26/11/2015

TSR: garder les émisions religieuses

TSR : garder les émissions religieuses Un débat est lancé à propos des émissions religieuses de la Radio Télévision romande. Le projet est de supprimer trois émissions soit : hautes fréquences sur la première le dimanche soir ; A vue d’esprit sur Espace 2 ; et faut pas croire sur RTS1 le samedi après midi. Une pétition rassemble des signatures contre cette perspective mutilante. Dans le journal le Temps, le professeur de théologie François-Xavier Amhredt exprime très bien les raisons de s’opposer à cela. C’est aussi le cas de François Dermange, professeur d’éthique à Genève qui s’est exprimé dans la rubrique l’invité de la Tribune de Genève. Convaincu, nous désirons apporter ici notre adhésion à cette protestation. L’ information donnée a stupéfait ceux qui assistaient à un culte radio- diffusé, présidé par une pasteur de grand format : Marie Cénec. Il était question de la mort, mais donc aussi de la vie et de son sens. Il y avait matière à une grande prédication mais également à réflexion et discussion. Or, c’est précisément cela que les émissions susmentionnées cherchent à promouvoir. La Radio Télévision romande ne parle certes pas de supprimer la transmission des cultes et messes. Pour le moment ! En effet, dès lors que l’on relativise un devoir en général, où s’arrêtera-t-on ? Certes, la SSR est soumise à des pressions financières et doit contrôler son budget ; donc sa branche romande aussi. Mais l’exercice ne saurait se référer aux seuls critères des audiences. La SSR, au bénéfice d’une concession et percevant une redevance a des devoirs civiques et moraux. Elle doit, par exemple, donner sa place à la vie nationale et à celle des régions. Il est évident qu’elle doit aussi offrir des occasions d’entendre et de voir des émissions qui s’approchent des sujets les plus essentiels. Cela ne concerne pas seulement les fidèles de telle ou telle religion mais toux ceux qui ont besoin de s’interroger sur le sens de la vie, les racines de notre société, les dangers qui nous menacent : que ce soient la violence ou la dilution de nos valeurs…On est dans le dialogue spirituel et philosophique. Cette nécessité pour tant d’auditeurs d’être branchés sur de telles occasions de réfléchir n’est-elle pas plus impérative que jamais ? N’est-ce pas le plus mauvais moment pour songer à couper dans cette offre ? Gilles Marchand, le directeur de la Radio Télévision romande a réagi devant les protestations. Franchement, il s’est réfugié derrière une langue de bois. C’est bien que le débat soit ouvert. On verra comment faire au mieux. Il ne s’agit pas de renoncer à une offre dans ce domaine en effet important. Oui, et quoi alors ? Nous avons des émissions de grande qualité, ressenties comme nécessaires, maitrisées par des journalistes motivés et compétents. Il faut préserver cela. S’il importe de trouver des économies, n’y a-t-il pas des pistes du côté des émissions récréatives que l’on trouve à foison ? Ne masquez pas, cher Gilles Marchand, une démarche destructive derrière le paravent bien connu qui consiste à dire que l’on pourrait faire aussi bien mais autrement. Cela rappelle, toutes choses égales, ce qu’il en est dans les écoles publiques avec l’histoire suisse et l’instruction publique. Hélas, dans nos Cités démocratiques de si longue tradition, on voit de plus en plus du trop plein avec au creux de terribles vides. Ce n’est pas ainsi que nos esprits et nos cœurs résisteront le mieux aux vents destructeurs qui attaquent nos terres, heureusement encore trempées de civilisation spirituelle et humaniste. Nous en appelons aussi à Roger de Weck, le directeur de la SSR, dont toute l’éducation familiale a bénéficié de ces références fortes qui donnent un sens à l’existence. Que la SSR en général, sa branche romande en particulier, n’ébranle pas ce dont nous avons encore plus besoin aujourd’hui.

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17/11/2015

Traquer, protéger mais vivre

Tout a été dit sur l’horreur. Tout n’a pas été dit sur les erreurs de l’Occident . Cette funeste opération américaine en Irak. Ce soutien mou à la nébuleuse des opposants à Assad sans les moyens d’établir et de consolider un nouveau régime. Ce manque de conscience, contrairement à un de Gaulle, que l’Orient est compliqué. Cette politique étrangère médiatique et par à coups plutôt que réfléchie et stratégique. Et maintenant des Etats en chaos, une Entité terroriste fanatique jusqu’à l’horreur mais déterminée. Oui, il serait bien temps que les Occidentaux, les Russes et même l’Iran accordent leurs violons pour vaincre le monstre. Demeure un grand malaise.

