14/10/2013

Poggia: rectifier et préciser

Poggia : rectifier et préciser

 

Mon dernier Blog titré, <ne pas élire Mauro Poggia> semble avoir suscité un malentendu. Pascal Decaillet, --avec lequel j’ai également de très bons souvenirs et dont j’estime grandement la culture--, pense que j’ai déraillé en évoquant le passage de Mauro Poggia du Catholicisme à l’Islam. Peut être, en effet mon cher Pascal, que j’aurai pu m’abstenir d’évoquer ce point que je mettais en relation avec les autres changements de gîte de ce candidat. Mais je me dois de rectifier une interprétation erronée de mon intention et de préciser mon appréciation.

Non, le Libéral que je suis ne mettra jamais en cause la liberté personnelle de conscience et le droit d’être attaché à une religion ou une philosophie, dans le cadre toutefois des valeurs humaines et de l’ordre démocratique.  Non, le fait que ce candidat est musulman ne me choque pas du tout. Une fois ou l’autre il y aura sûrement un élu au Gouvernement de cette confession. Notre Etat est laïque. La nouvelle Constitution, à l’élaboration de laquelle j’ai collaboré, l’affirme clairement. Et oui, on a bien le droit de changer de conviction spirituelle : après tout, sans St-Paul tombant de cheval qui serions-nous ?

La question n’est pas là. Elle est sur les signes que cela indique sur un caractère. Tourner le dos à une confession qui vous a formé et accompagné durant des années n’est pas courant. Et alors, dira-t-on ? Oui, mais voilà que le même homme change tout autant de paroisse politique, passant du Parti libéral, au PDC pour devenir enfin une locomotive du MCG. On a envie de dire : et après ? Bouddhiste et écologique ? Ou bien d’extrême gauche ? Vous savez bien, mon cher Pascal Decaillet que  l’histoire a connu de ces gens qui passent d’un gîte à l’autre au gré des vents et de leurs pulsions intérieures. Souvent, ce ne furent pas des destins très rassurants. Et cela interroge sur la fiabilité, la cohérence d’une personnalité et sur la loyauté, la fidélité d’un caractère. Laissons donc la conversion spirituelle puisque j’ai été mal compris. Mais tout de même, être PDC avec ce que cela comporte et se retrouver MCG avec ce que cela montre ! On a bien le droit de s’interroger en effet sur un tel candidat qui passe si aisément d’un habit à l’autre ; surtout s’il prétend entrer au Gouvernement de Genève. Alors oui, en effet, je déplorerais qu’il prenne la place d’une candidate qui est tout le contraire par sa rectitude, sa continuité, sa cohérence , sa loyauté et sa fidélité sans failles aux valeurs qui l’ont formée : Isabel Rochat.  

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Commentaires

A demi-mots, je pense que ce qui a le plus heurté notre confrère commun, ce n'est pas tant votre amalgame entre son confession spirituelle et son allégeance politique (que vous avez d'ailleurs bien fait d'éclaircir les contours de votre pensée à ce propos), mais plutôt votre soutien d'Isabel Rochat. En effet, c'est le même personnage qui s'en est vertement pris à elle.

Tout comme vous, et à l'encontre de la majorité de mes collègues/confrères et autres fréquentations politiques, j'estime grandement Mme Rochat. D'une part, il lui a été donné un département particulièrement délicat pour une femme. Loin de moi de lui retirer toutes ses responsabilités, le libéral que je suis tiens trop à la notion de responsabilité individuelle pour ça. Néanmoins, les attaques dont elle a fait et fait encore l'objet pendant cette campagne me donnent la nausée.

C'est une femme admirable, par son courage, par sa constance et par sa loyauté. Cela, peut-être, met en rage notre ami commun.

Bien à vous,

Grégoire Barbey

Écrit par : Grégoire Barbey | 14/10/2013

Cher Monsieur Eggly, cher Monsieur Décaillet,
Vos interrogations sont pertinentes et légitimes autant que le sont les remarques de Pascal Décaillet au sujet de Monsieur Poggia.

Enfin de vraies questions, animées par des gens qui construisent et animent ! On peut apprécier Madame Rochat ou pas, cependant elle a assumé les problèmes de la sécurité et préparé l'avenir !

Alors que d'autres ont fui ce dicastère de manière maladroite ou à dessein ! Tels certains membres de l’Entente. (Calculs personnels ou mauvaises évaluations)

Il faudra méditer sur la perte des sièges PLR de cette élection avec une vue suffisamment large pour voir que l’abandon de poste lors de la répartition des dicastères d’il y a 4 ans fût peut-être maladroite ou trop calculée !

Charge aux autres de poursuivre le travail, mais il serait injuste de ne pas le reconnaître et de le lui rendre !

Écrit par : tempestlulu | 14/10/2013

vous citez ces qualités: loyauté, rectitude, cohérence etc chez I. Rochat -
indubitablement de ces valeurs dignes d'un candidat-conseiller

laissant au lecteur la précision wikipédia du candidat Poggia:

- né italien abandonnant sa nationalité pour devenir suisse
- reprenant cette nationalité italienne pour candidater au sénat à Rome en 2008
- revenant en 2009 aux affaires en Suisse: le MCG, des candidatures en cours (Grand Conseil, Conseil d'Etat), etc
- catholique devenant adepte du soufisme en 1996


Chez de tels hommes, seule l'ambition est incontestable
et telle qu'elle phagocyte tout le reste: stabilité personnelle, loyauté envers le parti, envers la démocratie suisse...

- alors qu'un investissement certain dans le dégrossissement de la nouvelle constitution genevoise attend nos candidats, cet homme n'a montré aucune cohérence d'objectifs ou d'engagements politiques


Poggia ne m'inspire Aucune confiance: je vote pour des conseillers sachant respecter la démocratie suisse.

