15/05/2013

Gardes suisses: courage et fidélité

Gardes suisses : honneur et fidélité

 

Il y a un peu plus d’une semaine eut lieu, au Vatican, le serment des nouveaux gardes suisses du Pape. Sur un contingent entre cent dix et cent vingt hommes ils étaient trente cinq nouveaux à s’engager pour au moins deux ans. Anachronique ? Non. Il faut savoir que le Pape a eu des gardes suisses en permanence depuis le début du seizième siècle. Mais la date héroïque est 1528 lorsqu’ils défendirent le Pape contre les soudards de Charles Quint, pourtant Empereur germanique très catholique qui devait, par ailleurs, subir l’entrée en scène de Luther. Mais, depuis l’époque des Carolingiens et pour longtemps, le Pape était aussi chef politique des Etats pontificaux et mêlé de ce fait aux luttes de pouvoir dans la péninsule italienne. Il n’empêche que le sac de Rome fut un scandale de l’époque et que l’exécution du souverain Pontife, chef de l’Eglise catholique, eût été ressentie comme un terrible sacrilège. Il s’en est fallu de peu. Il a fallu le sacrifice héroïque de nombreux gardes suisses et l’exploit pour un petit nombre de conduire le Pape jusqu’au château St Ange par un passage secret. Les successeurs de ce Pape miraculé estimèrent que seuls les gardes suisses étaient dignes d’une totale confiance. Chaque année, une messe commémore cet événement.

Depuis, les Cantons catholiques offrent au Vatican des hommes dévoués et militairement formés  ( ils ont tous accompli leur école de recrues au moins en Suisse). Et leur engagement au Vatican n’a rien de folklorique. Leur serment solennel est dit avec une très forte intensité. C’est un service exigeant méritant bien la devise courage et fidélité.

Il y a de ces choses qui marquent une continuité et ne se démodent nullement. Les Papes récents successifs n’ont plus d’ambition politique. Leur autorité de Chef du Saint siège est appuyée par l’indépendance juridique de l’Etat minuscule du Vatican. Et la vocation est tendue uniquement vers un appel à la spiritualité et à la paix entre les hommes.  Que l’on soit protestant, juif ou musulman ou autre, voire athée on ne saurait nier qu’émane de ce lieu une autorité et une influence morales exceptionnelles. Et il n’est pas indifférent de constater que s’imbrique dans ce mouvement un morceau d’une Suisse armée seulement pour la paix : nos Gardes suisses du pape. Courage et fidélité, ce sont des vertus portées à Rome qui nous honorent.  

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20/04/2013

Asile: être plus ferme mais sans dérive

Asile :être plus ferme mais sans dérive.

 

La migration non contrôlée utilisant notamment la procédure de demande d’asile empoisonne les pays européens dont la Suisse. Il faut être clair et renoncer à une langue de bois de bonne conscience. Oui, les migrants sauvages et les demandeurs  d’asile viennent de régions où la vie est difficile. Oui, il y a de la détresse humaine et des espoirs de trouver une vie meilleure.  Oui leurs tentatives sont souvent compréhensibles et nombre de ceux qui chez nous vitupèrent  feraient de même à leur place. Mais lorsque l’on a dit cela, qu’a-t-on dit qui puisse déterminer une attitude adéquate ? Certes, la Suisse a une tradition humanitaire. Ceux qui peuvent vraiment arguer d’une persécution ou d’un risque à cet égard doivent bénéficier chez nous d’un asile provisoire ou durable.  Limiter arithmétiquement le nombre des arrivants, selon les schémas UDC n’est donc ni acceptable ni réaliste. Mais contrôler, accélérer les procédures, renvoyer dès que possible et autant que possible : voilà qui est nécessaire et attendu par notre population. Faute, trop souvent, d’accords de réadmission avec les pays de provenance une incitation des intéressés à repartir est également nécessaire. Il y a une certaine aide financière au retour qui est envisageable. Mais il y a aussi le regroupement dans des centres pour requérants, qui est légitime, avec surveillance accrue sur les récalcitrants qui posent problèmes.  Désormais la Confédération va prendre la responsabilité directe de tels centres.  Il faut bien sûr que les conditions posées aux requérants ainsi regroupés demeurent  dignes, ce qui doit être contrôlé. Mais il faut aussi que cela dissuade nombre de requérants déboutés de s’incruster envers et contre tout, que cela les incite, de guerre lasse, à repartir. Oui, soyons clair, ce n’est pas très sympathique ni à la pointe de l’empathie humaine. Il n’y a pas de quoi s’en réjouir et en être fier. Mais si la politique est l’art de trouver des équilibres elle est aussi l’obligation de placer des accents dominants, des priorités dans le cadre de ces équilibres. La préservation de notre population devant le risque d’une migration non maitrisée est prioritaire. Jusqu’à un certain point, le souci de protéger les Suisses passe avant la compréhension envers ces migrants. En ce sens, la révision de la loi sur l’asile, attaquée par référendum, méritera d’être soutenue en votation populaire.

