10/02/2014

Trouver le chemin étroit

Trouver le chemin étroit

Avons-nous vieilli ? Mûri ? En 1992 lors du rejet de l’accord sur l’EEE nous comprenions Jean-Pascal  Delamuraz qui parlait d’un dimanche noir. Commentaire qui, surtout en Suisse allemande, fut considéré comme témoignant d’un manque de respect envers le peuple et la démocratie. Dimanche dernier, à l’instar du Conseil fédéral, ce fut tout de suite l’interrogation : comment faire maintenant ?

Pourtant, il y avait de quoi s’étrangler ; un score incroyablement serré. Les grandes villes du pays qui comptent le plus d’étrangers ont voté non. Les cantons frontières les plus concernés, sauf le Tessin bien sûr, ont voté non : tels Bâle ville, Genève, Vaud. Et dans un canton comme Berne, la ville a voté non. Mais c’est ainsi. On pourrait commenter également en relevant que si , en Suisse romande, il y avait eu un peu moins de oui, si au Tessin que l’on a délaissé il y avait eu un peu moins de oui l’Initiative eût été rejetée. Une majorité populaire nationale se forme partout. Certes, il y a un clivage entre Romands et Alémaniques ; mais pas absolu puisque Bâle ville, Zoug et Zurich ont voté non : mais pas assez. Bref, rien ne sert de commenter les divisions. Après tout, si les Appenzellois, sans beaucoup d’étrangers, ont des craintes pour leur identité, cela fait partie de l’alchimie confédérale.

Cela étant, quelle sera la suite. A chaud, le Président de la Confédération a déclaré que le Gouvernement ne dénoncerait pas l’Accord sur la libre circulation des personnes et que ce serait l’Union européenne qui en prendrait le cas échéant la responsabilité. Mais lundi soir, à la radio suisse romande, le ministre belge des affaires étrangères a dit un peu le contraire. C’est au Gouvernement helvétique d’expliquer sa position, comment il entend traduire l’Initiative dans les faits et l’UE verra si cela peut être compatible avec le principe de la libre circulation. En outre il a bel et bien laissé entendre que les accords de base passés avec la Suisse, --sept sauf erreur--, étaient liés. On ne peut pas, concluait-il, se féliciter, par exemple, de la libre circulation des capitaux et ne pas vouloir la libre circulation des personnes. Quant à la constatation selon laquelle la Suisse recevait plus de 80-000 étrangers par an, elle ne l’émouvait pas. Pour la plupart, ne répondent-ils pas à des demandes de l’économie ou des services dans notre pays.

Cependant, on pouvait entre les mots deviner une petite ouverture. La libre circulation des personnes n’est pas absolue entre les pays de l’UE. La Belgique, par exemple, réserve la préférence nationale dans quelques secteurs. Donc, pourrait-on imaginer, sans que l’UDC ne crie au scandale, un contingentement partiel dans un cadre relativisé mais non effacé de libre circulation avec l’UE ? Très difficile à concevoir mais c’est le chemin étroit que le Conseil fédéral, nos diplomates vont devoir trouver. Le Parlement devra les épauler. Et, s’il le faut, le résultat pourrait faire l’objet d’un nouveau vote populaire.

Evidemment, la réaction du peuple suisse trouve des échos dans les pays de l’UE. Les citoyens de ces pays sont nombreux à s’inquiéter non seulement de l’immigration extra européenne mais aussi intra européenne. Au sein même du Gouvernement français il y a des ministres qui prônent un rétablissement de limites. Quant  au sentiment des Anglais, il tracasse fortement les instances bruxelloises. Et puis, d’une façon générale il ya des préoccupations légitimes sur les effets de la croissance démographique et sur les brassages de population qui rendent plus flous les repères nationaux rassembleurs. Cela pourrait être un élément incitant nos interlocuteurs de l’UE à la discussion. Mais cela pourrait aussi les inciter à proclamer de façon plus rigide des principes qu’ils sentent menacés par l’état d’esprit de leurs populations. On ne va pas tarder à observer ce qu’il en sera.

Dimanche soir, les présidents de partis s’envoyaient des piques. Peut on espérer un concours de bonnes volontés politiques afin de soutenir le Conseil fédéral dans sa recherche d’un chemin étroit qui ne renie pas la décision du peuple mais ne coupe pas trop de ponts avec une Union européenne dont nous avons besoin. Il y a tout de même des intérêts réciproques permettant d’espérer que cela ne sera pas mission impossible.

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03/02/2014

NSH: à la pointe du civisme

 

Samedi à Bienne la Nouvelle Société Helvétique a fêté ses cent ans. Si l’on prend en compte la vie de sa mère la Société Helvétique, fondée au 18ème siècle, c’est une histoire et une vocation vénérables que l’on célébrait. Relevons que l’Organisation des Suisses de l’Etranger est une fille de la NSH, devenue autonome mais toujours en osmose patriotique. Elle fêtera son centenaire dans deux ans.

