20/08/2012

Innovation cherche liberté

Innovation cherche liberté

L’Organisation des Suisses de l’étranger a tenu son 90 ième congrès à Lausanne. Il fut précédé d’une séance du Conseil dont sont membres les délégués des différentes communautés de Suisses à l’étranger. Parmi les sujets débattus au Conseil il fut naturellement question des banques,  des pressions américaines auxquelles nos autorités cèdent si facilement sans parler des critiques envers le projet de nouvelle convention de double imposition avec la France ; projet envisageant des nouveautés impérialistes françaises incroyables en matière de succession.  

Mais revenons au congrès. Je ressens ici le besoin, dans ce court blog de rentrée, de mettre l’accent sur un point qui a frappé les congressistes. Le thème était mobilité et innovation.  Il y eut des propos attendus. Mobilité des chercheurs, des professeurs, des étudiants, des entrepreneurs, des indépendants artistes et autres…Enrichissement des échanges entre les hommes, des échanges de connaissances, nécessité de favoriser l’aller et retour des Suisses, utilisation de nos expatriés comme points d’appui et rôle aussi de ces Suisses de l’étranger pour donner une image positive de la Suisse, tellement attaquée, ces temps ci, par les autorités étrangères en partie envieuses de nos réussites.

Quant aux capacités d’innovations en tous domaines, la Suisse fait plus que bonne figure en comparaison internationale.

Alors, que de raisons de nous congratuler ? Ce ne fut pas l’essentiel des exposés présentés par deux invités : Elmar Mock, inventeur du concept de la montre Swatch et Kurt Wütrich prix Nobel de chimie. Une fois les raisons de satisfaction admises, ce furent les raisons d’inquiétude quant à l’avenir des innovations qui frappèrent les esprits. Elmar Mock fit une distinction entre les actions de rénovation qui sont indispensables dans tous les secteurs économiques, qui doivent obéir à un plan précis dans un cadre donné et l’ambiance nécessaire aux innovations qui sont des révolutions intellectuelles scientifiques, technologiques, esthétiques… Ces démarches, ces recherches fondamentales pouvant mener à des innovations déterminantes demandent un engagement total, une discipline, certes, de travail mais aussi une grande liberté d’esprit. On chemine, avec un but général mais le cahier des charges précis se construit peu à peu dans le mouvement, le tâtonnement.

Or, dénonce notamment le Prix Nobel de chimie Kurt Wûtrich, les Etats, les instances supranationales telle la Commission de l’Union européenne,  les universités et les hautes écoles (y compris en Suisse) organisent des étouffoirs. Une équipe de chercheurs passe le tiers de son temps, sinon plus, à remplir des formulaires pour demander des crédits, à en remplir pour les justifier, à rendre compte constamment, à déposer des plans de recherche définissant des buts précis.  L’argent public sert en partie à construire des bâtiments, à acquérir des infrastructures qui en jettent. Mais la liberté , la dotation en temps uniquement consacré au cheminement de la recherche sont rétrécies par cette planification bureaucratique envahissante et étouffante. Au fond ce serait vraiment l’illustration de l’adage : le plus est l’ennemi du mieux.

Certes, la responsabilité politique et académique empêche de laisser gambader en tous sens des autoproclamés chercheurs . Il faut bien un cadre et une évaluation générale . Toutefois, mieux vaut prendre une certain risque de gaspillage que de stériliser ce qui peut déboucher sur des innovations. On retrouve ici comme partout, dans ce domaine si vital pour la Suisse, l’impératif de trouver un équilibre entre surveillance et liberté. La Suisse semble devoir retrouver cet équilibre qui serait en péril. Elle plus que d’autres pays en a besoin. Il est intéressant  que cela ait été dit avec autant de force devant les représentants des Suisses de l’étranger.

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Commentaires

Cela n'est jamais que la suite logique de la politique des Universités depuis des lustres et des lustres. Des mandarins qui s'entourent de lèche-bottes comme assistants. Au bout du bout, cela donne ça : mon chef de projet FED au Burkina, un Allemand, avait fini sa thèse à 29 ans en hydrochimie. Il postule pour une place importante dans le domaine de l'eau aux NU. Comme concurrent, un Pakistanais de 23 ans, DEUX thèses, 150 publications. Il a bien sûr obtenu le poste...
Est-il besoin de préciser que son frère était professeur dans son Université ?

Peut-être faut-il rappeler ici en passant que le GIEC est mené par un Pakistanais, que dans la logique de ces choses, tous ses assistants sont pakistanais, et que le Pakistan, dont les habitants, presque tous fanatiques musulmans anti-occidentaux, ont construit leurs villes dans des zones hyper-dangereuses à la merci de la moindre tempête au bord de l'eau, mais qui leur rapporteront des centaines de milliards de dollars de dédommagement de la part des occidentaux pour cause de réchauffement climatique.
Bonne nuit, les bisounours. Vous n'avez pas fini de cracher au bassinet...

Écrit par : Géo | 20/08/2012

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