25/03/2012

Quand les banques oublient des Suisses

Quand les banques oublient des Suisses

 

L’Organisation des Suisses de l’étranger a eu samedi dernier une séance de son Conseil. Quelque 100 délégués, la plupart étant des représentants des associations de Suisses de par le monde. Ils sont quelque 700.000, dont quelque 80.000 aux Etats Unis. Parlons de ces derniers, précisément. Nombre d’entre eux avaient des comptes en Suisse, dans des banques Suisses. Nombre d’entre eux avaient de ptits comptes, souvent parfaitement déclarés au vu et au su des fiscs suisse et américain. Tel  retraité au bénéfice de l’AVS voulait toucher sa rente en Suisse où il passait quelques semaines. Tel autre utilisait son compte en correspondance avec une résidence secondaire dans son canton d’origine. Tel autre l’utilisait pour ses enfants de retour au pays pour des études. Etc… Eh bien, tous, sans distinction, ont été jeté dehors, parfois de la manière la plus cavalière qui soit ; sans même, dans nombre de cas, un entretien pour voir avec le client ce qu’il serait possible de faire ; ou au moins pour exprimer quelque désolation. Ces Suisses résidant aux Etats Unis, chassés de l’UBS, du Crédit suisse puis progressivement de quasiment toutes les autres banques en ont gros, très gros sur le cœur. Ce n’est pas eulement un affaire d’argent. C’est également un sentiment de lâchage, d’absence totale de solidarité nationale.  

Bien sûr, il ne faut pas sous estimer le problème que pose les Etats Unis aux banques. Bien sûr, nos autorités se sont essentiellement attachées à sauver les meubles, à empêcher une guerre yankee contre la place financière suisse. Mais tout de même. Lorsque le Conseil fédéral répond à des parlementaires que les banques sont des entreprises privées, libres d’écarter des résidants en Amérique, --même si on avait tout fait auparavant pour les racoler--, les Suisses concernés n’oublient pas que l’UBS, par exemple, a eu, oh combien, besoin du soutien du Gouvernement suisse et , très concrètement, de la banque nationale. La réponse passe donc mal.

On peut dire, assurément, que beaucoup vient de la pratique du fisc et de la justice américaine, de ces pressions incroyables d’un pays sûr de sa force et voulant faire plier les autres devant son droit. Il n’empêche que sur le fond et, au minimum quant à la manière, la façon dont les Suisses des Etats Unis ont été traités a écoeuré nos compatriotes d’outre atlantique ; dont certains sont des électeurs votant  en Suisse.

Et ce n’est pas tout. Les Suisses vivant dans d’autres pays, en Allemagne et en France par exemple, voient leurs comptes en Suisse observés par leurs banques. Certaines ne les veulent plus à moins de 50.000 fr, voire 60.000 ou 100.000fr. Or, beaucoup de nos compatriotes sont de petits épargants qui comptaient sur leurs petits comptes dans des banques bien suisses. En outre, les frais de gesion ont augmenté. Par exemple 40fr par mois pour un compte ne nécessitant aucun travail réel du gérant. L’Organisation des Suisses de l’étranger a reçu des réactions candalisées de nombre de nos conmpatriotes qui se sentent trahis. Il rstait des banques cantonales, des banques Raffaisen. Mais elles aussi se raidissent. Il y a encore la Poste qui ne peut prétendre être une entreprise tout à fait privée ; mais dont l’éventail dans la gestion est restreint. Pourvu qu’elle demeure disponible, faute de mieux. Et dire que l’auteur de ces lignes était, au Parlement, de ceux qui ne voulaient pas que la Poste vînt marcher sur les platebandes des banques ! Et le voici qui, en tant que Président de l’OSE, doit maintenant répercuter la déception de nos compatriotes de l’étranger ; sans parler des problèmes que cela leur pose. Les réactions du Conseil de l’Organisation des Suisses de l’étranger a rencontré un assez large écho médiatique. Est-ce le seul moyen afin de culpabiliser un peu les responsables des banques, y compris cantonales,  et d’inciter les autorités fédérales et cantonales  à leur adresser quelques rappels, à défaut de pouvoir leur enjoindre quoi que ce soit.