 

Depuis le début, la NSH se donne le devoir de concourir à la cohésion nationale à travers un fédéralisme de concordance, autour de valeurs communes. Depuis toujours, elle entend, par des appels, des manifestations, des débats sur tout stimuler l’engagement civique. Il y a eu des époques où l’existence même de la Suisse était en jeu. Aujourd’hui nous n’en sommes pas là mais c’est une couche d’indifférence civique qui affaiblit le Corps Helvétique. Cette indifférence est engluée dans une méconnaissance largement répandue de l’Histoire nationale, des histoires cantonales, de la structure et du fonctionnement de nos institutions démocratiques.  A Bienne, on a entendu des jeunes débattre dans un jeu à deux contre deux, sur des sujets politiques : notamment à propos de la prochaine votation sur l’immigration. Un jeu puisque certains ont du plaider contre leurs convictions. Mais des échanges argumentés, un dialogue respectueux. C’était réconfortant.

 

La NSH entend donner un nouveau souffle à l’éducation à la citoyenneté. Quelle bonne initiative ! Elle veut mettre sur pied un Centre de compétence nationale réunissant tout ce qui se fait, à titre public et privé : un centre qui ouvrirait  des pistes de collaborations fructueuses tendant vers cette régénération citoyenne. Elle imagine la mise sur pied d’équipes de jeunes observant les votations.

 

En fait, l’idée est d’établir une véritable plate-forme nationale pour la formation politique. Des soutiens financiers de la Confédération, des cantons et de la société civile sont espérés.

 

Tout cela est-il utile en regard de ce qu’il est prévu de faire sous l’égide de la Conférence des Conseillers d’Etat chargés de l’instruction publique. Naturellement la question se posait en écoutant l’exposé de la Conseillère d’Etat du canton du Jura, Mme Elisabeth Baume-Schneider. Eh bien la réponse est oui, cela est utile pour ne pas dire nécessaire. Certes, il y a le concordat inter-cantonal romand qui prévoit dans les programmes cette formation citoyenne. On parle de réflexions sur de grands textes. Il y a des débats parfois organisés dans les classes. On entend éduquer à la démocratie par un certain dialogue et une certaine gestion de discipline démocratique dans les écoles elles-mêmes. Mais, n’en déplaise à des notables de l’instruction publique dans les divers cantons, il y a loin des intentions affichées à la réalité sur le terrain. Trop de témoignages concordants et persistants le démontrent pour que le déni des lacunes soit crédible. Une professeure d’histoire à Genève nous expliquait avec réalisme que cela était très difficile. Les programmes n’ont cessé de s’élargir. On a des exigences sur l’informatique, la musique, l’art, la gymnastique, etc. en plus de celles sur les matières fondamentales. Les heures manquent. Le résultat c’est que sur l’histoire, et surtout sur l’Histoire nationale et l’Instruction civique on surfe le plus souvent d’une petite vague à l’autre sans aucune continuité chronologique. Un éminent politicien genevois d’extrême gauche nous parlait de la méconnaissance crasse d’une majorité des élus au Conseil municipal et au Grand Conseil sur un minimum d’Histoire du canton et du Pays où ils exercent leur mandat. Aucun recul disait-il. Hier est encore vaguement présent ; avant-hier n’existe plus.

 

En fait, il s’agit d’une prise de conscience à favoriser qui devrait inciter à un renversement des priorités scolaires. Plutôt que l’accumulation de connaissances, vite oubliées dans des matières qui pourront être approfondies par les élèves plus tard, il faut offrir aux adolescents une culture générale et une connaissance historique, une éducation citoyenne qu’ils n’auront plus l’occasion d’obtenir dans les tourbillons professionnels ultérieurs. Et comme notre civisme est basé sur l’engagement de milice, donnons aux citoyens les bases nourrissant leurs engagements de milice dans la Cité.

 

La section de Genève de la NSH a décidé d’adresser au Conseil d’Etat et au Grand Conseil une pétition munie de nombreuses signatures. Elle demande, précisément, que l’éducation citoyenne passant par l’étude de l’Histoire nationale et cantonale et par l’étude des Institutions redevienne une priorité ; quitte à réaménager les répartitions dans les programmes. Encore une fois, que l’on ne vienne pas nous dire que c’est inutile et hors des réalités parce que le mouvement vers le possible serait officiellement organisé par les cantons.

 

Oui, l’enjeu est national. C’est même à se demander si l’on ne devrait pas songer à une initiative fédérale inscrivant dans la Constitution des devoirs très clairement définis en matière d’éducation citoyenne.

 

Cela ne serait pas très fédéraliste comme démarche mais le fédéralisme horizontal sera-t-il à la hauteur de l’enjeu qui concerne l’irrigation de notre précieux pays, de nos cantons et de nos cités par un flux civique venant de l’esprit et du cœur.

