19/08/2015

La démocratie s'apprend

La démocratie s’apprend

 

Les Suisses de l’étranger ont tenu leur Congrès annuel ; cette fois à Genève. L’événement fut marquant pour l’auteur de ces lignes puisque c’était le dernier qu’il présidait. Un succès par la fréquentation et aussi de par l’intérêt pour le sujet :< la démocratie et la formation citoyenne>.Que les congressistes, en grande majorité donc Suisses de l’étranger, aient croché sur ce sujet en dit long sur l’attachement du noyau de ces compatriotes à leur mère patrie.

Mais, sur le sujet retenons ici trois points.

La démocratie n’est pas un gêne qui vient avec la naissance. Elle s’apprend. Le premier instinct de l’homme réclame le clan, la hiérarchie. Dans l’histoire, postuler la liberté et la responsabilité du Citoyen n’allait pas de soi. Le chemin fut long et semé d’embûches. La démocratie, d’ailleurs, a ses vertus mais peut aussi produire des lois ou des actes injustes. Socrate nous l’a dit mais il a préféré se soumettre à ces lois injustes plutôt que de rejeter l’ordre établi. Aujourd’hui, il faut insister sur le respect des droits de l’homme, ce que des Démocrates peuvent aussi oublier.

Cela étant, la Suisse a poussé au maximum les institutions démocratiques. On en trouve des prémices dans les premiers pas des cantons mais la vraie consolidation date, bien sûr , de 1848. Lorsqu’on y songe, quelle avancée, et quels droits populaires sidérants avec le Référendum et l’Initiative ! Il y faut une culture politique, une maturité civique qui ont de quoi étonner loin à la ronde.

Or, précisément, cette culture et cette maturité ont besoin de citoyens au clair et motivés. Il y faut les connaissances requises et des exercices , si possible : cela dans le temps de la jeunesse.

Il importe donc que l’école apporte les connaissances , les repères. Les enseignants ont, --ou plutôt auraient--, un devoir de transmettre ces connaissances en histoire nationale. Ils ont,--ou plutôt auraient le devoir de transmettre les données de base sur le fonctionnement des institutions :soit une instruction civique, citoyenne suffisante. Disons le tout net, cette transmission est aujourd’hui très insuffisante dans les écoles publiques. Lacunes dans les programmes, absence de cadre imposé aux enseignants, lesquels devraient affirmer leur liberté dans la manière mais jamais dans le refus d’enseigner ce qui devrait l’être.

Certes, la transmission scolaire peut avoir quelque chose d’abstrait et nombre d’élèves n’en seront pas motivés pour autant. Cela ne garantit donc pas forcément la formation citoyenne. Nous dirions : absolument nécessaire mais pas toujours suffisant. Il y a alors des valeurs ajoutées possibles. Le Canton de Genève, par exemple, organise ou soutient des réunions où des jeunes abordent un sujet d’actualité, se distribuent des rôles et défendent des positions. Au Congrès des Suisses de l’étranger, des jeunes de l’étranger ont fait cette démonstration. Ce fut captivant. Ils vont d’ailleurs créer un Parlement des jeunes Suisse de l’étranger, comme il y en a en Suisse. Et l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) offre une plateforme internet permettant notamment de tels échanges politiques.

Alors ? Plutôt la transmission de base ou plutôt des stimulations branchées sur l’actualité ? La réponse est évidente. Il faut les deux. Mais organiser les stimulations n’est pas simple et ne peut atteindre tout le monde. La transmission des connaissances de base en histoire suisse et en instruction civique devrait, elle, atteindre le plus grand nombre. Transmettre, toucher à vif : il n’y a pas contradiction mais complémentarité. Encore faudrait-il que la formation citoyenne soit reconnue comme devant être une priorité indispensable à la pérennité de notre démocratie.   

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