08/05/2012

F.Hollande: un style pour faire accepter la réalité?

 F. Hollande : un style pour faire accepter la réalité ?

 

Il n’y a pas eu de surprise. Les Sondeurs peuvent lever la tête : <on vous l’avait bien dit >. Pourtant, à l’énergie, Nicolas Sarkozy avait remonté une bonne partie de sa pente savonneuse. L’écart final entre l’élu et le battu n’a rien de spectaculaire. Il aura manqué au Président sortant nombre de voix du Front national : que d’abstentions à l’unisson de Marine Le Pen. Il lui aura manqué des voix centristes. En face, une force tranquille mais décidée et opiniâtre qui aura labouré durant plus d’un an le champs électoral. L’image a été plus porteuse que celle d’un Chef  d’Etat ne ménageant pas sa peine afin de maitriser la crise européenne et de protéger donc la France. Il faut dire que dans tous les pays atteints par cette crise les gouvernants en place l’ont payé cher. On verra ce qu’il en sera d’Angela Merckel.   

Il n’y a pas de doute : le rejet de la personne du Président en place, de sa personnalité a joué un rôle décisif ; plus sans doute que son programme. C’est un peu injuste mais c’est la rançon d’une personnalisation du pouvoir que Nicolas Sarkozy a poussé à l’extrême. De Gaulle l’avait fait aussi mais c’était de Gaulle. Il y avait la dimension de l’histoire. Nicolas Sarkozy, selon la formule de Valéry Giscard d’Estaing, a improvisé la fonction dans un style qu’il voulait très  volontariste. Il n’ avait pas de fusible à faire sauter pour redresser la barre ; un changement de premier ministre par exemple. Ni hauteur, ni recul ni ce léger parfum de mystère qui préserve le chef et attire l’intérêt. On allait donc vers l’indigestion scénique, la saturation. Dommage. Nicolas Sarkozy a mieux trouvé son style vers la fin, même si les appels du pied aux électeurs frontistes, durant les dernières semaines, ont eu quelque chose de frénétique. Pourtant, ses propos lors de débat, son projet correspondaient sûrement  mieux aux réalités difficiles auxquelles est confrontée la France.

François Hollande, lui, a trouvé son registre et il a fait tout juste. Mais ses propos et son projet sont évidemment en décalage par rapport aux réalités acculant son pays, et mettant par là même la stabilité économique et financière de l’Europe en danger. L’accent sur la jeunesse et l’éducation, gage d’avenir. Fort bien mais avec quels moyens lorsque l’on est endetté jusqu’au cou ? Mettre l’accent, pour la France et l’Europe, sur la croissance au lieu de plomber les économies par une cure d’austérité qui pèse de plus en plus sur les populations. Investir dans de grands travaux. Fort bien mais comment si la dette augmente, si les budgets de fonctionnement ne sont pas comprimés et si les prêteurs sur la marché perdent la confiance ? Alors, peut être, demander des sacrifices mais en donnant l’impression de plus de justice : autre accent proclamé. Fort bien mais si cela veut dire imposer plus et plus les nommés comme riches, jusqu’où aller sans produire un effet contraire sur les rentrées fiscales et sur les capacités d’investissements privés productifs ? Nicolas Sarkozy n’avait pas eu tort de lui lancer qu’il voulait moins de riches alors que le but, à terme, était de rétablir une économie diminuant le nombre de pauvres. Et pour cela il faut un Etat qui maitrise ses dépenses. Quant à revenir sur la réforme bien modeste de la sécurité sociale, en contre sens de tout ce qui se fait ailleurs, c’est encore un point d’interrogation financier.

En somme,  pour s’en tirer, François Hollande, au bout d’un certain temps d’illusions,   devra imprimer une politique d’austérité en la  faisant accepter grâce à des gestes de <justice> et une sorte d’empathie personnelle envers ses compatriotes qui les aideront à accepter les réalités.  Des corrections de tir donc plus que des changements décisifs sur le fond mais avec un style nouveau du genre <je souffre avec vous>. Dans une certaine mesure cela peut marcher. La Droite mettra le doigt sur les contradictions et les trompe l’œil pour se refaire une santé. A gauche, on espérera durer ainsi, convaincre qu’il n’y a pas mieux à faire et espérer une fin de quinquennat en sortie de crise. Le style Hollande : à observer dans la durée.

 

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