15/06/2017

Etre juste avec Didier Burkhalter

Le Conseiller fédéral Didier Burkhalter ne part pas sous les applaudissements médiatiques. On n’en demandait pas tant mais le concert de critiques dérange. C’est injuste. Voyons le dossier européen. Si l’Initiative contre l’immigration de masse avait été rejetée, il serait probablement salué pour avoir dirigé la Suisse vers un accord institutionnel avec l’Union européenne, accord regroupant tous les liens et offrant un cadre pour leur évolution. Certes, le Conseil fédéral, le Parlement, les autres partis que l’UDC auraient dû s’engager davantage contre l’Initiative. Mais on ne saurait imputer le résultat au seul ministre des affaires étrangères.
Après ce coup, il a essayé de renouer les fils avec Bruxelles. Trop optimiste ? Du temps perdu ? Peut être. Mais, autre coup du sort, il y a eu le Brexit anglais. Dès lors, tout est devenu difficile, malgré un négociateur Suisse remarquable. Donc, si Didier Burkhalter n’a pas pu trouver l’ouverture avec l’UE en respectant le vote populaire, c’est que les circonstances ont pesé trop lourd. On verra dans les mois qui viennent ce qu’il en sera, notamment avec l’action de la nouvelle Secrétaire d’Etat.
Voyons quelques autres domaines. Sur la présence suisse au sein de l’OSCE, sur la parole suisse à propos de l’Ukraine, sur l’engagement pour les droits de l’homme, l’aide au développement et toutes autres actions : n’a -il pas été très bon ? Et puis, à Genève, comment ne pas saluer son engagement pour la Genève internationale, reconnu par la Fondation pour Genève qui lui a décerné son prix. Les Suisses de l’étranger on vu , grâce à son soutien, le Parlement voter une loi les concernant et fortifiant leur place au sein de la communauté nationale. La main tendue aux jeunes en général, notamment durant sa présidence, a été plus et mieux qu’une posture. Enfin, il aura été un bon Chef de département, avec des qualités humaines appréciées par ses collaborateurs. On n’a pas toujours connu cela.
Voilà. On a connu des présences physiques plus fortes, des envolées oratoires plus entraînantes, des charismes populaires et médiatiques plus marquants. Mais, la modestie d’allure répond aussi à un label suisse. Bref, en un mot comme en cent, il y a lieu de reconnaître que Didier Burkhalter a bien joué son rôle de ministre et qu’il a parfaitement servi son pays. Beaucoup de ceux qui le critiquent seraient en peine de dire ce qu’il aurait pu faire autrement et mieux.

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Commentaires

Critiquer un homme ou une femme politique est dans l'ordre des choses. Je pense que Didier Burkhalter laissera une trace très forte. Il représente vraiment bien le peuple suisse tant par sa discrétion, sa réserve, que par son sens du consensus.
Mais surtout il est un des rares qui a la sagesse de quitter la fonction suprême à laquelle la plupart s'accrochent jusqu'à se faire jeter.
Je pense aussi qu'il a été particulièrement apprécié par ses homologues à l'étranger.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/06/2017

Burkhalter occupait un siège PLR au CF et votait avec les socialistes sur la plupart des sujets. Européiste à 100%, il était effectivement sûrement "particulièrement apprécié par ses homologues à l'étranger"...

Écrit par : Géo | 16/06/2017

A ce ceux qui critiquent l'activité de Didier Burkhalter, je dirais simplement : La politique est l'art du possible !

L'avenir jugera !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/06/2017

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