30/10/2012

El-Andalous: l'âge d'or de la tolérance

El-Andalous : l’âge d’or de la tolérance

 

Y a-t-il eu un âge d’or pour la tolérance entre les trois religions monothéistes, leur conjugaison dans un équilibre politique et culturel ? Si oui, cela a duré quelques siècles en  Andalousie ; disons en gros entre 700 et 1200. Ce fut sous l’égide de la première vague des invasions musulmanes dans la péninsule ibérique. Après, avec la deuxième vague d’invasion arabe, sous une autre dynastie, la situation des Chrétiens et surtout des Juifs se détériora. Mais le triomphe de l’intolérance s’imposa peu après la reconquête de toute l’Espagne par les Rois catholiques avec la prise de Grenade en 1492. Notons que c’est l’année où Christophe Colomb allait partir pour les Amériques, ce qui allait annoncer le génocide progressif des Indiens sur tout le continent américain.

Mais revenons en Espagne. Voici venir l’inquisition avec ses agents, les Dominicains. Les pères, aujourd’hui souvent éminents et respectés de cet ordre ont ce lourd passé. Leurs prédécesseurs de cette époque seraient poursuivis aujourd’hui pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les Maures furent convertis de force ou expulsés. Les Juifs, dont l’importance était considérable furent convertis de force ou brûlés vifs. Et comme souvent on soupçonnait les convertis de ne pas l’être vraiment, nombre d’entre eux furent brûlés également. Cette épuration fut un des facteurs de l’appauvrissement économique, politique et culturel de l’Espagne. Le début du déclin suivit, historiquement, d’assez près l’exaltation de la reconquête et de la découverte du nouveau monde.

Mais comment cela fut-il possible ? Oui, le monde Musulman, au temps de ses succès foudroyants, pouvait tenir compte de son immensité, de sa diversité et s’offrir le luxe d’incorporer des communautés chrétiennes et juives lui apportant beaucoup.

La reconquête politique et catholique de toute l’Espagne s’inscrivait dans une affirmation à la fois nationale et religieuse après huit siècles d’éclatements. Une revanche.  C’est une explication. Il n’empêche que des religieux, des rois porteurs de foi pratiquèrent la haine et la violence au nom de Jésus Christ, lui qui avait prêché l’amour. Au moins, Mahomet avait été un chef de guerre et la conquête en son nom avait une cohérence. Mais l’exclusion, le génocide au nom de Jésus ?

Cela étant, durant la période bénie de El-Andalous, Juifs et Chrétiens pouvaient affirmer leur identité dans leurs cercles respectifs, protégés par  la tolérance majoritaire.  Mais ils devaient respecter l’ordre politique et social qui s’imposait à tous. Les Arabes intégristes d’aujourd’hui  qui vivent en Europe ont oublié que tolérance ne signifie pas cohabitation de lois différentes, de règles différentes devant l’Etat. Si les citoyens européens de souche doivent savoir que le monde musulman a un passé de haute civilisation dans une grande ouverture culturelle ; s’ils doivent savoir que le monde chrétien a aussi un passé noir de flammes et de cendres, ils ont néanmoins le droit et le devoir d’affirmer les valeurs incontournables dont ils sont les porteurs aujourd’hui : laïcité de l’Etat, égalité hommes-femmes, liberté personnelle etc… Quant aux Musulmans dits modérés, ou plutôt ouverts et modernes, on aimerait les entendre davantage, chez nous et dans les pays musulmans. Ils n’ont pas besoin de copier l’occident pour affirmer des valeurs humanistes. Leur passé prestigieux, par exemple en Andalousie est une superbe référence.

Finalement, si chaque société, chaque pays, chaque religion puisait dans la meilleur et le plus beau de ses racines, il y aurait espoir d’une floraison où la conjugaison humaine s’offrirait par le haut. Comme disait Martin Luther King : <I have a dream>.

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Commentaires

"Juifs et Chrétiens pouvaient affirmer leur identité dans leurs cercles respectifs, protégés par la tolérance majoritaire. Mais ils devaient respecter l’ordre politique et social qui s’imposait à tous."
Et surtout, ils étaient des citoyens de seconde zone, des dhimmis, qui devaient payer un impôt spécial s'ils voulaient continuer de pratiquer leur religion. Les Musulmans sont très gentils et tolérants avec leurs esclaves, pas de doute. A condition que les esclaves tiennent leur rang...

Écrit par : Géo | 30/10/2012

@Monsieur Eggly voyons nul besoin d'aller si loin pour contempler des lustres de tolérance et de soumission imposés par les églises à de nombreuses Romandes.Mais bizarrement depuis 2000 elles ont senti que quelquechose clochait vraiment dans ce pays et ont enfin relevé les défis que la morale religieuse leur interdisait.Elles avaient enfin compris que ce qui est communément appelé tolérance en fait n'était que stupidité pour mieux se laisser marcher dessus et se faire manipuler à souhait par de fausses peurs inventées de toutes pièces pour récolter ou des signatures ou de l'argent
Et je peux même vous avouer que leur délivrance mentale se fit grâce à des Fribourgeois qui eux ne mélangent pas les genres.l'église c'est pour la messe et les fêtes religieuses et encore s'ils ne sont pas aux champs ou aux bistrots
Toute belle journée pour Vous Monsieur Eggly

Écrit par : lovsmeralda | 31/10/2012

Excellente remarque de Monsieur Eggly. Il est possible d'ajouter que le même exemple de paisible cohaitation a existé en Sicile sous les normands, entre arabes, musulmans, chrétiens, grecs, siciliens aborigènes...
De même au Moyen Orient au début de ce siècle, avant l'entrée en scène des fanatiques extrêmistes.

Écrit par : Pierre R. Monney | 01/11/2012

La tolérence ça marche quand tout le monde est tolérant. Maintenant ça marche plus mais c'est pas les chrétiens qu'on commencé.

Écrit par : norbert maendly | 02/11/2012

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