Ne pas réduire le débat politique

La campagne pour les élections fédérales est bien lancée. Des débats ont lieu dans sur les chaînes de télévision et de radio. C’est bien. Quant aux slogans et aux affiches , ils fleurissent. C’est la loi du genre. Certains médias veulent apporter ce qu’ils appellent un plus démocratique en invitant les candidats à se prononcer de manière précise et catégorique,—-pratiquement par oui ou non—, sur des questions posées. Eh bien, à ce sujet, on peut se poser des questions.


Notre idée de la politique est que les politiciens et les partis doivent avoir des lignes générales claires, des repères et des projets reconnaissables. Il ne s’agit pas de se réfugier dans la langue de bois et les paroles vagues. Il importe qu’apparaisse ce que l’on souhaite pour le pays et la population, et que les moyens prévus à cet effet soient expliqués. Cela dit, la politique implique des recherches d’équilibres, parfois difficiles à construire. Si une politique marquée du souci de l’environnement est indispensable, on sait qu’il va falloir trouver les bonnes articulations avec les préoccupations économiques. Et si les défis sociaux se profilent devant nous, on sait que les moyens financiers qu’il faut prévoir ne seront pas faciles à dégager. Si la fiscalité, dans toutes ses variations, est un outil pour organiser la solidarité, on sait que, trop lourde, elle va entraîner des conséquences néfastes. Et ainsi de suite.

A cela s’ajoute le fait qu’aucun parti ne peut imposer sa loi. La Suisse fonctionne avec la recherche de compromis ; au Conseil fédéral et au Parlement. Lorsqu’ils n’ont pas eu lieu, le peuple tranche au travers de la démocratie directe. On le voit, tout celas mérite , certes, une vraie confrontation des idées, mais avec la possibilité de les développer devant les électeurs. La maturité civique postule une capacité à reconnaître la complexité des choses. Or, une pression, notamment médiatique, afin d’obliger à une simplification du discours ne relève pas de l’enrichissement démocratique ; au contraire.


Dès lors, on peut comprendre que certains candidats résistent à cette pression et se méfient des questions simplistes. Il ne s’agit pas de laisser les candidats aux élections noyer le poisson à propos des grands enjeux. Mais il importe d’échapper à l’inquisition qui se pare d’une fausse vertu et qui mène à une réduction politique. Le peuple suisse mérite mieux que cela.

Commentaires

  • En matiere de simplissisme, la vidéo de l`UDC vaut le déplacement. Si l`idée des concepteurs était de faire du second degré, le résultat ressemble plutot a un film d`illustration de la paranoia. Comment les cadres du parti ne se sont-ils pas apercus que ces images autour d`un sinistre "bunker" et d`un grand chef obsédé par le complot et le secret qui explique son plan d`attaque qui se veut génial a ses généraux mi-subjugués mi-sceptiques en leur distribuant les roles évoque quasi-irrésistiblement un autre sinistre bunker et un autre grandiose plan de guerre? Vous avez dit bizarre?

  • Vous avez raison sur le fait qu'il y a rarement de réponse simple, parce que le principe de "survie" est de s'adapter donc il y a plusieurs réponses qui suivent l'évolution.
    L'idéologie est par conséquent ce qui empêche de s'adapter le plus efficacement.

    Nous savons que la bonne question est : Qu'est-ce qu'il faut faire pour apporter le bien-être dans la population. Ce bien-être en question, est celui qui impacte le citoyen sans que celui-ci ne puisse agir (pollution, bétonnage, ville sans âme dédié à une économie, chômage, ...).

    La réponse de la droite est purement économique. Mais l'humain n'est pas une machine qui se nourrit exclusivement du monde matériel.
    La gauche fait l'impasse, par manque de vision, elle se rabat dans la défense communautariste.

    Les réponses ne sont pas simples puisque, plus que dans le passé, l'adaptation doit être rapide.
    Des politiques, on demande une vision pour la société avec comme but l'humain. On demande aussi d'abandonner les réponses idéologiques pour s'adapter aux futurs changements.

    Les suisses sont pragmatiques, et les politiques ont majoritairement les pieds sur terre en cas de crise. Sauf qu'il y a une illusion de stabilité qui empêche d'aborder le présent comme un moment de crise.

    Il est illusoire de croire qu'une Suisse à 10 millions d'habitants ne va pas créer une vague de xénophobie, d'autant plus lorsque l'économie faiblira. Et encore moins avec 20millions probablement d'ici la fin du siècle pour suffire à la voracité de l'économie qui ne s'intéresse pas à la qualité de vie de l'humain.

    La droite est responsable de la qualité de vie lié à l'économie. Elle doit donner une vision qui s'adapte à la population actuelle.
    L'augmentation de la population rassure l'AVS, mais cette nouvelle population aura droit aussi à l'AVS, la crise sera encore plus importante dans ce jeu de l'avion. Il n'y a donc pas d'arguments logiques à cette économie qui doit puiser à l'extérieur par manque de travailleurs indigènes.
    Quant à l'argument d'avoir le job de son rêve, rien n'empêche de l'avoir dans un autre canton ou à l'étranger.

    L'économie doit retrouver un équilibre avec les intérêts humains, suisses. Il n'y a pas de réponses yaka, mais une adaptation continuelle.
    Ainsi, il faut commencer par se poser la question, qu'elles sont les besoins des habitants en terme de travail et son pendant qu'elles sont les conséquences structurelles d'une nouvelle population (saturation des transports, création d'autoroutes, écoles,...).

    Pour moi, il n'est plus raisonnable de penser que : canton, suisse. Il faut développer une économie transfrontalière où les entreprises se développent de chaque côté afin de préserver la qualité de vie dans notre pays.

    En résumer, il est impossible pour les partis de donner une réponse par oui ou non. Mais, il ne faut pas attendre des élections pour donner une vision sur le futur.
    Les partis doivent donner leurs visions et si ils ne servent pas la soupe idéologiques, elles vont évoluer face aux situations nouvelles.
    Les citoyens ont besoins de connaître les intentions des partis pour la Suisse de demain.

    Qu'elle Suisse pour 2030, 2050, 2070 ?

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