 

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16/01/2014

Immigration: l'UDC voit trouble

Immigration : l’UDC voit trouble

Les autorités et l’ensemble des partis politiques ne s’y trompent pas :l’initiative de l’UDC  <contre l’immigration de masse> présente un enjeu de très grande importance. Sans doute le succès de l’Initiative n’entrainerait-elle pas un effondrement immédiat et mécanique de notre vie économique et sociale mais elle dresserait devant nous des difficultés considérables.

Pourtant cette Initiative ne vient pas de nulle part. Elle s’inscrit dans le droit fil d’un sentiment ayant toujours parcouru la population suisse. Or, aujourd’hui, le sentiment de perte d’identité propre, de perte du contrôle sur une immigration dont certains aspects choquent stimule un besoin de resserrer les limites. Il y a cette idée que des travailleurs étrangers prendraient la place de Suisses, qu’ils pousseraient les salaires à la baisse, qu’ils créeraient les difficultés des transports, seraient cause de la pénurie du logement et de son coût. Sans parler du sentiment d’insécurité avec les délits commis par des étrangers et devant ces spectacles de trafic de drogue offerts dans des quartiers urbains. Bref, on mélange un peu tout et du coup sort la formule magique : encadrer strictement le flux migratoire par un système de contingents limités, chiffrés, calculés selon les besoins à chaque fois précisément définis.

L’ennui c’est que l’UDC voit trouble et trouble la vision de ceux qui la suivent sur ce sujet. On a déjà connu le système des contingents à définir, à calculer. Il en était résulté toute une paperasse, une bureaucratique lourde pour les entreprises et les administrations tant fédérale que cantonales. Cela donnait une rigidité peu compatible avec la souplesse nécessaire de l’économie et du marché du travail. Enfin, depuis nous avons conclu des accords avec l’Union européenne incluant le principe de la libre circulation des travailleurs. On peut, sans doute, contrôler encore plus les conditions d’embauche des travailleurs européens, combattre avec les syndicats encore mieux les abus dans ce domaine. En revanche, remettre en cause l’Accord de libre circulation avec l’UE compliquerait terriblement nos relations générales déjà laborieuses avec cette dernière : alors que c’est avec elle que se déploie la plus grande partie de nos échanges à tous égards. Et puis, alors que nous essayons de convaincre nos partenaires européens que la Suisse peut être à la fois européenne et singulière, au bénéfice d’accords particuliers que nous cherchons à resserrer, comment imaginer une relation saine et fructueuse après que nous aurions fait un coup pareil ?

On se doit aussi d’être concret.  Le plus souvent les travailleurs européens qualifiés qui sont en Suisse répondent à des besoins pour lesquels il n’y avait pas de Suisses disponibles. Il n’y a pas de razzia étrangère sur nos branches professionnelles. Quant aux problèmes de logement, de transport et autres ils résultent largement d’un manque de prévision, d’anticipation sur les mesures à prendre et ce n’est pas un coup de frein démographique artificiel qui va rééquilibrer les éléments d’un ensemble. Casser ou tout au moins compliquer un développement naturel ne pourrait qu’entrainer des chocs en retour.

L’UDC n’en a pas moins, une fois encore, mis le doigt sur des inquiétudes légitimes que les autres acteurs politique ont eu tendance à négliger. Par rapport au sentiment diffus qui traverse notre population, il y a lieu de renforcer la sécurité, d’affirmer mieux nos valeurs, notre identité historique, et de bien poser les conditions de vie en commun dans ce pays pour ceux qui y viennent. Cela étant, après avoir au mieux salué la piqûre de rappel que nous prodigue l’UDC  écartons cette Initiative qui ne propose rien de bon. Elle attire le regard mais offre une vision trouble. Chaussons des lunettes de citoyens lucides pour une analyse claire de l’enjeu.

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22/12/2013

Noël: un repère en péril

Noël : un repère en péril

 

Noël est un repère déterminant, clé de leur foi pour les Chrétiens pratiquants. C’est entendu. Il y a là un mystère qui peut accrocher même ceux pour qui la virginité de Marie et la non paternité de Joseph ne sont pas des articles de foi à prendre à la lettre. On peut croire à la présence divine marquant dès sa naissance un enfant ; lui dont le destin allait exprimer la quintessence de l’amour au cœur d’une humanité constamment agitée de ses démons. Et l’idée de cette naissance aboutissant à une passion rédemptrice pour les hommes, d’où surgit finalement une résurrection, oui cette idée a bouleversé le monde.  Elle a aussi déterminé les fondements culturels d’une Société occidentale judéo-chrétienne imprégnée d’hellénisme. Sans négliger les apports et les circuits arabes on peut vraiment conclure que telles sont bien les lignes de force de  l’héritage.

