20/11/2012

France: droite éclatée

France : droite éclatée

Grâce à une poignée de voix Jean-François Copé l’emporte sur François Fillon et prend la Présidence de l’UMP. Pour la droite classique et pour la France il eût mieux valu le contraire. Mais, de toute façon, l’UMP n’a plus de chef de file incontesté. François Fillon a constaté une fracture et c’est évident.

Lui pouvait conduire une opposition de droite acceptant des sensibilités diverses, certes, menant la vie dure à la majorité socialiste, sans aucun doute, n’ignorant pas les exigences du moment : réformer l’Etat, les relations entre partenaires sociaux, réclamer d’aller au fond des choses pour redresser une France économiquement en péril. Pas de tabou non plus sur l’immigration. Mais, déjà par le langage, le choix des mots, le respect des personnes il pouvait représenter un parti de droite libérale, collaborant avec les partis du Centre, se distinguant vraiment du Front national ; pas seulement par un refus d’alliances électorales mais par toute une manière d’être et d’agir. Une telle UMP sous couleur Fillon pourrait préserver sa vocation gouvernementale et demeurer le pivot d’un vaste Rassemblement de Centre-droit.

Avec Copé ce sera une autre partition et une autre interprétation. Il veut une droite décomplexée. A y voir de plus près, sous couleur du parler vrai elle racolera de façon discutable sur les terreaux populistes.  Elle n’absorbera pas pour autant la majorité des électeurs du FN et elle perdra non seulement ceux du Centre mais une partie des citoyens hésitants, ceux que la politique ne branche guère et qui, d’une élection  à l’autre, hésitent entre la Droite et la Gauche. Copé pense construire l’avenir de la Droite ; il pourrait bien en consacrer l’éclatement à commencer par celui de son parti.

Evidemment, des politiciens de droite classique ne doivent pas mépriser les électeurs qui se regroupent sous la bannière de partis se revendiquant d’une  droite dure. Les inquiétudes et les problèmes doivent être entendus. Mais les réponses ne doivent pas être simplificatrices. Il doit être fait appel à une capacité d’analyse générale qui donne toute sa part à la fermeté mais ferme la porte aux outrances.  Bref, quoi qu’il semble en coûter éventuellement au fil des élections, --ce qui est loin d’être certain et le pari contraire peut être tenu--, le Droite libérale doit être fidèle à elle-même, à ses valeurs de référence, à sa culture et à son langage.   Cela vaut partout, y compris en Suisse. Ce qui vient de se passer en France est inquiétant pour la Droite française, pour la France mais aussi pour les autres pays, y compris le nôtre ; de par un contre modèle à ne pas suivre.

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