Pollution politique et médiatique

La pollution abîme notre planète et nos poumons. Mais il y a une autre pollution : celle qui détériore notre vie en société. Juste deux exemples, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Le président Trump peut se targuer de son bras de fer économique et commercial avec la Chine. Il peut se féliciter d’un tableau flatteur sur la croissance et l’emploi dans son grand pays ,où tant de gens sont pourtant dans la précarité. Laissons à d’autres le soin d’évaluer ce qui lui est dû et d’analyser les perspectives à long terme. Mais nul besoin de laisser à d’autres le soin d’évoquer la vulgarité, l’imprévisibilité en politique étrangère, et, surtout, la violence verbale, la dégradation incroyable de l’image présidentielle avec, dans la foulée, la dégradation de l’ambiance politique en général. Cette grande démocratie, que Tocqueville s’était plu à décrire, —non sans en apercevoir déjà des failles—, va-t-elle verser dans un spectacle pemanent de jeux du cirque électrisés par les médias et, surtout, les réseaux sociaux ? Or, la question se pose : où va une démocratie qui expulse de son fonctionnement la dignité et le respect ?


Revenons de ce côté ci de l’Atlantique. L’affaire Griveaux. Évidemment, lorsque l’on a été ministre et que l’on est candidat à la mairie de Paris, mieux vaut éviter le risque de se faire piéger dans l’expression visualisée d’une pulsion sexuelle. Mais ici n’est pas le propos. Le fait grave est que les auteurs du forfait ont trouvé le moyen de tuer politiquement un homme en captant et en diffusant une image relevant de son intimité. Des délinquants dont on souhaite la punition pénale.Toutefois, ils ont réussi leur coup. On pensait qu’un pays comme la France était immunisé contre ce genre de poison trempé, dans ce triste breuvage du puritanisme anglo-saxon. Eh bien, ce n’est plus le cas, semble-t-il. On rêvait de réseaux sociaux facilitant des Iiens directs, chaleureux entre les personnes, ouvrant des chemins de participation citoyenne et civique. Or, force est de constater que cette communication électronique frénétique isole plus qu’elle ne relie. Elle attire les pédophiles. Mais elle offre aussi des outils aux violeurs de la sphère privée et de l’intimité. Or, la question se pose : où va une démocratie qui expulse de son fonctionnement la sphère privée et l’intimité ?

Une qualité du régime démocratique tient à sa qualité d’adaptation ; ce qui le distingue d’un régime autoritaire s’accrochant à ses rigidités. Mais une démocratie peut s’écarteler de ses dérives. Ceux qui l’aiment et la défendent doivent renforcer, haut et fort, une capacité de résistance. Résister à la vulgarité, à la violence, au simplisme dans les échanges politiques. Résister au voyeurisme, au puritanisme agressif livrant des proies ciblées à la morsure des hyènes médiatiques.

On pensait que la vocation des démocraties était de résister à la menace des dictatures extérieures. On voit que leur devoir est aussi de résister aux multiples dérives et tyrannies de l’intérieur ; dont les réseaux sociaux sont comme des porteurs dangereux du virus meurtrier. Dans cette affaire, il y a un enjeu : celui de la pérennité d’une société et de La Liberté des personnes. Résistons !

Commentaires

  • La Hidalgo serait une nonne!?

    Pourquoi n’a-t-il pas porté plainte ? C’est ce qu’on appelle « baisser son pantalon » et donner raison à ces voyous qui se déploient dans les services sociaux et aimeraient passer pour des anges tombés du ciel. C’est donner raison à ce Malade de Russe qui se « coud, se cloue les « coucougnettes » et je ne sais quoi d’autre.... ce dérangé devrait être enfermé ainsi que ceux qui l’ont engagé..... !

  • Pourquoi dites-vous que la France est une démocratie?

    Un pays où ne sont respectés ni la constitution ni le principe de la séparation des pouvoirs n'est plus une démocratie.

    Vous êtes un trop fin observateur politique pour qu'il me soit nécessaire de vous fournir des exemples.

  • Vous reprenez intégralement le discours des élites françaises, dont on mesure aujourd'hui à quel point elles restent marquées par le catholicisme, religion des féodaux par rapport au protestantisme, religion de la bourgeoisie. Dans cet aréopage de la bien-pensance qu'est C dans l'air d'il y a deux jours (sauf erreur) le sociologue Le Goff, après de longues digressions sur le thème assez semblables aux vôtres, a enfin, vers la fin de l'émission, fait remarquer que très probablement la plupart des Français étaient d'accord avec Serge July. Je partage cette opinion, ainsi que celle de July...
    Vous lirez avec intérêt le billet de Stéphane Montabert sur ce sujet sur la plateforme 24 heures. Une remarque intéressante d'un commentateur : le gouvernement peut s'estimer heureux que le trio d'anarchistes n'a pas cherché à faire du chantage avec cette vidéo...

  • Jean-Pierre Le Goff est un ancien maoïste ayant publié un réquisitoire à charge contre le gauchisme intellectuel. Serge July est un ancien maoïste ayant déclaré: «Le gauchisme et la contre-culture ont cessé d'être des forces créatives ». Presque 52 ans après la création du mouvement du 22-mars (1968), le ménage est bien avancé. Mais, comme la France est la fille aînée du marxisme depuis la Libération (1945), et que cette corruption de l'esprit continue de remplir les têtes façonnées par l'Éducation nationale, il faut encore compter sur deux ou trois générations d'enseignants issus de l'immigration pour la voir totalement effacée.

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