06/06/2016

Démocratie: confiance contre méfiance

Démocratie : confiance contre méfiance Dimanche soir, les visages souriants de Doris Leuthard et de Simonetta Somarugua faisaient plaisir à voir. Les résultats des votations étaient la victoire du Conseil fédéral et du Parlement. On renouait avait l’habitude selon laquelle des initiatives ont peu de chances lorsqu’elles sont résolument combattues par le Gouvernement, le Parlement et une majorité des forces politiques. Encore que… Certains diront que le Conseil fédéral et les partis avaient compris la leçon. Ils se sont engagés ; sauf l’UDC sur l’asile car, au fond, elle était embarrassée. C’est un fait à souligner, bien sûr. Mais il faut observer quelque chose de plus profond. Lorsque le Gouvernement et le Parlement sont désavoués, il s’agit souvent d’une expression de méfiance à leur endroit. Les citoyens ont l’impression que les problèmes qu’ils ressentent, leur craintes n’ont pas été bien vus, ont été mal pris en compte. On peut constater cette méfiance avec les succès de l’Initiative Weber, mais surtout avec la première Initiative de l’UDC sur l’asile (pas celle maladroite sur la mise en œuvre), et, naturellement, avec l’Initiative contre l’immigration de masse qui donne la migraine à toute notre diplomatie. En somme, dans un système de démocratie directe comme le nôtre, les responsables politiques se doivent d’être à l’écoute, de relever les problèmes réels, et même ressentis au-delà de la réalité. Il ne s’agit pas de suivre le peuple par opportunisme. Il s’agit de prendre la pleine mesure du débat, sans balayer les arguments contrariants avec désinvolture. Et puis, s’il faut combattre des Initiatives ou des Référendums, il faut s’engager dans un effort soutenu d’explication, assumer un rôle pédagogique dans le meilleur sens du terme. Des citoyens sur la réserve choisiront la confiance au lieu de se raidir dans la méfiance. Le populisme joue avec l’idée d’une classe politique coupée du pays réel. Le défi est de montrer qu’il n’y a pas coupure. Dans le meilleur des cas, Gouvernement et Parlement choisissent une voie et des solutions claires, qu’ils expliquent clairement. Rien n’est jamais gagné définitivement. Il faudrait peu de choses pour que le peuple, inquiet, ressente le besoin d’exercer une nouvelle pression forte. On pense à la migration. Toutefois, dimanche dernier, on n’a pas seulement eu des résultats mais aussi une marche à suivre.

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Commentaires

Le peuple a dit au CF : "ok on vous fait confiance mais ne nous décevez pas". A mon avis Mme Somarugua va le décevoir et le retour de manivelle sera brutal..

Écrit par : norbert maendly | 06/06/2016

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