31/10/2013

Voter en cohérence

On vote pour ce deuxième tour qui doit désigner nos sept Conseillers d’Etat et donc notre Gouvernement cantonal genevois  jusqu’au printemps 2018. Les partis ont raison de trouver trop long le temps entre le premier et le deuxième tour.  La nouvelle Constitution n’a pas prescrit le délai. Il appartiendra au Grand conseil de fixer un intermède plus raisonnable lassant moins les acteurs et les spectateurs et ne laissant pas trop longtemps le fonctionnement de l’Etat au ralenti.

On vote et des électeurs balancent entre fidélité à leurs convictions générales, lorsqu’ils en ont, et envie de réunir des personnalités qu’ils estiment représentatives, proches de leurs préoccupations et qui leur plaisent. C’est légitime et inhérent à une élection majoritaire portant sur des personnalités. Mais il y a un danger. On entend, par exemple, des militants PLR ou PDC exprimer l’intention de rajouter à leurs cinq candidats le MCG Mauro Poggia. On les entend dire, par exemple,  qu’ils le préfèrent à Anne Torracinta et à Antonio Hodgers. Le problème est que la plupart de ceux qui vont voter pour les trois nommés n’auront pas ce genre d’états d’âme. Chacun fera le plein ou peu s’en faudra des militants de son parti. Et soyons réaliste : la socialiste avec la discipline de gauche, l’écologiste avec sa belle image médiatique ont de fortes chances.  Il y a donc peu de chance pour que les militants PLR ou PDC qui se laisseront aller à rajouter Poggia barrent ainsi la route à la candidate de gauche enracinée et au charmeur qui surfe au dessus du reflux de son parti. Non, rajouter Mauro Poggia c’est mettre en danger l’un des deux candidats PDC ou, plus vraisemblablement encore la candidate PLR Isabel Rochat. Est-ce vraiment ce résultat que souhaitent ceux qui flirtent avec cette envie ? Ne vont-ils pas raisonner et admettre qu’un socle solide et majoritaire PLR-PDC est lui souhaitable au Conseil d’Etat ? Dans les mois et les années qui viennent il y aura besoin de stratégies, de décisions, d’actions cohérentes et reconnaissables. Il y aura besoin d’un Gouvernement capable de tenir son rôle devant les turbulences prévisibles du Grand conseil.  Il y aura besoin de personnalités libres ,au clair sur leurs valeurs, capables de collégialité, de loyauté et n’ayant pas un chef de parti omniprésent sur le dos, tel un Eric Stauffer derrière Mauro Poggia. Il ne s’agira pas d’un gouvernement monocolore. Les élus minoritaires   auront leur influence. Mais dans l’ensemble et sur une ligne générale un socle de l’Entente majoritaire pourra donner le ton, ferme mais sans outrance et simplifications trompeuses. Alors, de grâce, chez ceux qui ont un lien avec les deux partis fondamentaux de l’Entente genevoise pas de rajout inopportun.

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14/10/2013

Poggia: rectifier et préciser

Poggia : rectifier et préciser

 

Mon dernier Blog titré, <ne pas élire Mauro Poggia> semble avoir suscité un malentendu. Pascal Decaillet, --avec lequel j’ai également de très bons souvenirs et dont j’estime grandement la culture--, pense que j’ai déraillé en évoquant le passage de Mauro Poggia du Catholicisme à l’Islam. Peut être, en effet mon cher Pascal, que j’aurai pu m’abstenir d’évoquer ce point que je mettais en relation avec les autres changements de gîte de ce candidat. Mais je me dois de rectifier une interprétation erronée de mon intention et de préciser mon appréciation.

Non, le Libéral que je suis ne mettra jamais en cause la liberté personnelle de conscience et le droit d’être attaché à une religion ou une philosophie, dans le cadre toutefois des valeurs humaines et de l’ordre démocratique.  Non, le fait que ce candidat est musulman ne me choque pas du tout. Une fois ou l’autre il y aura sûrement un élu au Gouvernement de cette confession. Notre Etat est laïque. La nouvelle Constitution, à l’élaboration de laquelle j’ai collaboré, l’affirme clairement. Et oui, on a bien le droit de changer de conviction spirituelle : après tout, sans St-Paul tombant de cheval qui serions-nous ?