Je ne délèguerai aucun mandat à un tel profil: par ailleurs, c'est avant tout un avocat d'affaires.

pour moi né à Genève, d'une vieille famille suisse (d'avant le Xe siècle) et sans aucune autre nationalité mais résidant à -1km de Genève, les accusations-excuses et contre-explications de Poggia tournent dans le vide

vide que toute sa vie Poggia tente vainement de remplir.


Interview édifiant sur le profil du sieur:
E. Budry « Me Mauro Poggia ou la course en tandem du battant solitaire », Tribune de Genève, 3 novembre 2009 « Pourquoi vous être converti à l’islam il y a quelques années ?
— Je pourrais vous répondre que cela fait partie de ma sphère privée, mais je ne veux pas laisser cette question sans réponse. Cela remonte à 1996 et ceux qui me côtoient savent que cela n’a rien changé à mon quotidien. Cette rencontre avec le soufisme, je la dois à ma compagne, elle-même musulmane, née en Suisse, qui m’a fait découvrir cette spiritualité,


ouverte à l’autre et respectueuse de sa différence. »

Écrit par : pierre à feu | 14/10/2013

Mr. JSE, vous essayer de justifier l'injustifiable, en voulant faire croire tel Machiavel à ceux qui vous lisent que vos mensonges sont vérités.

Auriez vous eu la même verbe si l'excellent et généreux Mauro POGGIA avait été de confession juive ? Bien naturellement pas, vous comme les autres, ces charognards qui vomissent leurs fiendres sur l'Islam n'auraient JAMAIS osé pointé du doigt et d'ailleurs ne le font pas sur les candidats de cette confession.

D'ailleurs, je suis persuadé que vous seriez comme bien d'autres également tombé dans cette fosse qui pue, si Mauro POGGIA ou Eric STAUFFER faisaient un coming-out.....

Un parti politique n'est pas propriétaire de ses élus, de ses membres ni de ses sympathisants. Vous pensez faussement que le PLR/PDC sont les gentils.... il n'y a qu'à voir ce qu'ils ont fait de notre belle ville de Genève. Taux de chômage le plus élevé du pays, taux de précarité le plus élevé du pays, taux de criminalité le plus élevé du pays, loyer le plus élevé du pays, impôts le plus élevé du pays, qualité de vie le plus bas du pays, mobilité la plus mauvaise du pays, etc.....

Écrit par : Thierry | 15/10/2013

Monsieur Eggly, personnellement, ce qui me choque bien plus que le transfert du PDC au MCG, ou du Catholicisme à l'Islam, c'est ce fait que vous n'avez même pas évoqué dans votre billet, mais qui est opportunément rappelé par pierre à feu, soit les candidatures successives de Sieur Poggia en Italie et en Suisse.

Ne faudrait-il pas s'interroger un jour sur la loyauté d'élus choisissant de se présenter alternativement dans tel ou tel pays, au gré de leurs multiples nationalités, surtout lorsque les relations entre les pays en question ne sont pas toujours au beau fixe sur certains sujets délicats?

La binationalité est-elle en somme réellement compatible avec la fonction de représentant du peuple, à fortiori lorsque l'on brigue un poste à l'exécutif?

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 15/10/2013

Deux éléments me gênent chez M. Poggia. Le premier est son itinérance politique car elle rend peu fiable sa conduite une fois élu au conseil d'Etat. Le second ses déclarations récentes à propos des frontaliers qui donnent une idée plus nette de ce manque de fiabilité.

Pour ce qui est de sa religion vous soulignez avec raison l'importance de la nouvelle formulation constitutionnelle à ce propos. Je trouve particulièrement choquant que l'on ose poser la question d'appartenance religieuse. A fortiori lorsqu'il s'agit de l'utiliser politiquement après. Qui oserait demander à tel ou tel s'il il/elle est israélite? personne! celui qui s'y hasarderait subirait les foudres de la wagonnée d'associations qui font la sentinelle à ce sujet. Le fait d'ailleurs qu'aucune d'entre elles n'ait réagit à cette agression confessionnelle démontre, si besoin était, la totale partialité desdites associations et leur peu de crédit sur ce thème.

Ce qui est plus curieux c'est que personne ne met en perspective les deux candidats MCG. Je le comprends car il est évident que le plus fiable, même s'il n'est guère facile, c'est M. Stauffer.

Voilà un homme qui ne recule jamais lorsqu'il s'agit des intérêts publics, quitte à le payer cher. Les SIG sont là pour montrer le peu de crédibilité tant du monde judiciaire que politique car la mauvaise querelle qui lui a été faite de rupture du secret de fonction est fâcheusement contredite par les faits.

L'affaire des éoliennes vient à point nommé pour nous rappeler que les bons sentiments et la parfaite éducation peuvent cacher une incompétence gravissime pour le denier public au respect duquel vous et moi sommes attachés.

Comme nous devons admettre la puissance politique du MCG et qu'il est plus justifié que ce parti ait un conseiller d'Etat que les Verts en aient 2, autant prendre le plus fiable!

@G.Barbey: Mme Rochat n'a pas montré plus de compétence à gouverner que Mme Kunzler. Pas plus l'une que l'autre ne mérite de rester aux commandes de l'Etat. Cela n'enlève rien à leur valeur humaine intrinsèque qui est certainement grande, pour l'une comme pour l'autre. A ce titre, l'une et l'autre méritent notre respect. La gouvernance est d'un autre registre dans lequel elles ne méritent, ni l'une ni l'autre, notre vote.

Écrit par : Gisèle Chaumontet | 23/10/2013

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