01/09/2015

Crise de l’immigration : pas de simplisme

 


Ces milliers de réfugiés qui tentent leur chance. Les images choquent même si les sensibilités s’émoussent devant la multiplication médiatique des images choc. Mais oui le monde et plus particulièrement l’Occident doit avoir une attitude humaine face à une telle détresse humaine. Oui, l’Europe doit trouver les moyens de maitriser mieux la situation. Oui, le statut de réfugié doit être accordé à ceux qui se trouvaient chez eux directement en danger de mort. Et oui encore, la Suisse doit faire toute sa part. Mais il ne suffit pas de sauter d’un pied sur l’autre, pancarte à la main, en criant accueil, accueil. Le problème a de multiples aspects et doit nécessairement être analysé sous plusieurs angles.

Tout d’abord, n’en déplaise à certains et en dépit de la difficulté parfois à la percevoir, une distinction doit être faite entre les immigrés économiques qui cherchent une vie moins dure et les immigrés qui fuient les persécutions, les massacres et la mort. Venir d’un pays non démocratique dirigé par un dictateur ne suffit pas à légitimer un statut de réfugié. Sinon, on n’en sortirait plus. Et la Suisse, par exemple, ne saurait ouvrir durablement la porte à des immigrés africains qui ont certes de bonnes raisons de tenter leur chance chez nous ; ce qui n’est pourtant pas une raison suffisante pour les accueillir.

 

Lorsqu’il s’agit des réfugiés syriens, l’affaire est plus claire évidemment. Devant cette migration massive, des camps d’accueil, selon nos standards de dignité, vont bien devoir être organisés dans les pays européens. On entend des personnes dire : assez de distinctions, de contrôles, acceptons une libre migration dont nous sommes nous mêmes historiquement issus.  Nombre de Suisses n’ont-ils pas émigré au cours des siècles ? Comparaison n’est pas raison et l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions. Une immigration massive, africaine, proche orientale, majoritairement musulmane serait le chemin tortueux menant vers des cohabitations épineuses, des ghettos,  des réactions nationalistes et démagogiques : bref vers de grandes difficultés pour nos sociétés. Affirmer le contraire est faire l’autruche. Observons l’Angleterre, la France ou bien les tensions de plus en plus vives en Allemagne. Tant de drames politiques sont issus de problèmes mal résolus, de déstabilisations que l’on n’a pas su enrayer à temps.

 

Certes, l’Europe et l’Occident ont leur responsabilité dans ce qui se passe en Afrique, en Libye, en Syrie, en Irak. Il y a un impératif de contribuer à stabiliser ces régions si c’est encore possible. Mais s’il faut entourer ceux qui souffrent, les aider en urgence, il faut aussi le faire dans une perspective de retour dès que les situations le permettront. Autrement dit, l’Europe (y compris la Suisse) doit aménager au mieux les états provisoires, dans cette idée de retour ; et distinguer le mieux possible ceux qui ont vocation à vivre avec nous pour toujours  en adhérant au socle qui cimente notre vie  commune.

 

Sécheresse de cœur ? Lisons le sondage effectué auprès de la population suisse. Une très forte majorité ne veut pas d’une immigration débridée. Mais une forte majorité aussi est pour un renforcement important de l’aide aux pays en crise et aux pays de le région qui sont en première ligne. D’ailleurs, dans une vision à plus long terme, n’allons pas croire que des régions ou des continents soient condamnés aux opérations de secours. L’Afrique, par exemple, a d’énormes potentialités. Dans cinquante ans, bon nombre des  pays qui la composent pourraient avoir un niveau économique satisfaisant, concurrentiel, un dynamisme enviable avec une jeunesse porteuse d’avenir. C’est dans cet échange renforcé que le meilleur mouvement est à conduire. Certes, il faut réagir dans l’urgence mais sans perdre de vue la ligne stratégique.

 

Alors, oui à l’émotion, oui à l’aide humaine et humanitaire mais pas de simplisme réducteur et dangereux devant un problème énorme aux multiples facettes et à considérer aussi dans le temps long.  

 

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Commentaires

Il y a un pays qui a une frontière commune avec la Syrie: Israël. Combien ce pays accueille-t-il de réfugiés?

Écrit par : Charles | 05/09/2015

"Crise de l'immigration"

Il s'agit d'une invasion concoctée par la 5ème colonne crypto-communiste et quelques printaniers à la solde de Moscou !

Au fait, avez-vous entendu parler d'immigrants venant de Cisjordanie, alors qu'il leur suffit de se rendre à l'aéroport de Tel-Aviv et de payer quelques dizaines de dollars pour prendre un billet Easyjet ?

Ou d'arabes israéliens ?

Écrit par : Corto | 06/09/2015

Mais je sais que la Suisse avait recueilli beaucoup de "réfugiés" ss après 1945 !

Écrit par : Corto | 06/09/2015

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