On doit également observer dans ce cadre l’histoire et le destin de Genève. Que serait-elle sans l’incroyable place où l’avait projetée la Réforme. Le génie du lieu marque une collectivité même lorsque les données démographiques, sociologiques et religieuses ont considérablement changé. Cela fait des décennies que les Protestants sont à Genève bien moins nombreux que les Catholiques. Et les récentes vagues d’immigration ont amené des Musulmans en nombre. Quant aux Juifs, ils participent de longue date à la vie de la Cité, et souvent avec éclat. Il n’empêche que l’emprunte chrétienne et plus particulièrement protestante dans la trame de l’histoire genevoise  appartient, devrait continuer d’appartenir à une mémoire vivante qu’il serait nécessaire d’entretenir.

Or, que voit-on ?  Dans maintes écoles, dans maints lieux de réunion on n’ose plus parler de Noël comme tel. Eventuellement on dit fêtes de Noël, mais plutôt fêtes de fin d’année. Dans un précédent blog, m’adressant à la nouvelle cheffe du Département de l’Instruction publique je m’inquiétais du manque de transmission de connaissances sur l’histoire suisse et l’histoire genevoise. Le plus inquiétant est que cette lacune s’appuie souvent sur un argument selon lequel il faudrait prendre en compte l’aspect multiculturel et multi religieux de notre société. Par respect et tolérance en quelque sorte, surfer avec des généralités sur tout cela à l’intention des élèves. En somme s’adresser à une sorte de rassemblement hétérogène dans un lieu qui serait comme hors sol et sans histoire propre.

  Savoir quelle est l’histoire d’une Cité, d’un pays où l’on vit, en pleine conscience des apports successifs et de la diversité actuelle, intérioriser les notions de respect mutuel, de tolérance  mais sur un socle de connaissance et de reconnaissance d’un héritage qui dessine des contours et des repères pour la vie en commun : Voilà ce qui construit  la colonne vertébrale d’une ville, d’un canton, d’un pays.  Une collectivité invertébrée et sans mémoire historique peinera à maitriser des tiraillements internes. La connaissance de l’histoire est un élément important du pacte républicain et social.    

Revenons à la dimension religieuse. Il n’est pas sans gravité que l’Eglise protestante genevoise soit plongée  dans de grosses difficultés ; que des pasteurs ne soient pas remplacés, que des laïques s’improvisent théologiens sans la formation adéquate. Evidemment, l’église protestante doit s’interroger sur elle-même, trouver des responsables ayant le sens de l’entreprise, du management. Et puis trouver des formes nouvelles captant l’attention. Et bien sûr, les citoyens, les familles ont les églises qu’elles méritent. Mais tout se tient. En laissant s’installer trop de distance entre les jeunes et l’histoire de ce coin de terre on rend plus lointaines aussi des églises qui ont la mission d’attirer des fidèles et de leur transmettre la Parole dont elles sont porteuses.

Alors, oui, si Noël est une naissance symboliquement miraculeuse rêvons d’une réapparition plus nette des repères dont Genève a et aura encore et toujours besoin.    

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11/12/2013

Ce que Berne négocie mal!

Ce que Berne négocie mal !

 

Le Parlement doit accepter ou refuser l’Accord avec la France sur une nouvelle Convention de double imposition. Les députés aux Chambres auraient tout lieu d’en refuser la ratification. En se mettant dans une position d’infériorité diplomatique, soit en se laissant dire que ce serait tout ou rien, Berne n’a pas fait valoir tous les éléments du dossier. La France avait surtout dans le collimateur les forfaits fiscaux pour les riches Français fuyant leur fisc. Or, Berne aurait dû beaucoup plus faire valoir le cas de Suisses,  devenus par exemple frontaliers. Prenons un Genevois habitant en France voisine et travaillant dans le canton : une logique de plus en plus fréquente dans le cadre du grand Genève. La discrimination serait criante lors d’héritages de parents vivant par exemple à Genève, entre des enfants habitant en France voisine et d’autres habitant à Genève. Eh bien cet argument n’a pas été poussé lors des négociations. On nous dit que, faute d’accord, il n’y aura plus de convention et donc le risque d’une double imposition pour les Suisses de France. Serait-ce pire ? Et puis, assez de défensive. On a appris que la France n’a pas retourné l’argent qu’elle devait au canton de Vaud en regard de la répartition fiscale prévue pour les frontaliers. Voilà bien une opportunité pour le Gouvernement vaudois de prélever à la source la totalité et d’attendre de voir si Paris entend respecter ses obligations. Le système genevois est à cet égard meilleur car il ne permet pas au grand voisin de dire : faites ce que je veux, quant à moi je fais comme je veux.  Oui, vraiment assez de défensive et une exigence d’équilibre dans une approche plus globale.

On se félicite de l’accord dit Rubik avec l’Angleterre. Mais, de source officieuse semblant bien informée on apprend que les Anglais furent étonnés du manque de combativité des négociateurs helvétiques.

