20/12/2017

La P-26 enfin sérieusement racontée

Dans l’histoire, il arrive que l’on dramatise jusqu’à l’hystérie et la paranoia la découverte d’un fait qui méritait simplement d’être analysé sereinement. Ainsi en a-t-il été de la fameuse P-26, soit l’Organisaton secrète de défense, découverte dans la suite des enquêtes sur l’affaire des fiches. En fouillant dans les dossiers du Département de la défense, on a trouvé cette P-26. L’émission >Temps présent> diffusée ce jeudi soir 21 décembre, lui est consacrée.


De quoi s’agissait-il ? Mise sur pied bien avant la chute du mur de Berlin, elle s’inscrivait dans le scénario connu qui aurait vu se déclancher une guerre en Europe. L’hypothèse était que la Suisse aurait été occupée par l’armée du Pacte de Varsovie, que nos autorités civiles et notre armée n’auraient plus eu prise sur notre territoire. Bref, une situation d’occupation incitant à une résistance. Un scénario que la France et d’autres pays ont connu entre 1940 et 1945.

Précisément, l’idée était que cette résistance puisse s’organiser et fonctionner aussi tôt que possible, avec le moins de dégâts possibles. D’où l’option de mettre sur pied une organisation secrète de cadres, volontaires bien sûr, astreints à des exercices correspondant à une action de résistance. Les armes étaient naturellement confinées dans des dépôts. C’est ainsi que des hommes et des femmes, tous d’âge mûr, mais à la fibre patriotique et démocratique chevillée à l’âme, certains d’être des résistants en cas d’invasion, convaincus qu’une préparation secrète professionnelle était une bonne chose ont été sollicités. Ils se sont fait un devoir, un honneur d’accepter cette charge. Ils y ont consacré beaucoup de temps, en toute discrétion et sans attendre aucun avantage. Cinq parlementaires, dont l’auteur de ces lignes, partageaient le secret.


Et voici que la découverte a soulevé une tempête médiatique et politique. Sans aucune précaution avant une enquête un peu rigoureuse, on a crié à la menée fasciste, au complot contre la démocratie, au mépris des garanties institutionnelles, et même à la préparation dans l’ombre d’on ne sait quel coup d’Etat. Or, les membres de la P-26, ayant prêté serment de se taire, n’ont rien pu dire durant des années. Récemment seulement, le secret a été levé pour eux et ils peuvent enfin s’exprimer. Ils en sont soulagés, tant les attaques dont ils faisaient l’objet étaient blessantes, pour ne pas dire traumatisantes.


Un livre bien documenté a déjà remis toute cette affaire à sa juste place. Mais, surtout, ce jeudi 21 décembre au soir, l’émission <Temps présent> sur la chaîne 1 de la télévision romande présentera donc cette histoire de la P-26. Cette émission a pu être regardée à l’avance par des personnes concernées. Elle est bonne. C’est du vrai travail journalistique professionnel. L’approche est vivante, personnalisée mais rigoureuse et objective. Les journalistes, les politiciens et autres inquisiteurs de circonstance qui étaient, à l’époque, montés sur leurs grands chevaux, devraient, s’ils ont une petite capacité auto-critique, se sentir un peu gênés ; même si on veut bien faire la part du choc de la découverte. Les journalistes, en regard de cette affaire, devraient tout de même se poser quelques questions fondamentales sur les exigences d’un bon journalisme d’enquête et d’information. Raison de plus pour saluer ce <Temps présent> et inviter à le regarder.

16:39 | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

07/12/2017

Donald Trump ou le simplisme dangereux

Toute l’expérience de Donald Trump est celle d’un homme d’affaires audacieux, sûr de lui, prenant des risques, essuyant des mécomptes mais se refaisant une santé financière et jouant un nouveau coup. Le problème , c’est que cet homme est devenu le Président des États-Unis. Il n’est pas question de nier sa légitimité démocratique. Il correspond à des colères, à des réactions d’un électorat qui l’a porté à la Présidence, même s’il n’avait pas obtenu la majorité sur l’ensemble du pays. Il a découvert que les pouvoirs d’un président américain sont assez limités par ceux du Congrès. Mais un président a une bonne marge d’autonomie en matière de politique extérieure. Et, ici, franchement, cela fait peur.


Le voici qui vient de décider le transfert de son ambassade en Israël, de Tel-Aviv à Jérusalem. Certes, il en avait parlé durant sa campagne, Certes, les milieux juifs américains le réclamaient depuis longtemps. Il n’est pas question non plus, ici, de nier l’importance religieuse, politique, culturelle, identitaire que revêt Jérusalem pour les Juifs en général et les Israéliens en particulier. Seulement, il se trouve que cette même ville a des résonances profondes pour les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Ben Gourion avait reconnu la difficulté de faire coexister deux peuples se disputant la même terre. Dans les déchirement issus des deux guerres mondiales, les guerres du proche Orient, ayant abouti à la création puis à la consolidation de l’Etat d’Israël, étaient hélas inévitables. On en connaît la trame.


