13/11/2016

Nucléaire :oser l’Initiative

Le vote sur l’Initiative pour la sortie du nucléaire repose sur une question de rythme, de confiance ou de méfiance. En effet, si quelques uns résistent encore à l’idée qu’il faut organiser cette sortie selon un calendrier à préciser, la majorité du parlement comme, --semble-t-il--, la majorité du peuple souscrit à cette option générale.

 

Mais, tandis que l’Initiative veut un processus accéléré de sortie, le Conseil fédéral propose, à l’incitation de Doris Leuthard , un processus davantage étalé dans le temps. Il prend en compte les besoins de l’économie et des personnes en approvisionnement électrique. Il n’y a donc pas de dates prescrites pour fermer les centrales nucléaires. Le contrôle de sécurité doit être strict et le terme évoqué est 2050.

 

Du côté des Initiants, on fait valoir que les centrales nucléaires helvétiques ne sont plus rentables, qu’elles sont vieilles, voire très vieilles pour quelques unes, et qu’il importe d’accélérer le remplacement par le recours aux énergies renouvelables, dont la performance technique et le rendement ne cessent de progresser. Doris Leuthard et ses experts nous disent que le rythme exigé par l’Initiative est trop rapide. Afin de couvrir les besoins en électricité, disent-ils, nous risquons d’importer, durant un bon bout de temps, davantage d’énergie étrangère d’origine nucléaire et, pire, de l’énergie fossile émanant du charbon allemand. Un péché écologique et un contre-sens.

 

Seulement voilà : ce n’est pas du tout prouvé. Il semble que l’électricité vendue par l’Allemagne est en bonne partie renouvelable et que le charbon utilisé à titre transitoire est plutôt destiné à sa consommation indigène. Actuellement, nous importons quelque deux tiers de notre électricité et nous en exportons aussi deux tiers : un mouvement de va et vient au travers des réseaux et au gré des saisons : l’hydraulique étant le pivot tournant. Or, il n’est pas impensable d’exporter moins et d’importer moins, en poussant résolument l’exploitation indigène des énergies renouvelables ainsi qu’un programme d’économies d’énergie.

 

Bref, si l’Initiative recèle en effet un risque, difficilement mesurable, quant à notre nourriture électrique durant quelques décennies prochaines, ce risque devrait pouvoir être écarté, moyennant une volonté politique claire. En revanche, quels que soient les contrôles de sécurité avec le sérieux fédéral bien connu, le risque grandissant d’un accident dramatique, risque inhérent à de vieilles centrales ne peut être ignoré.

 

Enfin, puisque la majorité d’entre nous admet, à l’instar de ce qu’il en est dans nombre de pays européens, qu’il faut en terminer avec le nucléaire, pourquoi ne pas insuffler une politique énergique,--c’est le cas de le dire--, allant dans ce sens. Bref, après avoir réfléchi et beaucoup hésité, notre conclusion est celle-ci : osons l’Initiative.

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Commentaires

Effectivement cette initiative nous laisse le temps de nous retourner étant donné que la dernière centrale fermera en 2029,

En outre cette initiative aura le grand avantage de développer de nouvelles technologies, de créer des emplois, et surtout elle incitera surtout notre pays et notre industrie à rester à la pointe des techniques d'énergie.

Alors votons OUI car cette initiative assurera l'approvisionnement énergétique de notre pays, favorisera notre industrie, créera des emplois et augmentera notre sécurité.

Écrit par : Boccard | 14/11/2016

C'est courageux de votre part et mérite d'être souligné. Je vous dis donc : BRAVO !
C'est au pied du mur que l'on voit le maçon : une fin plus rapprochée du nucléaire ne pourra qu'inciter à faire preuve de plus d'imagination, plus d'énergies intellectuelles, plus de recherches, plus d'initiatives pour produire ce dont nous aurons besoin SANS OUBLIER le gisement au combien important des économies d'énergie. Il y a tellement de gaspillage que rien qu'une limitation de celui-ci devrait permettre d'économiser au moins une centrale nucléaire. Restera le problème des déchets que PERSONNE ne veut voir sous ses pieds. Ou alors qu'ils se manifestent ceux qui les acceptent.

Écrit par : Charles | 14/11/2016

Je ne boude pas mon plaisir et remercie le libéral qui ose le contre-courant.
Car, malheureusement, les politiques aujourd'hui ont la fâcheuse tendance à bêler avec le troupeau sans faire l'effort de vérifier la pertinence des arguments. Merci pour ce billet.