La question n’est pas là. Elle est sur les signes que cela indique sur un caractère. Tourner le dos à une confession qui vous a formé et accompagné durant des années n’est pas courant. Et alors, dira-t-on ? Oui, mais voilà que le même homme change tout autant de paroisse politique, passant du Parti libéral, au PDC pour devenir enfin une locomotive du MCG. On a envie de dire : et après ? Bouddhiste et écologique ? Ou bien d’extrême gauche ? Vous savez bien, mon cher Pascal Decaillet que  l’histoire a connu de ces gens qui passent d’un gîte à l’autre au gré des vents et de leurs pulsions intérieures. Souvent, ce ne furent pas des destins très rassurants. Et cela interroge sur la fiabilité, la cohérence d’une personnalité et sur la loyauté, la fidélité d’un caractère. Laissons donc la conversion spirituelle puisque j’ai été mal compris. Mais tout de même, être PDC avec ce que cela comporte et se retrouver MCG avec ce que cela montre ! On a bien le droit de s’interroger en effet sur un tel candidat qui passe si aisément d’un habit à l’autre ; surtout s’il prétend entrer au Gouvernement de Genève. Alors oui, en effet, je déplorerais qu’il prenne la place d’une candidate qui est tout le contraire par sa rectitude, sa continuité, sa cohérence , sa loyauté et sa fidélité sans failles aux valeurs qui l’ont formée : Isabel Rochat.  

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13/10/2013

Ne pas élire Mauro Poggia

Ne pas élire Mauro Poggia

 

S’il devait y avoir une seule raison d’élire au Conseil d’Etat genevois le MCG Mauro Poggia ce ne serait en tout cas pas celle de Maître Charles Poncet. Lui trouve qu’un Clown au milieu de tant de nuls ferait au moins rire. Pauvre Charles Poncet. Il ne fait plus rire personne. Et dire que cet homme fut député et Conseiller national libéral.  Et dire qu’il a du talent. Quel gâchis à cause d’un caractère qui, évidemment, ne s’améliore pas avec le vieillissement.

Mais non, Mauro Poggia n’est pas un clown. Et il peut séduire un électorat normalement attaché à l’Entente. N’est-il pas plus modéré, moins brutal, moins vulgaire, moins extrémiste qu’un Eric Stauffer ? Sa présence au Conseil d’Etat ne donnerait-il pas au MCG une conscience gouvernementale ?

Quel trompe l’œil ! Puissent les électeurs du PLR et du PDC ne pas commettre la faute de le rajouter ! Tout d’abord, que penser d’un homme dont les fidélités changent au gré des vents extérieurs et de ses états d’âme.  Chacun est libre de professer la religion de son choix. Mais ce n’est pas être islamophobe que de se demander comment un homme public peut naître et grandir comme un catholique d’origine italienne et se retrouver musulman dit convaincu. S’il n’y avait que cela, que l’on a le droit de considérer comme étant un peu troublant, surtout en regard des phobies du MCG. Mais le personnage commence par militer comme libéral, puis devient PDC et s’affiche désormais comme une figure de proue du MCG. Où est la continuité, la cohérence d’une pensée, d’une action ? Il est permis de s’interroger sur la question de l’impulsivité, de l’instabilité  voire de l’opportunisme. On ne devrait pas faire confiance à un candidat qui présente ce genre de parcours si peu rectiligne ; en tout cas pas pour une élection au Gouvernement.

Quant à la modération du ton ! Vous avez lu et vu le livre de la jungle de Wall Disney. Certes, le tigre est violent mais le serpent qui sait être suave est-il vraiment moins méchant ? Avez-vous entendu le candidat Poggia à l’émission de Pascal Decaillet ? Le sujet était l’économie, l’emploi, le chômage. Le journaliste excusait Isabel Rochat dont le département s’occupe de cela. Elle devait, à la même heure, présider le Conseil d’administration de l’aéroport. Mauro Poggia  perfide : mais c’est plutôt que le PLR lui interdit de parler car elle est si nulle et son bilan est si mauvais. Quelle élégance ! On se demande si Eric Stauffer n’aurait pas eu moins de venin.