Or, n’est-il pas de la responsabilité des Etats, particulièrement de l’Europe et des Etats Unis, de concourir au maximum à l’ouverture d’un chemin menant vers la paix ? La politique du Gouvernement israélien, sous pression des partis religieux, suit un chemin inverse. Oh, il serait faux de minimiser les menaces dont fait toujours l’objet Israël, les menées terroristes dont il est victime. Au regard d’une histoire européenne tragique, on ne peut que vouloir absolument la sécurité pour Israël. Mais, à long terme, cette sécurité devrait s’appuyer sur une cohabitation de voisinage avec un Etat palestinien viable, sur des relations apaisées avec les voisins arabes. Qui ne voit l’accumulation des obstacles sur ce chemin. En cis-jordanie, partiellement sous une autorité palestinienne branlante et limitée par l’Etat hébreu, une floraison ininterrompue de colonies. On en est, sauf erreur, à quelque 500.000 ou 600.000 colons résolument implantés en ces territoires conquis ; cela contrairement au droit international et aux résolutions de l’ONU. Quant à Jérusalem, peu à peu des Israéliens soutenus par les autorités y investissent la partie Est ; cette partie de La Cité sacrée pour eux aussi dont les Palestiniens aimeraient faire la capitale de leur Etat.


Comment tout cela peut-il tourner ? Une même ville étant deux capitales de deux Etats ? Ou bien une autre formule avec des garanties apaisant les Arabes ? C’est une situation bien difficile. En revanche, pour la communauté internationale, il y a un devoir de comprendre les aspects symboliques, émotifs de cette situation. Face à une impasse politique actuelle et dans l’espérance d’une reprise d’un mouvement vers la paix, laisser les ambassades occidentales à Tel-Aviv, ne pas les implanter à Jérusalem , c’est prendre acte d’un gros problème, ménager les deux parties au conflit et marquer son attente, son espoir d’une négociation décisive. Lorsque le Président américain dit que sa décision ne change rien à son engagement pour trouver un accord de paix, il se comporte en homme d’affaires et non pas en homme d’Etat qui comprend la complication des choses. On aimerait bien croire avec lui que, malgré cette décision à contre sens, les chances de dialogue n’auront pas diminué encore. Mais on a peine à le croire. Tout processus de paix aura besoin des États-Unis. Leur crédibilité vient d’être entamée par un président qui agit par à coups et ne réfléchit pas en profondeur, en largeur, en durée. C’est inquiétant.

15:27 | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

25/11/2017

Tariq Ramadan dcrédibilisé

Cher monsieur Anastase,

Vous critiquez vivement la conclusion de mon Blog sur Tariq Ramadan. Vous estimez que je me rabaisse en souhaitant que sa perte de crédibilité personnelle, à cause des accusations dont il fait l’objet, entraîne une perte de crédibilité de son discours en général. Vous estimez que cela n’entame en rien ses positions idéologiques. . Et vous citez Céline et Aragon à l’appui de votre critique à mon égard.
Permettez moi de vous dire que vous confondez les cas. Céline était un afreux anti-sémite mais, comme le disait André Chavanne, il n’en était pas moins un romancier de génie ayant écrit un chef d’œuvre. On peut donc parler de cet aspect sans parler de l’autre. De même pour Aragon, zélateur aveugle du communisme stalinien. Il n’en était pas moins un romancier et un poète remarquable.
Tariq Ramadan n’est ni romancier ni poète. Il est tout entier dans son discours politique, sociologique, religieux. Il appuie sur la morale stricte qui doit régir les relations entre hommes et femmes. Il met en cause, à cet égard, notre notion de liberté et d’égalité entre les sexes. Bref, chez lui tout se tient. Il s’est posé en référence à la fois intellectuelle, religieuse et personnelle.
Que ses soucis judiciaires le décrédibilisent sur l’ensemble est donc logique et heureux. Cela peut contribuer à réveiller des esprits endormis. Sur le cas de Frère Tariq, ne vous en déplaise, je persiste donc et signe.

17:52 | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

22/11/2017

La leçon malgré lui de Frère Tariq

Sans trancher sur la seule base de témoignages relayés par les médias, laisssons la justice s’occuper éventuellement des accusations portées contre Tariq Ramadan au sujet de comportements répréhensibles qu’il aurait eus avec quelques jeunes femmes, voire des jeunes filles ; cela en profitant de sa position d’influence. Regrettons peut être que certaines, qui se présentent comme des victimes, n’aient pas su ou pu se rejoindre et adresser à temps , à visage découvert des dénonciations apropriées. Mais ici n’est pas le propos.


