06/02/2016

L'Initiative UDC est subversive

L’Initiative de l’UDC est subversive Oui, en poussant un peu le vocabulaire, on peut considérer que l’Initiative de l’UDC sur le renvoi effectif des étrangers criminels a quelque chose de subversif. Oh ce n’est pas la Révolution. Les membres de l’UDC sont de bons patriotes. Leurs préoccupations quant aux étrangers délinquants et criminels sont partagées par beaucoup. Mais ils ne se rendent pas compte qu’en lançant une seconde Initiative de mise en œuvre de la première, sur le même sujet,--- alors que le Parlement a pourtant voté une loi d’application de cette première Initiative---, Ils donnent un coup de pioche au fonctionnement de nos institutions. Ils brandissent leur étendard déployé en plein vent avec la devise en majuscules : méfiance, encore méfiance, toujours méfiance. Certes, ils répondent que la loi votée parle Parlement ne respecte pas assez leur première Initiative. Pourtant, nettement plus dure que la loi précédente mais juste, elle élargit clairement les cas où un criminel étranger mérite l’expulsion. L’Initiative de mise en œuvre veut, en fait, aller plus loin que la première. Aux criminels dits graves s’ajouteraient des délinquants moins dangereux mais considérés comme affectant l’ordre public, dès lors qu’ils seraient récidivistes. Ce n’est plus une mise en œuvre mais une accentuation lourde. Si cette loi d’application ne convenait pas à l’UDC elle pouvait lancer un Référendum afin que le peuple renvoie leur copie aux Parlementaires. Mais écarter sans discussion directe cette loi et prétendre faire directement le travail de députés mal notés: voilà qui déséquilibre le jeu démocratique. Il s’agit d’un précédent dangereux, d’une incitation à une pratique qui serait malheureuse. C’est ce basculement vers une confusion des rôles qui porte un élément subversif. L’UDC a retrouvé ses deux Conseillers fédéraux. Elle est un Parti gouvernemental. Elle devrait être garante d’une clarté dans le fonctionnement démocratique et non pas porteuse d’une surenchère de la méfiance. Et puis, l’élément subversif touche un autre aspect de l’équilibre précieux des pouvoirs. Avec la loi d’application votée par le Parlement, le Juge peut éventuellement renoncer à une expulsion si la mesure met l’expulsé dans une situation grave et si l’intérêt public ne l’emporte pas sur l’intérêt de la personne jugée à rester en Suisse. Cette marge d’appréciation laissée au juge est conforme aux engagements internationaux de la Suisse et protège contre un arbitraire de l’expulsion trop automatique. Là encore, l’UDC, en marginalisant les juges, donne un coup de pioche contre un équilibre institutionnel. Toujours cette méfiance présentée comme un antidote au laxisme mais qui contient une dose cachée de poison antidémocratique, finalement anti- suisse. Si l’on ajoute à cela qu’un succès de l’Initiative ne faciliterait pas nos négociations laborieuses avec l’Union européenne, on a vraiment de bonnes raisons pour souhaiter son échec le 28 février.

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Commentaires

@Monsieur Eggly subversive ou pas elle aura nourri page blanche et de nombreux citoyens ont à cœur de dire haut et clair ,on va finir par croire que ces initiatives n'existent que pour être commentées
Très belle soirée

Écrit par : lovejoie | 06/02/2016

Souhaiter l'échec de l'initiative, le 28 février en ne se contentant pas de voeux pieux.

En ouvrant son matériel de vote... sans oublier de voter!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/02/2016

C'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.
Vous devez vraiment être aux abois pour faire preuve d'une telle mauvaise foi.
Non seulement une majorité des députés de la commission parlementaire a annoncé clairement son intention de ne pas légiférer sur cette disposition constitutionnelle, mais en plus lorsqu'ils on été contraints de le faire suite à la récolte des signatures, ils ont proposé une loi qui reprend presque mot à mot le contre-projet qui a été balayé par le souverain.
Monsieur Eggly, vous tombez bien bas.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/02/2016

Monsieur Pierre Jenni

- « ... une majorité des députés de la commission parlementaire ... on été contraints de le faire suite à la récolte des signatures »

C'est exactement celà que Monsieur Eggly décrit en ces termes ...

... "Les membres de l’UDC ... donnent un coup de pioche au fonctionnement de nos institutions."

C'est aussi dommageable que si "Les membres de l’UDC", ou du PS pour vous aider à comprendre, avaient "contraints", par le même moyen, le pouvoir judiciaire, des juges donc, à prononcer un jugement qui n'est pas indépendent de toute contrainte ou considération politique.

Qui dénonceriez vous alors ? Les juges ? Ou les membres du PS ?

Écrit par : Chuck Jones | 06/02/2016

Non Chuck, ce sont des façons de détourner la focale histoire de mieux semer la confusion dans le public. C'est malhonnête. C'est petit. Et ça mérite sanction.
Et elle viendra, inévitablement. Car si par "hasard" l'initiative de mise en oeuvre de la décision populaire devait être rejetée, les innombrables lésés qui ont déjà perdu toute confiance dans nos institutions, se verront contraints de valider la suivante, soit celle de la prévalence du droit national.
A force de prendre les gens pour des cons, on ne reçoit en retour que ce qu'on mérite.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/02/2016

Vous ne semblez pas comprendre ce qu'est la démocratie. Le peuple est le souverain. Le peuple choisira le 28 février. Soit il suivra le texte proposé par l'initiative, soir il le rejettera. Si un parti estime que le travail des parlementaires ne respecte pas une décision du peuple, il a parfaitement le droit et je dirai même le devoir de faire encore une fois appel au peuple. Si les parlementaires ne font pas le travail attendu par le peuple, si les parlementaires ne sont pas à l'écoute du peuple, alors il faut se poser la question de la légitimité de leur représentation. Un parlement désavoué, censuré par le peuple devrait démissionner. Dommage que nos institutions ne le prévoient pas.

Écrit par : Charles | 06/02/2016

Une révolution en Suisse ????

... http://postimg.org/image/h40pjtczp/

Écrit par : Chuck Jones | 07/02/2016

Pierre, notre système démocratique est "étudié pour" ... éviter les révolutions tout en permettant à la société d'évoluer ... lentement.

Écrit par : Chuck Jones | 07/02/2016

Une politique subversive face aux manipulateurs de l’establishment politique c'est plutôt sain non ?

Écrit par : norbert maendly | 07/02/2016

Dans ce cas, comme dirait JFK: Ich bin ein subversive !

Écrit par : Eastwood | 08/02/2016

@Monsieur Jenni on ne peut que vous donner raison surtout que subversivement parlant un membre PS était sensé agir pour mettre fin aux harcèlements téléphoniques dont sont victimes de nombreuses personnes âgées
Que nenni ils ont repris de plus belle .Belle durabilité dans les promesses faites avant les élections Fédérales!

Écrit par : lovejoie | 10/02/2016

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