Priorité, donc, jusqu’à un certain point. Mais pas au-delà et attention au risque de dérive. Une majorité de centre droit du Conseil national a voté la possibilité pour les autorités de police voyant arriver de tels migrants de prélever, d’office et à priori l’ADN de ceux que l’on considère comme étant à risques : c'est-à-dire susceptibles de commettre des délits. Les Maghrébins, Africains, Balkaniques sont évidemment visés car ils nourrissent les statistiques sur les délinquants. L’idée avait été lancée par le chef de la police neuchâteloise. Aux Chambres, le président en personne du PDC l’a relayée. Ainsi, rechercherait-on plus efficacement des auteurs de délits en visant le cercle des suspects potentiels. On voit, certes, le gain de temps et d’efficacité souhaité. Mais cette mesure s’adressant à une catégorique de gens en regard de leur provenance, de leur nationalité, de leur ethnie a quelque chose de choquant. Même si ce n’est pas l’arrière fond idéologique, on y renifle comme un parfum de racisme. Franchement, ici, le point d’asymétrie inévitable dans l’équilibre est dépassé. Le Centre droit au Parlement n’aurait pas dû voter cela. Il serait tout différent de prélever systématiquement l’ADN d’un suspect particulier à l’occasion d’un délit et de le filer ainsi plus facilement dans un chemin probable de récidive. Ce serait de bonne police et de bonne prévention. Mais un arrosage scientifico-policier par catégories : non.

A la fin, tout est question de priorités politiques dans un cadre où les contours moraux doivent être aussi dessinés. C’est compliqué. Mais c’est la vraie politique.

 

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09/04/2013

Transparence: des effets pervers

Transparence : des effets pervers

 

Eh bien tant pis si ce propos choque et va à l’encontre du politiquement tellement correct chanté à l’unisson depuis quelques semaines. Il n’est de mots que pour prôner la transparence. Les personnalités publiques devraient tout dire sur leur patrimoine, jusqu’au dernier centime. Leur vie privée devrait être un livre ouvert à tout venant.  Certains journalistes s’en délecteraient encore davantage plutôt que de lire leurs classiques qui leur offriraient pourtant un peu de culture.  La sphère intime, la confidentialité, la discrétion sur les éléments personnels et financiers, tout cela jeté aux orties. Enfin de la pureté. Eh bien cette évolution a autant de défauts que de qualités. Des effets pervers sont à redouter. Combien de fois l’enfer des hommes a-t- il été produit par des porteurs de bonnes intentions.

Et mettons jusqu’au bout les pieds dans le plat. Le secret bancaire attaqué, laminé, en partie moribond n’était-il que l’outil permettant à des gens riches, largement des clients étrangers, de fuir leurs fiscs inquisiteurs ! Ce n’est pas jouer les enfants de cœur que de rappeler que le secret bancaire était lié à une notion de protection de la sphère privée financière nullement dénuée de valeur. Et si, sans aucun doute, il y a beaucoup plus de tentation d’évasion fiscale en France et ailleurs qu’en Suisse, comment ne pas y voir aussi une nature bien différente des rapports entre le citoyen-contribuable et l’Etat ; à commencer par le fait que le citoyen suisse peut voter sur la grille des impôts. C’était déjà le rassurant Antoine Pinay, ministre français des finances dans les années 1950, qui disait qu’il avait su restaurer la confiance et que des capitaux français étaient revenus en nombre. Ce n’est évidemment pas l’équipe de François Hollande qui va réussir cet exploit. Leur seule arme est la menace et le bâton.

Quant à l’hypocrisie des pays anglo-saxons, Etats-Unis en tête, elle est incroyable. Les instruments financiers sophistiqués et opaques, les trucs habiles et compliqués, où les trouve-t-on sinon dans certains coins et recoins anglo-américains.

Mais laissons cela et revenons à l’inquiétude principale. On veut remplacer la perte de confiance envers les Etats par un surcroit d’Etat fouineur et punisseur. Est-ce un avenir prometteur pour nos sociétés que cette relation malsaine entre les individus et l’Etat ? Est-ce vraiment un progrès lorsque tout un chacun et les médias peuvent tout savoir, à tous égards et en tous domaines sur des personnalités publiques ? Est-ce un bienfait que de favoriser la pause exhibitionniste chez les uns et le goût du voyeurisme chez les autres ? Le Danemark, la Suède, les Etats-Unis, puisqu’on en parle, sont-ils vraiment des modèles à suivre complètement ?

