15/06/2015

Service public:oui mais

Service public : oui mais

 

Les nouvelles modalités de la redevance servant à financer les médias ont donc été  approuvées  de justesse par le peuple. La généralisation de la perception arrange tant la SSR que les radios ou télévisions locales. On pouvait discuter des ces modalités techniques et financières. Or le débat a largement dévié de l’objet pour tourner autour de la SSR en tant que service public. Sa protection particulière correspond-elle à la valeur de ses prestations ? La mérite-t-elle ? Et c’est, en effet toute la question du service public qui a été posée. D’ailleurs, la conseillère fédérale Doris Leuthard a souligné aussitôt que ce débat ne faisait que commencer.

Alors, sans prétention et brièvement, une réflexion à ce sujet. Lorsque l’on est libéral, on apprécie la concurrence. Il est passé le temps où la SSR avait un monopole de droit et de fait. Mais un Libéral sait aussi garder à l’esprit certains repères. La cohésion du pays, la couverture médiatique suffisante dans toutes les régions, et une série d’obligations pour la SSR liées à la concession dont elle bénéficie : par exemple le respect du fédéralisme, une information complète et objective, une mise en valeur de la diversité des opinions et des sensibilités ; toutes choses auxquelles les médias privés, locaux ne sont pas astreints. A la SSR est donc attachée une certaine valeur d’identité nationale. D’ailleurs, la majorité des Suisses de l’étranger qui ont voté ne s’y sont pas trompés. Elle a voté oui. Ne serait-ce pas elle, entre autres, qui aurait déterminé l’issue du scrutin ? Pour les Suisses de l’étranger, la SSR, avec son volet Swissinfo, crée un lien avec le pays, renforce son identité, donc leur identité.

Il faut le dire. Une concurrence est saine. Le paysage médiatique ne va pas cesser d’évoluer. Mais, à la fin, envers et contre tout, l’existence et la pérennité d’une SSR d’envergure nationale,  aux antennes linguistiques et régionales est nécessaire à ce pays. Alors, que le Parlement discute de l’équilibre à tenir, pour ce qui la concerne, entre sa liberté et ses obligations : fort bien ! Qu’un vaste débat politique s’engage sur la notion même de service public au milieu d’un ensemble protéiforme et en mouvement constant : très bien ! En revanche, relativiser trop la légitimité et la nécessité de ce service public, affaiblir trop les capacités de la SSR ne serait pas dans l’intérêt général et du pays. Dans ce débat opportun, que les éléments à considérer, à peser montent sur la scène parlementaire. En revanche, que les rognes diverses et variées restent au vestiaire. La SSR n’a pas un droit à la vie pour elle-même. Mais la Suisse a besoin qu’elle vive.  

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Commentaires

"Dans ce débat opportun, que les éléments à considérer, à peser montent sur la scène parlementaire. En revanche, que les rognes diverses et variées restent au vestiaire."
Je traduis :
Le peuple, vous êtes bien gentil, mais faites confiance en ceux à qui vous avez délégué vos droits pour faire votre bien.

Écrit par : Pierre JENNI | 15/06/2015

Parler service public comme d'un projet alors que, jadis, nous avons bénéficié d'une radio comme d'une Tv couvrant les événements, la politique, le monde des arts et de la culture ainsi que médias mobiles partout y compris en Suisse?
Parler projet ou progressivement/mentalités des uns comme des autres... déviance?

Madame Leuthard ne nous a pas caché que ce soi-disant "projet" de service public forcément (qui en eût douté!) nous coûterait plus cher... sans oublier le "prix" les prouesses techniques électronique de pointe.

N'est-ce pas?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/06/2015

" D’ailleurs, la conseillère fédérale Doris Leuthard a souligné aussitôt que ce débat ne faisait que commencer. "

C'est à un tsunami qu'il faudra s'attendre.

Je n'ai pas compris ceux qui ont voté oui. Mais, eux-mêmes, ont-t-il compris - à moins d'avoir suivi la gauche/socialistes - l'enjeu de cette votation sur la redevance?

Écrit par : Patoucha | 16/06/2015

A force d'étatiser tout ce qui touche à la pensée, car ne nous trompons pas, les médias publics sont des outils idéologiques et cela avec un pole unique, où va-t-on ?

Vers la pensée unique socialiste et bien-pensante !

Oui, le conseil fédéral observe la notion du consensus, ça en fait des consensus pour un si petit pays !

Écrit par : Corto | 17/06/2015

Disons le clairement, la gauche et la droite se confrontent vis-à-vis des extrêmes et tentent de s'unir dans les bastions des vielles élites.

Cette méthode de repli ne fera que renforcer les extrêmes, garanti !

Écrit par : Corto | 17/06/2015

Je dirais, une fois de plus :

Plus c'est gros et plus ça passe !!

Écrit par : Corto | 17/06/2015

Les commentaires sont fermés.