26/09/2017

Sauver la prévoyance vieillesse

On ne peut pas dire que les lendemains de la votation sur l’AVS, sur son financement et sur la prévoyance professionnelle aient fait dans l’euphorie. Cela, au moins, est rassurant. Tous les protagonistes de la bataille admettent que des révisons sont essentielles ; faute desquelles, dans peu de temps, le fonds AVS sera asséché et le deuxième pilier n’aura plus assez de capital pour garantir les rentes minimales prescrites par la loi. Jusqu’ici, les révisions de l’AVS réussies ont proposé des rentes au financement garanti. Depuis que se dessine un péril en la demeure, les projets ont été refusés par le peuple. Alors, que faire désormais ?
L’extrême gauche revendique sa part de victoire dans le rejet car elle avait lançé l’offensive. Mais, ne lui en déplaise, elle ne pèse pas lourd à l’échelon national et c’est manifestement la droite, avec ses gros bataillons d’électeurs, surtout en Suisse allemande, qui a coulé le projet dit Berset. A vrai dire, l’idée des 70 Francs pour les nouveaux rentiers, en compensation de l’élévation de l’âge de la retraite des femmes, n’est pas venue du Conseil fédéral. L’allliance sur ce point PDC- socialiste a cru trouver le compromis idéal qui aurait entrainé une large adhésion politique. Or, la Droite y a vu une sorte d’annulation de la volonté d’assainir financièrement la situation. Et puis, l’abaissement du taux de conversion déterminant les rentes du deuxième pilier est apparu comme mélangeant et compliquant les choses.
Mais, n’en délaisse cette fois aux opposants, le projet avait un mérite : celui de prendre acte du problème et de pousser plusieurs éléments dans la bonne direction. L’inquiétant serait, qu’après cet échec, les discussions au sein du Conseil fédéral, des partis puis du Parlement se prolongent . Alors, on ne sera plus bien loin du moment périlleux. Ce serait vraiment un ratage politique si l’on devait être acculé à prendre un jour des mesures d’urgence.
Quelles pistes alors à explorer un peu vite ? Sûrement revenir à un âge de 65 ans pour les femmes ; étant entendu que des aménagements ciblés devraient avoir lieu :notamment pour le temps partiel et la comptabilité concernant les rentes correspondantes. A la place des 70 francs arrosoir, des mesures ciblées en faveur de rentiers en ayant besoin. Dans un projet peut être distinct cette fois sur le deuxième pilier, un abaissement du taux de conversion , mais assorti, là aussi, d’aménagements ciblés. Et puis, évidemment, une hausse affectée de la TVA. Sur ce point le rejet, d’ailleurs, a été faible, ce qui est plutôt de bon augure.
Cela étant, la question politique se pose. Le Centre gauche ayant échoué, le Centre droit pourra-t-il rapidement se mettre d’accord : c’est-à-dire l’UDC-le PLR-le PDC ; ce dernier devant alors jouer clairement dans cette constellation. Il n’empêche ! Pourra-t-on aboutir sans le Parti socialiste ? Jusqu’où pourra-t-on raisonnablement lui donner des compensations qu’il réclamera afin d’ accepter la hausse de l’âge de la retraite pour les femmes ? Et quant aux pressions, difficiles à préciser, afin de réaliser mieux l’égalité des salaires ?
On ne veut être ni trop pessimiste ni trop optimiste. Mais il est évident que c’est un défi pour la démocratie suisse. Est-elle encore capable, en temps voulu, de trouver un consensus suffisamment large, une majorité solide afin de résoudre un problème menaçant. Car , à défaut de pouvoir obliger les Suisses et les Suissesses à une fécondation généreuse, c’ est bien sur des solutions de financement qu’il faudra s’accorder.

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Commentaires

Il semble que beaucoup de votants n`aient pas bien saisi le danger d`insolvabilité qui guette l`AVS d`ici quelques années. Il est vrai que le haut niveau de vie suisse a un effet anesthésiant sur la perception des risques. Plus d`information s`impose mais aussi plus de sens des responsabilités de certains partis politiques ayant préféré jouer la carte populiste du NON aux dépens de la gestion nationale des risques. Ce fut probablement aussi une erreur d`inclure l`augmentation de l`age de la retraite pour les femmes dans les mesures proposées car cela donna une coloration émotionnelle défavorable a l`ensemble des mesures proposées.

Écrit par : JS | 27/09/2017

P,S,

Quant on parle de "faire des économies" signifie bien souvent que ne pouvant plus rien prendre aux économiquement faibles on va diminuer leurs prestations sociales comme moyen en donnant moins d'en attraper de leurs maigres ressources quand même si peu que ce soit.

Alors qu'il faudrait leur accorder des prestations adaptées au coût de la vie et plafonner les plus gigantesques comme inimaginables fortunes (ce qui reviendrait, avons-nous lu il y a quelques années, à priver ces personnes de ce qui correspondrait à "une tasse de café par jour"!

On peut partager ce point de vue en éduquant les enfants au sens de la responsabilité tant en ce qui concerne nos besoins réels que la création d'une famille sans en avoir les moyens quitte à indiquer régulièrement concernant les couples que si deux enfants conviennent, trois enfants, c'"est un luxe"!(Dr Henri Decrausaz, gynéco et obstétricien engagé socialement connu sur la place, Lausanne)

Écrit par : Myriam Belakowski | 29/09/2017

En quoi ces votations apporteront-elles ce peu d'argent, septante francs, manquant à ceux qui n'en peuvent plus de payer des primes maladies non adaptées à leurs rentes alors que la vie ne cesse d'augmenter en même temps que stagnent les rentes qui ne suivent pas ou plus qu'épisodiquement le courant par le montant d'une "augmentation" affichant l'indifférence ou le mépris des plus pauvres pas du tout forcément ex "fainéants/tes" dans la vie active.

Écrit par : Myriam Belakowski | 02/10/2017

Demain comme il y a près de 100 ans des suisses vont devoir quitter ce pays pour vivre décemment, mais où vont ils bien pouvoir aller, pour trouver du travail et une vie convenablement?

Écrit par : dominique degoumois | 08/10/2017

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