Gros dossiers fédéraux ouverts

Dans moins de deux semaines on connaîtra les résultats des élections fédérales ; sauf en ce qui concerne le deuxième tour pour le Conseil des États. Recul pour tels ou tels des partis gouvernementaux ? Confirmation des prévisions sur une avancée verte ? La Suisse électorale connait des variations ; rarement de grands bouleversements. On est donc prêt à parier que ce nouveau Parlement, en décembre, élira les mêmes Conseillers fédéraux et respectera la même composition politique du Gouvernement. C’est au Parlement que pourraient se faire jour des inflexions nouvelles dans les votes.

En fait, ce sont surtout les dossiers ouverts qui vont dicter le calendrier. Les mesures contre le réchauffement climatique vont devoir être renforcées. Mais il faudra trouver un consensus parlementaire, à la fin, qui puisse tenir le choc devant le peuple. Sans oublier ce qu’il pourra advenir de telle ou telle Initiative populaire dans ce domaine. Certes, il y a urgence mais ce ne sera pas facile. Un exemple pittoresque et pourtant sérieux : trop de vaches polluent beaucoup. Or, on est en pleine discussion sur une politique agricole qui cherche des adaptation plus écologiques. Il y a, bien sûr, la question de l’Assurance maladie. Comment faire baisser les coûts médicaux sans menacer l’accès général aux soins et leur qualité ; cela aussi en regard de l’augmentation encore prévisible des personnes âgées vulnérables ? Diminuer le montant obligatoire des réserves des caisses ? Trouver un mécanisme de péréquation entre elles ? Créer des surveillances, voire des caisses cantonales ? Plafonner les primes, quitte à reporter des coûts sur les impôts ? Calculer les primes en fonction du revenu, comme pour les impôts ; idée de la Gauche ? Les projets foisonnent au gré de la confrontation politique. Mais, ici encore, à la fin devra se dégager une piste capable d’affronter le verdict populaire.

Quant à la prévoyance vieillesse, avec ses trois piliers, elle repose sur des principes sains. Toutefois, ils nécessitent des aménagements. Les dernières enquêtes font craindre un appauvrissement des séniors, de plus en plus nombreux. Cela pourrait devenir un grand problème humain, social et financier. Le deuxième pilier est -il suffisamment solide pour l’avenir ?Faudrait-il envisager un mécanisme fin de solidarité ; par une péréquation à travers un fonds commun s’ajoutant aux capitaux de chaque caisse ? Et quid pour les Indépendants fragiles ? Les députés, à l’instigation du Conseil fédéral, devront faire preuve de lucidité, d’imagination, d’une capacité de dialogue ; quitte à laisser certains dogmatismes idéologiques au vestiaire. Et pour le premier pilier de l’AVS, pourra-t-on éviter longtemps la nécessité d’élever l’âge de référence du droit à la retraite, moyennant certaines nuances ?


Enfin, sur la politique extérieure. Vivement que le peuple fasse un sort à cette funeste Initiative populaire contre la libre circulation des personnes avec l’Union européenne ! Et vivement que le Conseil fédéral et le Parlement, s’appuyant sur des partenaires sociaux capables de se décrisper, de voir un peu loin, concluent enfin cet Accord institutionnel dynamique avec l’UE ! Comment ne pas comprendre que ce sera dans l’intérêt réciproque et que l’économie suisse, donc les Suisses dans leur ensemble, ont tout à y gagner. Cela d’autant plus que des mécanismes de surveillance sociale existeront toujours. Quant au contrôle démocratique pour tout développement de l’Accord, il sera garanti. Oui, en 2020, Gouvernement et Parlement vont devoir prendre enfin leurs responsabilités dans ce dossier et s’engager à fond. Cette nouvelle législature devrait vraiment voir se confirmer et se renforcer une articulation consentie et maîtrisée de la Suisse avec ses partenaires européens, aussi vitaux que naturels .

Volà. Reste à souhaiter que les élus soient à la hauteur des enjeux.

 

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