Ce qui importe ici est de relever la faible résistance d’intellectuels, de responsables politiques, médiatiques, administratifs ou autres face à la sinuosité et à l’ambiguïté du personnage habile et talentueux. On a assez d’informations pour savoir qu’il adapte très bien ses paroles et ses textes au public qu’il cible. Pour avoir été avec lui sur un plateau de télévision après les attentats de Madrid, il y a quelques années, nous nous souvenons de sa courbe dialectique : <je condamne ces actes mais…> Beaucoup était dans ce mais. Il évoquait des Musulmans pas assez respectés dans leur culture propre, leur identité, discriminés socialement et professionnellement. Il profitait de mettre en cause un contexte nous culpabilisant, expliquant en partie la dérive de certains jeunes. Et voilà, sans avoir l’air d’y toucher, le mal affreux, le crime impardonnable quelque peu enveloppés dans une habile sinuosité dialectique.


Autre exemple illustratif à propos de la lapidation , en certaines régions, de femmes ayant eu un contact sexuel hors mariage. On aurait pu attendre un simple et franc cri d’horreur, un appel à supprimer immédiatement et définitivement une telle abomination au nom de valeurs humaines universelles. Mais non ! Seulement un appel à un moratoire adressé aux pays où existe une telle pratique. Ne pas heurter de front les Musulmans intégristes et leur vision de la femme. Faire la part de la culture, inciter à une évolution autonome, en douceur : Ne surtout rien se voir imposé par un Occident de toute manière dépravé et décadent. A la lumière des révélations actuelles sur le personnage, cela ferait presque rire s’il ne s’agissait pas d’une horreur.


En revanche, rappelons les réactions intransigeantes lorsque tel journal, en Europe, use de sa liberté d’expression pour critiquer l’Islam, caricaturer Mahomet comme il le fait à propos d’autres religions. Rappelons que ce même Tariq avait agi afin que ne soit pas jouée la pièce de Voltaire sur Mahomet car elle heurtait trop, à ses yeux, la sensibilité des Musulmans.


Ainsi apparaît Tariq Ramadan, en réalité vrai petit fils du fondateur des Frères Musulmans. Or, il a su anesthésier nombre de gens en Europe, qu’il séduit habilement. Ces personnes se voient en esprits ouverts, tolérants. Ils mettent en garde contre la tentation de l’islamophobie. Ils comprennent son mais… à propos du terrorisme. Ils comprennent son souci psychologique et pédagogique à propos de la lapidation. Ils ne le considèrent nullement comme une menace insidieuse mais comme un interlocuteur intéressant.


Quelle mollesse de l’esprit et de l’instinct, quelle erreur ! Toutes choses égales d’ailleurs, on pense à ces intellectueéls complaisants envers le fascisme par allergie au communisme ; et, inversement à ceux, nombreux, qui fermaient les yeux sur le stalinisme par crainte de s’allier aux facistes, ou même aux démocrates mais tellement bourgeois capitalistes. Il y a enfin ceux qui préconisent de ne pas faire trop de bruit, par gain de paix, pensent-ils.


Aveuglement, manque de solidité, de force de conviction, indulgence ou indifférence coupable face à des dérives idéologiques, religieuses évidentes, perte de vue des principes cardinaux de notre vie en commun : l’histoire est remplie de ces personnes , de ces personnalités éminentes qui n’ont pas su percevoir et combattre aussitôt les germes de ce qui pouvait conduire au pire. Lénine, qui s’y connaissait en stratégie déstabilisatrice, parlait de ces <idiots utiles> qu’il fallait, précisément, utiliser. Gageons que Frère Tariq a bien compris le message.

Les affaires personnelles dans lesquelles Tariq Ramadan semble être mal engagé peuvent avoir une une conséquence plus large bénéfique ; celle de miner sa crédibilité , de réveiller les endormis sous hypnose, de susciter leur esprit critique, de les amener à retrouver un attachement solide, charpenté aux valeurs fondamentales qui sous-tendent nos Etats laïques et nos Sociétés démocratiques.

16:44 | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

12/11/2017

Un réquisitoire africain nuisible

Sans avoir assisté à sa conférence, on aura eu intérêt à lire, dans « Le Temps » du vendredi 10 novembre , le large compte rendu des propos tenus par l’écrivanin nigérian Uzodinma Iweala. Et on a le droit de considérer qu’ils expriment de la colère mais n’ouvrent aucun avenir réaliste. C’est, une fois de plus, le procès du colonialisme , de l’exploitation des Noirs par les Blancs. C’est un rappel de citations montrant le mépris avec lequel étaient parfois décrits les Africains. On ne peut, à cet égard, que déplorer les mots du Roi de Belgique Léopold 11 ou même du grand philosophe Emmanuel Kant. Le Conférencier en tire la conclusion que, notamment, toute la philanthropie actuelle en faveur de l’Afrique est viciée à la base par une conscience très insuffisante de ce passé . Il évalue des sommes gigantesques représentant ce qui aurait été volé à l’Afrique. Il réclame que soit beaucoup plus fortement exprimée une demande de pardon, et que des sommes correspondantes, au titre de réparation, soient versées sur un Fonds pour l’Afrique. Enfin, Il entend que ce Fonds soit entièrement mis à la disposition des Africains sans aucune intervention paternaliste des donateurs.

