01/08/2013

Fête nationale- une histoire vraie

Fête nationale : une vraie histoire Récemment, un historien dont la sensibilité de gauche transpirait à chaque ligne s’est plu, dans la presse locale, à remettre en cause toute l’histoire que l’on raconte le 1er août sur la fondation de la Suisse. Non sans fondement et rigueur scientifique. Le Pacte de 1291 aurait été écrit bien après et anti daté afin de créer une base vénérable et glorieuse à l’élaboration de notre Confédération. A aucun moment les contractants des alliances successives n’auraient eu la conscience ni la volonté de créer une véritable nation. Ce n’est que très tard, et sous la pression des événements extérieurs, que cette idée est devenue réalité. En fait, la Suisse n’existerait véritablement que depuis 1848 de par la victoire des uns sur les autres dans une guerre entre cantons. Et c’est dans la réconciliation des forces bourgeoises qui s’étaient affrontées au Sonderbund, forces désireuses de consolider un certain ordre politique et social face au socialisme menaçant, que l’on a codifié, sacralisé un passé mythique comme élément clé d’un patriotisme conservateur. Et l’auteur regrette clairement que la Gauche se soit en quelque sorte, selon lui, laissé prendre au piège et ait endossé ce passé mythique récupéré par les forces conservatrices. Mon Dieu que cette position, apparemment objective est à courte vue ! Qui conteste que l’évolution vers l’autonomie et les alliances aient été une longue marche en progression vers un but non défini à l’avance ? Qui conteste que la Suisse s’est faite dans la conjonction d’une volonté et des événements européens l’englobant, avec leurs conséquences ? Assurément la Suisse moderne date de 1848. Depuis lors elle a dû affirmer dans des circonstances terriblement dangereuses sa volonté d’indépendance et sa Neutralité pierre angulaire de sa cohésion nationale. Alors, oui le passé en partie réel en partie réinventé a été utilisé. Heureusement. Quel beau coup patriotique que cette réunion des Officiers au Grutlli par le Général Guisan en 1940. Ce n’était pas un acte de droite ou de gauche. C’était un acte de résistance contre le Nazisme. La Gauche était autant concernée, que l’on sache. L’interprétation intériorisée d’un passé en partie réel en partie réajusté participe d’une volonté toujours plus et mieux affirmée de proclamer la Suisse : celle de tous ses citoyens ouverte à tous ses habitants. On peut avoir des sensibilités, des visions différentes. Les discours bien différents des Conseillers fédéraux Ueli Maurer et Didier Burckhalter l’illustrent. Mais tant le rappel d’une volonté historique d’indépendance que celui, d’une réalité tout aussi historique d’imbrication de la Suisse dans le monde ont droit de Cité en ce jour de fête nationale. Et le mythe a toute sa place, toute sa nécessité. Alors, n’en déplaise aux grincheux, vive la fête nationale pour tous, vive la Suisse de tous.

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Fête nationale: une vraie histoire

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