Quant à la saga entre le fisc, le département de justice américains et nos banques, elle a aussi montré un manque de professionnalisme, de  résistance chez Mme Widmer Schlumpf et ses diplomates. Ah les Anglais eux savent défendre leur place financière derrière leurs fausses déclarations vertueuses. On vient de s’en rendre compte une fois de plus avec les déclarations de leur Premier ministre. Berne nous a presque fait croire, un temps, que suivant la catégorie choisie, --dans le questionnaire imposé par Washington--, nos banques pourraient tourner la page du conflit. Naïveté ! Aucune garantie, aucune précision, les Américains se réservant en tout arbitraire, en toute démonstration de force de revenir à la charge ici ou  là avec des actions civiles et pénales. Et tant pis, ou plutôt tant mieux à leurs yeux, si des banques suisses ploient sous la charge des amendes et des actions judiciaires, si elles s’effondrent.

Répétons que certains banquiers ont vraiment tendu les verges pour se faire fouetter. Ces ténors de l’UBS cautionnant le racolage sur sol américain de clients américains non déclarés. Quelle folie. Mais que dire ensuite de leur attitude parfois sans aucune sensibilité consistant à jeter comme des malpropres des clients qui leur avaient fait confiance.

Cela étant, comment Berne a-t-elle pu réagir sans exiger immédiatement au moins une référence à des critères internationaux et des réciprocités immédiates et garanties ? Peut être que Washington aurait haussé les épaules si on lui avait tout de suite parlé du Delaware, de l’argent mexicain déposé dans certaines de leurs bonnes villes banques. Au moins, ils auraient senti de la résistance  au lieu de se réjouir de la mollesse constatée avant que fût même parti le premier coup de poing. Quant à la FINMA elle aura donné l’image d’une contrôleuse administrative plutôt que d’une instance d’appui pour une stratégie de la place financière suisse.

Vraiment la Suisse aura montré, une nouvelle fois, qu’elle fonctionne bien à usage interne mais qu’elle peine à trouver ses marques dans des crises venues de l’extérieur. Un espoir à cet égard : l’action semble-t-il réfléchie et probante du Département des affaires étrangères afin de clarifier et d’élargir nos relations avec l’Union européenne.  Mais pour le reste, quel amateurisme !

Il s’agit d’être lucide. Nous étions tous contents de la place singulière et privilégiée de la Suisse dans le domaine financier. Accuser seulement les banquiers serait hypocrite. Le secret bancaire, par exemple, a profité directement ou indirectement à tous les Suisses. Mais dès lors qu’il y avait un tournant aérien à prendre on aurait voulu de tous bons pilotes, dans les banques et à Berne. On nous a un peu mis les stewards aux commandes ce qui n’était pas le mieux pour défendre la Suisse.

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28/11/2013

Lettre ouverte à Anne Emery-Torracinta

Madame la Conseillère d’Etat

Je ressens le besoin de vous écrire cette lettre ouverte en raison de qui vous êtes et de la charge que vous allez prendre à la tête de l’Instruction publique.  Mais d’abord permettez-moi de vous féliciter de votre élection. J’ai voté compact PLR, par cohérence et fidélité, mais je pensais qu’une présence socialiste était nécessaire et j’espérais que ce fût vous.  Peut être ma sympathie doit-elle quelque chose à celle que je porte à votre père Claude Torracinta, une grande figure du journalisme romand. J’ai toujours admiré son professionnalisme, sa culture, sa rigueur et son honnêteté intellectuelle. Je ne vous connais guère mais j’ai l’impression que le fruit n’est pas tombé loin de l’arbre. Trêve de compliments. Vous allez quitter votre poste d’enseignante, et d’enseignante d’histoire plus particulièrement si j’ai bien compris. C’est pourquoi je vous écris ces lignes. Les circonstances de la vie m’ont amené à enseigner l’histoire, et plus précisément l’histoire suisse dans une école privée, en complément à mes activités journalistiques et politiques. Je le fais encore et je m’attache à transmettre des connaissances sur notre pays,  à faire comprendre son évolution qui éclaire sa nature et la manière dont il peut vivre en Europe et dans ce monde. Je crois vraiment que nos citoyens et nos habitants  sauront mieux se comporter collectivement et individuellement s’ils bénéficient, au terme de leur parcours scolaire,  d’une certaine profondeur de vue sur la Suisse. Cela suppose qu’ils en connaissent  la trame historique, au moins dans ses grandes lignes et autour de quelques grands points de repère.  Il en va en partie d’une question d’identité, mais aussi d’une capacité de réflexion et de conscience politique nourrie d’une culture nécessaire. Il n’en va pas du tout d’un nationalisme étroit, encore moins d’un parfum discriminatoire au détriment d’élèves d’origine non helvétique. Mais lorsque l’on vit dans un pays, dans un canton comme les nôtres, on se doit d’en connaître les fondements.

