28/02/2016

Musée enh péril

Les Citoyens de la ville de Genève ont refusé le crédit pour la rénovation et l’extension du Musée d’art et d’histoire (MAH). Dont acte. Il faut respecter le vote populaire. Il est permis, cependant, de regretter qu’un tel sujet ne soit pas de compétence cantonale, tant il est vrai, qu’avec le Grand Théâtre et le Victoria hall, il s’agit d’un bâtiment et d’une vocation concernant tous les habitants du Canton. A quand cette nouvelle répartition des tâches et des charges entre Communes et Cantons, que la Constituante n’a malheureusement pas été en mesure d’imposer. Autre sujet d’étonnement : le nombre de bulletins blancs sur cet objet. Il y a eu de telles controverses, parfois agressives, sur la question du financement, sur la part du mécène principal et sur le projet architectural lui-même que des votants n’y ont plus vu très clair ; d’où leur vote blanc. Bref, un gâchis, une occasion manquée, des incertitudes, des retards inquiétants à prévoir, des coûts reportés qui vont grimper. Robert Cramer s’est voulu rassurant. Il en sera, dit-il, comme pour le Musée de l’Ariana ou celui d’Ethnographie. Après le refus d’un projet, on a trouvé une solution de consensus. Sauf que, dans le cas du MAH, une Convention avec le mécène principal tombe à l’eau, que d’autres soutiens privés pourraient être vacillants et qu’une restauration urgente s’impose, sans que l’on puisse dire aujourd’hui quelle extension, pourtant indispensable, sera également possible. Les opposants qui ont gagné dimanche assurent que des propositions rapides pourraient être faites. On aimerait en accepter l’augure, même si la prédiction du magistrat Sami Kanaan ne rend pas optimiste. On n’aura rien avant vingt ou trente ans, déclare-t-il. C’est dire que beaucoup des combattants de ce dimanche seront dans l’autre monde lors de l’inauguration d’un vrai beau Musée, restauré et agrandi, apte à tenir sa place dans le réseau des grands Musées modernes. Mais enfin, la recherche de l’intérêt général devrait toujours primer sur la déception et les reproches. Oui, essayons de trouver le consensus qui n’a pas eu lieu pour sortir d’une ornière si typiquement genevoise.

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Commentaires

Le premier Musée de Genève, Musée Rath, historiquement avait été légué à la Ville mais rien ne nous empêche aujourd'hui de repenser la répartition des tâches. Il m'apparait urgent si avenir international il devait y avoir pour ce Musée - qui n'a jamais été pensé ainsi mais qui a l'ambition de le devenir - de partager au minimum les responsabilités avec le canton ce d'autant que la solution dite "rapide" ne peut pas, comme l'évoque justement M. Kanaan, émaner de la Ville avant des décennies...
Le vote d'hier ne représente ni le tout Genève, encore moins le Grand Genève ou la Genève internationale!

Écrit par : Florence KB | 29/02/2016

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