Or, cette position mérite une sévère critique. A l’époque du colonialisme, plusieurs personnalités s’y opposaient, persuadées que cela ne créerait que des problèmes à long terme. En France Thiers et Clémeceau furent de ceux-là. Mais, sans nier l’entreprise de domination, il serait déséquilibré de faire croire que le Continent noir pospérait avant, qu’il n’y a pas eu aussi des engagements nourris de belles intentions suivis d’effets positifs. Pensons à l’action sociale de certains missionnaires, aux médecins, aux constructeurs d’infrastructures, aux organisateurs administratifs. Tous n’étaient pas d’horribles racistes. Sans parler du racisme entre ethnies, souvent virulent et qui sévit toujours. On ne saura jamais ce que serait devenue une Afrique plus isolée, livrée à elle-même tandis que l’Europe et l’Amérique se modernisaient à grande vitesse. Quant à l’esclavage, un mot tout de même. Les plus grands esclavagistes en Afrique ont été les Arabes avec la complicité souvent de chefs africains. Et ce sont les Européens, les Américains, blancs et chrétiens, qui ont, les premiers, mis fin à cet odieux marché humain.

Mais l’essentiel est ailleurs. Il est évident que les Etats occidentaux, les organisations internationales, les fondations philanthropiques doivent envisager de plus en plus un partenariat égalitaire avec l’Afrique. C’est difficile mais il le faut : moralement et pour les équilibres réciproques, humains, sociologiques, sécuritaires, économiques. A la fin du siècle, 40% de la population mondiale sera africaine et l’on subira un réchauffement climatique. Si on ne trouve pas des équilibres, il y aura des migrations accélérées, aussi massives qu’incontôlables.

On ne cheminera dans le bon sens que si Les Africains, pour leur part, s’inscrivent dans un tout autre esprit que celui affiché par le conférencier accusateur. Heureusement qu’il y a des intellectuels africains qui tiennent un discours très différent. Si la question du partenariat nécessaire se pose bien sûr notamment aux Européens, elle se pose encore davantage aux Africians. Lorsque, par exemple, un Centre de formation au Cameroun dépérit après que les coopérants ont remis les clés et la pleine responsabilité à leurs collègues africains : est-ce la faute du colonialisme ? Lorsqu’un hôpital et la formation de médecins ont été financés par des Suisses et, qu’ensuite, tout s’effondre : est-ce la faute du colonialisme ? Si tant d’argent versé pour des actions de développement sur le terrain finit dans les poches de notables corrompus : est-ce la faute du colonialisme ? Certes, il y a toutes les relations perverses entre des entreprises multinationales, des montages financiers et des notables sur place. On en parle beaucoup en ce moment. Il n’en reste pas moins que rien de durable ne se fera si les Africains, ensemble et dans leurs Etats respectifs, ne mettent pas de l’ordre dans les fonctionnements publics et privés. N’en déplaise à notre écrivain nigérian, il est indispensable que les partenaires occidentaux s’assurent du suivi des investissements, de leurs retombées sur le terrain pour les populations et tirent l’alarme contre la corruption. En fait de perte d’autonomie, les Africains sont bien davantage menacés par les Chinois sans états d’âme que par les anciens colonisateurs.
Alors, oui aux efforts, si essentiels pour les uns et les autres, afin d’établir un partenariat dynamique, contrôlé et fécond. Non à des versements énormes et sans contrôle au nom d’une repentance stérile. Cela n’empêche évidemment pas un examen critique, objectif et complet sur la période coloniale. Il faut l’assumer mais ne pas en tirer des conclusions idéologiques débouchant sur des impasses. Finalement, ce genre de réquisitoire ne rend service à personne ; encore moins aux Africains.

