratés et subit ses lacunes. Il faut la réinventer avec de nouveaux traités. Certaines personnalités politiques en sont convaincues. Sans doute, faut-il envisager une Europe à plusieurs cercles, à plusieurs vitesses, ainsi que le préconisait un Raymond Barre, par exemple. A terme, si une telle construction se fait, ou pourrait imaginer des articulations et des regroupements différents suivant les domaines, ou à différents étages de concertation: politiques et stratégiques, économiques et financiers , sociaux, écologiques et autres… Surtout, établir des processus de ratification démocratique mettant en connexion l’Europe et ses Etats membres. Dans le meilleur des cas, cela va prendre des années. Mais le défi est crucial. Et la Suisse, dans tout cela ? Jusqu’au vote de dimanche on pouvait suivre la ligne du Conseil fédéral. Préparer la loi d’application de l’Initiative de l’UDC sur l’immigration, la tenir prête pour les sessions parlementaires de septembre et de décembre ; et parallèlement arracher, cet été, un accord avec l’UE tournant autour de la clause de sauvegarde. Ainsi, au dernier moment, l’accord se grefferait sur la loi : le tour serait joué, l’UE serait apaisée et l’UDC bon gré mal gré serait obligée de prendre acte. Eh bien, le calendrier n’est plus tenable. Bruxelles a un autre calendrier avec la sortie du Royaume uni. Rappelons que la mise en application de l’Initiative doit être faite d’ici à février prochain. On va donc vers une clause de sauvegarde unilatérale qui rendra les choses très difficiles. Dès lors, on ne voit plus d’autre solution que de provoquer un nouveau vote populaire sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Le Conseil fédéral pourra dire qu’il s’est engagé de bonne foi pour respecter le vote populaire tout en négociant avec l’UE. Il doit mettre désormais tout son poids en faveur d’une ratification par le peuple suisse et les cantons de la libre circulation ; ce qui n’enlèvera pas les éléments de l’Initiative concernant la migration non européenne. Voilà pour le proche avenir. A plus long terme, on aimerait que Berne suive attentivement les efforts de rénovation, à la fois d’approfondissement et de flexibilité du puzzle européen. On aimerait que la réflexion le débat, les propositions remettent la Suisse dans une perspective d’intérêt réel pour la rénovation européenne qui s’impose. Elle pourrait y trouver sa place.

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