10/04/2014

Le respect devrait habiter la politique

Le respect devrait habiter la politique

La semaine qui s’achève a été marquée par le discours de politique générale du nouveau Premier ministre Manuel Valls. L’opposition avait le droit et le devoir de relever des contradictions, des imprécisions et des illusions. Il est évident que le Président et le Premier ministre sont écartelés entre leur analyse de la réalité et les turbulences agitant une majorité qui est de moins en moins homogène. En fait, c’est toute l’ambiguïté de la campagne présidentielle ayant porté François Hollande au pouvoir qui éclate au grand jour.

Il n’empêche qu’un effort, une tentative de redressement, un engagement réel émanent du Président et de son Gouvernement. Il aurait donc été normal, qu’avant de critiquer le discours de Manuel Valls, l’opposition l’écoutât avec l’attention requise par l’événement et le respect dû à la fonction. Au lieu de cela, l’opposition s’est excitée à l’Assemblée nationale, faisant monter les décibels à un niveau digne d’un chahut estudiantin. Les téléspectateurs n’auront pu qu’être consternés par cette ambiance. Leur estime pour la politique et les politiciens aura encore baissé d’un cran.

L’ancien ministre de droite et commentateur de philosophie, Luc Ferry, ne s’y est d’ailleurs pas trompé ; il a dénoncé avec colère ce comportement. Non, le débat politique, dans une démocratie saine, n’autorise pas l’ensevelissement de toute éducation. Oui la confrontation vive est l’essence du parlement. Mais elle n’empêche pas une maitrise de soi qui ne perde jamais de vue le respect des contradicteurs en tant que personnes et le respect de leur fonction. En Suisse, les débats parlementaires dérapent un peu moins. Oh, il ne s’agit pas de prôner le silence religieux. Quelques éclats de protestation, de rire même, des gestes d’irritation et un certain bruit de fond sont dans la nature des choses. Mais au-delà, c’est la politique et ses acteurs qui perdent le respect et la confiance. Or la démocratie mérite des citoyens et des représentants dignes d’elle.  

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Commentaires

La politique, ses acteurs qui perdent le respect et la confiance, certes, mais pas seulement: parents, profs, directeurs, églises, etc. A quand une démarche visant à comprendre le pourquoi d'un tel malaise, quel est le fond du problème: un autre "fond" en chaque domaine ou toujours le même (mentalité): vanité-vénalité-cupidité-égoïsme-indifférence-mensonge/s divers-raideur, liste non exhaustive. Mais si, de chaque mot vous formiez un wagonnet, de l'ensemble, un train, reconnaissons qu'il avance de plus en plus vite... à un train d'enfer, précisément.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/04/2014

Résumons donc la position de Luc Ferry. Il s'indigne des pouvoirs du peuple en Suisse, de la démocratie directe. Et il trouve que les parlementaires français sont des porcs, ce qui est aussi mon opinion par ailleurs. Donc comme il est français, il est pour la monarchie hyper-absolue qui fait que même le ministre de la Défense n'avait pas été mis au courant qu'on passait de la conscription à l'armée de métier...

Écrit par : Géo | 10/04/2014

Le respect ça se mérite. Nos élus ne reçoivent que la monnaie de leur pièce.
Le travail parlementaire est bâclé, les groupes votent en rang serrés derrière les mots d'ordre des partis mettant de côté leurs réticences. Les combats sont politiques. On appelle ça de la politique politicienne, à mille lieues des intérêts de la population.
Le travail en commission est une mascarade. Les élus ne font pas leurs devoirs à domicile et ne font pas même preuve du minimum d'humilité qui consisterait à consulter les professionnels.
Bref, votre mot tape dans le vide. J'en suis au stade où je n'ose même plus recommander à ma fille, qui sera majeure dans quelques mois, de participer à cette chose, ce mal nécessaire qu'on appelle la politique.
Et dire que j'ai tenté de me mettre à disposition...
Des forces bienfaisantes m'ont certainement évité le pire.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/04/2014

Comment ne pas comprendre le sentiment exprimé par Pierre Jenni? En d'autres blogs, sans en citer aucun, on dénonce le manque d'intérêt des jeunes (les citoyens, dés cinquante ans, y sont désignés "EMS")! pour la politique: quand se posera-t-on les bonnes questions, à commencer par la présente: gouvernée aux temps anciens comme elle l'est aujourd'hui, que serait la Suisse?

Y aurait-il, ici, passablement moins qu'ailleurs mais suffisamment pour nous alerter, souhaitons-le, "à temps"! un rapport entre l'éducation des enfants, matérialisme dément au détriment absolu d'idéalisme, d'abnégation, aussi... et l'échec contemporain?

Écrit par : Alix | 12/04/2014

@Pierre Jenni :

Forces bienfaisantes ou malfaisantes ?

Si les forces bienfaisantes commencent à nous priver du meilleur potentiel, on n'est pas sortis de l'auberge :-)

Pour le reste, je suis bien d'accord, plus personne ne fait son travail dans ce pays, à tous les niveaux de la pyramide. Et la base du problème, c'est peut-être justement ça : une société pyramidale.

Les égyptiens avaient peut-être compris cela, puisqu'ils en faisaient des tombeaux.

Écrit par : Jmemêledetout | 12/04/2014

Sauf que.
non.
Bien au contraire - dixit 1 vieux CH dont le djeun en a plus que marre de tant de corruptions, marre de me voir payer autant d'impôts qui n'ont servi ni à ses études ni à sa vie actuelle ou future,

impôts payés à des niveaux exubérants qui ne serviront jamais à ses descendants,

car ce djeun diplômé en recherche d'emploi devra d'abord dès son 1er salaire payer pour une masse de nouveaux détenteurs de pass suisse venus chercher du boulot grâce aux bilatérales depuis 2002,

devra payer pour la bonne vie et l'entretien de communautés, arabes et autres demandeurs de cours de français et autres aides d'intégration

Sinon,
Avez-vous des tuyaux pour une expatriation réussie de suisses d'origine sans autre nationalité?

Écrit par : pierre à feu | 12/04/2014

à qui le dites vous!

Ne serait-ce que le respect de la déontologie ... que bon nombre de responsables ont du mal à appliquer dans leur corporation respective

ne serait-ce que le respect du traitement des votations envoyées, auquel bon nombre de citoyen s'emploie à croire.

Pendant que les citoyens VOTANTS savent combien les affaires profitent aux récipiendaires de chiffre d'affaire - comme autour du CEVA,

dont les intérêts majoritaires français semblent dominer nos lois démocratiques suisses

Ce qui est proche d'un sentiment de Corruption

Écrit par : pierre à feu | 12/04/2014

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