Pour le climat mais en même temps...

 


On prévoit une forte progression des Verts lors des élections au Parlement européen. Mais on prévoit aussi une progression des droites nationalistes. C’est l’illustration d’une conjonction de problèmes et de réactions, ces dernières n’allant pas forcément dans la même direction.


La détérioration du climat, c’est grave et il y a urgence. Des dégâts, sans doute irréversibles. ont eu lieu. De même en ce qui concerne la pollution. Des espèces vivantes, inhérentes aux équilibres de la nature, sont en voie d’extinction. Une disparition des grands singes , par exemple, est liée au rétrécissement des forêts,lesquelles assurent l’air que nous respirons. Et ainsi de suite. Il faut être capable d’un méa culpa. Nous sommes nombreux, en ce domaine, tant dans la politique que dans l’économie, à n’avoir prêté qu’une oreille distraite aux lanceurs d’alerte dans les années soixante, septante, quatre vingt et même nonante. Il passaient quelquefois pour des oiseaux de mauvais augure, des gens à contre-sens qui prônaient une dangereuse décroissance. Peu à peu, des prises de conscience ont eu lieu, mais des actions déterminées et concertées en résultant manquaient largement.

Il faut à la vérité et à la réalité de dire que les choses ne sont pas simples. En effet, qui peut nier que la croissance économique a eu des effets bénéfiques ? Même si tant d’inégalités sont à relever, la prospérité, le niveau de vie dans le monde sont beucoup plus élevés qu’ils n’étaient il y a quelques décennies. Nombre de pays, naguère désespérément sous-développés, sont devenus émergents, voire redoutablement émergés sur la scène mondiale : pensons à la Chine. Toutefois, les inégalités, les tragédies politiques, les manques de perspectives pour les jeunes, la démographie galopante en Afrique et ailleurs ont suscité des vagues migratoires qui inquiètent notamment les pays européens. Ces derniers ne sont toujours pas capables de se coordonner pour réguler ce phénomène L’aspect humain est évident. Il y a aussi le fait du vieillissement des populations de nos vieux pays qui appelle à une dose d’immigration nécessaire. Il n’en demeure pas moins,—n’en déplaise aux bonnes âmes de chez nous—, que cette immigration pose aussi des problèmes d’intégration et donc de cohésion autour de valeurs communes. Ne pas le voir et ne pas prendre des mesures à la fois positives et sécuritaires, c’est s’asseoir sur une bombe à retardement ; dont le risque de faire le lit des partis xénophobes, à l’égard desquels il faut naturellement garder toutes ses distances. Pas simple tout cela, mais incontournable.


Même les actions apparemment en faveur du climat montrent des contradictions. Prenons la Chine qui se lance dans les innovations technologiques. Demain, ses voitures électriques pourraient inonder notre marché. Gare aux éléments de fabrication des batteries et à leur recyclage en bout de course. Surtout, cette même Chine exploite à fond du charbon de mauvaise qualité et en vend. Prenons aussi les contradictions sur le terrain. La crise des gilets jaunes a commencé avec une hausse annoncée, mal préparée, de la taxe carbonne. En fait, cela a révélé un malaise social profond et une méfiance accumulée envers les autorités politiques.


Oui, Emmanuel Macron avait raison de dire : <il faut en même temps…>. Il faut, en même temps, conduire des politiques internationales et nationales de protection du climat, de la nature et des espaces ; susciter une croissance nationale et internationale qui trouve ou retrouve des équilibres sociaux et interrégionaux ; avoir des échanges diplomatiques qui aident à résoudre les conflits et fassent avancer la paix ; maîtriser, avec un dosage d’ouverture et de fermeté, le fait migratoire. Qui a la solution nous conduisant à des équilibres parfaits ? Dans cette période historique d’incertitudes multiples, il nous faut bien sûr des rappels forts de l’urgence. En ceci, les manifestations de jeunes pour le climat sont importantes. Elles peuvent réveiller les décideurs trop alanguis . Mais, pour ne parler que de notre continent et de son influence posssible au-delà, que l’on aimerait voir se déployer une véritable politique européenne, incluant la Suisse. Heureusement, il y a des pistes. Investissements massifs dans les énergies renouvelables ; taxes sur ce qui pollue,—y compris pour les transports en avion- ; placements financiers recherchant des critères éthiques et des garanties de développement réels et durables (restauration donc du lien abîmé entre finance et économie ). Ajoutons encore, dans cette période de mouvements accélérés, un accent mis sur la formation scolaire et professionnelle : gage de capacité d’adaptation.


Oui, il faut envisager et renforcer tout cela. Toutefois, s’il ne s’agit pas de rêver d’un monde redevenant sage et sobre à tous égards, nous devons nous interroger. Nos sociétés pourront-elles s’en tirer sans des retours aux sources ? Entendons par là, des réflexions sur la vie et sur nous-mêmes, des quêtes de sens. Préciséement à cause de l’accérlération de tout, y compris dans la communication, n’est-il pas impératif de renouer avec des dimensions philosophiques, éthiques, spirituelles ? Le siècle amorçé sera celui du numérique, de l’intelligence artificielle, des technologies inouïes à disposition de l’homme, des percées vertigineuses dans la connaissance de l’univers, ou plutôt des univers en mouvement. Quel galop ! Mais comment tenir les rênes de ce char emballé ? Ce sera peut être le destin de ce siècle de trouver, ou non, des réponses, une maîtrise, du sens.

Commentaires

  • Il faudrait nous interroger sur nos besoins réels.

    On ne peut que redonner le nom du psychologue Paul Diel qui mettait en garde contre l'ennemie numéro un des civilisations: la banalisation.

    Il faut choisir entre marché sans éthique ou protection de la nature.

    Selon certains auteurs "transition écologique est une invitation moins motivante que protection de la nature".

  • Article à ne pas manquer:

    https://www.dreuz.info/2019/05/18/les-glaciers-grossissent-apres-avoir-fondu-les-medias-refusent-den-parler/

  • Voilà où nous mène la folie climatique qui sévit. Désormais la RTS et les verts nous font comprendre qu'il ne faut plus faire d’enfants pour “sauver la planète.” Mais bien entendu ça ne concerne que les méchants occidentaux:

    https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/faut-il-arreter-de-faire-des-enfants-pour-sauver-la-planete?id=10422320

  • @Hervé
    Attention à ne pas vous faire lyncher! Mais j'imagine que vous ne briguez pas de poste politique et que vous êtes donc encore libre de penser.
    Si le transport par bateaux ne polluait pas tant nous pourrions nous débarrasser de nos voitures et avions diaboliques et les échanger contre les charrettes et autre vélos auxquels sont encore condamnés les habitants écologiquement plus purs des pays comme l'Inde, la Chine, le Pakistan et le Brésil.
    Les Américains, eux, qui sont (et se font) de toute façon à l'abri de nos reproches, pourront encore polluer de manière infiniment plus intense pendant quelques décennies au moins, en jouissant d'un mode de vie diabolique et d'avantages commerciaux que nous nous interdirons.

  • "Article à ne pas manquer:"
    Article mensonger, comme le démontre l'article suivant. Ce ne sont pas LES glaciers qui progressent, mais un seul. En outre se glacier a augmenté sa vitesse ce qui explique aussi sa "progression".
    https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/47530/reader/reader.html#!preferred/1/package/47530/pub/69013/page/4

  • Trop tard, votre prise de conscience. Nous sommes remplacés. Le canton de Vaud est dirigé par des femmes socialistes et étrangères. Qui ont bien l’intention de faire venir encore plus de souris dans le fromage...

  • Eh oui, de grands problemes (climat, pollution, immigration) mais aussi de grands changements technologiques a gérer dans les décennies qui viennent. Ce qui caractérise le plus le populisme est justement la négation des problemes (pas de changement climatique, pas de pollution dramatique, pas d`immigration pourvu que l`on ferme les frontieres) et des conséquences sociales et économiques des nouvelles technologies a l`horizon (IA, objets connectés, robotique...). Le populisme, c`est d`abord l`autruche qui se fourre la tete dans le sable.

  • Pendant des décennies l'industrie chimique Dupont de Nemour en tête ont produits des CFC, face au danger que représentait ce produit sur l'ozone en haute altitude, de manière unilatérale, tous les gouvernements de la planète (excepté la Chine qui en produit encore, certainement pour vendre plus de panneaux photovoltaïques) ont décidé de stopper immédiatement la production de ces CFC, cependant, un trou ou plutôt des trous dans la couche d'ozone ont laissés entrer et continuent à moindre échelle de rayons UV dans les couches inférieurs de l'atmosphère et sur les surface de la terre.

    Ce à quoi nous assistons actuellement au niveau fontes des glaciers et autres réchauffements, n'est rien d'autre que la conséquence de la production, jadis, de ces CFC, nonobstant, alors que nous récoltons les retombées de ce dérèglement, l'ozone ce régénère rapidement et les tous dans la couche d'ozone ont diminués de 80%, d'ici quelques années il devrait redevenir normal. Sauf que la Chine continue de produire des CFC, vous savez, cet empire socialo-communiste qui cultive les milliardaires qui achètent des dollars par wagons et des montres à plusieurs millions !!

  • Aux temps où nous ne rougissions pas d'aimer notre patrie et ses habitants, où l'on nous apprenait à respecter la nature... la vie n'allait-elle pas mieux qu'aujourd'hui?

    D'autre part seule une société de partage apportera réponse aux problèmes des guerres, misères et nuisances.
    Admettons-le: nous ne naissons égaux en rien tant concernant nos moyens matériels qu'intellectuels y compris les dons artistiques et autres.
    Soutenir, accompagner, épauler… travailler non à creuser les fossés mais à les combler.

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