20/05/2017

Fabrice A ne devrait jamais sortir

On attend le verdict sur le procès du meurtrier d’Adeline . les lignes qui vont suivre ne sont pas politiquement correctes. En effet, la conclusion est que Fabrice A ne devrait plus jamais sortir de prison,
Une telle opinion va à l’encontre de toute une doctrine et une pratique pénales. L’idée admise est que la peine doit être individualisée, modulée en fonction de la responsabilité évaluée du prévenu, des chances, évaluées elles aussi, de son amélioration et de sa réinsertion. Cettte approche subtile a toute sa cohérence théorique et sa dimension humaine. D’ailleurs, il y a quelques années, l’auteur de ces lignes avait voté contre l’Initiative pour l’internement à vie des criminels pervers. Eh bien, aujourd’hui, c’est une position contraire défendue ici ; cela au terme d’une réflexion s’appuyant sur plusieurs éléments.
Le premier tient à l’imprécision inévitable au sujet de la diminution possible du caractère dangereux d’un meurtrier du type de Fabrice À. Le mal, la perversité enfouis peuvent-ils disparaître vraiment ? Il y a quelque chose qui est à la fois intéressant et dérisoire dans les avis des experts psychiatres. Ils expliquent beaucoup mais ne sont sûrs de rien. Des exemples d’amélioration, de réinsertion réussies existent, certes. Mais des exemples de récidives tragiques existent également. Cette incertitude ne plaide-t-elle pas en faveur d’un principe de précaution de la société et des personnes ? Fût-ce au détriment du condamné.
Le deuxième élément tient à l’horrible sort fait à la victime, ainsi qu’à la blessure inguérissable infligée à ses proches. Chacun peut s’imaginer à leur place. Chacun peut imaginer leur sentiment de révolte devant ce qu’ils perçoivent comme étant une relativisation de leur souffrance, dès lors qu’ils constatent une focalisation sur la personnalité de l’accusé. On peut s’imaginer ce qu’ils ressentent lorsqu’ils savent que le meurtrier pourra un jour sortir de prison,--après quinze ou vingt ans peut être-, et se construire une existence plus ou moins normale ; alors même qu’eux sont marqués à vie. Une rencontre fortuite dans la rue ou un café ! C’est proprement insupportable. En y pensant bien, cette focalisation du Code pénal sur le meurtrier plutôt que sur la victime et ses proches a vraiment un aspect révoltant.
Le troisième élément tient à la hiérarchie des valeurs, à la priorité dans leur illustration et leur protection. On est allé trop loin dans l’individualisation de la sanction, dans l’appréciation psychologique du criminel ; au détriment de la perception objective du crime et de ce qu’il représente. Notre société se devrait de mettre au plus haut niveau la protection de la personne, de son intégrité physique. Donner une chance de sortie, même après des années, à un homme comme Fabrice serait, quoi qu’en pourraient dire les juges, une manière de dégrader la valeur attribuée à la vie d’Adeline, de relativiser l’atteinte gravissime portée à la personne et à la société.
Il ne s’agit pas, ici, d’évoquer une vengeance. On n’en est plus au sang qui doit effacer le sang, ni à la peine de mort. Elle a été abolie et doit continuer de l’être. Il n’empèche que celui qui a transgressé une règle fondamentale de la société, déterminante pour sa cohésion et le respect de ses membres devrait être retranché à jamais de sa vie courante. A l’application de son internement de ménager des conditions humaines. A lui, à l’aide peut être de personnes attentives, religieuses ou non, de rechercher une régénération personnelle de l’âme. Ce serait son affaire. Mais la société, elle, devrait indiquer, marquer le point de non retour. La vie est sacrée, sa protection est une pierre angulaire : Celui qui, froidement, bafoue cette valeur fondamentale devrait vivre en marge. Que l’on se comprenne bien. Il ne s’agit pas ici des crimes passionnels uniques, lesquels bien sûr doivent rencontrer une sanction de durée limitée, , quand bien même il faudrait davantage marquer parfois la gravité de l’atteinte à la vie. Mais on est ici dans le registre des crimes abominables de pervers, pour lesquels ni la personne ni la valeur humaines n’ont de prix.
Certains réagiront pourtant à ces lignes en disant que la décision d’enfermer à vie est cruelle, inhumaine, La réponse est qu’il y a des transgressions inacceptables et que les relativiser est, inconsciemment, nourrir des germes très nocifs pour notre humanité

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Commentaires

Vous pourriez aussi mentionner l'idée du droit de chacun a une "seconde chance". Selon les circonstances il peur arriver de commettre un acte plus ou moins grave qu'on regrette ensuite amèrement.