Écrit par : Pierre Jenni | 14/11/2016

Comme les deux élus PLR au Conseil d'Etat et comme 40% des 150 délégués présents à l'assemblée du PLR il y a 2 semaines, M Eggly fait encore preuve d'indépendance d'esprit et appelle l'électorat a agir là où le parlement fédéral a failli. Agir en faveur d'une sortie programmée du nucléaire, pour insuffler du volontarisme dans notre politique énergétique. Palier aux failles de l'assemblée fédérale qui a plié face aux représentants de l'ancien régime nucléaire. Chapeau !

Écrit par : Philippe de Rougemont | 14/11/2016

Ravi, cher Jacques-Simon, de te retrouver une fois de plus du coté de l'audace et de l'avenir!

Je suis convaincu que l'abandon rapide du nucléaire va aider à développer une foison de solutions alternatives. Elles sont déjà là: éoliennes, solaire, s'ils sont intelligemment déployés auront tôt fait de remplacer le nucléaire.

Il ne s'agit pas d'une initiative de la peur (quoique...) mais d'un pari sur l'avenir.

Amicalement
ALexis

Écrit par : Alexis Barbey | 14/11/2016

Bravo bravo jacques

Écrit par : Sauter jacques | 18/11/2016

Cher Jacques-Simon, eh ben ... je nage à contre-courant, car je suis persuadé qu'un jour on aura besoin d'énormément d'énergie (propre !) pour lutter contre le réchauffement climatique. Comment ? En jouant aux apprentis-sorciers et refroidir la stratosphère de notre belle planète terre. Oui, avec notre façon de vivre: surproduction, surconsommation et surpopulation, produisant de plus en plus de déchets, je vois mal comment freiner autrement le réchauffement climatique! Le seul moyen, je peux me tromper, sera le nucléaire "amélioré". Des dangers existent, mais ce n'est pas la seule épée de Damoclès qui est pendue au dessus de notre tête. Donc je suis de l'avis qu'il faut faire confiance au Conseil Fédéral et ses spécialistes, en donnant du temps au temps. J'ai voté contre la précipitation, donc contre l'initiative. J'ai peut-être tort, mais c'est la mère NATURE qui le dira à nos petits-enfants ou arrière petits-enfants. Bien a vous

Écrit par : Bruno Mathis | 21/11/2016

Je n'aurais jamais cru être un jour d'accord avec M. Eggly. Comme quoi tout arrive.

Les opposants à l'initiative n'arrêtent pas de dire qu'être en faveur de cette initiative est hypocrite, au motif que l'on importera de l'énergie sale, qui recrache énormément de CO2, comme si l'énergie nucléaire était propre au motif que des tours de refroidissement ne sort que de la vapeur d'eau.

Cet argument n'est que partiel, dans la mesure où il ne tient pas du tout compte que le combustible nucléaire est une pollution qui peut durer des milliers, voir des centaines de milliers d'années puisqu'il nécessite d'être entreposé dans des endroits totalement étanches, au risque de constituer un risque majeur de pollution et pour les habitants .

Ainsi, les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) qui sont des déchets technologiques (gants, combinaisons, outils, effluents liquides ou gazeux) d'une durée de vie moyenne de 300 ans. Ensuite, il y a les déchets de faible activité longue (FA-VL) qui sont des déchets à vie longue car la décroissance de la radioactivité se fait sur des milliers d'années. Ce sont des déchets radifères (contenant du radium) et de graphite. L'autre catégorie sont les déchets de haute et moyenne activité à vie longue (HMA-VL) qui sont principalement produits au coeur du réacteur ou issus du retraitement des combustibles usés. Ils sont extrêmement dangereux pendant des centaines de milliers d'années, notamment le plutonium 239 (24'000 ans).

Cette durée de vie de la pollution et de la dangerosité de ces matériaux pose aussi la question de la sécurité. En effet, qui peut garantir que dans dix mille ans, les générations qui nous suivrons saurons où se trouvent ces déchets, lorsque l'on voit que nous-mêmes avons de la peine à connaître l'origine d'une pollution qui s'est produite il y a 40 ans.

Finalement, je préfère presque une pollution à court terme d'une centrale à charbon que la pollution nucléaire à très très long terme du nucléaire.

Le 28 novembre, il faut voter oui pour qu'on sorte de cette industrie qui est sans avenir.

Écrit par : Jérôme Gasser | 23/11/2016

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