Bien sûr ceux qui ont abusé, provoqué , choqué ont une lourde par de responsabilité  dans ce qui arrive. Quelques banquiers de l’UBS et d’ailleurs ont plus fait contre notre secret bancaire que les attaques venues de l’étranger. Toutefois, on est en droit de se demander si tout cela ne fait pas dériver nos sociétés vers une sorte d’uniformité, de platitude où les personnes existeraient de plus en plus dans leur image et le regard des autres ; de moins en moins dans leur conscience et leur profondeur intime. Car ce que l’on salue comme un pas vers la morale s’inscrit en fait dans un ensemble que l’on ferait bien d’analyser complètement. Il faut que des hommes et des femmes soucieux de préserver la liberté, l’autonomie, la conscience et la responsabilité de la personne, ainsi que le respect que l’on doit à sa sphère intime aient une parole assez libre pour critiquer ce mouvement déshumanisé vers une transparence tous azimuts.            

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26/03/2013

Eclipse d'Europe

Eclipse d’Europe

 

La Suisse se porte mieux que presque tous les autres pays d’Europe : économiquement, financièrement et politiquement s’entend. Faut-il s’en réjouir ? Oui bien sûr mais l’évolution du continent européen nous englobe, à commencer par celle de son noyau, l’Union européenne. Bruxelles fait face, vaille que vaille aux crises successives. Chypre est illustrative d’une structure déséquilibrée. C’est spectaculaire mais cela reste sans doute un peu marginal ; sauf que l’effet de contagion est toujours à redouter. A cet égard la situation de deux pays fait peur : celle de l’Italie mais aussi celle de la France. A propos de cette dernière un banquier avait récemment cette formule inquiétante : on a placé le malade sous perfusion, cela ne se voit pas trop mais rien de décisif n’est entrepris pour une guérison. En fait, les Socialistes français, coincés dans les pinces de leur majorité, maudissent peut être en secret leur succès du printemps de l’année dernière. Il y a vraiment des printemps 2012 qui laissent pousser des fruits amers, et pas seulement dans les pays arabes.

En arrière fond de ces crises y a-t-il pour la place de l’Europe dans le monde une tendance lourde ? On sait bien que sa suprématie historique a décliné avec la première guerre mondiale. Mais aujourd’hui, où sont les vecteurs de croissance ? En Chine, en Inde, en Amérique latine, dans d’autres pays d’Asie, avec des Etats Unis qui gardent du ressort. Ne tombons pas dans le pessimisme mais des pays sont forts économiquement lorsqu’émerge une forte classe moyenne. Et c’est bien dans ces pays qu’on la voit s’élargir. Certes, il ne faut pas ignorer les ombres. En Chine, par exemple, en Inde aussi il y a des gens immensément riches mais des gens infiniment misérables. Quant à certaines conditions de travail scandaleuses, n’en parlons pas. Toutefois, une classe moyenne de consommateurs s’affirme. Et certains pays comme la Chine non seulement exportent de plus en plus mais investissent à l’extérieur, colonisent même pourrait-on dire ; pas seulement en Afrique mais aussi en Europe. Dans le même temps, la classe moyenne dans les pays européens tire la langue et supporte mal l’étalage de richesses d’une frange étroite, mais que les médias voyeurs rendent provocante. Ajoutons à ce tableau les évolutions démographiques respectives. Bref, n’en jetons plus…

Eh bien, nous les Européens nous devrons bien nous habituer à ces déplacements de poids et d’influence. Il y a éclipse sans retour probable à un soleil européen éclatant. Mais cela n’entraine pas une fatalité d’0bscurcissement pérenne, encore moins d’une disparition. L’Europe a ses racines culturelles, spirituelles que l’ouverture aux autres cultures à travers l’immigration ne doit pas effacer. Elle a ses valeurs, dont le principe de laïcité dans la vie publique et les droits de l’homme.  Enfin, moyennant des réformes et des adaptations courageuses, un retour à une exigence de vivre selon ses moyens, tant pour les Etats que pour les particuliers,  un accent mis sur la formation, la qualité et un effort accru de compétitivité l’Europe pourra asseoir sa place dans une constellation mondiale bouleversée. Rien de plus, sans doute, mais rien de moins si la lucidité, la volonté et l’effort sont au rendez vous fixé par l’histoire.  