Relevons, en conclusion, que le Conseil fédéral insiste plus fortement sur le fait que nos compatriotes de l’étranger peuvent être des auxiliaires précieux, des points d’appui, de contact dans les pays où ils résident. Or, Dieu sait que la Suisse a besoin actuellement de faire vivre ses réseaux, de gens qui la défendent, l’expliquent,  l’incarnent.  Les banques, dont personne ne conteste l’importance énorme pour notre pays,  n’ont pas d’intérêt à négliger totalement ces points d’appui. Elles  pourraient y songer.   

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15/03/2012

Les abus entrainent les réactions excesives

Les abus entrainent les réactions excesives

 

Il ne doit pas faire bon s’arrêter, ces temps, avec une voiture à plaque genevoise devant un café valaisan. Une grande majorité de Valaisans en ont sec, comme on dit familièrement. Voilà que ces citadins, dont nombre d’entre eux ont des résidences secondaires à Verbier, Crans, Zermatt et ailleurs, ont décidé que plus rien ne serait construit là et que rien ne serait construit au dessus d’une proportion de 20% dans les lieux qui cherchent à se développer. Franchement, d’ailleurs, c’est une sacrée gifle au fédéralisme. Evidemment, la distinction entre citadins extérieurs et montagnards autochtones, en Valais, par exemple, n’est plus si nette qu’elle n’était autrefois. Dans le journal le Temps, Joëlle Kuntz a écrit un excellent article, de veine à la fois sociologique et humoristique. Elle parle des Montadins. Autrement dit, s’étant approprié ces lieux de proximité avec la nature, les citadins d’ailleurs veulent les préserver de la propension des ex-montagnards à construire des villes d’altitude, saturées en saison, demi mortes en morte saison. Ainsi, ce qui aurait été impensable il y a quelques décennies s’est produit dans les urnes dimanche dernier.

La loi d’application de l’Initiative nuancera-t-elle ce que le nouveau texte constitutionnel a d’abrupt et de sommaire ? On verra. Ce coup de frein sur les résidences secondaires va-t-elle donner un coup de jeune à l’hôtellerie qui était , elle, en perte de vitesse ? C’est discuté et c’est à voir. Mais ce coup de massue politique incite à une réflexion plus large.

Non, il n’est pas bon que le fédéralisme, c'est-à-dire une autonomie de décision politique et de gestion des cantons rétrécisse comme peau de chagrin. Non, il ne faut pas que ces cantons deviennent, peu à peu de simples entités exécutantes des décisions fédérales. Oui, on comprend l’amertume et la rancœur qui parcourt notamment le Valais. Oui, un tel canton, ceux de Suisse centrale aussi, le Tessin et les Grisons ont besoin non seulement de leurs touristes de passage mais aussi de leurs hôtes habituels, certes en présence physique discontinue mais néanmoins implantés dans ces stations ; et souvent affectivement attachés. Enfin, même si les données ont changé, ces régions, ces cantons n’auront jamais les développements dans les domaines industriels et financiers que connaissent les cantons ville. Ils dépendent largement du tourisme sous ces formes diverses ; et on vient de leur dire stop.  

Seulement voilà. Il y a eu trop, beaucoup trop d’excès, d’abus. Il y a des stations qui se sont laissées défigurer, qui ont entaché le magnifique paysage alentour ; lequel est bel et bien un patrimoine national, et même européen pour ne pas dire mondial.   Manque de sens esthétique, manque de modération et de maitrise de tous les paramètres, pléthore de lits froids la majeure partie de l’année, explosion des prix inabordables pour une partie des habitants de souche qui doivent déserter pour se loger. Mixité donc biscornue des personnes alors qu’on aimerait un mélange humain harmonieux. Laxisme politique et, parfois, conflits d’intérêts et confusion des rôles entre responsables politiques et promoteurs. Cela n’a pas amené, pour autant, l’auteur de ces lignes à voter une Initiative excessive et violentant le fédéralisme. Mais l’explication du résultat est là.

