06/10/2018

Oser dire les choses

Le week-end dernier, on a pu lire que des propos du Conseiller national Benoît Genecand avaient suscité des remous. Peut être qu’il aurait pu s’épargner quelques compléments à son message principal, lequel était de dénoncer le deal de rue dans son quartier de Genève ; en précisant que ces dealers étaient essentiellement des Noirs. S’il avait dit Africains, particulièrement de l’Afrique de l’ouest, aurait-il moins fait réagir ? Car, évidemment, ses phrases lancées sur un réseau social ont été qualifiées de racistes et xénophobes.


On a envie de dire aux censeurs : <ça suffit>. Cet excès de zèle, au nom de la lutte contre la xénophobie et le racisme, va exactement à fin contraire. De plus en plus de citoyens sont irrités par cette constante pression bien pensante qui vise à obtenir une auto-censure. La Liberté d’expression en est atteinte et le débat démocratique pourrait risquer d’être mis sous tutelle moralisante. Parfois, on frise le ridicule. Oh, que l’on ne nous fasse pas dire ce que nous ne disons pas. Nous avions soutenu avec engagement la loi contre le racisme et l’anti-sémitisme. Il fallait une barrière, en regard du passé et en prévision de l’avenir. Mais rapprocher toujours plus cette barrière de la parole libre devient inacceptable. Un vrai démocrate ne peut que le ressentir.


Écrire , par exemple, que tous les Africains seraient des traficants, des délinquants : voilà qui serait évidemment raciste et xénophobe. Mais écrire que le trafic de rue dans un quartier de Genève est largement le fait d’Africains : est ce du racisme ? On plaisante. C’est une constatation que tout le monde peut faire. Aussi dans d’autres quartiers. Ne pas oser le dire ou l’écrire par crainte de se faire accuser de racisme et de xénophobie : voilà qui est une sorte d’abdication sur La Liberté d’expression, une petite lâcheté démocratique.


Cela n’indique pas que l’on doive suivre l’UDC ou le MCG quant aux remèdes préconisés. Par rapport à nos liens avec l’Afrique, par exemple, l’auteur de ces lignes a croisé le fer vivement avec Christoph Blocher en personne, lors d’un débat. L’avenir commande des relations de partenaires entre l’Europe et l’Afrique ; sur pied d’égalité et dans l’intérêt mutuel. Et, par ailleurs, nous n’apprécions pas toutes les positions exprimées par Benoît Genecand, notamment en ce qui concerne notre Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.Mais c’est un autre sujet.


En revanche, son propos sur le deal de rue par les Noirs doit être reçu comme étant une constatation d’un fait réel et vérifiable. En démocratie, faire silence sur tel aspect afin de ne pas donner des arguments aux populistes, c’est justement leur donner les meilleurs atouts électoraux. Ils peuvent, non sans raison, dénoncer une propension à masquer des vérités, au nom d’une fausse bonne conscience. Ces obsédés de la non stigmatisation en perdent leur crédibilité, Oui, il y a des limites nécessaires à la liberté d’expression. Mais ces limites doivent être suffisemment larges, concerner des paroles intentionnellement racistes. Elles ne devraient pas être ramenées au point où La Liberté d’expression serait abusivement bridée. La franchise et le réalisme dans la description des faits constituent aussi des valeurs et des repères pour l’action politique. Alors oui, osons sans tabou dire les choses telles qu’elles sont. C’est une des clés de la démocratie.

 

 

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Commentaires

Un politicien qui appelle les choses par leur nom est un populiste et un populiste ça sent mauvais c'est bien connu. Dans ce monde où l'hypocrisie règne en maître comment volez vous que le commun des mortels s'y retrouve ? La langue de bois a pris le pouvoir et le règne des coups tordus s'est installé pour longtemps.Si vous voulez faire passer vos idées il faut faire semblant d'être d'accord par devant tout en manœuvrant à l'inverse par derrière. A ce petit jeu les suisses sont devenus des experts et malheur à celui qui annonce la couleur dès le départ, il sera cloué au pilori de la bien-pensance.