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11/03/2013

Devoir de loyauté envers Isabel Rochat

Devoir de loyauté envers Isabel Rochat

 

Il n’y a rien de pire en politique que l’hypocrisie et la déloyauté, sinon, certes, l’aveuglement. En trahissant Napoléon à Tilsit vis-à-vis du Tsar Alexandre, Talleyrand ne trahissait pas la France que l’Empereur, mécaniquement, menait à la catastrophe. Ces cas sont rares. La semaine dernière le PLR genevois à décidé de présenter au premier tour de l’élection au Conseil d’Etat trois candidats : en l’espèce les trois sortants. Son Comité directeur aurait voulu que l’on en présentât cinq à ce premier tour. L’assemblée des délégués en a décidé autrement. Les deux argumentations avaient leur fondement. Mais en présenter cinq alors que l’ambition est  de conserver trois sièges ( toute autre ambition serait de l’arrogance et de l’irréalisme)   eût été le désir de laisser aux électeurs du premier tour le soin de faire le ménage. En clair, les observateurs auraient attendu de voir si Isabel Rochat serait sortie dans le trio ou aurait été dépassée par l’un des deux candidats nouveaux et donc éliminée.  Outre que les observateurs, comme on dit, peuvent se tromper dans leurs pronostics, serait-il correct, loyal, courageux pour un parti de s’en remettre ainsi aux électeurs pour manier le balai à l’interne. On nous dit que ce serait dans l’esprit de la nouvelle Constitution qui ouvre le choix démocratique. En alignant simplement Genève sur les autres cantons avec l’exigence de la majorité absolue au premier tour  la Constitution ne dit rien sur ce point. Et, dès lors que le PLR genevois entend représenter les trois sortants et  leur accorder sa confiance, pour autant que cela soit confirmé par l’Assemblée du 21 mars, le choix de trois est logique.

A moins que… A moins que des notables PLR aient en quelque sorte fait une croix sur Isabel Rochat, en étant plus ou moins d’accord avec le Blog très méchant sur elle de Pascal Decaillet. Mais alors il faudrait le dire et surtout le lui dire en face, voire l’inciter à ne pas se représenter. Car la soutenir comme la corde soutient le pendu serait aussi lâche qu’inélégant finalement. D’ailleurs Isabel Rochat pense exactement cela.

Mais un jugement si massivement critique à son endroit est terriblement injuste. Ses collègues, en 2009, ont eu, oui, l’inélégance et le manque de lucidité politique de lui laisser le département de la sécurité ; avec notamment le défi d’un dialogue difficile entre l’Etat et les syndicats de policiers. Il y a eu des erreurs de communication de sa part, sans doute, mais aussi du courage et de la ténacité. Et puis, si Pierre Maudet  peut agir, c’est en partie grâce au travail préparatoire d’Isabel  Rochat : par exemple l’élaboration de la loi sur la police. De même, si François Longchamp a bien préparé le travail du département repris par Isabel Rochat les collaborateurs du département conviennent que la conseillère d’Etat se trouve à l’aise dans ce département et conduit bien les dossiers. Autrement dit, son déficit de résultat visible est largement dû à ce  passage à deux départements de suite. Un examen plus attentif permet un jugement équitable et d’inviter à la confiance pour la prochaine législature. Toutefois, afin de rassembler les électeurs PLR, les trois candidats PLR devront, loyalement, collégialement, tirer leur bilan ensemble, afficher leur programme ensemble, bref être soudés. A cette condition l’élection des trois PLR est parfaitement possible.  Et si l’un ou l’une devait tomber, ou encore l’un des deux PDC puisqu’il y aura entente à cinq, ce sera dans la péripétie démocratique et non pas dans une conspiration interne< médiocratique>.  

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03/03/2013

Minder n'est pas italien mais...

Minder n’est pas italien mais…

 

Pas de surprise avec l’acceptation massive de l’Initiative Minder contre les rémunérations abusives. Tous l’attendaient. Economie suisse savait que tout son argent utilisé contre elle avait filé vers le ruisseau qui emporte les objets mal utilisés. On ne surmonte pas l’impression générale de dérives malsaines et une aspiration profonde à plus d’éthique avec de la monnaie argumentée sonnante mais trébuchante. Reste que cette Initiative n’indique pas la meilleure solution. Reste que des débats parlementaires difficiles vont avoir lieu pour élaborer une loi d’application.

Evidemment, on voit mal comment la Suisse, seule dans son coin, pourrait être un censeur des bonnes mœurs en la matière concernant les sociétés cotées en bourse alors que ces sociétés appartiennent, en fait, à des propriétaires (actionnaires) largement internationalisés. On verra. Il n’empêche que cette acceptation traduit la méfiance grandissante de la population envers les responsables de l’économie et de la finance. Et cela est grave. On ne croit pas à leur capacité d’en revenir à la mesure, à la décence, à la conscience des repères nécessaires pour préserver la cohésion du corps social. Bref, on pense qu’il faut imposer des contraintes légales à ceux qui ont perdu la boule et le sens inné de l’éthique. Malheureusement, <l’éthique> réglementée, l’intervention étatique entrainent des effets négatifs à leur tour. C’est ici ,dira-t-on, une obsession mais tant pis : le libéralisme ne peut vivre et survivre que sur une chemin retrouvant les repères de l’éthique ; et cela à l’échelle mondiale. A défaut, tout est imaginable : retour des protectionnismes, populismes, et même affaissement des démocraties.

