07/10/2012

Constitution: dire non serait dire rien

Constitution : dire non serait dire rien

Dans moins d’une semaine on saura si les Genevois auront accepté le projet de nouvelle Constitution. On sait lesquels diront résolument non. Ils étaient représentés dans l’Assemblée constituante. On les a vus tempêter parce que leurs revendications de minoritaires virulents n’étaient pas prises en compte. On les a vus et entendus prétendre, contre toute vérité, et l’affirmer dans la campagne, que le projet était en régression sur des sujets sociaux par rapport à la Constitution actuelle. On les a surtout vus et entendus rager lorsqu’ils ont constaté un rassemblement des efforts de bonne volonté au sein de l’Assemblée. Oui, après l’expression parfois très vive de divergences, oui, après le renoncement quelquefois décevant à empoigner certains sujets délicats les chefs de file des principaux Groupes de l’Assemblée ont négocié un consensus et fait passer le projet soumis au vote. Alors tant pis pour ceux qui de tout leur cœur et tout leur esprit étaient partis de toute façon pour le non.   

C’est aux déçus du résultat qu’il faut s’adresser. Il y en a qui dénoncent un consensus mou. Ils auraient dû suivre les débats et comprendre combien l’exercice démocratique dans une telle Assemblée était difficile. Ceux qui estiment que rien de décisif n’a été proposé sur l’aménagement territorial, les relations ville-canton, le contrôle de la gestion de l’Etat doivent comprendre que certaines additions d’oppositions étaient insurmontables. Ceux qui regrettent tel article ou trouvent tel autre purement déclamatoire devraient admettre qu’aucune déviation grave n’a été commise. Enfin, tous ceux-là devraient avoir un jugement objectif et reconnaitre que ce texte, qui a de l’allure, propose aussi de véritables avancées.

A ceux qui douteraient encore et qui seraient tentés d’envoyer dans l’urne un non de scepticisme posons la question : quel sens aurait ce non mou ? Une adhésion à une Constitution actuelle dépassée quant à la forme et mal conçue sur le fond ? Une illusion de penser que l’exercice pourrait être répété dans un délai prévisible, dans des conditions d’élaboration plus favorables, avec une chance de meilleur résultat ? C’est le dernier moment pour secouer cette  tentation du petit mépris, pour voir en face la réalité et l’enjeu politiques. Genève ne doit pas être le seul canton se montrant incapable de réviser sa Constitution. Ce qui nous est proposé ne s’apparente pas à un record olympique de saut en hauteur ni en longueur mais il exprime un mouvement, un élan, une conscience civique qui méritent d’être prolongés par un oui du peuple dimanche prochain.

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Commentaires

Cher Monsieur, C'est une grande déception de lire votre négation du droit des citoyens à dire non, votre refus de respecter les motifs de toute opposition.

Les raisons justifiées et fondements respectables d'un non existent tout autant que celles d'un oui

et si l'exercice de cette reconnaissance est difficile,
c'est néanmoins ce même fondement de votre engagement démocratique,
et d'appartenance à la Confédération, qui devrait pré-exister.

Merci de publier mon commentaire... d'un vieux suisse traditionnel non binational, sans appartenance politique, mais aux fondements familiaux historiquement profondément ancrés en Suisse profonde, Schwyz, tout comme dans cette Genève transfrontalière dont je suis natif.

Écrit par : Pierre à feu | 10/10/2012

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