29/08/2017

Binational et Conseiller fédéral

L’auteur de ces lignes avait dû, naguère et à regret, répudier la nationalité française transmise du côté maternel. La raison était double. La question du service militaire pour un franco-suisse n’était pas réglée. Au début des années soixante, il y avait encore la guerre d’Algérie et l’idée d’être appelé à cela après une école de recrues suisse n’avait rien de séduisante. Et puis, un intérêt éventuel, non suivi d’effet, pour une carrière diplomatque incitait à ne garder que la nationalité suisse, puisque l’exigence en était imposée aux diplomates ; laquelle vient d’être supprimée en ce début d’année. Bref, si la question se posait aujourd’hui une telle répudiation n’aurait pas lieu.


Cette binationalité n’aurait en rien atténué l’engagement dans une perpective helvétique, que ce fût comme journaliste ou comme parlementaire. Un engagement politique pour un pays doit être franc et sans réserve. Cela n’aurait donc pas empêché, en quelques occasions, des commentaires critiques sur l’attitude française envers la Suisse. Mais cela n’aurait pas non plus écarté l’intérêt pour les événements politiques français, ni empêché une participation de citoyen du rang à des élections présidentielles ou législatives. Il faut avoir confiance dans la clairvoyance et l’éthique de l’homme ou de la femme politique concernés. Il faut aussi observer que, de plus en plus, des citoyens suisses ont une autre origine, une autre attache familiale, culturelle, affective, constitutive de leur personne. Et cette personne, riche de ce qu’elle est, adhère à ce qui constitue la Suisse dès lors qu’elle s’engage.

 
Doit on raisonner autrement pour ce qui concerne des Conseillers fédéraux ? Assurément non. Le Parlement élit un Conseiller fédéral en regard de plusieurs critères ; dont, bien sûr, l’évaluation de son engagement politique en Suisse. Il n’y a aucune raison, par exemple, de suspecter un Chef du département des affaires étrangères de mal défendre les intérêts helvétiques parce qu’il aurait, par ailleurs, une nationalité d’un pays membre de l’UE.
C’est pourquoi, on peut regretter que le candidat PLR du Tessin, afin de calmer des réticences notamment UDC, ait cru bon de rendre son passeport italien. En outre, ce geste un peu agressif envers l’Italie n’est pas de la meilleure opportunité pour l’image de la Suisse qu’il aurait à défendre. Le candidat genevois, qui possède un passeport français, ne l’a pas imité sur ce point ; et c’est tant mieux. S’il devait être élu, on aimerait qu’il ne change rien à cela ; s’abstenant tout au plus, éventuellement, de participer à des élections en France durant le temps de son mandat.


Il y a des principes, des situations qu’on ne devrait ni renier ni modifier par crainte de se faire mal voir, par désir d’obtenir des soutiens. Un Conseiller fédéral suisse, c’est quelqu’un qui doit être ce qu’il est et se tenir droit dans ses bottes.

 

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Commentaires

Vous ne faites qu'évoquer les droits et le statut des suisses, avant l'obligation retenue par nos conseillers fédéraux, face à leurs homologue

Je vous rappelle qu'une citoyenne suisse, épousant un étranger à la confédération, se devait de s'inscrire, avant mariage, à l'ambassade suisse la plus proche,

sous peine de devenir elle-même apatride.

Écrit par : divergente | 29/08/2017

Il y a 3 catégories dans le niveau de confiance basé sur les origines :
Les personnes dont les 2 parents sont d'origine suisse.
Un des parents n'est pas suisse, sont donc compris dans le même niveau de confiance, les binationaux et ceux qui ont opté pour un seul pays, la Suisse.
Et finalement les personnes qui ont acquis la nationalité suisse.

O. Freysinger dont le père est autrichien, ne devrait pas avoir des responsabilités au sein de l'UDC en vertu des reproches de ce parti contre les candidats PLR.

Nous sommes donc dans l'hypocrisie politique.
La véritable raison est que l'UDC souhaite un candidat PLR qui est UDC compatible.

En attendant, si l'UDC souhaite des restrictions, qu'il commence à sélectionner leurs candidats afin qu'ils soient 100% d'origines suisse.

Écrit par : motus | 29/08/2017

Monsieur Eggly,

Vous raisonnez par rapport à la France, mais auriez-vous argumenté de la même manière pour un autre pays, disons la Turquie actuelle ?
Je pense quant à moi que cette question de binationalité n'est pas aussi banale que vous le suggérez.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 29/08/2017

“Dieu me garde de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge.”
Antigone

Je pourrais vous en sortir des tonnes du même tonneau. Par ce billet vous grillez votre candidat.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/08/2017

La démarche du candidat PLR du Tessin fut une erreur tant était criante sa motivation: être élu.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/08/2017

Israel n`admet pas la double nationalité pour ses politiciens car cela constituerait un risque potentiel pour sa sécurité nationale et, a mon sens, cette attitude est du simple bon sens. Au niveau de la sécurité nationale, qui touche des millions de personnes, il est idiot de prendre un risque meme potentiel si cela peut facilement etre évité comme c`est le cas pour la double-nationalité d`un politicien. Je suis moi-meme double-national et je m`estimerais obligé de renoncer a l`une de mes nationalités si je voulais exercer une activité politique.

Écrit par : Jean Jarogh | 31/08/2017

La question de la bi-nationalité me paraît secondaire par rapport au danger de pactisation active avec des institutions telles que les Young Leaders et les Bilderberg.

Une allégeance unique à la Condédération s'impose, oui.

Maudet, Young Leaders, Bilderberg & Cie

http://tinyurl.com/y8a77cel

Écrit par : Jacques-Andre WIDMER | 03/09/2017

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