Toute cette horreur a été générée par les mouvements salafistes, intégristes qui ont été appuyés, financés par des pays avec lesquels nous commerçons : l’Arabie saoudite et des pays du Golf qui nous fournissent en énergie, achètent des fleurons de nos hôtels mais sont très loin de nos valeurs constitutives. Oui, nous sommes en guerre mais aussi en difficulté de nous extraire de notre filet de contradictions.

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08/11/2015

Pas de miracle électoral mais...

Pas de miracle électoral mais…

 

Benoît Genecand a fait une belle campagne. Honneur à lui. Il a été élu au Conseil national et, avec lui, le PLR retrouve un troisième siège. Une satisfaction. La majorité des Conseillers nationaux genevois sont désormais de droite. Une autre satisfaction. Mais Benoît Genecand n’a pas été élu au Conseil des Etats. Dommage. Cela eût bien mieux représenté l’équilibre politique genevois. L’élue socialiste et l’élu écologiste pensent tous deux qu’ils ont été confirmés sur leur personne, avec un tel scrutin majoritaire, et qu’ils auraient été élus même si la droite avait été unie derrière  Yves Nidegger et Benoît Genecand. Sans nier l’impact de leurs deux personnalités, nous ne le pensons pas. Le résultat vaudois, qui a vu le PLR Olivier Français battre le Vert sortant Luc Recordon donne un argument à ceux qui pensent qu’une droite sinon unie au moins sans conflits internes virulents a de bonne chances d’occuper un siège au Conseil des Etats. La personnalité de Luc Recordon était pourtant aussi connue que celle de Robert Cramer.

 La non réussite de la Droite genevoise tient à sa désunion. Dans le Canton de Vaud, où, c’est vrai, le PDC n’est pas très puissant, le report des voix UDC sur le candidat PLR s’est fait, tandis que la Socialiste Géraldine Savary restait logiquement intouchable. A Genève, il y aurait eu une possibilité. Soyons clair. Il ne pouvait être question d’une campagne commune au vu des différences fortes sur les relations avec l’UE, notamment. Et puis, entre l’UDC genevoise et le PLR on a eu des différences de style, de comportement que l’on ne saurait négliger. Et l’on ne parle pas du MCG, surtout de son Chef fondateur Eric Stauffer. Cela étant, la Droite PLR,UDC, PDC, MCG est unie plus souvent qu’à son tour au Conseil municipal. Cela dit, le PDC comme le PLR ne contestent pas ou plus le droit de l’UDC à deux sièges au Conseil fédéral-  Il y avait donc une ouverture possible. On a cru qu’elle allait avoir lieu. Le candidat PDC Raymond Loretan s’était retiré avec dignité.  Le candidat Eric Stauffer semblait prêt à faire de même. L’idée était tout simplement une invitation implicite adressée aux électeurs de l’Entente d’ajouter Yves Nidegger et, surtout, aux électeurs UDC d’ajouter Benoît Genecand. Pas plus, à cause des divergences ; pas moins pour donner une chance. Celui qui était porteur de cette chance , c’était évidemment Benoît Genecand. Hélas, la revendication d’un Eric Stauffer pour une campagne commune fermait déjà la porte. Mais  l’attitude du Président du PDC est aussi critiquable. On ne va pas déclarer qu’une alliance avec des guignols est impossible. On ne se drape pas dans un manteau de pureté en utilisant le vocabulaire de ceux que l’on vise. Franchement, le Président PDC n’a pas été à la hauteur de l’occasion, certes délicate, qui s’offrait.

Bon, tournons la page. Le réélection du duo Vert-Socialiste au Conseil des Etats n’a rien d’une catastrophe. Il ne faut pas exagérer. Bien des aspects de leur engagement sont à reconnaître. Toutefois, il faudra corriger cela dans quatre ans. Plusieurs éléments favorables pourraient y contribuer. Un MCG perdant de l’impact du fait que certains problèmes seraient moins aigus. Une UDC qui se rallierait à l’ Accord bilatéral avec l’UE sur la libre circulation, moyennant certaines précautions négociées et obtenues. Une concordance visible sur les questions de budget, de sécurité sociale, de défense et sur d’autres sujets. Bref, un élargissement de ce qui se passe au municipal à l’échelon cantonal et fédéral. Oui trouver des convergences, certes de circonstances et sans se renier, c’est possible. Mais il faudra sans doute que certaines personnes nouvelles, moins crispées, soient aux commandes pour négocier. On verra déjà ce qu’il en sera lors des élections fédérales. D’ici là, renforcer les discussions sur les sujets, saisir les occasions, telle est la voie à suivre.

Il n’y a pas eu de miracle électoral mais l’éclaircie vaudoise pourrait s’étendre lentement à Genève.  

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