02/12/2018

Pas de Gilets jaunes à croix suisse

Les dégâts provoqués,à Paris surtout, par les manifestations des gilets jaunes laissent pantois. Oh, les Genevois ont eu aussi leurs casseurs. On se souvient des aimables à côtés du G7 d’Evian. On peut même parler de schémas analogues en ceci : des manifestants nombreux, bruyants mais pacifiques se font infiltrer par des casseurs. Pour la police, la tâche est très difficile. Comment arrêter ces voyous avant qu’ ils ne passent à l’action en groupes distincts des manifestants ? Est-ce à dire que des protestataires devraient renoncer aux manifestations de masse, à cause du risque que tout dégénère ? Évidemment non. Ce serait, au nom de la sécurité, étouffer un droit démocratique important.


Cela étant, oui ceux qui appellent à manifester ont une responsablité. Il ne peuvent tout attendre de la police. Ils doivent mettre sur pied leur propre service d’ordre, organiser des moyens d’expulser du cortège ceux qui montrent des signes avant-coureurs de ce qu’ils recherchent. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. Il faut donc des responsables reconnus qui s’entendent avec les autorités chargées du maintien de l’ordre afin de fixer et de maintenir le plus possible les règles du jeu. La désorganisation des gilets jaunes a pesé lourd. Il n’empêche que le risque d’une dérive existe toujours. Il faut savoir que, dans une foule chauffée à blanc, la dynamique de groupe flirte avec l’explosion. Une personne prise dans ce genre d’ambiance n’est plus tout à fait elle-même ; cela quelle que soit la cause proclamée.


Il y a autre chose à considérer. C’est l’histoire et la culture politique de la France. Ce beau pays, forgé par le haut, n’à cesé de balancer entre la tradition monarchique, sous diverses formes, et la tentation révolutionnaire. Louis xv1, Robespierre et Napoléon étaient des contemporains bien français. Manque de concertations naturelles, peu de participations citoyennes au fonctionnement politique : le face à face périodique entre le pouvoir et la rue est, en quelque sorte, génétiquement programmé.


Cela devrait montrer à tous les Citoyens suisses combien l’histoire, la structure, la culture politique et le fonctionnement institutionnel de ce petit pays sont des atouts précieux et des garants d’une paix civile. Le Référendum et l’Initiative ne sont pas des instruments en main du pouvoir ; ils sont en main du peuple. Ce partage horloger des pouvoirs complique certes le processus de décision. Mais ce que nous voyons chez nos voisins ne peut que nous le rendre attachant. Tout n’est pas parfait. Il y a abus des Initiatives conçues, à l’origine, comme une possibilité de recours au peuple par des minorités non ou mal représentées au parlement. Les deux plus grands partis, l’UDC et le PS , y recourent abusivement. Les grandes associations aussi. Mais, tout étant considéré, ne grognons pas trop.


Attention, cependant, de ne pas nous sentir supérieurs à nos voisins auxquels nous sommes liés par tant d’intérêts et de valeurs. Leurs déboires doivent nous inquiéter ; leurs équilibres maintenus ou retrouvés nous rassurer. On ne peut que souhaiter à la France une voie apaisée vers des réformes conduites en concertation.

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Commentaires

Le gilet jaune est un passe partout. N'importe qui peut en porter un et se faire passer pour un autre. Les casseurs "jaunes" ne sont pas interceptés parce que plus "malins" que les gilets jaunes qui eux tombent dans les filets de la police. Il existe en France un fond de fouteurs de merde utiles aux tenants d'une idéologie en pleine progression. On lui doit la part grandissant du pays perdu par la République. Macron poursuivant une politique mondialiste feint d'ignorer une des composantes majeure du chaos qui s’installe. La France ne pourra pas encore longtemps tricher avec elle-même.

Écrit par : norbert maendly | 02/12/2018

Ne vous leurrez pas, les gilets jaunes débarqueront également en Suisse. Lorsqu'on voit les rejetons du club Bilderberg comme Barrazone ou Maudet, le clan des Siciliens en Ville de Genève, Yannick Buttet se faisant surprendre dans des buissons par la Police (et pourtant il siège toujours dans sa commune), Ada Marra qui soutient un couple de salafistes et qui devient Conseillère d'Etat sans même avoir été élue par qui que se soit, des augmentations de carburant alors que les plus gros pollueurs de la planète s'en battent les coucougniettes, cela finira également en eau de boudin.

Vous avez l'air d'avoir complètement oublier la tuerie au parlement de Zoug en 2001.

Le taux d'abstention devrait pourtant vous éclairer sur l'intérêt de cette caste professionnelle (lorsqu'on passe sa vie en politique, ne me parlez plus d'un parlement de milice), et du désintérêt profond et du mépris envers les politiciens actuels.