18:23 | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

23/10/2017

Pour une civilisation sexuée

On a tant dit sur l’affaire Weinstein, ce producteur, harceleur de jeunes actrices qui profitait de sa position dominante pour en abuser. On ne va donc pas revenir là-dessus pour entonner la même musique qui déferle sur les réseaux sociaux et les médias. Comme l’a relevé Raphaël Enthowen, cette cascade de dénonciation a , comme beaucoup de choses, sa légitimité et son excès . Sutout, puisque c’est venu des États-Unis, voyons un peu la forêt plutôt que les arbres scandaleux qui captent l’attention.
Commençons par une annecdote illustrative. Il y a quelques années, au sein d’une grande organisation internationale sise à Genève, une haute collaboratrice, d’origine française, monte en ascenseur avec son chef , français lui aussi, et un collègue américain. Admirative, elle dit à son chef qu’il a une cravate superbe. L’autre sourit. Une heure plus tard, il l’appelle pour prendre un café et lui raconte ceci : l’Américain l’a assuré que s’il déposait plainte pour harcèlement lui serait volontiers son témoin. Le Français a eu toutes les peines du monde pour lui expliquer que l’on n’était pas aux États-Unis, qu’il avait au contraire trouvé la remarque très gentille. Il aurait pu ajouter qu’à Genève, jusqu’à preuve du contraire, on n’était pas dans une société de refoulement à psychanalyser en ce qui concerne les relations entre hommes et femmes. Cela s’applique aussi entre personnes du même sexe. Dans un télé-journal d’une chaîne française, dans le contexte de l’affaire Weinstein, des jeunes étudiantes américaines, de jeunes employées, un homme aussi et un responsable d’entreprise étaient interogés. Effarant ! Surtout ne pas s’approcher physiquement l’un de l’autre à moins d’une distance respectable, évaluée en chiffres. Surtout ne jamais avoir un entretien professionnel seule avec un collègue ou un chef. Surtout garder toujours les portes ouvertes. Surtout, dans les entreprises, avoir des parois transparentes. De plus, d’une manière générale, même si l’on est partenaires, mariés, que sais-je, ne pas avoir de démonstration affective, ne pas se tenir la main ; c’est très mal vu. Bref, le puritanisme a débouché sur une sorte de vision d’un danger , d’une menace permanente, particulièrement dans la relation homme-femme. Il faut des règles strictes, rigides de comportement préventif, défensif. Quelle horreur !
Alors, évidemment, il y a l’hypocrisie. Et le milieu du cinéma de Los Angeles, a développé les perversités cahées. Mais là encore, n’a-ton pas le droit, sans être foudroyé, de se poser une ou deux questions ? Parmi les témoignages d’actrices au sujet du gros et dégoûtant producteur harceleur, l’une a raconté comment elle l’avait tout simplement et sèchement remis en place. Point final. Certes, elle n’a pas eu le rôle évoqué par lui. D’autres, subissant une attitude agressive, n’auraient-elles pas été en mesure de l’envoyer sur les roses, ou plutôt les orties ? Certes, avec un risque pour leur carrière débutante. Mais si elles avaient été plusieurs à se donner le mot, sa capacité de nuisance dominatrice aurait été bien réduite. Que penser encore de celles qui ont accepté de l’argent pour se taire.Sans doute y avait-il des cas où c’était trop difficile. Pour celles-là, tant mieux si la parole se libère. Mais cette sorte de victimisation générale des femmes est vraiment du féminisme à rebours. C’est ce que disait très justement l’avocate spécialiste de la famille à la dernière émission d’Infra-rouge sur la chaîne romande. L’égalité entre hommes et femmes, à tous égards, demande une affirmation sans peur de sa personnalité sexuée..
Pour autant, la bonne évolution ne va pas dans le sens du puritanisme maladif américain. Puisse survivre une civilisation occidentale vraiment égalitaire et vraiment sexuée. En effet, une égalité notamment professionnelle ne devrait jamais escamoter la richesse d’une cohabitation entre les deux sexes. L’auteur de ces lignes a aimé travailler avec des femmes : sous une rédactrice en chef, au côté de parlementaires, de journalistes, de directrices sous sa présidence, de Conseillères d’Etat, de Conseillères fédérales. Toujours il a respecté leur fonction, leur compétence. Mais jamais il n’a oublié qu’il était homme, qu’elles étaient femmes. Toujours, il a eu envie de ce petit plus enrichissant, inhérent à cette relation sainement sexuée. Même face à une adversaire politique au physique et à l’allure plus qu’austères, il la complimentait sur son foulard. Et cela donnait un tour moins agressif, ensuite, à la confrontation polique.
Dans l’émission infra-rouge, la jeune féministe virulente rendait triste. On ne pouvait s’empêcher de s’interroger. Si à travers les siècles de belle civilisation occidentale, de telles féministes écorchées vives avaient eu le pouvoir, aurions-nous eu l’amour courtois du Moyen-âge, Ronsard, Châteaubriand, Victor Hugo, Lamartine, Aragon et tant d’autres. Il est à craindre que non. Parmi les Américians interrogés par la chaine française, un pauvre jeune homme avouait qu’il avait toujours peur de franchir une ligne rouge inconnue et de subir une dénonciation. On songe à un François Mitterrand, évoqué par Mauriac ; l’homme qui sortait du Palais Bourbon et Humait le parfum de jolies femmes qui passaient. Un homme qui a su écrire aussi de belles lettres. Et Léon Blum, le politicien moral par excellence. Étudiant, il a suivi dans tout Paris une jeune étudiante, jusqu’à ce qu’elle l’accoste en se moquant de lui. Ils se sont mariés.
Il y a les féministes qui réclament l’égalité des droits, des salaires, des fonctions. Elles ont raison. Il y a les féministes qui veulent punir des hommes abusant de leur pouvoir pour exercer des contraintes sexuelles. Elles ont raison. Cela nous éloigne d’un long passé trop machiste et embrasse la nécessaire modernité. Mais il y a aussi des féministes qui mélangent tout, qui ne comprennent rien à l’électricité positive parcourant une relation homme-femme, qui tueraient les poètes, qui assécheraient et robotiseraient nos sociétés, qui feraient de l’Europe de la Renaissance un triste appendice d’une Amérique névrotique.
Ah oui, plaidons jusqu’à notre dernier souffle pour une civilisation occidentale réprimant les violences, les dominations, les abus sexuels mais s’affirmant par la nature, par les sens et par l’esprit comme étant , sans peur ni reproche, résolument sexuée.