Écrit par : norbert maendly | 07/10/2018

Vous avez tout dit.
C'est la réalité qui peut amener au racisme. Or cette réalité s'est imposée parce qu'il y a eu un laxisme face à ce trafic.
Le racisme, la xénophobie se combattent d'abord en ne laissant pas la criminalité représenter une communauté.

Il faut une politique cohérente, la priorité doit être de ne pas avoir d'état d'âme contre les moutons noirs d'une communauté, et donc de les traquer et expulser. C'est la communauté qui doit être protégée, pas le dealer.

Se focaliser plus sur la délinquance dans les communautés, ce n'est pas faire du racisme ou xénophobie, c'est éviter leurs amplifications. Certains mouvements, voir ONG, ont été plus efficace que l'extrême droite à faire monter cette colère.

Écrit par : motus | 07/10/2018

L'affaire Melgar a été très significative à cet égard. On a vu qui commande dans la presse romande. J'ai probablement été le premier à réagir sur ce sujet, dans le blog de Gilbert Salem. Le jour même ou le lendemain... Ce type qui s'insurge contre les dealers alors qu'il a milité comme un fou pour lutter contre leur expulsion me paraissait pour le moins gonflé. Et un peu con, pour le dire vrai...
Mais j'ai compris mon erreur à la lecture de la lettre de tous ces débris qui se prennent pour des artistes et des intellectuels contre l'initiative de Melgar. Je ne pensais pas que ces gens-là étaient capables de tomber aussi bas...

Écrit par : Géo | 07/10/2018

"S’il avait dit Africains, particulièrement de l’Afrique de l’ouest, aurait-il moins fait réagir ?"
Qui aurait l'idée de croire que ces Africains de l'Ouest sont noirs? D'ailleurs, Fernand Melgar a parlé, lui, de personnes venant de l'Afrique de l'Ouest, ce qui ne l'a pas empêché de subir les foudres de ses amis de gauche. Aujourd'hui, il tente une séance de rattrapage

https://www.letemps.ch/suisse/benoit-genecand-ladjectif

qui lui a valu une réponse sous forme de lettre ouverte de la part du parlementaire:

https://affranchi.ch/agora/lettre-ouverte-a-fernand-melgar-2/

Monsieur Genecand a également été attaqué par la présidente de la commission fédérale contre le racisme qui s'est crue autorisée d'en remettre une couche. N'a-t-on plus le droit aujourd'hui d'appeler un chat un chat?

https://lesobservateurs.ch/2018/10/03/nos-lecteurs-martine-brunchwig-graf-presidente-de-la-commission-federale-contre-le-racisme-donneuse-de-lecons-a-2-balles/

Vu que nous parlons de racisme, vous savez peut-être qu'un sinistre individu va se produire en concert aux Docks de Lausanne le 27 octobre de cette année. Il s'agit de Médine dont il apparaît qu'il tient des propos racistes incitant à la haine, à la violence, ce qui est autrement plus grave que les propos "intolérables" du CN Benoît Genecand sur les dealers de la Jonction.

Est-ce que Madame Brunschwig-Graf est au courant de la venue de ce triste personnage? Dans la négative, comment se fait-il que personne ne lui en a parlé? Dans l'affirmative, a-t-elle prévu de le faire interdire?

Il faut quand même savoir que les paroles de certaines de ses chansons contreviennent à certains articles de notre Code pénal (Art. 159 et le fameux article que votre ex CN adore citer, l'Art. 261 bis).
Est-ce que les

Écrit par : G. Vuilliomenet | 07/10/2018

Le pompon, c'est que ce sont les mêmes qui oeuvrent pour entasser des migrants en Suisse et en Europe en les abandonnant aux mains de certaines mafias aujourd'hui connue, comme les filières iraniennes et ces mêmes qui viennent à nouveau, cerise sur le gâteau avec leur morale nauséabonde pour juger les citoyens travailleurs de racistes lorsqu'ils prononcent le terme "noir" !!

Ces noirs sont victimes des mêmes filières, celles qui trafiquent des humains tout en contrôlant les filières des drogues et spécialement les drogues dures.

Rien de nouveau, l'eugéniste/goebels faisait exactement pareil, il basait ses doctrines moralistes, comme le font les linguistes à la solde de nos universités !