L’ennui pour Mauro Poggia est qu’Isabel Rochat avait été excellente à l’émission infra rouge de la TV romande. Tous les observateurs attentifs reconnaissent que, malgré la difficulté pour elle de se confronter au Département de la sécurité, aux syndicats de policiers elle a labouré et préparé le terrain dont profite maintenant Pierre Maudet.   Ainsi pour l’élément crucial qu’est la nouvelle loi sur la police. Les mêmes observateurs relèvent son engagement intense à la tête de son nouveau département afin, notamment,  de lutter contre le chômage, de faciliter la réinsertion dans le marché du travail. Et puis il y a sa collégialité sans faille, sa loyauté, son élégance à elle d’esprit et d’allure. Quel contraste !

Au premier tour, des bulletins du PLR et du PDC sont sortis avec le nom d’Isabel Rochat barré. Une aberration. Mauro Poggia n’attend que cela. C’est le siège qu’il convoite, qu’il pense être à portée de son désir.  C’est le siège qu’il ne faut pas lui donner. Isabel Rochat mérite la confiance pour la législature qui va commencer. Elle est un pôle de stabilité et un facteur positif pour un fonctionnement collégial de l’exécutif.  Pensons à Genève.  

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03/10/2013

Genève: quel Parlement nous attend?

Genève : quel Parlement nous attend ?

 

L’Assemblée constituante a gardé l’exigence d’un quorum de 7% pour qu’un parti soit représenté au Grand Conseil. Heureusement .L’extrême Gauche , présente à la Constituante, avait hurlé. Une exigence anti-démocratique selon elle. De toute manière, lorsqu’elle a vu se dessiner une négociation incluant les Socialistes afin d’aboutir à une Constitution pouvant passer l’obstacle du vote populaire, elle a hurlé de plus belle. Elle a accusé les Socialistes d’être des <social traitres>. Elle a prédit l’échec au vote populaire et ce fut son échec à elle.

Toutefois, elle a tiré les conséquences quant au quorum pour le Grand Conseil. Il y a quatre ans, faute d’entente entre ses divers éléments, souvent en bisbilles personnelles, elle n’était pas entrée au Parlement. Cette fois, ces mêmes branches ont noué la gerbe pour l’occasion. Tout porte à croire donc que , dimanche, l’extrême Gauche aura des députés.   Ce ne sera pas une bonne nouvelle. Elle va peser lourdement sur les débats parlementaires. Elle va dire non à tout car elle met en cause toute la politique du canton sur fond d’opposition à tout le système qui fonde la Suisse. Elle dégagera un volume sonore qui le disputera à celui du MCG. Les débats vont perdre ce qui leur restait de sérénité , sous les yeux navrés des téléspectateurs. Tous les débats seront plus longs, mettant la patience des députés soucieux de travailler à rude épreuve. La pression sur le Groupe socialiste sera constante, rendant plus difficile sa participation au consensus.  

Face à ce poids, puisse une force de Centre droit solide se dégager au Parlement et correspondre à une Majorité  au Conseil d’Etat. Seule une telle constellation , capable certes de négocier avec les Socialistes et les Verts mais aussi capable d’aller de l’avant sans se laisser paralyser pourra conduire le Canton à surmonter les difficultés qui l’attendent. Quant à l’extrême gauche elle se plait à dire qu’il est bien mieux qu’elle provoque les discussions  au Grand Conseil plutôt que d’être cantonnée à l’opposition extérieure. C’est une plaisanterie car tout dépend de l’attitude que l’on a. En fait, elle doublera  son opposition virulente et systématique de l’extérieur par la même, du même style et préalable, de l’intérieur. Et elle gagnera en visibilité.

Les électeurs qui n’ont pas encore voté devraient penser encore à tout cela d’ici dimanche à midi.

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