14/10/2012

Constitution: oui aux positifs et non aux grognons

Constitution : oui aux positifs et non aux grognons

 

Cassandre avait dit aux Troyens de ne pas faire entrer le cheval dans les murs. Ils ne l’ont pas écoutée  et Troye fut détruite. Les représentants de l’extrême gauche à l’Assemblée constituante n’ont cessé de dénoncer les efforts pour une convergence des principaux Groupes de l’Assemblée et de prédire l’échec devant le peuple. Ces Groupes n’ont pas écouté ces Cassandres politisées jusqu’à l’os, ils ont persévéré dans l’effort, ils ont élaboré une Constitution de compromis mais non de statu quo et ce texte a été voté par une majorité des citoyens genevois qui ont participé au scrutin. Cela ne semblait pas gagné d’avance. Les supporters du projet, unis dans leur diversité au cours de la campagne, ont tremblé jusqu’à la dernière minute.  

On ne reviendra pas sur les arguments de cette extrême gauche qui ne supportait pas que nombre de ses revendications n’aient pas été retenues. On ne reviendra pas non plus sur la floraison d’allégations fausses visant à inquiéter les gens et à les inciter au non. On s’arrêtera en revanche sur quelques points soulevés à droite de l’échiquier. Un frein aux dépenses insuffisant ? Aller plus loin dans ce sens aurait empêché le ralliement des Socialistes. Le principe d’une gestion saine à respecter est néanmoins réaffirmé. Il appartiendra au Grand Conseil de le traduire en actes politiques, ce qu’une majorité vient précisément de faire avec le projet de budget 2013. Rien de décisif en vue du regroupement des communes genevoises et en regard des relations ville-canton ? C’est vrai. C’est une lacune devant une addition d’oppositions insurmontable. Il était donc impossible de faire mieux. Au moins, l’incitation au regroupement de communes est-elle bel et bien inscrite. Le renoncement à l’imposition au lieu de domicile ? Il y avait blocage mais le déclic a eu lieu et le Conseil d’Etat vient de reprendre l’idée.  On pourrait parler aussi  de définitions vagues : ainsi les quartiers dits durables. De Nouveautés non indispensables : ainsi le cours constitutionnelle cantonale. Tandis que la formation obligatoire jusqu’à dix huit ans est sûrement une bonne chose.  Bref, on pourra toujours mettre le doigt sur telle ou telle disposition.

Les convergences obtenues n’ont pas signifié accord sur le fond partout. Tant s’en faut. Mais cela a illustré la lucidité, le sens démocratique, la volonté d’aboutir de Constituants qui accepté de ne pas faire leur constitution propre contre les autres. Une fois c’est à droite que l’on a cédé. Une fois c’était à gauche. Parfois un texte d’article ralliait vraiment les uns et les autres. La convergence obtenue fut donc, pour les uns et les autres, une conjugaison entre l’affirmation de soi et l’acceptation de l’autre, Cela veut dire un compromis où chacun met de l’eau dans son vin mais garde une bonne dose de vin dans son eau.  Oui, cela illustre une certaine maturité politique, une certaine culture démocratique auxquelles d’aucuns seront toujours irréductibles. Il y a eu des sceptiques, des braqués sur un ou deux articles, des grognons généraux plutôt que généreux et des indifférents qui n’ont même pas prêté attention à l’exercice accompli. Eh bien tant pis pour eux. Le taux de participation fut faible. Soit mais en dehors d’un temps de crise et faute d’une communication officielle suffisamment forte ce taux est explicable bien que regrettable.

 Les citoyens verront bientôt des changements ; notamment sur la structure et le fonctionnement des organes de l’Etat cantonal.

Les battus du jour, perdants rageurs, annoncent des initiatives en rafale remettant en cause des dispositions de la  Constitution votée-Puissent-ils être désavoués par des citoyens lassés de tant de hargne et de non respect du résultat d’ensemble ratifié démocratiquement. L’Assemblée constituante, dont la composition semblait rendre un travail positif difficile, a finalement bien rempli la mission confiée par le peuple, lui qui l’avait élue il y a tout  juste quatre ans. Mission accomplie pour les Constituants dont c’était le dernier mandat politique. Pour d’autres, plus jeunes, il s’agira de poursuivre leur engagement afin d’assurer un suivi à l’élan civique ainsi donné. Et l’on aimerait que ceux-là, au sein de leurs partis respectifs, apportent avec eux cet esprit positif  cherchant des rassemblements autour de solutions pour Genève.

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Commentaires

Un taux de participation catastrophique - reflet de la guerre de tranchée partisane qui a empêché d'aboutir à un texte novateur et audacieux. Il ne suffit pas d'ajouter des articles pour produire un bon texte. Les Constituants se sont contentés d'un consensus plutôt mou, faute de pouvoir discuter sereinement sur l'avenir de la République.

La Constitution a été votée, tant pis ou tant mieux. Il n'y a pas lieu de s'en réjouir. Au fond les Constituants n'ont réalisé, en réalité, qu'un exercice de style : ils ont écrit une nouvelle constitution. J'ai la triste impression que le contenu, au fond, était parfaitement secondaire. Pour le citoyen - lambda, comme on dit actuellement - c'est "tout ça pour ça ?

L'esprit de Genève, je ne sais pas où il a soufflé, mais vraisemblablement pas beaucoup sur la Constituante. Dommage.

Écrit par : Michel Sommer | 16/10/2012

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