Or, madame la Conseillère d’Etat, je ne vous apprendrai rien en vous disant que l’école publique genevoise est loin du compte dans ce domaine. Ne parlons pas des discontinuités dans l’enseignement d’histoire générale qui voit des élèves aborder cinq fois la Révolution française et pas grand-chose d’autre. J’ai des exemples. En histoire suisse, il arrive que l’on aborde le Rapport Bergier et ses critiques sur la Suisse durant la deuxième guerre mondiale. En soi c’est salutaire mais c’est évidemment partiel et insuffisant. Sur l’histoire suisse en général, dans son contexte européen ? Si peu ! J’exagère me direz-vous. Peut être un peu. Un peu seulement.

Madame la Conseillère d’Etat, vous êtes la mieux placée pour observer ces carences et pour vous efforcer d’y remédier. Je pense bien que la solution n’est pas d’agir de manière autoritaire, brutale vis-à-vis de professeurs revendiquant leur liberté. Il faudrait donc de la concertation et du temps. Toutefois, n’est-il pas possible d’imprimer un mouvement vers un contenu défini, une continuité dans l’abord des chapitres, une harmonisation suffisante au sein de l’école genevoise quant aux programmes d’histoire, particulièrement d’histoire suisse ? N’est-il pas possible de rendre cela visible afin que ces  balises  deviennent peu à peu évidentes.  Madame la Conseillère d’Etat, je fonde des espoirs sur vous à ce sujet. Ai-je tort ?

 

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18/11/2013

IN 1.12: éviter l'auto goal

L’Initiative 1.12 : éviter l’auto goal

 

Il arrive que dans une partie de football un défenseur se prenne la tête dans les mains ; consterné d’avoir par une mauvaise idée et maladresse fait glisser le ballon contre son camp jusqu’au filet. C’est le risque qu’ont pris les auteurs de l’Initiative 1.12 qui ne veut pas qu’un salaire d’un dirigeant d’entreprise soit plus que 12 fois plus élevé que le salaire le moins élevé. Pourtant le sentiment qui se cache derrière cet Initiative est compréhensible. Notre ministre de l’économie, le Conseiller fédéral Schneider Amann en convient, d’ailleurs, lui qui, il y a dix ans en tant que Chef d’entreprise et Président de l’Association de l’Industrie des machines mettait en garde contre les abus de rémunérations, provocateurs, indécents et susceptibles d’entrainer un jour une réaction visant à un contrôle étatique. Eh bien nous y sommes.

Dans la Suisse de l’Ancien régime les Gouvernements patriciens de Berne, Zurich et Bâle interdisaient aux privilégiés d’afficher un luxe ostentatoire de nature à provoquer l’envie et l’irritation, propres à perturber un ordre social généralement admis. C’était d’ailleurs l’époque où les élites, peu enclines à une perspective de démocratie, estimaient de leur devoir de montrer un exemple de vertu et de mesure. On ne devrait pas trop en rire car cela n’avait pas que des côtés négatifs. De même peut-on regretter que la démocratie et la liberté économique aient perdu certains repères et certaines mesures. Cela étant il faut être clair : cette Initiative est mauvaise par essence et offre des suites éventuelles dangereuses.

Mauvaise car il n’appartient pas à l’Etat  de régler l’échelle des salaires dans l’économie privée. La question du salaire minimum peut se poser, bien qu’une telle norme ait elle aussi des effets négatifs. On l’a souvent dit, le recrutement de hauts cadres pour des entreprises suisses ne peut échapper au marché de travail à ce niveau qui dépasse nos frontières ; sauf à nous priver de personnes dont on a besoin. Certes, il y a l’indécence dont on semble un peu se rendre compte puisque les rémunérations des grands managers seraient, parait-il, à la baisse. Il est vrai que l’on n’avait pas vu arriver le succès de l’Initiative Minder. Mais il s’agissait là de mettre les grandes rémunérations sous le contrôle de l’Assemblée des actionnaires. Il n’y avait pas irruption et corsetage de l’Etat. Bref, avec la réussite de cette Initiative la Suisse tournerait en partie le dos à ce principe de liberté de l’Economie privée qui a tellement profité à l’ensemble de la population. Comparons nos structures et nos pratiques à celles de la France et comparons aussi les deux situations économiques et sociales.

Et il y aurait très vite d’autres conséquences. Les Cantons et la Confédération perdraient  des impôts. La Confédération perdrait des ressources pour l’AVS. Ces pertes probables ont été évaluées et sont importantes. Indirectement un affaiblissement économique et du chômage seraient à craindre.

Alors quoi ! Notre pratique des négociations entre partenaires sociaux, lesquelles imprègnent particulièrement les grandes entreprises, n’ont –elles pas démontré leur efficacité ? Pourquoi nous éloigner de cette voie si helvétique ? Une réflexion quelque peu pointue ne peut qu’amener au rejet de cette Initiative.