Or ici nous avons affaire a un violeur violent, multirécidiviste, qui finit par assassiner de manière préméditée et particulièrement abjecte sa thérapeute alors qu'il est encore sous le coup d'une condamnation.

Cette petite m...e de Fabrice A. a déjà eu sa seconde chance, et même une troisième chance !

Le simple bon sens nous dit il qu'il faut lui donner une quatrième chance ? Personnellement je n'ai pas besoin des services d'un "expert" pour répondre.

Bon weekend

Écrit par : Eastwood | 20/05/2017

Une fois de plus d`accord avec vous, monsieur Eggly. Au nom d`une morale consensuelle, notre société fait un tabou du désir naturel de vengeance des victimes (ou de leurs proches) de crimes graves et cela enferme souvent ces derniers dans un état de souffrance psychologique qui est au-mieux refoulé. Le refus de la Justice de faire oeuvre de vengeance au nom des victimes de crimes gravissimes est déja discutable en soi, mais il y a pire. Lorsque la Justice nie la fonction dissuasive de la punition infligée aux criminels les plus dangereux et s`applique au contraire a "psychologiser" leurs crimes afin d`adoucir leurs peines, non-seulement la souffrance des victimes est relativisée mais mais la défense de la société est négligée. Je me demande... si dans quelques années ce meurtrier-violeur sadique parvient a tromper les psychiatres et que ceux-ci donnent le feu vert pour sa mise en liberté, qui va assumer la responsabilité dans le cas ou les pulsions de mort refont surface et que le sang coule encore? Le juge? Les avocats? Les psychiatres?

Écrit par : jean jarogh | 20/05/2017

En attendant, le peuple suisse a voté dans ce sens et les juges continuent de s'asseoir sur cette décision populaire, au nom de leur suprématie morale (tu parles !). Il faut dire la vérité aux gens : ceux qui commandent dans ce pays, ce sont les juges et personne d'autre.

Écrit par : Géo | 20/05/2017

"Certains réagiront pourtant à ces lignes en disant que la décision d’enfermer à vie est cruelle, inhumaine,"

Tant que cela arrive aux autres.....

Écrit par : Patoucha | 20/05/2017

Monsieur Eastwood, vous écrivez: "Le simple bon sens nous dit il qu'il faut lui donner une quatrième chance ?"

Qui osera prendre la responsabilité de le mettre en liberté, ne serait-ce que de lui accorder une permission de sortie? Personne! Son cas est déjà réglé. Dans une prison française, son cas serait rapidement réglé aussi et une future libération définitivement sans objet.

Reste le cas de la directrice qui se cache derrière son certificat médical. A lire les témoignages, elles est irresponsable et doit être lourdement sanctionnée civilement et pénalement. Doit aussi être sanctionné celui qui a nommé cette directrice à son poste. Comment imaginer laisser sortir en permission avec une jolie jeune femme un violeur récidiviste? C'est non seulement irresponsable, c'est d'une stupidité gigantesque.

Écrit par : Justice a été rendue | 20/05/2017

Une solution serait de responsabiliser ces pseudos experts psy. A aucun moment ils n'ont à rendre compte de leurs erreurs. Par exemple, ils pourraient se voir infliger la même peine que leur patient, je veux dire celle réellement demandée par la Constitution comme le rappelle très bien Géo. En tant que cobaye et cochon de payeur, j'en ai marre de voir que mes impôts sont utilisés contre mes concitoyens et moi, et là, je ne parle pas que de cette justice dévoyée par ce nouveau pouvoir exécutif que sont ces juges adeptes de cette nouvelle religion qu'est le droit de l'hommisme, il y a aussi cette immigration de masse qui nous est imposée par une caste de politiciens véreux et sans vergogne qui agissent contre le Peuple.

A ce sujet, je conseille la lecture de cet excellent ouvrage "Les droits de l'homme contre le peuple" de Jean-Louis harouel.

http://www.francisrichard.net/2016/07/les-droits-de-l-homme-contre-le-peuple-de-jean-louis-harouel.html

https://www.youtube.com/watch?v=RR5WzkBO2MY


Yvan Perrin rappelle, en conclusion, dans sa chronique sur le site lesobservateurs.ch qu'en laissant ces juges étrangers de Strasbourg de dire, voire de la lire et l'interpréter selon leur doxa, la loi à la place de nos juges.

http://lesobservateurs.ch/2017/05/20/fabrice-a-une-balle-ou-des-barreaux/

Écrit par : G. Vuilliomenet | 21/05/2017

«Il faut dire la vérité aux gens : ceux qui commandent dans ce pays, ce sont les juges et personne d'autre.»

On se plaint du communautarisme... Mais alors quelle plaie, le corporatisme !

La toute puissance de la "justice", c'est là que c'est à se "boucher le nez", pour employer un terme cher au système.

