Cette non douce France

La France garde, à beaucoup d’égards, un charme qui nous attire. Elle a une grande histoire. Mais Charles Trenet ne pourrait plus chanter <douce France>. Elisabeth Badinter relève avec inquiétude l’ambiance délétère qui parcourt le pays. C’est plein de détestations réciproques. Il y a le mal des cités et le ratage de l’intégration des immigrés qui y sont confinés. C’est explosif. Nombre d’intellectuels,—avec de notables exceptions—, n’osent plus parler d’identité nationale et tournent le dos au récit patriotique traditionnel. Cela se prolonge dans l’école. Évoquer, par exemple, le bapthème chrétien de Clovis comme repère d’un début de la France comme telle ne soulève pas seulement une légitime interrogation des historiens ; c’est presque dénoncé comme du racisme ethnique et religieux. Enfin, la crise sociale actuelle démontre combien il est difficile pour la France d’adapter son fonctionnement étatique à ce que demanderont les réalités de demain. Les remous légers ayant entouré l’élection du Conseil fédéral font sourire en regard des turbulences françaises. Sait- on que, depuis 1947, la SNCF n’a pas connu une seule année sans grève.

La France est-elle capable de conduire des réformes indispensables ? L’hostilité syndicale à la réforme des retraites élaborée par le Gouvernement a de quoi sidérer. Il fallait entendre ce conducteur de métro s’indigner d’une perspective l’obligeant à travailler jusqu’à 64 ans alors qu’il avait, dit-il, signé il y a quelques années un contrat lui ouvrant la porte du repos dès la petite cinquantaine. C’est à peine croyable . Pourtant, le Gouvernement a précisé que la fin progressive des régimes spéciaux ne concernerait pas les salariés de ces branches privilégiées s’ils étaient à moins de dix-sept ans de l’âge de retraite prévu. On mesure l’étalement dans le temps et, d’ailleurs, le coût persistant durant tout ce temps là. Les Français devraient constater que, partout en Europe, on envisage une élévation de l’âge de la retraite. Il s’agit d’une conséquence du vieillissement de la population, de l’allongement de la durée de vie et du rétrécissement de la frange des actifs auxquels il incombe de supporter cette solidarité entre générations. C’est pourtant évident : le financement du système est en jeu. Faute d’une réforme, il faudra bien, à la fois, augmenter les cotisations et les impôts. La France risquerait vraiment de devenir une exception ingérable. Un cheminot français de demain peut-il trouver juste et raisonnable de se retirer dans la cinquantaine et de profiter d’une retraite pleine jusqu’à 95 ans par exemple ? Eh bien oui, d’ après des syndicalistes qui ne se préoccupent pas des moyens de reprendre la maitrise d’un bateau en dérive.


Oh, il y a les slogans de toujours. Taxer davantage les riches et les entreprises . C’est un ministre français de naguère, pourtant, qui avait dit justement que trop d’impôt tue l’impôt. En effet il y a des limites au-delà desquelles on étouffe l’investissement et la productivité économique ; donc on va vers une destruction de l’emploi. Certains, nichés dans les secteurs publics, se boucheront les yeux. Mais un déficit de la sécurité sociale accentuant gravement le déficit général de l’Etat ne pourrait que mettre la France et les Français en situation de fragilité et de vulnérabilité.


Pour en revenir à la réforme des retraites, on espère que le Gouvernement français, bravant la fronde, tiendra bon sur l’essentiel. Mais si la crise devait durer, le Président Macron ne pourrait-il pas recourir au Référendum à la française. Il pourrait soumettre le projet au vote du peuple en s’engageant, avec ses ministres, dans une grande campagne d’explication des enjeux. Est-ce une illusion de penser , qu’à la fin, une majorité des citoyens bien informés sur tous les paramètres, se rendrait à la raison ? A défaut, le peuple prendrait la responsabilités des enlisements funestes qui en découleraient.

Ah, qui chantera demain qu’il fera bon de vivre en France ?

Commentaires

  • "Ah, qui chantera demain qu’il fera bon de vivre en France ? "

    Ali Ben Baba..... la remplacera....

    Bon retour M. Eggly :) Je me suis inquiétée après votre dernier billet......

  • Cette réforme des retraites est un hold-up. Et vous voudriez que les prolétaires se laissent tondre sans réagir. Bien sûr c'est ce que vous voulez, car vous avez toujours défendu les capitalistes qui se sucrent sur le dos des prolétaires. Et nous savons tous quel serait le résultat d'un référendum. Votre "la réforme ou le chaos" est un pur chantage et un mensonge.

    La France n'est pas une démocratie. Essayez donc en Suisse de reculer l'âge de la retraite! Vous auriez zéro chance de succès, car la décision finale serait celle du peuple qui vous enverrait sur les roses.

    Quant à Badinter, actionnaire de publicis, tout le monde aura compris qu'elle défend ses intérêts financier, comme elle n'hésite pas à faire affaire avec l'Arabie. Tout est bon pour le profit.

  • Très bien dit. On pourrait rajouter des lois trop nombreuses mais rarement respectées (spécialement concernant l'environnement, voir le nombre de motards "verts" qui circulent dans toutes les forêts, protégées ou non. Ou dans le domaine de la construction...).
    Une fiscalité confiscatoire pour payer la facture sociale, 730 milliards d'euros par an selon le général de Villiers...
    Des droits de succession draculesques. Des routes encombrées de camions, des trains de marchandises abandonnés (Perpignan - Rungis). Une insécurité majeure due à une immigration non-contrôlée (mais là, on est dans la même situation...). Une gastronomie de surgelés. Une administration courtelinesque.
    Et comme vous le dites, une grève chasse l'autre. Il y aura toujours un blocage quelque part...
    La douce France a vraiment une sale gueule. Et dire que certains complotent de lui acheter leur avion. Sont pas rancuniers. On sait tous d'où nous viennent les brimades européennes, sur la Bourse ou autre...

  • Tout le monde en France, les opposants comme les autres, appelle à la réforme des retraites mais comment accepter que le gouvernement ne soit pas capable d'indiquer à combien se montera le point de cette retraite à points; 1 point signifiera combien d'euros?

  • "Charles Trenet ne pourrait plus chanter ."

    En effet, c'est vrai, mais ce qui arrive est dû principalement à un système que vous défendez bec et ongles, alors pourquoi vous plaignez-vous au juste, vous le grand adversaire de l'UDC?

    Le Professeur Gilles de Beaupte explique tout cela très bien dans cette vidéo:

    https://www.youtube.com/watch?v=VKZJmt09OFY

  • Il ne reste plus qu'a attendre qu'une bergère pucelle reprenne les choses en main !

  • Pourquoi tant d'agressivité Arthur?

    Au fait! Combien d' Arthur dans cette blogosphère?!

  • On nous avait mis en garde à propos du narcissisme ("gravissime": par un psy italien reconnu et autorisé) d'Emmanuel Macron.

    On ne lit ou n'entend jamais évoquer le prénom d'Emmanuel Macron qui se "croit, vit et fait vivre comme chargé d'une mission" (Marianne)

    Emmanuel Macron avait fait savoir que sa gouvernance serait jupiterienne…

    Emmanuel signifie "Dieu avec nous" or...

    connue l'influence de nos prénoms sur nous!

  • P.S.

    Les personnes narcissiques excessives "ciblent" les individus susceptibles, selon elles, de leur faire de l'ombre

    tel Monsieur Borloo particulièrement offensé par Monsieur Macron, personne ne l'a oublié, à propos du la présentation de son travail (refusé, et de quelle manière! par Emmanuel Macron) concernant les banlieues.

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