Elle fait appel à l’émotion, c'est-à-dire à une irritation devant des rémunérations ressenties comme indécentes. Il y a évidemment une connotation d’envie chez certains, peut être de jalousie envers tel ou tel dont les médias font étalage. Or, ces sentiments, encore une fois pour compréhensibles qu’ils soient, ne font pas de bonne politique. On veut croire à un retour progressif des bases éthiques et des repères, à un meilleur sens de la mesure parmi les cercles  de la libre économie ; cela aussi en prise de conscience du sentiment populaire. En revanche, blâmer ne veut pas dire dériver. Cette Initiative éloignerait peut être quelques privilégiés au scintillement d’argent indécent mais elle nuirait surtout au plus grand nombre des non privilégiés. Il faut résister à ses humeurs et voter lucidement non.  

 

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11/11/2013

Bonne chance au Gouvernement collégial

Bonne chance au Gouvernement collégial

Il fut un temps pour s’inquiéter, il est le temps d’espérer. Une majorité des électeurs a voulu un Conseil d’Etat où soient représentées les trois alliances présentes au Grand Conseil. Des électeurs PDC et surtout PLR ont barré Isabel Rochat et, ou, rajouté Mauro Poggia. Souvent le raisonnement fut de distinguer l’élection du Gouvernement au scrutin majoritaire de l’élection du Parlement au scrutin proportionnel par liste. Pour le Gouvernement on choisit aussi des personnalités et l’on peut voter pour des candidats divers et représentatifs que l’on désire voir collaborer. Bien sûr cela se tient. Pourtant, il serait normal de considérer aussi que certains partis ont l’habitude de la répartition des rôles entre l’exécutif et le législatif tandis que d’autres voient plutôt un combat simultané, aux deux échelons du pouvoir,  de leur force politique. Les commentaires, dimanche soir, d’Eric Stauffer allaient plutôt dans ce sens. Mais il est vrai que Mauro Poggia évoquait la possibilité pour lui, dans certains cas, d’expliquer à ses troupes le pourquoi de certaines décisions du Collège et faisait miroiter son influence afin de les faire accepter par les siens au Grand conseil. Dont acte. On veut le croire.  

Oui, le moment est venu du pari sur l’espoir et du désir sincère de se laisser gagner par la confiance. Nous voulons croire à une alchimie de collégialité dans le mouvement et dans une optique d’intérêt général. On peut penser que les quatre élus de l’Entente joueront  un rôle déterminant à cet égard sous l’impulsion d’un Président qui sera évidemment l’un d’eux.   Nous voulons croire que ce Collège saura organiser, dans le respect du huis clos, les inévitables et normales confrontations de positions initiales sur les sujets délicats ; et qu’ensuite ce Collège gouvernemental présentera et défendra comme tel sa position devant un Grand conseil qui ne manquera pas d’être agité, et devant l’opinion.

Un dernier mot pour saluer la dignité, le cran et la classe d’Isabel Rochat dimanche soir. Gageons que son image de maillon faible n’eût pas été la même si ses collègues ne lui avaient pas attribué, il y a quatre ans, ce Département de la sécurité alors en pleine instabilité. Des hésitations et des pannes de communication ont masqué le travail de fond commencé dont a bénéficié son successeur.

Il a été dit qu’avec l’échec personnel d’Isabel Rochat c’était un échec libéral. C’est se connecter sur le passé. Au moment de la fusion libérale-radicale, il y eut deux Libéraux et un Radical. Puis, à cause des circonstances que l’on sait, deux anciens Radicaux et une ancienne Libérale. Nous voici avec deux anciens Radicaux élus en tête. Et alors ? La prochaine fois, après le départ de François Longchamp, on aura peut être bien un ancien Libéral. Il faut partir du neuf : le grand Parti PLR, premier parti du canton, premier groupe du Grand conseil, plaçant en tête ses deux locomotives pour l’élection au Conseil d’Etat et qui donnera le Premier Président du Gouvernement tel que le définit la nouvelle Constitution. Alors, hommage et merci à Isabel Rochat mais pas de résurgence nostalgique aux effets négatifs. Les vrais Libéraux sont aujourd’hui des vrais PLR branchés sur leurs valeurs et tournés vers l’avenir.

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31/10/2013

Voter en cohérence

On vote pour ce deuxième tour qui doit désigner nos sept Conseillers d’Etat et donc notre Gouvernement cantonal genevois  jusqu’au printemps 2018. Les partis ont raison de trouver trop long le temps entre le premier et le deuxième tour.  La nouvelle Constitution n’a pas prescrit le délai. Il appartiendra au Grand conseil de fixer un intermède plus raisonnable lassant moins les acteurs et les spectateurs et ne laissant pas trop longtemps le fonctionnement de l’Etat au ralenti.