Écrit par : petard | 21/05/2017

Si les juges se montrent aussi laxistes comme écrit par Géo on peut penser qu'ils le sont devenus pour ce sacro saint droit à l'expression accordé à tout le monde
Mais par qui est il le plus souvent exploité ? par des pervers ,prédateurs qui en la matière savent l'utiliser à bon escient pour torturer mentalement leurs victimes
On ne peut punir un humain qui s'exprime ainsi
Si on prend au pied de la lettre le droit à l'expression c'est un plus pour les pervers qui eux ne se gêneront pas pour exprimer à leurs manières celui ci
Alors que les victimes elles auront beau envoyer des SOS tous azimuts sur un natel ou autre moyen soi disant inventé pour faciliter les communications là c'est silence total et les prédateurs en tous sens et genres savent mieux que quiconque en tirer les avantages ,personnels il va de soi
On vit une époque ou toutes les chances sont offertes aux prédateurs !qui aiment faire parler d'eux ,là ils se sentent vraiment en harmonie avec la spirale infernale des actes les plus sordides

Écrit par : lovejoie | 21/05/2017

Oui, c'est horriblement cruel d'enfermer un homme sans espoir de sortie. Affreux, ignoble et toute cette sorte de choses.

L'usage de la force "dure" est admise pour empêcher un homme de continuer à tuer; c'est la légitime défense, même si cela conduit aussi à tuer.

Ce type a commencé à tuer, a continué à tuer et doit être empêché de tuer encore. C'est légitime et cela va bien au delà de la punition à vocation éducative car dans son cas, la punition n'a aucun effet éducatif.

Écrit par : Archi-Bald | 21/05/2017

Il ne sert a rien de pointer du doigt les psychiatres et encore moins le juge. Les premiers s`arrangent, c`est humain, pour ne pas assumer de responsabilité en restant suffisamment ambigus. Quant au juge, on pourrait comprendre qu`il ne souhaite pas l`éventuel désaveu de son jugement par un recours "réussi" au TF, voire au Tribunal Européen des Droits Humains. Soit il choisit la voie facile et évite la perpete au tueur en se justifiant par l`argument quantitatif du ce que les condamnations a la prison a vie concernent chez nous en général des assassins d`enfant ou ayant plus d`un meurtre d`adulte sur la conscience. Soit il se dit que son devoir est d`éviter que, a la faveur d`un avis psychiatrique au flou ambigu sur une affaire depuis longtemps oubliée, le tueur soit un jour libéré et qu`il recommence.

Écrit par : jean jarogh | 21/05/2017

Qui peut savoir quoi?

L'enfant d'une mère abusive et castratrice présente tous les risques d'être un violeur.

S'il n'y a pas moyen de libérer quelqu'un comme Fabrice A, évidemment, il n'est pas impossible de prévoir une vie apportant soins, loisirs, culture, art (dont art thérapie.
Non la thérapie pour "faire de l'art" mais l'art au service de la thérapie.
La thérapie, en premier

en même temps que la possibilité, en aucun cas imposé, de faire une psychanalyse approfondie qui lui permette, s'il y a lieu, de remonter jusque dans les profondeurs, les couches les plus anciennes de son inconscient afin d'y dénicher et déraciner, par le revécu (la pensée passe outre temps et lieux) les traumatismes racines de son dysfonctionnement psychique.

Sans oublier que s'il y a la mémoire intellectuelle il y a également l'autre, celle du corps.

Ne pas oublier de réaliser que s'il y a, en effet, de tels traumatismes le concernant, nous- mêmes, comme lui autrefois traumatisés, selon ces traumatismes, circonstances et notre ressenti les concernant, nous agirions et ferions subir à nos victimes les mêmes horreurs... ou encore d'autres.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/05/2017

AU SUJET DU PROCES

Quand la société vole une vie, elle a
L'instinct de lui ravir celui qui la vola ;
La mort frappe à son gré, comme la maladie,
Sans crier garde au juste et suit qui la mendie.

Il n'est pas de coupable en vérité, l'homme est
Victime de son sort, et qui souffre l'admet.
Si la femme innocente est de vie orpheline,
La voix raisonne autant que la haine décline :

« Nous avons tous un temps pour au mieux nous tenir,
Notre séjour est clair comme le souvenir,
Et court, comme le fil auquel chacun se lie,
L'esprit est sombre, sourd, froid comme la folie ;
Le cœur est délicat, l'âme est trouble, et les yeux
Sont leur expression comme un chant l'est des Cieux. »

Si la société vole une vie encore,
L'instinct de la ravir à son Droit - que décore
La liberté, qu'anime aussi l'espoir du choix,
Et qui prend pour outil l'usage de la voix -
Ne doit pas dépasser son droit de confiance.

