02/06/2017

Le retour du Général de Gaulle

Et si Emmanuel Macron s’inscrivait dans une reprise de la stratégie politique du Général de Gaulle ? Alors même que le parti Républicain , qui se réclame du Général, est en risque d’éclatement. C’est peut être forcer le commentaire. Toutefois, l’échange musclé entre Macron et Poutine, dans le cadre du château de Versailles et sous le fantôme de Pierre le grand, avait des accents gaulliens. Il y avait de quoi raviver le nostalgie d’une France comptant sur la scène européenne et mondiale. Il faut dire que l’événement a eu lieu alors que s’installe une nouvelle ambiance due à la personnalité de Donald Trump.


A cet égard, c’est surtout la colère froide d’Angela Merkel qui a frappé les observateurs. Elle fut la première à rendre visite au Président américain élu. Elle est la première à dire tout haut, qu’avec ce Président, les Etats Unis ne seront plus un partenaire prévisible et fiable. C’est un tournant. Après l’effondrement de L’Allemagne nazie dans une Europe dévastée, le lien privilégié entre l’Allemagne de l’ouest et les États Unis a été le moteur du miracle allemand. Adenauer surtout, Ludwig Erhard ensuite et jusqu’à la Chancelière actuelle avec Barak Obama ont incarné ce lien politique et personnel. Parallèlement, Adenauer intégrait l’Allemagne de l’ouest dans la Communauté européenne naissante. Il ancrait ensuite, avec de Gaulle, un dialogue franco-allemand institutionnalisé. Toutefois, les limites de ce rapprochement et les bornes à une vision politique venaient précisément de ce lien transatlantique. L’Allemagne d’Adenauer et de ses successeurs était celle de l’Otan dominée par les États-Unis ; cela à la grande déception du Général de Gaulle. Ajoutez que la Grande Bretagne n’entra dans la Communauté que pour mener son double jeu, ne supportant qu’une Europe économique et terre à terre, sans rêve ni dessein. Cela a fini avec le Brexit.

 
Or, les cartes sont maintenant rebattues. Oui, l’Union européenne connaît des difficultés. Oui elle s’est élargie trop vite en regard de son approfondissement. Oui, il y a des dissensions, sans doute un excès de réglementations, et un non accomplissement démocratique. La crise des migrants la secoue, le cas de la Grèce l’embarasse. On en arrive à oublier ses réussites et les collaborations fructueuses. Mais les oiseaux de mauvais augure ont peut être tort. En se voyant en petite sœur déçue de l’Amérique, l’Allemagne ne pourrait-elle pas lancer son énergie dans un nouvel élan européen ? Fini le temps où elle était perçue comme un géant économique mais un nain politique. Avec la France de Macron, si ce pays accepte des réformes vitales pour son redressement, l’Allemagne pourrait donner à l’Europe un nouveau souffle, économique, politique et moral. Les États Unis se montrant défaillants et inquiétants, une Europe de la politique étrangère, de la sécurité, du climat est à faire. De Gaulle en rêvait, mais son passé de guerre, le contexte de la guerre froide et la pesanteur de son incarnation nationale l’ont empêché d’être un accoucheur d’une Europe politique. Il crispait les autres pays européens, craignant une arrogance française et attachés à l’Alliance atlantique.

 
Et si, dans les années qui viennent, Merkel et Macron, ralliant les autres membres de l'UE , surmontant les dissensions, insufflant un esprit de collaboration serrée trouvaient un bon équilibre entre une vraie dynamique européenne et l’expression d’identités nationales rassurées ! Et si, une Europe néo-gaulliste, c’est-à-dire à envergure politique, avait une chance d’émerger ! Et si la Suisse, certes à sa place singulière, avait toutes les raisons de le souhaiter, de s’en féliciter ! Qu’en pensez vous mon Général ?

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Commentaires

On ne répondra pas à la place du Général sinon qu'il voyait les choses du monde évidement... du haut de sa hauteur ce qui ne l'empêchait pas d'être à l'occasion proche de l'infini petit.

Madame Merkel ne prend-t-elle pas trop d'importance et de façon telle qu'il peut arriver que l'on se demande si la Seconde Guerre mondiale, avec la situation de vaincus des Allemands mais... qui rebâtissaient et reconstruisaient avant même la fin des incendies causés par les bombardements de l'ennemi ne vit pas par elle, Angela Merkel, en elle et alliés une sorte de revanche, qui serait la "belle"... l'Allemagne, UEBER ALLES soit AU-DESSUS DE TOUT, ne s'admettant une fois pour toutes jamais vaincue?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/06/2017

Votre analyse est frappé au coin du bon sens, comme toujours. Manifestement, l`isolationnisme primaire de Trump et le chaos qu`il est en train de flanquer dans la politique et l`économie américaines est une opportunité pour l`Europe, celle de devenir une entité politiquement indépendante. En corollaire, la formation d`une armée européenne intégrée qui puisse rendre l`OTAN inutile. Il faut pour cela des dirigeants politiques aussi forts que l`était de Gaulle, le travail en commun de Merkel, Macron et Poutine sera donc déterminant. On ne le dit pas assez mais si l`Europe ne fait pas équipe politiquement et économiquement avec la Russie, la Chine prendra fatalement la place de puissance dominante sur le continent et ca risque d`etre malsain pour tout le monde, y compris la Chine. En contrepartie a l`affaiblissement des USA, il y a le danger que l`Europe et la Russie continuent a se chamailler et que, consécutivement a la baisse des exportations européennes vers les USA, les pays européens se mettent tous a faire les yeux doux a la Chine qui, ainsi, va pouvoir continuer a faire son marché des entreprises européennes qui l`intéressent. Temps historiques, donc.

Écrit par : jean jarogh | 03/06/2017

macron/de Gaule??? Il faut savoir raison garder!

Écrit par : dominique degoumois | 03/06/2017

Texte excellent et pour faire suite au titre : ah si seulement !
On va finir par croire que la Macronite et la Merkelite ne sont plus que la seule nourriture pour page blanche ,tandis que les commémorations du 6 juin dont on ne parle pas du tout semblent faire partie d'un passé qu'on ne veut plus évoquer
Et dire qu'un G je ne sais plus combien vient de pendre fin ce qui permet d'affirmer que toutes ces agapes ne servent strictement à rien , la preuve est démontrée !

Écrit par : lovejoie | 03/06/2017

Par rapport a ce que mon commentaire précédent semble vous faire probleme, qu`est ce qui dérange le plus un homme intelligent comme vous, admettre la nécessité pour l`Europe de faire équipe avec la Russie afin d`éviter qu`a terme la Chine ne domine completement les économies du continent ou l`idée que l`Europe s`affranchisse de la tutelle des USA? Vous serez surpris dans les mois a venir de voir comme les gouvernements européens vont rétablir le contact avec la Russie maintenant que Trump a décidé de rendre l`Amérique "great again" en l`enfermant a l`intérieur d`une coquille imperméable au bon sens.

Écrit par : Jean Jarogh | 04/06/2017

Macron? Que d'importance là! Attendons les législatives vous voulez bien!

Écrit par : Patoucha | 04/06/2017

On ne refait pas l'histoire. Il n'y a pas de nouveau général De Gaulle. Quant aux USA, il faut regarder la réalité en face. Qu'on le veuille ou non les USA restent la 1er puissance économique, la 1er puissance militaire et la 1er puissance culturelle. Son seul concurrent, c'est la Russie. L'Europe fera ce qu'elle peut. Les gesticulations de M. Macron et de Mme Merkel servent à faire plaisir des candides.

Écrit par : Boccard | 04/06/2017

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