11/03/2013

Devoir de loyauté envers Isabel Rochat

Devoir de loyauté envers Isabel Rochat

 

Il n’y a rien de pire en politique que l’hypocrisie et la déloyauté, sinon, certes, l’aveuglement. En trahissant Napoléon à Tilsit vis-à-vis du Tsar Alexandre, Talleyrand ne trahissait pas la France que l’Empereur, mécaniquement, menait à la catastrophe. Ces cas sont rares. La semaine dernière le PLR genevois à décidé de présenter au premier tour de l’élection au Conseil d’Etat trois candidats : en l’espèce les trois sortants. Son Comité directeur aurait voulu que l’on en présentât cinq à ce premier tour. L’assemblée des délégués en a décidé autrement. Les deux argumentations avaient leur fondement. Mais en présenter cinq alors que l’ambition est  de conserver trois sièges ( toute autre ambition serait de l’arrogance et de l’irréalisme)   eût été le désir de laisser aux électeurs du premier tour le soin de faire le ménage. En clair, les observateurs auraient attendu de voir si Isabel Rochat serait sortie dans le trio ou aurait été dépassée par l’un des deux candidats nouveaux et donc éliminée.  Outre que les observateurs, comme on dit, peuvent se tromper dans leurs pronostics, serait-il correct, loyal, courageux pour un parti de s’en remettre ainsi aux électeurs pour manier le balai à l’interne. On nous dit que ce serait dans l’esprit de la nouvelle Constitution qui ouvre le choix démocratique. En alignant simplement Genève sur les autres cantons avec l’exigence de la majorité absolue au premier tour  la Constitution ne dit rien sur ce point. Et, dès lors que le PLR genevois entend représenter les trois sortants et  leur accorder sa confiance, pour autant que cela soit confirmé par l’Assemblée du 21 mars, le choix de trois est logique.

A moins que… A moins que des notables PLR aient en quelque sorte fait une croix sur Isabel Rochat, en étant plus ou moins d’accord avec le Blog très méchant sur elle de Pascal Decaillet. Mais alors il faudrait le dire et surtout le lui dire en face, voire l’inciter à ne pas se représenter. Car la soutenir comme la corde soutient le pendu serait aussi lâche qu’inélégant finalement. D’ailleurs Isabel Rochat pense exactement cela.

Mais un jugement si massivement critique à son endroit est terriblement injuste. Ses collègues, en 2009, ont eu, oui, l’inélégance et le manque de lucidité politique de lui laisser le département de la sécurité ; avec notamment le défi d’un dialogue difficile entre l’Etat et les syndicats de policiers. Il y a eu des erreurs de communication de sa part, sans doute, mais aussi du courage et de la ténacité. Et puis, si Pierre Maudet  peut agir, c’est en partie grâce au travail préparatoire d’Isabel  Rochat : par exemple l’élaboration de la loi sur la police. De même, si François Longchamp a bien préparé le travail du département repris par Isabel Rochat les collaborateurs du département conviennent que la conseillère d’Etat se trouve à l’aise dans ce département et conduit bien les dossiers. Autrement dit, son déficit de résultat visible est largement dû à ce  passage à deux départements de suite. Un examen plus attentif permet un jugement équitable et d’inviter à la confiance pour la prochaine législature. Toutefois, afin de rassembler les électeurs PLR, les trois candidats PLR devront, loyalement, collégialement, tirer leur bilan ensemble, afficher leur programme ensemble, bref être soudés. A cette condition l’élection des trois PLR est parfaitement possible.  Et si l’un ou l’une devait tomber, ou encore l’un des deux PDC puisqu’il y aura entente à cinq, ce sera dans la péripétie démocratique et non pas dans une conspiration interne< médiocratique>.  

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Commentaires

Je crois qu'il faudrait surtout lui dire qu'elle est nulle. Nous vous en chargeons, vous qui êtes un brillant psychologue. Vous savez passer toutes les pilules comme la P26.

Écrit par : Anastase | 12/03/2013

Malheureusement ou heureusement la politique ne se fait pas sur la base de vos critères.

Les citoyens n'ont aucun devoir de loyauté à l'égard de celles et ceux qui prétendent les gouverner, c'est exactement l'inverse.

Lorsqu'un élu montre qu'il a atteint ses limites, le devoir du peuple est de ne pas l'exposer à d'avantage de dégâts, pour lui comme pour la collectivité.

Personne n'a demandé à Mme Rochat de se présenter il y a 4 ans. Elle nous a montré ses limites, notre devoir est de lui dire merci pour ce qu'elle a fait et l'inviter à faire autre chose!

Je crois que vous étiez à la constituante et il me semble avoir entendu lors des débats plusieurs de vos collègues préciser que l'élection en deux tours a été pensée pour élargir le choix et permettre au peuple de dire qui il veut.

Curieusement le PLR qui a porté cette idée avec l'excellent "sénateur" Dimier, ferme le jeu au lieu de l'ouvrir. Son risque est double car d'une part le PDC a deux vrais candidats et le MCG risque fort d'envoyer nettement mieux que le seul Stauffer.
Avec une pareille donne, on ne voit pas comment Mme Rochat pourra s'en sortir.

Une fois encore, ce n'est pas lui manquer de respect à son égard, c'est seulement lui rappeler que ne seront réélus que ceux qui nous ont montré leur capacité à le faire.

Mme Kunzler est dans le même cas de figure et il y a fort à parier que ni l'une ni l'autre feront partie de la prochaine équipe, tant mieux pour Genève

Écrit par : geopolis | 12/03/2013

Cher Monsieur,
J'adhère entièrement à vos propos, que je partage. Ces invectives incessantes à l'encontre d'Isabel Rochat sont lassantes à force. Si tant est qu'elles trouvent un écho citoyen, ce dont je ne suis évidemment pas persuadé, nous le saurons en automne prochain.
Mais la classe politique à Genève a tendance à se mordre la queue ces derniers temps. Elle croit rayonner dans le coeur des citoyens mais est en réalité continuellement désavouée.
Belle preuve d'autosuffisance qui va devoir changer rapidement.

Cordialement,
Grégoire Barbey

Écrit par : Grégoire Barbey | 12/03/2013

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