Quand la psychiatrie en son âcre science
Enferme le coupable et le fait criminel
Puis le prive à nouveau du monde naturel,
Prétextant le comprendre et lui porter son aide
En servant son poison en guise de remède ;

Quand ses savants rhéteurs disent tout de ses maux
Pour flatter leur orgueil avec leurs doctes mots,
Qu'ils touchent de l'esprit les recoins impalpables
Mais sont, au demeurant, de soigner incapables ;
Lorsque pour tout conseil, la thèse de ces gens
Offre le pronostic des hasards contingents,
Moins précis que les lois de notre astrologie,
Et dont notre alchimie est la prime égérie ;
Médecins de l'esprit, vous êtes charlatans !
O combien votre règne a duré trop longtemps !

C'est vous qu'il faut soigner plutôt que vos victimes !
Vous êtes les bourreaux et nous sommes les crimes !
Au feu, Sorciers ! trouvons au bûcher la lueur !
Nous ne sauvons personne en propageant la peur !
De cette triste histoire, un seul être est coupable :
Ta Science, démon, qui nous dicte sa fable !

Écrit par : Dulìo | 21/05/2017

En principe on compte sur la culture pour civiliser les mœurs,

Vaincre les fanatismes.

Pour le bouddhisme sa bête noire est l'ignorance.

Notre quotidien fait d'étiquettes et de catégories précisera ou complètera l'ignorance par l'ignorance des "masses"!

Non pas la psychiatrie mais la psychanalyse, JUNG: la psychologie des profondeurs loin d'enfermer... ouvre!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/05/2017

Au sujet de Fabrice A.

Il y a d'un côté cette personnalité à l'enfance troublée, au tempérament psychopathe, et de l'autre ses victimes féminines, la justice, le médical et la société dans son ensemble.

Si cette dernière a manifestement permis aux troubles du sujet de s'exprimer, elle en est autant responsable que lui, voire davantage, puisque son devoir est de s'occuper à soulager ces troubles, sans compromettre la sécurité de ses membres, dont Fabrice A. fait partie.

L’irresponsabilité de l'institution de la Pâquerette a rendu le meurtre possible, et l'incapacité du personnel médical à évaluer clairement les risques de récidive ainsi que le sens potentiel de l'évolution des troubles du criminel prouve son inefficacité et son impuissance. En découle sa perte de crédibilité, dès lors, comment définir la durée d'un internement basée sur l'avis de la médecine psychiatrique scientifiquement incapable d'évaluer précisément l'état du patient et d'anticiper sa dangerosité, et de protéger la société de ses propres membres ?

De quel droit les avis médicaux font-ils foi lorsqu'ils sont par la force des choses forcés de reconnaître leur inefficacité, ainsi que leur responsabilité dans une situation criminelle ?

Le meurtre d'Adeline est nécessairement passionnel, puisqu'elle rappelait à son auteur sa relation précédente, et comment pouvait-il ne pas se passionner pour sa victime alors qu'il était privé de liberté, coupé du monde et sans espoir de relation naturellement normale ?

Ce qui ressort le plus dans cette affaire est la parfaite incapacité de nos sciences médicales, particulièrement de la psychiatrie, à s'exprimer de manière cohérente et fiable au sujet des individus, toute réponse de leur par étant imprécise et incapable de trancher sur les contingences des personnalités, qu'il soit question du prévenu ici, ou de tout autre individu souffrant de troubles à ses yeux. Il est ainsi impossible de savoir si l'internement sera bénéfique ou non pour le prévenu, quelles sont ses chances de récidive, ni si une rémission est possible pour lui.

Il faudrait faire complète abstraction de l'avis médical, et juger le prévenu selon l'objectivité légale et non des notions aussi abstraites que la dangerosité potentielle, le risque de récidive ou la peine émotionnelle des proches de la victime. Il est absolument impossible d'affirmer que le prévenu commettra d'autres délits au terme de sa peine, et c'est aux institutions de l'aider à l'apaiser de ses troubles, ces mêmes institutions qui ont rendu ce crime possible.

Opter pour la peine la plus lourde est une manière de nier la responsabilité flagrante des institutions carcérales est médicales dans cette affaire, et met en exergue le déni de la psychiatrie à reconnaître son évidente subjectivité, ainsi que son hautaine prétention à trancher sur des situations qui la dépassent et à faire foi sur la personnalité d'individus dont elle ne peut assumer ni les actes, ni leur évolution, sans pouvoir s'assurer ni de les soigner, ni même au minimum être capable de prouver qu'elle apporte une évolution favorable à leur état global.

Écrit par : Dulìo | 23/05/2017

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