15:45 | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

18/10/2017

La Catalogne dans un fédéralisme

La violence de l’affrontement entre les indépendantistes de Catalogne et le Gouvernement national de Madrid a sidéré nombre d’Européens. C’est évident : si , au nom du droit à la libre détermination des régions de chaque pays en Europe, on admet le risque d’une explosion des Etats, on glissera vers un désordre endémique, avec des risques graves de déstabilisation générale. Lorsque Denis de Rougemont imaginait l’affirmation des régions et leur collaboration naturelle, ce n’est pas une destruction révolutionnaire des Etats qu’il préconisait. La perspective était une articulation s’appuyant sur l’histoire, inscrivant, à la fois , le fédéralisme au sein des Etats et les complémentarités naturelles entre les régions par-dessus les frontières des Etats. Ce n’est que sur cette articulation que peut se concevoir un rassemblement des pays européen au sein d’une entité en partie supra-nationale, telle l’Union européenne.
Or, il est visible que les données actuelles ne répondent pas à cette articulation idéale. Les Etats qui se sont forgés dans une structure fédéraliste puisent, dans leur passé historique, une adaptation à la modernité ; à savoir un équilibre entre les identités diverses qui le composent et une identité nationale qui surplombe sans étouffer. Il est clair que pour des Etats qui se sont formés par une action progressive du pouvoir central , avalant peu à peu par la force diverses régions, le fil historique est beaucoup plus fragile que pour des Etats qui ont englobé des entités historiques, politiquement structurées ; et cela en reconnaissant pleinement l’identité séculaire de chacune. Ou, pour être plus clair, comparons l’Allemagne, les États-Unis et , bien sûr, la Suisse avec des Etats comme la France ou l’Espagne. Ces derniers, dits de tradition centralisatrice, ont accompli et accomplissent des efforts de décentralisation et de reconnaissance culturelle. Mais ce n’est pas la même chose qu’une continuité historique aboutissant naturellement à un fédéralisme. La Suisse est un bel exemple, chanceux mais qui mérite une constante attention. Ce n’est pas un hasard si, du côté de la Catalogne, on a évoqué une possibilité de médiation suisse. Il y faudrait un accord des deux parties, tenant compte aussi de tous les non indépendantistes catalans. En fait , on se prend à songer au processus remarquable qui a permis de surmonter la crise jurassienne au sein de notre Confédération.
Autrement dit, si on veut éviter un effet de contagion, les divers pays européens les plus concernés devraient aller au-delà de l’effort ciblé pour organiser telle ou telle autonomie relative particulière d’une région : par exemple la Catalogne, les Pays basque pour l’Epagne, l’Ecosse pour le Royaume Uni, la Corse pour la France ….Il faudrait, en tout cas dans les pays où la tension est palpable, organiser un fédéralisme adapté à leur histoire. La France ne deviendra jamais la Suisse des cantons ou l’Allemagne des Lander. Mais, même là, des actions de décentralisation pourraient épouser mieux les identités régionales historiques plutôt que de s’en tenir à des décentralisations surtout administratives. Enfin, c’est à voir… En tout cas, pour un pays comme l’Espagne, la nécessité d’une révision constitutionnelle allant dans ce sens paraît s’imposer. Simultanément à une fermeté écartant toute atteinte à l’unité de l’Espagne, le Gouvernement serait bien inspiré de proposer vraiment et rapidement un chantier de révision de la Constitution, dans un sens clairement fédéraliste. Cela concernerait toutes ses régions. l’Union européenne devrait soutenir une telle évolution. En effet, seul un équilibre à cultiver, à retrouver, à inventer entre les identités particulières et l’identité rassembleuse pourra donner à l’Europe un avenir apaisé et fructueux. Puissent donc les Catalans se railler à ce chantier construisant une Espagne fédéraliste. Ce sera bon pour eux, pour les Espagnols et pour les Européens en général.