Écrit par : Laurent Lefort | 02/12/2018

"Le Référendum et l’Initiative ne sont pas des instruments en main du pouvoir ; ils sont en main du peuple."

Pour combien de temps encore? Les rêves d'UE de nos dirigeants et la propagande des médias font tout pour y mettre fin. On n'applique d'ailleurs déjà plus les décisions du peuple quand elles ont le malheur de déplaire à la bobocratie.

Écrit par : Armando M. | 03/12/2018

"Ne vous leurrez pas, les gilets jaunes débarqueront également en Suisse."
A Genève peut-être. Mais pas en Suisse. Genève est une erreur française en Suisse...

Écrit par : Géo | 03/12/2018

Il manque un billet sur l'Aquarius en ces blogs, et sur l'imposture de ceux qui défendaient un pavillon suisse pour ces escrocs de l'humanitaire...

Écrit par : Géo | 03/12/2018

Savez-vous, Monsieur Eggly, ce qui ferait monter la marée jaune en Suisse? C`est par exemple la main-mise des partis populistes sur les affaires des cantons et de l`État car il ne faudrait pas attendre longtemps alors pour voir se creuser le fossé entre le bas et le haut avec la réduction accélérée du niveau de vie du citoyen lambda. En France, les gouvernements Sarkozy et Hollande ont fait le nécessaire pour réveiller aujourd`hui la colere des foules avec le dernier coup de pouce de certains politiciens populistes qui font croire que le gvt Macron peut reconstruire en quelques mois ce que ses prédécesseurs ont démoli en plusieurs années.

Écrit par : Jean Jarogh | 10/12/2018

"C`est par exemple la main-mise des partis populistes sur les affaires des cantons et de l`État"
Dans le canton de Vaud, sous domination radicale/socialiste (blanc bonnet /bonnet blanc), la plus grande partie du budget est consacrée à l'entretien des citoyens du monde venus profiter de la bonne soupe helvétique. Je pense que les citoyens de ce canton seraient très heureux que l'on mette fin à ce gaspillage de ressources...

Écrit par : Géo | 10/12/2018

Et si le «paysage horloger» structurel, politique et institutionnel de la démocratie helvétique n’était qu’un écran de fumée anesthésiant et euphorisant? N’est-il pas ubuesque qu’un parti de droite agisse comme représentant des «petites gens» et que ses recettes, souvent grossières, promettent à des ex-électeurs de gauche une amélioration économique et une identité nationale. Curieux aussi que les autres partis suivent l’ordre politique de l’extrême centre ou, plutôt, effacent l’axe gauche/droite au profit d’une seule approche prétendant au vrai et à la nécessité logique.
Les élus du Parti socialiste appartiennent à la classe moyenne supérieure ou à l’élite intellectuelle et aux fonctionnaires, cultivant un style de vie urbain, global et hédoniste. Ils représentent la classe moyenne riche et toute la diversité des minorités, tout en utilisant l’État et la spoliation du bulletin de vote, pour maintenir leur rang.
Les radicaux ont leur veau d’or: l’idolâtrie économique qui ne se soucie peu des hommes réels, au prix de ces abstractions qui s’appellent entreprises, chiffre d’affaires, produit intérieur brut, balance des exportations. Honneur au schématisme, fils de l’abstraction!
Que dire des démocrates-chrétiens, «hommes et femmes de dossiers», faisant tout «comme il faut», au comportement correct – il y a des exceptions –, sans remous ni scandale, inexposés et «objectifs», cherchant toujours «le juste milieu» et les «mesures équilibrées», qui poussent à ne rien concevoir d’autre qui s’éloignerait du centre dont l’extrémisme revêt les parures de la modération et de la médiocratie.
Où sont donc passés les libéraux romands (!), dans le sens civique du terme? Se sont-ils noyés en nageant dans le courant dominant? Au lieu de lutter pour la liberté d’entreprendre, pour la responsabilité individuelle, ils ont mis de côté leur courage dans la lutte contre les abus de l’État-Providence et pour la préservation de leurs idéaux.
En conclusion, je cite la déclaration de M. Gorbatchev au sujet de l’évolution en Europe: «On cherche à faire revivre en Europe ce qui a échoué en Union soviétique. Les électeurs doivent se rendre compte que la politique et ses représentants ne sont pas la solution à des questions sociales importantes, mais le véritable problème.» On voit ce qui se passe aujourd’hui en France lorsque le système des partis traditionnels ne reflète plus la demande de la population.

Écrit par : A. Bloesch | 10/12/2018

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