Il ne faut pas peindre frénétiquement le diable sur la muraille. Mais les élections italiennes font peur. Ne comparons pas le sérieux Conseiller aux Etats suisse allemand Minder avec celui que l’on qualifie de Coluche transalpin. Il n’empêche que le succès invraisemblable de son mouvement résonne comme une gifle sonore et sans appel aux partis constitués comme tels. Les Italiens n’ont jamais eu beaucoup d’estime envers leur classe politique. Le succès d’un Berlusconi était déjà une sorte de nique au jeu traditionnel. Mais cette fois, on se demande comment les choses vont être gérées, même en faisant la part de l’inventivité théâtrale latine. L’idée du Mouvement devenu arbitre est de faire réagir au coup par coup ses adhérents, objet par objet traité au Parlement. Une sorte de participation directe donc, comme dans un concours télévisé de téléréalité. Ne serait-ce pas la fin de la politique conçue comme un programme réfléchi, conçu et réalisable  ? Ne serait-ce pas la fin d’un vrai rôle institutionnel pour un Parlement digne de ce nom ? Et bien sûr, la péripétie italienne a de qui inquiéter tous les pays européens. Pas seulement sous l’angle des préoccupations monétaires, financières, économiques et sociales. Le risque d’une contagion de la méfiance est grand. Marine Le Pen, par exemple, pourrait bien représenter bientôt près de 20% des voix en France. Imaginons ce que cela donnerait avec un retour au mode de scrutin proportionnel aux élections législatives.

En fait, la question d’une confiance générale à restaurer sur une base éthique retrouvée et diffusée devient un enjeu européen et au-delà. Les volets économiques et financiers ne pourront plus être dissociés de la dimension morale et d’une exigence de cohésion sociale suffisante.  Oh, ne jouons pas à l’angélisme. Les confrontations sociales et politiques sont inévitables. Mais le danger commence lorsque tout glisse vers une méfiance sans retour et une agressivité ne voyant plus de raison à se tempérer. L’orchestre européen nous offre une drôle de musique. Et si La Suisse fait du violon solo plus harmonieux, ses derniers raclages de corde montrent que les pierres qui tiennent notre bel édifice helvétique peuvent aussi subir l’érosion.      

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18/02/2013

Respect d'un Protestant pour Benoît xv1

Respect d’un Protestant pour Benoît xv1

 

Les Protestants sont toujours un peu ébahis par les procédures et le décorum du Vatican. Les plus grinçants ne manquent pas d’évoquer le coût de tout cela. Pourquoi donc ne pas reconnaître les spécificités cohérentes de chacune des églises chrétiennes. On ne soulignera jamais assez l’importance historique, culturelle, intellectuelle et morale de la Réforme. On n’insistera jamais assez sur son apport déterminant à l’identité genevoise par exemple. Mais soyons francs. Dans un temple protestant, si le sermon n’est pas prenant, que reste-t-il pour alimenter la ferveur ? l’émotion, la vibration des sens n’y trouvent guère leur compte. C’est pourtant dans cette intériorité sobre que se trouve la marque de fabrique originelle. Mais on voit bien la difficulté de la transmission et que l’expansion se fait du côté des églises évangéliques, voire des méga churchs dont on saisit les reflets à la télévision. Ce spontanéisme dirigé par des plus ou moins gourous exaltés laisse plus que songeur.

L’Eglise catholique, elle, tente, à travers les siècles, de réunir des sensibilités diverses aux abords d’une ligne tracée et garantie par une hiérarchie au sommet de laquelle se trouve le Pape. Il y faut donc une sacralisation du fonctionnement de tout l’appareil, notamment autour du Pape. Reconnaissons qu’il y a dans cette procédure d’élection par un collège de cardinaux un rituel dont le parfum de sacré est certainement tonifiant pour l’Eglise et ses fidèles. Vouloir rompre avec tout cela au motif que la valeur démocratique, aujourd’hui, suppose la simplicité et la proximité de la part des pouvoirs   est transposer sommairement ce qui vaut dans le monde laïc au registre compliqué et subtil d’une église plus que deux fois millénaires. Sa force est aussi de ne pas être à la pointe de la mode. Alors, bien sûr, ces procédures, ces rituels, cette ambiance de cour favorisent les luttes internes de pouvoir ; ce que le Pape vient précisément de déplorer dans son dernier discours devant les fidèles rassemblés sur la Place St-Pierre. Mais les fidèles protestants qui ont eu vent de certaines intrigues dans certaines paroisses conviendront  que, d’une autre manière certes, ce n’est pas d’une nature très différente des hautes manœuvres cardinalesques.

