17/01/2013

Et si la Suisse s'engageait plus

Et si la Suisse s’engageait plus

 

L’année est à peine commencée et déjà l’on s’aperçoit que son lot de drames et de souffrances  ne cédera en rien à celui de l’année précédente. Au hasard d’une réunion de famille, rencontre avec une jeune femme idéaliste, entreprenante et courageuse. Pour des organisations humanitaires, elle a travaillé longtemps en République du Congo et vient de partir pour le Liban afin d’aider particulièrement les enfants réfugiés de Syrie. Elle a vu nombre de  ces enfants soldats, de ces femmes violées ; le viol étant autant une arme de guerre, de destruction  psychologique  planifiée  que le fruit de pulsions sauvages.  Au Congo, elle a pu établir des contacts aussi bien avec des chefs  de groupes rebelles qu’avec des responsables loyalistes. L’effort de persuasion, voire d’éducation afin que les comportements les plus affreux diminuent n’est pas forcément vain. Il y faut des moyens dont on manque. On pense aussi à cette belle action permanente qu’est l’Appel de Genève ; soit l’engagement afin que, dans des points chauds, tant des mouvements rebelles que des forces gouvernementales renoncent à l’usage de ces horribles mines anti personnelles qui tuent et mutilent les innocents, dont des enfants.

La Suisse, bien sûr, assume sa part dans les engagements humanitaires, sous l’égide de l’ONU ou autrement. Elle reste le pilier de base du CICR. Comment pourrait-elle ne pas se sentir impliquée par tout ce qui se passe dans le monde ?  Si la prise d’otages en Algérie, dans le contexte de l’intervention française au Mali, n’a pas encore fait de victimes helvétiques le danger de ces Islamistes fanatiques et terroristes en est un pour tous les pays européens. Bref, le devoir d’’engagement solidaire est une évidence, d’un point de vue sécuritaire comme d’un point de vue moral.

Il y a un volet où l’engagement suisse semblait trouver un nouveau registre : celui de la participation de militaires dans des opérations de stabilisation, de surveillance et d’assistance en faveur de la paix. La présence d’un contingent de nos soldats volontaires au Kosovo (la Swisscoy) en est un exemple.  Une Commission consultative, chargée de conseiller le Gouvernement existait. Mais Ueli Maurer, Chef du Département de la défense l’a fait supprimer. Mauvais signe politique. Ayant présidé cette Commission durant quatre ans, l’auteur de ces lignes se souvient très bien de la séance avec le Général sénégalais, chef de la force militaire de l’ONU présente au Congo ; avec un mandat qui, on l’a bien vu, limite grandement ses possibilités d’interposition. Mais ce Général qui avait pu apprécier la contribution de certains officiers suisses en appelait à notre pays afin qu’il envoie des officiers, des spécialistes capables de donner des cours sur le droit de la guerre, le droit humanitaires, les comportements criminels à bannir. Les destinataires devraient être plus nombreux qu’aujourd’hui : soit des officiers de ces pays capables de prolonger le message.

Voilà un type d’engagement qu’il faudrait renforcer. La Suisse pourrait y accentuer à la fois l’expression de sa solidarité et sa spécificité. Il y a d’autres voies qui mériteraient d’être évaluées. Quel dommage que notre ministre de la défense, paralysant du coup ses collègues du Conseil fédéral, soit tellement accroché à une politique de sécurité traditionnelle et ne voie pas que la sécurité de la Suisse aujourd’hui se trouve beaucoup dans ces registres là ! Quel dommage qu’il n’y ait pas, au Parlement, davantage de pression en ce sens ! on assiste à une addition de voix issues d’une gauche idéologiquement et sommairement anti -militaire et d’une droite conservatrice croyant surtout au plantage de nos fusils d’assaut lors d’exercices dans nos vertes prairies. L’histoire en général est pleine de ces politiciens et de ces stratèges toujours en retard d’une guerre dans leur conception. Alors que l’accent devrait être mis sur la promotion du Droit, au service de la paix et jusques dans la guerre. Ce devrait être le label suisse du xx1ème siècle.

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Commentaires

C'est très beau tout ça!
Juste, petite précision, la Suisse est engagée au Mali par le biais d'Helvetas en collaboration avec la DDC.
Pour leur sécurité, sur qui peuvent compter nos coopérants? Que sur les Français, s'ils le veulent bien... et faudra peut-être demander gentiment...

Écrit par : petard | 18/01/2013

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