On vote et des électeurs balancent entre fidélité à leurs convictions générales, lorsqu’ils en ont, et envie de réunir des personnalités qu’ils estiment représentatives, proches de leurs préoccupations et qui leur plaisent. C’est légitime et inhérent à une élection majoritaire portant sur des personnalités. Mais il y a un danger. On entend, par exemple, des militants PLR ou PDC exprimer l’intention de rajouter à leurs cinq candidats le MCG Mauro Poggia. On les entend dire, par exemple,  qu’ils le préfèrent à Anne Torracinta et à Antonio Hodgers. Le problème est que la plupart de ceux qui vont voter pour les trois nommés n’auront pas ce genre d’états d’âme. Chacun fera le plein ou peu s’en faudra des militants de son parti. Et soyons réaliste : la socialiste avec la discipline de gauche, l’écologiste avec sa belle image médiatique ont de fortes chances.  Il y a donc peu de chance pour que les militants PLR ou PDC qui se laisseront aller à rajouter Poggia barrent ainsi la route à la candidate de gauche enracinée et au charmeur qui surfe au dessus du reflux de son parti. Non, rajouter Mauro Poggia c’est mettre en danger l’un des deux candidats PDC ou, plus vraisemblablement encore la candidate PLR Isabel Rochat. Est-ce vraiment ce résultat que souhaitent ceux qui flirtent avec cette envie ? Ne vont-ils pas raisonner et admettre qu’un socle solide et majoritaire PLR-PDC est lui souhaitable au Conseil d’Etat ? Dans les mois et les années qui viennent il y aura besoin de stratégies, de décisions, d’actions cohérentes et reconnaissables. Il y aura besoin d’un Gouvernement capable de tenir son rôle devant les turbulences prévisibles du Grand conseil.  Il y aura besoin de personnalités libres ,au clair sur leurs valeurs, capables de collégialité, de loyauté et n’ayant pas un chef de parti omniprésent sur le dos, tel un Eric Stauffer derrière Mauro Poggia. Il ne s’agira pas d’un gouvernement monocolore. Les élus minoritaires   auront leur influence. Mais dans l’ensemble et sur une ligne générale un socle de l’Entente majoritaire pourra donner le ton, ferme mais sans outrance et simplifications trompeuses. Alors, de grâce, chez ceux qui ont un lien avec les deux partis fondamentaux de l’Entente genevoise pas de rajout inopportun.

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14/10/2013

Poggia: rectifier et préciser

Poggia : rectifier et préciser

 

Mon dernier Blog titré, <ne pas élire Mauro Poggia> semble avoir suscité un malentendu. Pascal Decaillet, --avec lequel j’ai également de très bons souvenirs et dont j’estime grandement la culture--, pense que j’ai déraillé en évoquant le passage de Mauro Poggia du Catholicisme à l’Islam. Peut être, en effet mon cher Pascal, que j’aurai pu m’abstenir d’évoquer ce point que je mettais en relation avec les autres changements de gîte de ce candidat. Mais je me dois de rectifier une interprétation erronée de mon intention et de préciser mon appréciation.

Non, le Libéral que je suis ne mettra jamais en cause la liberté personnelle de conscience et le droit d’être attaché à une religion ou une philosophie, dans le cadre toutefois des valeurs humaines et de l’ordre démocratique.  Non, le fait que ce candidat est musulman ne me choque pas du tout. Une fois ou l’autre il y aura sûrement un élu au Gouvernement de cette confession. Notre Etat est laïque. La nouvelle Constitution, à l’élaboration de laquelle j’ai collaboré, l’affirme clairement. Et oui, on a bien le droit de changer de conviction spirituelle : après tout, sans St-Paul tombant de cheval qui serions-nous ?

La question n’est pas là. Elle est sur les signes que cela indique sur un caractère. Tourner le dos à une confession qui vous a formé et accompagné durant des années n’est pas courant. Et alors, dira-t-on ? Oui, mais voilà que le même homme change tout autant de paroisse politique, passant du Parti libéral, au PDC pour devenir enfin une locomotive du MCG. On a envie de dire : et après ? Bouddhiste et écologique ? Ou bien d’extrême gauche ? Vous savez bien, mon cher Pascal Decaillet que  l’histoire a connu de ces gens qui passent d’un gîte à l’autre au gré des vents et de leurs pulsions intérieures. Souvent, ce ne furent pas des destins très rassurants. Et cela interroge sur la fiabilité, la cohérence d’une personnalité et sur la loyauté, la fidélité d’un caractère. Laissons donc la conversion spirituelle puisque j’ai été mal compris. Mais tout de même, être PDC avec ce que cela comporte et se retrouver MCG avec ce que cela montre ! On a bien le droit de s’interroger en effet sur un tel candidat qui passe si aisément d’un habit à l’autre ; surtout s’il prétend entrer au Gouvernement de Genève. Alors oui, en effet, je déplorerais qu’il prenne la place d’une candidate qui est tout le contraire par sa rectitude, sa continuité, sa cohérence , sa loyauté et sa fidélité sans failles aux valeurs qui l’ont formée : Isabel Rochat.  

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