On pourrait transposer l’analyse au secteur des banques et à bien d’autres domaines. Lorsque ceux qui en ont la charge et le devoir perdent le sens de la mesure, des équilibres, d’une sorte d’éthique personnelle et collective allant au-delà des limites de la loi l’ensemble dégénère insensiblement ; jusqu’au réveil brutal devant une réaction qui ne l’est pas moins. Les Valaisans pour ce qui les concerne, mais les Genevois, par exemple, pour ce qui les concerne eux feraient bien de s’interroger sur les secousses du libéralisme. Il est sûrement le meilleur système s’il s’appuie sur une conscience et des comportements l’irriguant. Mais son plus grand ennemi, depuis la faillite des collectivismes divers et variés, c’est lui-même ; ses perversions parfois, ses excès souvent. Ce serait un bon sujet pour un colloque valaiso-genevois.   

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06/03/2012

PLR: tous avec Pierre Maudet

A Genève, la campagne pour la succession de Mark Muller au Conseil d’Etat est lancée. Ou plutôt, les candidats  à la candidature au sein de leurs partis respectifs sortent du bois. Sortie immédiate et tonitruante du candidat MCG. Apparition plus feutrée d’un Vert libéral. Mais chez les Socialistes on veut montrer que l’on n’aurait que l’embarras du choix : tant de belles têtes politiques !

Au PLR, les choses se présentent autrement. Heureusement. Après la secousse subie, il serait en effet dommageable qu’une primaire doive départager plusieurs candidats. Les événements commandent un grand rassemblement pour un grand élan autour d’un seul candidat. Le PLR a ce candidat : c’est Pierre Maudet actuel maire de Genève.

Certes, il y aura des esprits chagrins pour trouver que sa trajectoire politique se déroule un peu vite. Il y a aussi quelques rancunes issues de la dernière campagne pour le Conseil administratif. Il y a encore, et peut être surtout, que le mariage entre Libéraux et Radicaux fut plus de raison que d’amour coup de foudre et que les remous de toutes sortes n’ont guère ressemblé à un voyage de noce calme et voluptueux. De là à ce que, par exemple, une tentation de candidature à la candidature travaille plus ou moins telle ou telle personnalité libérale, il n’y aurait qu’un pas qu’il ne faut pas franchir. D’ailleurs, les premières réactions proprement libérales laissent penser que la situation a été bien comprise. La secousse subie doit donner pleine conscience au Libéraux-Radicaux que la bataille qui s’annonce est celle du PLR comme tel et que la seule chance de retrouver le siège abandonné par Mark Muller est de se rassembler sans la moindre ambiguïté, avec la plus grande détermination, dans une totale unité autour du candidat déclaré le plus connu, le plus à même d’attirer les électeurs : c'est-à-dire Pierre Maudet. Aucune personnalité ne peut dire qu’elle est sans défauts. En l’occurrence, avec encore la fougue de la jeunesse mais au bénéfice déjà d’une solide expérience d’un exécutif l’actuel Maire de Genève est indiscutablement doté de belles qualités et  d’un sacré tempérament politique. Sa capacité de communiquer, d’expliquer, de persuader  est évidente sinon impressionnante. Quant à la discipline de collégialité requise d’un membre d’un exécutif , il a eu, Oh combien, l’occasion de l’assumer en étant minoritaire dans le Conseil administratif de la ville.

On le sait bien, malgré parfois beaucoup de tapage, les compétences des communes sont limitées dans le canton de Genève ; y compris celles de la ville. Quand on observe ce qui s’y passe on conclut que c’est une chance. Indéniablement, c’est à l’échelon du canton que les visions, les options les actions déterminantes peuvent avoir lieu. On peut croire, qu’à cet échelon, Pierre Maudet donnera toute sa mesure et que son énergie aura des prolongements sur la réalité à forger. C’est donc dans ce registre , autour de ce candidat que le PLR genevois doit montrer dès maintenant qu’il joue cette carte là et qu’il la voit gagnante.

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