07/02/2013

sport argent et société

Sport argent et société

 

L’argent est le véhicule nécessaire au fonctionnement de l’économie libérale. Et, hors peut être de phases initiales ou intermédiaires très particulières, la liberté économique est le seul levier efficace menant vers la prospérité. La crise actuelle, aux multiples causes, ne contredit pas ce fait. Aucun volontarisme politique pour diriger l’économie n’a jamais garanti l’avenir ; que ce soit par exemple en France le Colbertisme, le Blocus continental napoléonien ou l’actuel socialisme à la française.  Mais une économie libérale ne saurait vivre de façon équilibrée en se coupant des autres composantes de la société, notamment sociale, éthique et finalement mentale. Au fond, dès lors que le libéralisme a étouffé son adversaire communiste dans le registre de l’efficacité économique, il s’est trouvé manquer de repoussoir et de repères. Le libéralisme économique à la chinoise, imbriqué pour quelque temps encore dans un régime de dictature politique ne facilite pas la lisibilité de tout cela.  A terme la liberté devrait être indivisible mais la réalité montre que bien des décalages sont possibles, ce qui perturbe un esprit vraiment libéral.

Toutefois, le plus perturbant tient aux dérapages constatés dans les pays de bonne tradition économique libérale.  Les folies de certaines banques, les <bonus> incompréhensibles et, surtout, les parachutes dorés pour des dirigeants d’entreprise n’ayant pas mené leurs entreprises, précisément, au succès : tout cela et bien d’autres choses minent la confiance dans l’économie, la finance et dans la politique au sein de la société. A court terme, c’est regrettable. A long terme ce peut être grave. Et lorsque dure une période de crise, avec du chômage aux effets humains très lourds, il peut en découler des réactions profondes aux prolongements inquiétants . Le récent sondage sur l’opinion française est révélateur. On n’est pas si loin de l’aspiration à l’émergence d’un Bonaparte qui sèmerait l’illusion d’un retour à l’ordre, à la prospérité générale, au pied de nez gaulois à une mondialisation pourtant incontournable. L’histoire de la montée des fascismes, certes en d’autres temps, devrait inciter à réfléchir. Mais les difficultés pourraient être affrontées en commun si la société n’était pas choquée de plus en plus souvent par des exemples de démesures (cf. les salaires excessifs ayant fait surgir la mauvaise Initiative Minder) et de tricheries.

Il y a un domaine qui apporte sa part de rêve : celui du sport. L’auteur de ces lignes était un fan du Tour de France dont il connaissait tous les vainqueurs et dont il pouvait réciter la liste à l’ébahissement moqueur du cercle auditeur. Coppi, Bartali, Koblet, Kubler, Bobet aussi, Anquetil et Merkx étaient ses héros ; Indurain peut être encore. Instinctivement un rejet se créait contre Amstrong. Mais quelle déception ! L’épopée a tourné au spectacle de la tricherie organisée. Même ici, l’argent et la volonté de performance, de victoire à tout prix a fait éclater l’ubris dans les têtes ; cette ubris, cette démesure dont les Grecs classiques disaient qu’elles perdaient les hommes aux yeux des dieux. Et voilà que l’on parle de matchs de football truqués, en Suisse aussi. On peut ne pas être fan de foot et reconnaitre que ce sport, populaire entre tous, a un rôle important pour les entités collectives, des plus petites aux plus grandes, et que la beauté du jeu accompli, regardé peut stimuler l’esprit de solidarité. Hélas, trois fois hélas ! On veut encore, heureusement, battre des mains et du cœur pour Federer.  Même si, ici, l’argent est énorme l’image reste belle. Pourvu qu’elle ne s’altère jamais. Cela étant ayons garde de ne pas oublier la multitude de ces petits entrepreneurs, artisans créateurs de biens qui eux sont demeurés ce qu’ils étaient et devaient être. Ils n’ont pas perdu leur boussole. Mais les mauvais et  exemples,  médiatisés à outrance dérèglent la boussole collective et sapent la confiance personnelle.

 

Oui, on aimerait penser, que dans le sport comme dans la finance, l’industrie et au cœur de la politique les démocraties verront le retour en force de l’éthique individuelle et collective ; éthique qui est bel et bien le fondement et la condition de pérennité dans l’équilibre pour nos sociétés.

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