Evidemment, un défi pour un Pape d’aujourd’hui, est de concilier la solennité, voire la pompe inhérentes au système avec une simplicité personnelle, une communication fraternelle envers les spectateurs, les auditeurs, les interlocuteurs. C’est dans un tel mélange réussi que peut se fortifier une communion et une unité. Or, vue sous cet angle, l’abdication de Benoît xv1 , est un modèle du genre. La modestie, l’intériorité de ce Pape sont évidentes. Sa manière de ne pas s’accrocher au pouvoir, bien que sacré et précisément parce qu’il l’est, est impressionnante.   Il a mesuré l’étendue de la responsabilité et la fragilité de ses forces. Il en a déduit sa décision.  

Alors, déjà beaucoup disent que c’est le seul  acte novateur de ce conservateur. Mais, là encore, combien mélangent les genres. Si, par exemple, des Gouvernements et des Parlements se réjouissent d’instituer le mariage pour tous, en décrétant que  tout est équivalent à tout à l’aune de l’amour déclaré,  et que le droit à l’enfant est un droit également unisex, l’Eglise catholique comme telle, avec son magistère, doit-elle monter aussitôt dans ce bateau aux gouvernails s’agitant en tous sens ?   On peut gager que le prochain Pape ne variera pas sur ces grandes questions. Tout juste peut-on espérer qu’il maintiendra une ligne, des recommandations mais en n’exprimant pas de condamnation envers ceux qui ne la suivent pas et en affirmant l’amour divin pour tous.  Avec les églises protestantes, c’est à la fois plus simple et plus confus.   L’église vaudoise fait un pas  vers le mariage pour tous ; l’église genevoise pas encore. Ici, on a le débat public au sein d’églises fortement laïcisées dans leur mode de fonctionnement, là on a une Eglise qui ne peut infléchir sa ligne que prudemment et sans se déliter ; au risque, c’est vrai, d’une perte d’audience dans sa périphérie. Mais, de toute manière, la perte du sentiment religieux dans nos pays n’est-elle pas le vrai problème ?  

Bref, les Papes de ce siècle auront à vivifier les chemins de la spiritualité tout en ouvrant toutes leurs antennes sur les réalités du monde. Franchement, un Protestant affranchi de toute méfiance viscérale et comprenant la place et les rôles des uns et des autres ne peut que saluer avec respect le Pape qui se retire.

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07/02/2013

sport argent et société

Sport argent et société

 

L’argent est le véhicule nécessaire au fonctionnement de l’économie libérale. Et, hors peut être de phases initiales ou intermédiaires très particulières, la liberté économique est le seul levier efficace menant vers la prospérité. La crise actuelle, aux multiples causes, ne contredit pas ce fait. Aucun volontarisme politique pour diriger l’économie n’a jamais garanti l’avenir ; que ce soit par exemple en France le Colbertisme, le Blocus continental napoléonien ou l’actuel socialisme à la française.  Mais une économie libérale ne saurait vivre de façon équilibrée en se coupant des autres composantes de la société, notamment sociale, éthique et finalement mentale. Au fond, dès lors que le libéralisme a étouffé son adversaire communiste dans le registre de l’efficacité économique, il s’est trouvé manquer de repoussoir et de repères. Le libéralisme économique à la chinoise, imbriqué pour quelque temps encore dans un régime de dictature politique ne facilite pas la lisibilité de tout cela.  A terme la liberté devrait être indivisible mais la réalité montre que bien des décalages sont possibles, ce qui perturbe un esprit vraiment libéral.

Toutefois, le plus perturbant tient aux dérapages constatés dans les pays de bonne tradition économique libérale.  Les folies de certaines banques, les <bonus> incompréhensibles et, surtout, les parachutes dorés pour des dirigeants d’entreprise n’ayant pas mené leurs entreprises, précisément, au succès : tout cela et bien d’autres choses minent la confiance dans l’économie, la finance et dans la politique au sein de la société. A court terme, c’est regrettable. A long terme ce peut être grave. Et lorsque dure une période de crise, avec du chômage aux effets humains très lourds, il peut en découler des réactions profondes aux prolongements inquiétants . Le récent sondage sur l’opinion française est révélateur. On n’est pas si loin de l’aspiration à l’émergence d’un Bonaparte qui sèmerait l’illusion d’un retour à l’ordre, à la prospérité générale, au pied de nez gaulois à une mondialisation pourtant incontournable. L’histoire de la montée des fascismes, certes en d’autres temps, devrait inciter à réfléchir. Mais les difficultés pourraient être affrontées en commun si la société n’était pas choquée de plus en plus souvent par des exemples de démesures (cf. les salaires excessifs ayant fait surgir la mauvaise Initiative Minder) et de tricheries.

