14/10/2014

Suisse-Europe: reprendre la main

Suisse-Europe : reprendre la main

 

Plusieurs réactions intéressantes viennent d’être observées à propos des relations de la Suisse avec l’Union européenne. Il ya d’abord celle de Christoph Blocher. Le tribun nationaliste n’exclut plus une solution qui permettrait de ne pas soumettre à de stricts contingents les immigrants venant de l’Union européenne.  Après tout l’Initiative du 9 février dernier ne parlait-elle pas de limites à l’immigration de masse, sans nommer expressément l’Union européenne ni même demander la fin d’accords bilatéraux avec cette dernière. En fait, Christoph Blocher a constaté que les sondages font ressortir une majorité de citoyens en faveur d’un Accord avec l’UE et que de nombreux milieux économiques commencent à donner de la voix. Ainsi, la victoire de l’UDC le 9 février pourrait ne pas être porteuse lors des élections fédérales de l’année prochaine. Il ya aussi le PLR qui invite à une interprétation de l’Initiative, devenue article constitutionnel. Pour lui, on devrait pouvoir respecter le vote du peuple en élargissant au maximum les contingents de personnes en provenance des pays de l’Union européenne et en rétrécissant d’autant les contingents venant de pays hors Union. C’est un peu la réalité actuelle mais en extension dans les deux sens. Le problème est que l’UE ne veut pas transiger sur le principe même de la libre circulation. Voici le Conseil fédéral nanti d’un mandat de  négociation. L’idée est qu’il essaye et puis on verra bien… Deux autres partis gouvernementaux, le PDC et le PS ne croient guère à tout cela. Il en va de même au PBD et chez les Verts. De ce côté on s’appuie sur les sondages et l’on pense qu’il faudra revenir prochainement devant le peuple en l’invitant à approuver à nouveau l’Accord sur la libre circulation avec l’UE et à exprimer son désir que se poursuive la voie des négociations bilatérales. Il se pourrait donc que la question européenne revienne au centre des débats dans la campagne électorale de l’année prochaine. Ce serait une bonne chose.

En effet, depuis des années, c’est l’UDC qui dicte l’agenda et le fond de ce débat. Subissant les Initiatives en cascade, le Gouvernement, le Parlement, les autres partis, les médias, bref un peu tout le monde sont en réaction, en défensive. Un groupe de personnalités venant de plusieurs horizons s’expriment maintenant haut et fort. Elles ont produit un véritable manifeste politique et intellectuel. Il y est affirmé la nécessité d’une vision, d’une stratégie, d’une communication claires sur nos relations avec l’Union européenne. Le mot magique de pragmatisme ne suffit plus à conduire et à faire approuver notre politique. La démonstration en a été faite le 9 février. Cette sorte de profil bas, loin de faciliter les démarches, de laisser mûrir l’opinion a laissé le champ libre aux Blochériens.  Ils interprètent l’histoire suisse en la déformant. Ils font croire à un avenir radieux dans le choix d’une voie solitaire avec des négociations au coup par coup. Tout indique que ce serait l’impasse diplomatique avec des conséquences dommageables pour la Suisse. Qu’importe : ils donnent l’impression d’avoir des convictions patriotiques et d’offrir une politique nationale. C’est assez tendance dans plusieurs pays européens. A d’autres occasions, des réflexions sur ce point mériteront d’être développées. Toujours est-il que l’heure a sonné d’un réveil intellectuel, civique et politique rassemblant des esprits lucides et décidés. Il faut définir une position, un mouvement au sujet de nos relations d’ensemble, institutionnelles avec l’Union européenne ; dans une vision de la place de la Suisse, à tous égards, au cœur de ce continent. Il faut définir et expliquer la nature et les degrés des liens à organiser avec le pôle européen. Oui, il faut reprendre la main dans ce domaine essentiel. Le Conseil fédéral, le Parlement, les partis y seront d’autant plus enclins que se manifestera un engagement citoyen au sein de la société civile.

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Commentaires

Je suis d'accord avec vous mais les 51 pour cent du 9 février ne sont pas tous Blochérien. Il y a quand mêmme quelquechose qui dérange les Suisse avec l'immigration de masse et ça vous n'en parler pas. Descendez de votre tour d'Ivoire afin d'y voir plus clair dans ce que le peuple ne veut plus subir. La Suisse n'est pas Hong Kong. les Suisses aimes vivre au calme et n'y parvienne bientôt plus.

Écrit par : norbert maendly | 14/10/2014

Monsieur Eggly votre article reflète le bon sens même et ce n'est pas parce que commercialement parlant on travail avec l'UE qu'on est obligé de perdre son identité
Admettez tout de même que la France ne donne pas forcément envie d'adhérer à ce qui fait de plus en plus peur à beaucoup de citoyens
Nos salaires servent déjà à des transactions monétaire avec l'Euro et ce depuis longtemps pour autant que nous ne le dépensions pas comme les maniaco dépressifs qui eux souvent l'auront dépensé avant de l'avoir gagné
J'en profite pour vous transmettre des salutations de la part d'un ancien du Régiment 8 ,Monsieur Paul Mentha pour ne pas le nommer dont le caractère solide et jovial aura été source de joie pour de nombreux citoyens de notre commune
Très belle soirée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 14/10/2014

"Jacques-Simon Eggly, chroniqueur au Journal de Genève, puis au Nouveau Quotidien et enfin au Temps."

Au niveau de l'écriture, c'est nul à chier.
Pour un homme de votre stature, ne pas aérer le texte ... une Honte !

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 14/10/2014

Monsieur Blocher a toujours dit que nous ne pouvions pas aller plus à droite. On voit ce qui se passe à Genève avec le MCG; c'est la gabegie et bientôt pire.
Vous faites tous (les politicards) votre petite "cuisine" et plus personne n'écoute ce que les gens vous disent; Ecopop va vous le rappeler tout soudain!

"Il faut définir une position, un mouvement au sujet de nos relations d’ensemble, institutionnelles avec l’Union européenne ; dans une vision de la place de la Suisse, à tous égards, au cœur de ce continent."

Comment peut-on être sourd et aveugle à ce point-là!!!!!? Ma réponse: par la langue de bois dont vous êtes un spécialiste...Tout le contraire de Monsieur Blocher.

Écrit par : Corélande | 15/10/2014

Contrairement à ce que vous laissez croire de même que le titre de l'interview de CB dans la dernière Sonntagszeitung, Blocher veut l'application stricte de l'initiative. Il a juste dit qu'il acceptera de discuter avec tout-le-monde mais que toutes les propositions faites jusqu'à présent étaient du bidon (Mumpitz). Pour manipuler le lectorat il semble être payant de mettre des mots dans la bouche de CB qu'il n'a jamais dit puisque tous les scribes reprennent ces nouvelles fausses vérités. Un enfermement de la CH dans UE l'isolerait du reste du monde dans un certain nombre de domaines. L'isolationniste n'est pas celui qu'on croit.

Écrit par : Jolo | 15/10/2014

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