07/11/2012

Dicker-Obama: success story

Dicker-Obama : success story

 

Faut-il être déçu que le jeune écrivain genevois Joël Dicker n’ait pas reçu le prix Goncourt ? Oui dans la mesure où l’on avait l’impression que c’était écrit dans le ciel et que c’eût été le couronnement presque logique d’une ascension irrésistible au firmament des succès d’édition. Mais avez-vous vu et entendu la réaction de Joël Dicker après l’attribution du prix à Jérôme Ferrarri ? Un modèle du genre. Le comportement de cet homme si jeune est tout simplement impeccable, parfait. Il félicite le lauréat dont il dit qu’il l’a bien mérité et qu’il apporte beaucoup à la littérature française. Et il se réjouit des deux prix qu’il a reçus, dont le grand prix de l’Académie française. Quant à l’explosion des ventes de son second roman elle est phénoménale. On a envie de dire à ce jeune homme possédant une rare conjugaison de fraicheur et de maturité, qui parle si juste : <continue ainsi, livre nous un troisième roman aussi bon  et reste tel que tu es, si naturel et si attachant. Tu es une révélation. Parions que, peu à peu, tu vas devenir une référence.>.

Le même jour, Barack Obama fêtait sa victoire, félicité sportivement par son rival malheureux. C’est un événement américain spectaculaire. Mais, ici, on devrait s’en féliciter. Certes, un esprit libéral relèvera la tendance américaine à attendre plus de l’individu et moins de l’Etat que ce que l’on trouve en Europe ; particulièrement en France. Mais il y a un minimum de solidarité organisée nécessaire en matière de sécurité sociale qui eût été menacée si Barack Obama avait été battu. Il est vrai que nous, Suisses, n’avons pas trop à nous féliciter de l’Administration régnant à Washington. L’impérialisme juridique, particulièrement en matière fiscale, est très choquante ; d’autant plus que les Etats Unis exigent des autres ce qu’ils n’observent pas eux-mêmes. Il n’empêche qu’Obama est bien plus rassurant quant à la politique étrangère que son concurrent. On peut attendre de lui un dialogue avec l’Europe. Sur le point si délicat du Proche Orient, il devrait, sans rien renier de son attachement à la sécurité d’Israël, garder une marge de manœuvre indispensable vis-à-vis des pays arabes et des Palestiniens ; plutôt que d’être totalement aligné couvert sur une politique israélienne inquiétante. Avec son rival le danger d’un tel alignement inconditionnel était grand.  Dans les relations avec la Chine aussi on peut s’attendre à plus de nuances et de réalisme. Bref, en un mot comme en cents mieux valait pour l’Europe, pour la Suisse cette victoire que le contraire. Ce qui n’empêchera pas cette Amérique de nous donner bien des motifs d’irritation. On aimerait voir plus d’esprit de résistance face à certains abus de droit. Enfin, pour l’heure, saluons cette success story.   

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Commentaires

Bel hommage à Joël, et je pense qu'on ne va pas l'oublier lors de fêtes de Noël.
Quant à Barack qui a la baraka, je suis tout à fait d'accord. Je me suis exprimé dans le même sense, mais vos commentaires sont bien plus "fleuris" ou devrais-je dire bien mieux habillés ?

Écrit par : Bruno Mathis | 07/11/2012

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