Il y a un domaine qui apporte sa part de rêve : celui du sport. L’auteur de ces lignes était un fan du Tour de France dont il connaissait tous les vainqueurs et dont il pouvait réciter la liste à l’ébahissement moqueur du cercle auditeur. Coppi, Bartali, Koblet, Kubler, Bobet aussi, Anquetil et Merkx étaient ses héros ; Indurain peut être encore. Instinctivement un rejet se créait contre Amstrong. Mais quelle déception ! L’épopée a tourné au spectacle de la tricherie organisée. Même ici, l’argent et la volonté de performance, de victoire à tout prix a fait éclater l’ubris dans les têtes ; cette ubris, cette démesure dont les Grecs classiques disaient qu’elles perdaient les hommes aux yeux des dieux. Et voilà que l’on parle de matchs de football truqués, en Suisse aussi. On peut ne pas être fan de foot et reconnaitre que ce sport, populaire entre tous, a un rôle important pour les entités collectives, des plus petites aux plus grandes, et que la beauté du jeu accompli, regardé peut stimuler l’esprit de solidarité. Hélas, trois fois hélas ! On veut encore, heureusement, battre des mains et du cœur pour Federer.  Même si, ici, l’argent est énorme l’image reste belle. Pourvu qu’elle ne s’altère jamais. Cela étant ayons garde de ne pas oublier la multitude de ces petits entrepreneurs, artisans créateurs de biens qui eux sont demeurés ce qu’ils étaient et devaient être. Ils n’ont pas perdu leur boussole. Mais les mauvais et  exemples,  médiatisés à outrance dérèglent la boussole collective et sapent la confiance personnelle.

 

Oui, on aimerait penser, que dans le sport comme dans la finance, l’industrie et au cœur de la politique les démocraties verront le retour en force de l’éthique individuelle et collective ; éthique qui est bel et bien le fondement et la condition de pérennité dans l’équilibre pour nos sociétés.

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31/01/2013

L'Europe sans dents ni griffes

L’Europe sans dents ni griffes

En marge de l’intervention française au Mali, France culture a diffusé un débat intéressant sur le poids militaire et donc politique de l’Europe. Certes, les officiers et soldats   français ont fait preuve d’une efficacité spectaculaire contrastant aussi bien avec la fuite des Islamistes qu’avec l’impuissance de l’armée malienne en tant que telle. Et l’on a envie d’applaudir tout en s’inquiétant du fait que la France y est allée bien seule. Pourtant, il y a eu des aides logistiques de partenaires européens et de la part des Etats Unis. Outre des drones d’observation ces derniers ont aussi apporté des avions de transport qui ont convoyé des troupes françaises sur le terrain d’opération. C’est là qu’a eu lieu une note presque comique et assez humiliante. Le Pentagone a facturé son service en fonction des heures de vol et du nombre d’hommes transportés. Juste colère de François Hollande qui  a téléphoné à Barak Obama, lequel a reconnu la bévue et jeté la facture aux oubliettes. Mais cet épisode est illustratif d’une tentation américaine de laisser davantage l’Europe assumer ses responsabilités en matière de sécurité.  

Or, d’Europe de la défense, de conception, de formation de coordination entre pays européens il n’y a guère à voir ni à retenir. Il n’y a que deux pays qui comptent vraiment dans le domaine : l’Angleterre et la France. Mais, on a observé avec  l’opération Libyenne que l’une et l’autre ont besoin des Etats Unis pour une action d’envergue et de longue haleine. Manque d’indépendance militaire veut dire aussi manque d’indépendance politique.

Il a été beaucoup question, ces derniers mois, des volets économiques, financiers, budgétaires et sociaux au sein d’une Union européenne secouée. Certes une solidarité a fini par s’affirmer entre les pays de la zone Euro mais la démonstration a été faite qu’une monnaie unique sans harmonisation économique, sans convergences politiques suffisantes demeurait une monnaie fragile. En fait tout devrait aller de pair. On a l’impression qu’il y a trop de bureaucratie européenne, ce que dénonce avec virulence le Royaume Uni et trop peu de substance politique européenne. Cette substance politique devrait se traduire  par une identité, une visibilité puis une efficacité dans le domaine de la défense et de la sécurité ; laquelle implique des interventions comme celle ayant cours au Mali. Pour dire les choses autrement, en termes de poids et d’influence mondiale l’Europe n’aura pas de grand avenir si elle persiste à manquer de dents et de griffes. Une pas très important pour la dissuasion avait été fait par l’Angleterre et par la France (vision gaulliste encore une fois) avec la force nucléaire. Mais le pas suivant d’adaptation aux menaces actuelles et futures doit nécessairement être européen. Etant entendu que la Suisses peut y apporter quelques plus values de niche dès lors qu’un mandat de l’ONU le lui permet.  Oui vraiment, n’en déplaise à ceux que cette idée froisse, l’Europe sera aussi militaire ou ne sera jamais vraiment.    