17:25 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

08/10/2017

Magnin la leçon d'histoire

On reparle d’Auguste Magnin. Une satisfaction pour l’auteur de ces lignes pusqu’il n’est rien moins que son arrière grand -père. Un regret : ne pas avoir parlé de lui avec sa fille, une grand-mère pourtant bien connue. Mais enfin, une motivation de plus ajoutée à celle que pourrait, que devrait ressentir tout citoyen attaché à l’histoire de Genève.

Car c’est à une belle leçon d’histoire qu’est invité celui qui monte au dernier étage de la maison Tavel et qui se trouve avec stupéfaction devant ce relief , cette maquette Magnin. Conscient que la démolition de l’enceinte fortifiée qui entourait la ville jusques dans les années 1840 marquait une rupture dans une longue histoire de la Cité, Auguste Magnin voulut apporter un témoignage, une mémoire visuelle de la Cité regroupée, rassemblée dans ses murs qui avait traversé les siècles et dont la forte identité avait envoyé des rayons spirituels, intellectuels dans le monde entier.

 
La réalisation de cette maquette fut un travail aussi long, minutieux que génial dans sa conception. Un relief de ce genre, on n’en rencontre guère ailleurs en Europe. Certes, Auguste Magnin avait la nostalgie du passé. Mais qui ne voit à quel point le rayonnement de la Genève d’aujourd’hui est lié à son histoire, inscrite dans son environnement urbain.

La Tribune de Genève a parfaitement fait revivre les conditions de création de ce chef d’œuvre. Et l’on salue une reconstitution virtuelle de la Cité d’alors, en 3D, basée sur le Relief. Elle permet de visiter cette Genève encore cerclée de ses fortifications. Une prouesse à saluer. C’est grâce à elle que les projecteurs ont fait ressortir de l’ombre Auguste Magnin.

Deux prolongements nous paraîtraient souhaitables. Il y a longtemps que des membres de la famille ont exprimé le désir légitime qu’un petit bout de rue, de place proche de la maison Tavel porte le nom de Magnin. Ce serait bien normal que la ville l’honnore ainsi. Par ailleurs, tous les élèves de Genève ne devraient-ils pas, une fois dans leur parcours scolaire, rendre visite à ce relief et voir la reconstitution virtuelle branchée sur ce relief ? Une connaissance sensible de l’histoire du lieu où l’on habite, où l’on se forme ne serait-elle pas propice à un enracinement, à une intégration, à un sentiment civique ?

Le relief Magnin et ce que l’on peut en tirer, ce n’est pas seulement une création à placer et à montrer dans un musée. C’est une main tendue du passé au présent et vers l’avenir de Genève et de ceux qui en vivent.

 

NB: Article 'Tribune de Genève', 1er Octobre 2017: https://www.tdg.ch/vivre/histoire/Grce-a-Auguste-Magnin-l...

19:09 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

26/09/2017

Sauver la prévoyance vieillesse

On ne peut pas dire que les lendemains de la votation sur l’AVS, sur son financement et sur la prévoyance professionnelle aient fait dans l’euphorie. Cela, au moins, est rassurant. Tous les protagonistes de la bataille admettent que des révisons sont essentielles ; faute desquelles, dans peu de temps, le fonds AVS sera asséché et le deuxième pilier n’aura plus assez de capital pour garantir les rentes minimales prescrites par la loi. Jusqu’ici, les révisions de l’AVS réussies ont proposé des rentes au financement garanti. Depuis que se dessine un péril en la demeure, les projets ont été refusés par le peuple. Alors, que faire désormais ?
L’extrême gauche revendique sa part de victoire dans le rejet car elle avait lançé l’offensive. Mais, ne lui en déplaise, elle ne pèse pas lourd à l’échelon national et c’est manifestement la droite, avec ses gros bataillons d’électeurs, surtout en Suisse allemande, qui a coulé le projet dit Berset. A vrai dire, l’idée des 70 Francs pour les nouveaux rentiers, en compensation de l’élévation de l’âge de la retraite des femmes, n’est pas venue du Conseil fédéral. L’allliance sur ce point PDC- socialiste a cru trouver le compromis idéal qui aurait entrainé une large adhésion politique. Or, la Droite y a vu une sorte d’annulation de la volonté d’assainir financièrement la situation. Et puis, l’abaissement du taux de conversion déterminant les rentes du deuxième pilier est apparu comme mélangeant et compliquant les choses.
Mais, n’en délaisse cette fois aux opposants, le projet avait un mérite : celui de prendre acte du problème et de pousser plusieurs éléments dans la bonne direction. L’inquiétant serait, qu’après cet échec, les discussions au sein du Conseil fédéral, des partis puis du Parlement se prolongent . Alors, on ne sera plus bien loin du moment périlleux. Ce serait vraiment un ratage politique si l’on devait être acculé à prendre un jour des mesures d’urgence.
Quelles pistes alors à explorer un peu vite ? Sûrement revenir à un âge de 65 ans pour les femmes ; étant entendu que des aménagements ciblés devraient avoir lieu :notamment pour le temps partiel et la comptabilité concernant les rentes correspondantes. A la place des 70 francs arrosoir, des mesures ciblées en faveur de rentiers en ayant besoin. Dans un projet peut être distinct cette fois sur le deuxième pilier, un abaissement du taux de conversion , mais assorti, là aussi, d’aménagements ciblés. Et puis, évidemment, une hausse affectée de la TVA. Sur ce point le rejet, d’ailleurs, a été faible, ce qui est plutôt de bon augure.
Cela étant, la question politique se pose. Le Centre gauche ayant échoué, le Centre droit pourra-t-il rapidement se mettre d’accord : c’est-à-dire l’UDC-le PLR-le PDC ; ce dernier devant alors jouer clairement dans cette constellation. Il n’empêche ! Pourra-t-on aboutir sans le Parti socialiste ? Jusqu’où pourra-t-on raisonnablement lui donner des compensations qu’il réclamera afin d’ accepter la hausse de l’âge de la retraite pour les femmes ? Et quant aux pressions, difficiles à préciser, afin de réaliser mieux l’égalité des salaires ?
On ne veut être ni trop pessimiste ni trop optimiste. Mais il est évident que c’est un défi pour la démocratie suisse. Est-elle encore capable, en temps voulu, de trouver un consensus suffisamment large, une majorité solide afin de résoudre un problème menaçant. Car , à défaut de pouvoir obliger les Suisses et les Suissesses à une fécondation généreuse, c’ est bien sur des solutions de financement qu’il faudra s’accorder.