Écrit par : Corto | 07/10/2018

Magali Orsini a dit exactement la même chose dans son blog:
http://morsini.blog.tdg.ch/archive/2018/10/03/les-blancs-et-les-noirs-294674.html

et n'a visiblement pas été attaquée. Elle a aussi zéro commentaire. Il y en aurait eu un (le mien), si elle ne l'avait pas censuré.

Peut-on dire que les vainqueurs des marathons et demi-marathons sont quasiment toujours des Africains? Plus précisément des Ethiopiens? Est-ce que c'est grave et criminel de dire ça?

Écrit par : Arnica | 08/10/2018

Soutenir les propos de genecand n’est pas digne. Même s’il s’agirait hélas d’un soutien de parti. Ce triste sire avait réussi à glacer mon sang lorsque, á Infrarouge et á propos des initiatives paysannes, avait dit cette horrible phrase : “ on ne va pas faire le chantage au suicide » à propos de huit - HUIT ! - jeunés paysans vaudois qui s’étaient donnés la mort il y a deux ans. Réduire la population ouest-africaine de Genève à un groupe de trafiquants de drogue est non seulement simpliste et navrante, mais mensonger. Le réseau des trafiquants est complexe et régi par des groupes de nantis, le vécu des réfugiés est difficile. C’est trop facile de donner en pâture les plus faibles et dédouaner du même coup les vrais responsables.

Écrit par : Giuliana Canonica | 08/10/2018

@Giuliana Canonica

Quand vous osez écrire:

"Réduire la population ouest-africaine de Genève à un groupe de trafiquants de drogue est non seulement simpliste et navrante, mais mensonger."

Vous le faites exprès ou vous ne savez pas lire?

Monsieur Eggly dit pourtant clairement:

"Écrire , par exemple, que tous les Africains seraient des traficants, des délinquants : voilà qui serait évidemment raciste et xénophobe. Mais écrire que le trafic de rue dans un quartier de Genève est largement le fait d’Africains : est ce du racisme ? On plaisante. C’est une constatation que tout le monde peut faire."

Il n'a donc jamais parler de "réduire la population ouest-africaine de Genève à un groupe de trafiquants de drogue" comme vous le prétendez et votre commentaire est donc non seulement inapproprié, mais aussi de mauvaise foi!

Écrit par : G. Gillod | 08/10/2018

Vouloir ne pas reconnaître cette différence qui existe entre les blancs et les noirs, différence qui crèvent les yeux, sous entend justement et renforce "l'idée" que les noirs seraient différents des blancs autrement que par les apparences, c'est ça le racisme !

Écrit par : Corto | 09/10/2018

@Giuliana, votre constat est faux, personne ne dit que tous les noirs de Genève sont des trafiquants, mais que dans les rues, et nos bas-instincts savent "différencier" les noirs des blancs, beaucoup de trafiquants sont d'origine africaine et que les bien-pensants qui militent pour l'immigration n'ont rien d'autre à leur proposer !

Écrit par : Corto | 09/10/2018

Il y a un autre problème avec le terme "africain", pas tous les africains sont noirs, on trouve des blonds aux yeux bleus dans les ethnies berbères, sans parler des africains du sud, cette notion ultra puritaine ne fait qu'amplifier des sentiments faussement protecteurs et diviseurs !

Écrit par : Corto | 09/10/2018

Puisque nous en sommes au chapitre des couleurs, rappelons, hors sujet en l'occurrence, qu'il y a parmi les Mélanésiens, notamment aux Iles Salomons, des noirs aussi noirs-bleutés que les plus noirs des Africains... et tout aussi magnifiques.
Et la plupart de leurs enfants ont les cheveux blonds, ou jaune-paille, jusqu'à l'adolescence.

Écrit par : Mère-Grand | 09/10/2018

J'ai oublié les Iles Andaman ... et sûrement beaucoup d'autres lieux et d'autres peuplades.

Écrit par : Mère-Grand | 09/10/2018

Il ne restera plus qu'à nos apprentis sorciers en génie génétique de nous développer des humains caméléons !!

Écrit par : Corto | 09/10/2018

Corto vous confondez les africains avec les nord-africains berbères délogés de leur terre par les arabes!?

La Suisse a son Éric Zemmour ...... :)

Écrit par : Patoucha | 09/10/2018

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