Un rêve libéral

Après ces élections fédérales, le PLR genevois est secoué, contrairement au PLR vaudois qui perd, certes, un siège au Conseil national mais conserve superbement celui du Conseil des États. Du coup, la question des alliances revient fortement dans les discussions. Évidemment, si au deuxième tour pour les Etats à Genève, on avait eu un rassemblement des voix PLR_PDC_UDC etVerts libéraux derrière le candidat PLR, ce serait peut être bien ce dernier qui serait à la place du Socialiste ; comme chez les Vaudois. Et si, en plus, on n’avait pas eu cette affaire Maudet qui a jeté le discrédit sur le PLR et a incité nombre d’électeurs à le bouder ! N’abordons pas ici ce volet pénible dont les péripéties judiciaires ne tardent que trop.


Les alliances. Il est clair que la discussion a une résonance à la fois cantonale et fédérale. Dans le Canton de Vaud, l’UDC et le PLR ont estimé que leurs divergences communes avec les options de gauche , plus la volonté d’avoir au moins un duo politiquement équilibré et représentatif à la Chambre des cantons valait de conclure une alliance électorale au deuxième tour. Pas à Genève où, de plus, le PDC, traditionnel partenaire du PLR, était farouchement contre. La question : continuer ainsi est- ce construire une machine à perdre dans toutes les élections au scrutin majoritaire ? Certes, des sujets clivants séparent l’UDC, tant nationale que cantonale, duPLR et du PDC. Les relations avec l’Union européenne, les modalités de la politique d’immigration et aujourd’hui les éléments d’une politique de l’environnement. En revanche, il y a des ponts évidents en matière de politique financière, de politique économique, sociale et sur la politique de sécurité ; autant de sujets où une Droite élargie peut contrer une Gauche unie redoutablement étatiste et voulant mettre l’économie libérale sous tutelle. Même sur les sujets durs, il n’est pas exclu trouver parfois des compromis avec certains UDC. On a vu qu’une Céline Amaudruz n’était pas toujours d’accord avec l’UDC zurichoise.


Il y a donc lieu, notamment à Genève, de reconsidérer cette question des alliances ; mais cela sans renier les positions de chacun. Toutefois, ces réflexions nécessaires sur les alliances ne sauraient éviter un débat plus fondamental, indispensable et qui concerne la Droite libérale au sens large. Comment être libéral aujourd’hui ? En insistant bien sûr encore et toujours sur la valeur qu’est la Liberté. Mais ne doit on pas introduire davantage certaines composantes qui se réclament de la responsabilité. On ne peut plus dire simplement que l’économie libérale doit laisser le champ libre à une concurrence cherchant la meilleure rentabilité financière, le meilleur profit en jouant sur les prix. S’il convient de rappeler tout ce que l’économie libérale a apporté comme richesses particulières et générales, l’équation réduite à cela est devenue trop simple. Prenons les nouvelles exigences en matière de protection de l’environnement et de transport. On voit bien le danger que ces préoccupations, sous l’impulsion d’une Gauche-Verte, ne conduise à des excès fiscaux, bureaucratiques et réglementaires de toutes sortes ; que la Liberté personnelle et économique n’en soit fâcheusement affectée. C’est aux Libéraux de privilégier des incitations, de faire appel à une nouvelle conscience afin que de nouveaux paramètres guident les stratégies d’entreprise et les comportements des particuliers. Après tout, cet élargissement de l’approche est un retour à une philosophie libérale qui défend la liberté mais demande aussi la responsabilité . Oui, c’est dans les gênes d’une philosophie libérale de concilier ces deux termes.


Et là, franchement, contre des propositions lourdement étatistes, il y a place pour des politiques cohérentes, larges, innovatrices, favorisant les nouvelles technologies, diminuant le gaspillage, la pollution, soutenant les comportements adéquats et permettant une croissance plus intelligente. A cette fin, ne pourrait-on pas envisager des coordinations de l’action politique regroupant le PLR-Le PDC-Les Verts libéraux-le petit PBD ? Et bien sûr, il devrait y avoir des recherches de compromis, mais quand quand c’est possible, avec les Socialistes, les Verts et aussi avec l’UDC. De telles majorités un peu structurées, non pas d’opportunisme mais d’équilibres, correspondraient très probablement à ce que souhaite une majorité des Suisses.

Il y a donc bien deux débats à ouvrir simultanément au sein de la Droite au sens large. D’une part une réflexion sur des alliances électorales surmontant les différences ; d’autre part une volonté de réunir les bonnes volontés au service d’une bonne politique conjuguant au mieux liberté et responsabilité. Ne serait-ce que le rêve mélo d’un Libéral ? Et si c’était la condition pour un avenir humain durable !

Commentaires

  • En vous lisant, ça ne donne vraiment plus envie de voter UDC ou PLR... et bien sûr encore moins socialiste, vert, etc.

    Je fais partie de ceux qui souhaiteraient voter pour un courant souverainiste, conservateur, voire libéral au sens noble du terme. Un courant qui porte ses attentions sur la cohésion sociale; et non pas sur l’économie de casino, les «jeux de l’avion», ou à la recherche de profits spéculatifs.

    Donc, non à ces UDC et PLR dépourvus d'éthique et de bon sens.

    Faut bien comprendre que votre «libéralisme» qui est au Libéralisme, ce que le rap est à la Musique, c’est terminé !

  • On veut en même temps gagner les voies des petits bourgeois et celles des entrepreneurs, comme disais l'autre, y en a un qui amène les votes et l'autre qui fournit élus !

    Faire des unions, d'accord, mais si c'est pour ensuite ce plaindre de Maudet, y a comme un hic !

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