18:34 | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

20/09/2017

Pierre Maudet a pris date

90 voix au deuxième tour de l’élection au Conseil fédéral. Pour Pierre Maudet c’est un exploit et un succès. Certes, il n’a pas été élu. Mais, face au favori depuis le début, il a obtenu un score impressionnant ; preuve que, parti de presque rien, il a impressionné nombre de parlementaires , de journalistes aussi et de citoyens jusqu’au cœur de la Suisse allemande. Osons le pari : il a pris date. En mai prochain, il sera réélu magnifiquement au Conseil d’Etat genevois et sera son président pour cinq ans. En 2023, il faudrait qu’il aille au Conseil des Etats. Peu après, il sera élu au Conseil fédéral en succédant à l’élu d’aujourd’hui. Belle démonstration donc, prometteuse d’avenir. Il a bien fait de jouer le coup. Si il n’a pas franchi le pont d’Arcole, ce ne fut pas du tout Waterloo et le soleil d’Austerlitz se lèvera en temps voulu.
Isabelle Moret n’a pas démérité du tout. Les attaques contre elle, portant notamment sur son divorce, ont été lamentables. Ces choses là ne sont pas à l’honneur des journalistes fureteurs qui s’abritent sous un étendard fallacieux de transparence. Et il est vrai, qu’après le départ de Doris Leuthard, il pourrait n’y avoir plus qu’une femme au Conseil fédéral. Isabelle Moret, elle aussi, a pris date ; pas pour elle mais pour La Conseillère aux Etats PLR Keller Suter, laquelle, espérons le , succédera au Conseiller fédéral Schneider Amman. Lui aurait tort de ne pas envisager un départ prochain, quels que soient ses mérites.
Cela étant, on comprend tellement la satisfaction tessinoise. Il faut que la Suisse italophone soit réguélièrement présente au Conseil fédéral. Certes, un Conseiller fédéral n’est pas là pour défendre son canton. Toutefois, il peut apporter une connaissance, une sensibilité nourries des problèmes qu’il a vus de près. Et le Tessin, canton frontière en a incontestablement. En outre , Ignazio Cassis semble être une personnalité riche de talents multiples. Il n’était pas président du Groupe PLR aux Chambres par hasard. Son discours d’acceptation, dans toutes les langues nationales, était convaincant. On verra de quel département il va hériter.
Les Socialistes regrettent l’élection d’un ministre ayant un profil plus à droite que Didier Burkhalter.Cela donnera une adéquation plus grande par rapport aux équilibres politiques au Parlement. En revanche, on peut ne pas être de gauche et avoir une inquiétude au sujet de la politique étrangère, particulièrement envers l’Europe. Par rapport aux négociations actuelles, au compromis à réussir entre la fidélité à l’Initiative contre l’immigration de masse et la fidélité à l’Accord sur la libre circulation, Pierre Maudet apparaît comme plus clair, plus structuré. On n’aimerait pas que le nouvel élu rassure trop, sur ce point, l’UDC qui l’a soutenu. Puisse-t-il s’inscrire dans la continuité de l’effort diplomatique actuel.
Cela étant, bonne chance à Ignazio Cassis au sein de notre Gouvernement collégial. Et quelle chance a la Suisse d’avoir ses institutions.

11:08 | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | |