Regarder l’UE dans les yeux

Le Président Macron s’est adressé aux Européens par le truchement de plusieurs journaux de différents pays. Saluons son Initiative. Certes, l’Union européenne est grippée. Mais on peut continuer, vaille que vaille, à marcher lorsque l’on a la grippe ; et l’on peut retrouver une marche vaillante lorsque l’on est guéri. En l’occurrence, un test s’annonce : les élections au Parlement européen. La Suisse n’y participe pas mais elle est concernée. Elle est imbriquée dans la réalisation des libertés de circulation inhérentes au marché homogène ; y compris la libre circulation des personnes.


Contrairement à ce que des Euro-sceptiques de chez nous pensent, la Suisse ne saurait se réjouir du Brexit britannique. Elle a tout lieu de souhaiter un accord de l’UE avec la Grande-Bretagne. La Suisse ne saurait non plus voir dans les divergences au sein de l’Union européenne une justification à un repli indigène. Les poussées nationalistes dans divers pays, les turbulences italiennes n’ ont rien qui puissent la rassurer ; ni pour sa prospérité, ni pour sa sérurité en général. L’une et l’autre sont reliées à un équilibre européen et à une large liberté des échanges.


Le dernier Congrès du Parti socialiste est une semi bonne surprise. La démission spectaculaire d’une jeune députée a-t-elle joué un rôle ? Elle ne supportait plus l’opposition déclarée de la présidence du parti au projet d’Accord institutionnel avec l’UE ; en contradiction avec la sensibilité européenne affichée auparavant. Cette façon de rejoindre sur son terrain l’UDC nationaliste lui a déplu ; même si la justification était la défense des travailleurs. Or, au Congrès,la position socialiste est apparue moins rigide.

Bien sûr, la protection des salariés suisses est importante. Bien sûr, la question des travailleurs détachés sur le marché helvétique par des entreprises eurpéennes est objet de discussions avec Bruxelles. Bien sûr, nos mécanismes bien rôdés de lutte contre la sous-enchère salariale doivent être présevés, voire renforçés. Mais l’important tient à la réalité de La protection sur le terrain. On ne saurait s’achopper sur des modalités ; délais d’annonce imposés aux entreprises européennes par exemple.


Car enfin, il est aussi de l’intérêt de la Suisse qu’un Accord général institutionnel permette, automatiquement, une négociation d’harmonisation entre Bruxelles et Berne, dès lors qu’une évolution des règles européennes touchera tel ou tel domaine. Marcher du même pas, ne pas etre décalé, discriminé , ne pas être chaque fois demandeur d’une négociation de rattrapage : n’est-ce pas cela défendre nos intérêts, notre souveraineté dans le cadre d’une inter-connexion évidente ? D’autant plus,—-en fait de souveraineté—, que le Parlement suisse, voire le peuple avec le Référendum auront toujours le dernier mot.


Regardons l‘Union européenne dans les yeux car nous y trouverons notre propre reflet. Certes la Suisse est en lisière puisqu’elle n’est pas membre de l’UE. Toutefois, elle est partie prenante d’un destin européen dont l’UE est le pivot. Les grands problèmes à résoudre, tel celui de la migration, sont aussi les nôtres. Quelles que soient les divergences au sein de l’UE, cette articulation européenne tourne encore et toujours le dos à une histoire tragique qui a mis l’Europe à feu et à sang ; et qui a mis la Suisse en si grand danger. L’Accord institutionnel avec l’UE doit être l’illustration d’un esprit, d’une confiance, d’une projection vers l’avenir, d’une volonté politique et d’un attachement à des valeurs communes n’éliminant pas nos particularités propres. Alors oui, regardons l’UE dans les yeux et concluons sans trop tarder cet Accord institutionnel

Commentaires

  • En vous lisant je me demande qu'elles sont encore vos valeurs !

  • L'UE est un régime totalitaire, mais rien de choquant pour un socialiste, ils ont toujours aimé ce genre de "démocratie".

    Je me demande si je ne vais pas devenir moi aussi europhile, histoire de pouvoir enfin profiter de la vie sur le dos d'allogènes.

    J'ai un bel appartement que je vais pouvoir sous-louer avec l'acquiescement de ma régie, pour un loyer onéreux, ou une jolie parapatéticienne françaises ou espagnole pourra excercer sa si louable profession.

    Cul et chemise avec le capitalisme le plus dégeulasse mais après tout, l'ensemble des politiques de gauche comme de droite n'en ont cure, alors après tout.

    Pendant ce temps, je profiterai un peu du soleil à Tahiti, sans bien entendu avoir compensé mes émissions de gaz à effet de serre en payant mon billet d'avion un peu plus cher.

  • Difficile de prendre au sérieux une Union Européenne qui tolere dans ses rangs et continue de financer des "démocraties illibérales" corrompues jusqu`a la moelle qui crachent ouvertement sur les principes démocratiques, notamment la séparation des pouvoirs. A force de se laisser humilier, l`UE ne peut que finir en morceaux, ce qui est probablement le but recherché par les "démocraties illibérales".

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