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28/01/2013

Trop de droits sans boussole

Trop de droits sans boussole

 

La société évolue, donc les repères, les critères, les normes aussi. Faut-il pour autant conclure que toute demande nouvelle, toute revendication doivent être saluées du qualificatif de progrès et qu’il faille les consacrer officiellement ? Le fait que beaucoup l’attendent est-il un argument suffisant pour le faire ? Et si même la pression devient trop forte pour y résister purement et simplement, le frein tiré par les conservateurs n’est-il pas un garde fou salutaire ? Voilà des questions légitimes. Prenons deux exemples illustratifs.

On a l’impression qu’il deviendrait inconvenant, discriminatoire de ne pas marier des couples homosexuels au même titre, de manière équivalente à ce qui prévaut pour les couples hétérosexuels traditionnels.  Même amour, même engagement, mêmes effets donc ; on choisit sa forme de couple. On peut s’étonner que des homosexuels tiennent tant à cette reconnaissance officielle alors que tant de couples traditionnels renoncent au mariage, tant civil que religieux. Mais admettons que cette reconnaissance, gage de non discrimination morale et mentale à leurs yeux, soit importante pour eux. Il y avait une solution que le Parlement suisse avait choisie : le PACS. Or, naïfs ont été ceux qui pensaient, --dont le signataire de ces lignes—que cette solution serait suffisante pour longtemps : acte officiel mais non pas équivalent à tous égards. La différence se référait à une distinction pourtant logique. Le mariage entre un homme et une femme est potentiellement et le plus souvent porteur d’une famille. Autrement dit, des enfants avec un père et une mère identifiables, un repère masculin et un  repère féminin constitutif d’une personnalité. Alors on vient nous dire que tant de familles sont recomposées et que souvent des enfants sont abandonnés ou maltraités par leurs géniteurs. Le seul critère important serait le désir d’enfant et la volonté de s’en occuper. Comme si le droit à l’enfant devait primer sur tout et si toutes les formes de parentalité s’équivalaient pour autant qu’il y ait de l’amour. Dans cette logique, d’où la naïveté évoquée plus haut, la revendication s’affirme. Deux hommes ensemble, deux femmes ensemble auraient le  droit , non pas de faire ensemble, chose impossible, mais d’obtenir des enfants. Adoption, insémination d’une des femmes en couple,  et pourquoi pas recours à une mère porteuse bien rétribuée…Après tout, pourquoi s’arrêter à une limite. Puisque les couples traditionnels se marient avec la possibilité de faire des enfants, il serait discriminatoire que les couples autrement ne puissent en avoir, autrement.

Eh bien, même si c’est presque devenu politiquement incorrect ayons ici l’audace de dire que c’est le règne de la confusion non seulement des genres mais aussi des repères et que c’est un ferment de déstabilisation à long terme. Il y a confusion entre la liberté des gens à vivre comme ils l’entendent, sans la moindre réprobation morale et la reconnaissance officielle de ces manières de vivre avec toutes leurs conséquences. Non, tout n’est pas équivalent à tout et refuser la confusion n’est pas faire œuvre de discrimination.

Autre illustration plus subtile : l’euthanasie. En Suisse, on permet l’assistance au suicide. Celle-ci est exclue dans certains hôpitaux et aucun médecin n’a l’obligation de cette assistance. Pour les médecins, cette affaire est d’ailleurs très délicate. Heureusement, il y a un grand développement des soins palliatifs, contre les douleurs prodigués aux malades incurables. L’euthanasie elle-même, c'est-à-dire le fait de donner la mort, est illégale en Suisse. Toutefois, si la demande vient d’un malade lucide mais incapable de se la donner à lui-même, même avec assistance, et si le donneur de mort à ce moment là n’est mû que par la compassion et des sentiments altruistes et désintéressés, il pourra ne pas être puni. Avouons que la ligne rouge est ténue et que les repères ne sont  pas faciles à établir. Pour un Gouvernement et un Parlement, c’est une tâche bien délicate. Il faut accepter l’idée d’une zone un peu floue qui appartient au secret d’une relation entre un patient, son médecin voire l’entourage familial.  La professeur de philosophie Jeanne Hersch parlait du risque d’escamoter la fin de vie et ce passage de la vie à la mort qu’elle estimait être essentiel pour l’homme. Cela mérite réflexion. En tout cas, ne faut-il pas résister à une pente qui conduirait à rendre facile, presque banale l’euthanasie ? Ce serait nous éloigner encore davantage de nos racines spirituelles, que l’on soit croyant ou non.

Finalement, on voit la nécessité d’une exigence dans l’approche des grandes questions qui surmonte l’obsession de la non discrimination excluant toute distinction et la facilité de faire jaillir des droits et des libertés sans repères : droit à l’enfant, banalisation des étapes les plus subtiles et mystérieuses de la vie, jusqu'à la mort.

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